• « Par quelle aberration peut-on penser que la politique consiste à désigner des ennemis alors qu'elle est la définition d'un partage : ce que nous avons en commun, nous individus, à l'intérieur d'une société et comment nous devons l'organiser ? » Fabrice Humbert

    Les mots ne se contentent pas de décrire la réalité, ils la créent. En hystérisant le débat, en jouant la fureur, l'outrance, la polémique, bref en agitant de tous côtés le fanion rouge du scandale, tous les rhéteurs de l'excès abîment la démocratie et engendrent un état incertain où tout est possible. Ce n'est pas seulement la réalité de la situation qui provoque le malaise actuel, c'est sa déformation par les mots. L'expression lucide et mesurée d'une situation reste en démocratie le meilleur moyen d'affronter les problèmes. D'où nos difficultés si ce débat même est altéré, si la réalité est déjà déformée par les représentations hérissées et délirantes des polémistes. Notre tâche, c'est d'affronter les difficultés réelles, pas les délires.

  • D'où vient la crise qui paralyse lentement mais sûrement les démocraties et qui provoque en retour les sursauts populistes ? Sur la base d'études approfondies de l'opinion, Chloé Morin dégage les principaux facteurs qui ont créé cette situation. Les règles du jeu politique ont changé sans que son personnel s'en soit avisé. La défiance des citoyens envers les pouvoirs s'est installée sans que ses sources soient véritablement saisies et combattues.
    Le « séparatisme » fait des ravages, mais il n'est pas seulement là où l'on croit. Il est aussi le séparatisme des élites par rapport aux peuples, ou encore le fait des tribus dont le numérique encourage la fermeture sur elles-mêmes.
    Tels sont les vrais périls qu'affronte aujourd'hui la démocratie et qui soulèvent les passions populistes. Au lieu de dénoncer celles-ci comme une menace, soutient Chloé Morin, il faut savoir y lire un rappel de nos régimes à leur inspiration d'origine.
    Tels sont les vrais périls qu'affronte aujourd'hui la démocratie et qui soulèvent les passions populistes. Au lieu de dénoncer celles-ci comme une menace, soutient Chloé Morin, il faut savoir y lire un rappel de nos régimes à leur inspiration d'origine.

  • Dieu et l'Etat Nouv.

    Le peuple n'a que trois moyens de s'en sortir :  « Les deux premiers,  c'est le cabaret et l'église,  la débauche du corps  ou la débauche de l'esprit ;  le troisième, c'est la révolution sociale. » 
    Dieu et l'État est le texte fondateur de la pensée socialiste libertaire de Mikhaïl Bakounine. Sa critique violente à l'égard  de toute autorité se révèle  toujours aussi inspirante.

  • L'étude de la dictature a acquis, en Occident, une dimension presque exotique. Mais les régimes autoritaires restent une réalité douloureuse pour des milliards de gens. Ceux dont les libertés et les droits sont bafoués. Ceux qui subissent arrestations arbitraires, corruption, injustice.
    Quelle est la nature de la dictature ? Comment s'implante-t-elle ? Quelles sont les conditions et les circonstances qui favorisent son épanouissement ? Et comment les dictateurs conservent-ils le pouvoir, même lorsqu'ils sont méprisés et moqués par ceux qu'ils gouvernent ? Dans ce bref essai volontiers provocateur, fruit d'une longue réflexion, Alaa El Aswany examine la dictature comme une véritable maladie et s'attache à démontrer que, pour comprendre le syndrome de la dictature, nous devons d'abord examiner les circonstances de son émergence, ainsi que les symptômes et les complications qu'il provoque, tant chez le peuple que chez le dictateur.

  • May Picqueray (1898-1983) n'a loupé aucun des grands rendez-vous de l'histoire du XXe siècle. Dès 1921, elle proteste contre la condamnation à mort de Sacco et Vanzetti. En novembre 1922 elle est mandatée au congrès de l'Internationale syndicale rouge, à Moscou. Elle monte sur la table pour dénoncer un congrès en train de se goberger pendant que les ouvriers russes crèvent de faim, chante Le Triomphe de l'anarchie et refuse de serrer la main de Trotski. Pendant la guerre, elle fabrique des faux papiers. Puis s'investit dans les mobilisations de mai 1968, du Larzac, de Creys-Malville, oeuvre en faveur des objecteurs de conscience. Rien ne prédisposait cette petite Bretonne ayant commencé à travailler à 11 ans à côtoyer Nestor Makhno, Emma Goldman, Alexandre Berkman, Marius Jacob, Durruti...

    May Picqueray (1898-1983) fut l'une des grandes figures féminines du mouvement libertaire français du XXe siècle.

  • L'anarchisme demeure un mouvement largement méconnu, pourtant riche de théories et d'expériences qui ont marqué, souvent dans l'ombre, les deux derniers siècles.
    Né en Europe lors de la révolution industrielle, il se forme en réaction à la condition prolétarienne et à l'autorité de l'État. Si l'anarchisme naît d'une négation radicale de tout ce qui diminue ou asservit l'homme, il est aussi porteur d'un projet fondé sur l'égalité, la liberté et l'autonomie. Les courants multiples qui nourrissent l'idée anarchiste se retrouvent ainsi unis dans des combats (contre les totalitarismes, le colonialisme, le capitalisme...) menés de concert avec des pratiques grosses de la société future (syndicalisme, écoles, fédéralisme, communes libres...).
    Éclipsé un temps par l'hégémonie marxiste, le projet libertaire renaît aujourd'hui, ouvrant de nouvelles perspectives d'émancipation empreintes d'expériences passées toujours vivantes.

  • Nos régimes sont dits démocratiques parce qu'ils sont consacrés par les urnes. Mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement, car l'action des gouvernements n'obéit pas à des règles de transparence, d'exercice de la responsabilité, de réactivité ou d'écoute des citoyens clairement établies. D'où la spécificité du désarroi et de la colère de nos contemporains.
    À l'âge d'une présidentialisation caractérisée par la concentration des pouvoirs entre les mains de l'exécutif, Pierre Rosanvallon montre que le problème n'est plus seulement celui de la " crise de la représentation ". Il est devenu celui du mal-gouvernement. Or la théorie de la démocratie a jusqu'à présent fait l'impasse sur cette question des rapports entre gouvernés et gouvernants en se limitant à penser la représentation et l'élection. Il est donc urgent d'aller aujourd'hui plus loin pour comprendre les mécanismes de ce mal-gouvernement et déterminer les conditions d'une nouvelle révolution démocratique à accomplir.
    Ce livre propose d'ordonner les aspirations et les réflexions qui s'expriment aujourd'hui dans de nombreux secteurs de la société civile et dans le monde militant autour de ces questions en distinguant les qualités requises des gouvernants et les règles organisatrices de la relation entre gouvernés et gouvernants. Réunies, celles-ci forment les principes d'une démocratie d'exercice comme bon gouvernement.
    Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de France. Il anime également La République des Idées et le projet Raconter la vie. Après La Contre-démocratie, La Légitimité démocratique et La Société des égaux, Le Bon Gouvernement constitue le quatrième volet de son enquête sur la mutation des démocraties contemporaines.

  • Qu'est-ce que le socialisme ? Une politique, mais
    fondée sur une philosophie, et sur le coeur de la vie
    humaine. C'est ce que Jaurès, homme politique, mais
    aussi philosophe, démontre dans ces deux inédits
    essentiels. Le socialisme consiste à justifier l'intervention
    de la société dans la vie humaine, les « relations de
    travail ». Mais il le fait pour réaliser la liberté individuelle
    et les principes universels, dans le monde concret et
    vivant. Revenir à l'origine du socialisme pour résister à
    la « fin de l'histoire », tel est le programme de ce livre.
    Ce n'est pas un hasard si ces deux textes précèdent
    le retour de Jaurès en politique en tant que député
    de Carmaux. Jaurès se confronte au réel, à la fois
    en philosophe et en citoyen. Pour lui, la liberté et la
    justice sont indispensables pour sauver la politique et
    l'humanité. Quoi de plus actuel ? Ces textes, qui forment
    une véritable leçon de philosophie, aident à penser le
    socialisme et notre temps.
     
    Frédéric Worms, professeur de philosophie à l'ENS,
    travaille sur le vivant et la politique de Jaurès et Bergson
    à aujourd'hui.
    Gilles Candar, président de la Société d'études
    jaurésiennes, est responsable de l'édition des OEuvres de
    Jean Jaurès aux éditions Fayard.

  • Un livre facile d'accès pour les étudiants et toute personne désireuse d'approfondir ses connaissances.
    Un ouvrage regroupant de nombreux spécialistes du sujet.
    La démocratie semble, dans son principe, la façon la plus séduisante d'organiser le pouvoir dans une société. Le peuple se gouverne lui-même ou par ses représentants et chacun, étant à la fois gouverné et gouvernant, apprend à tenir compte de l'intérêt général aussi bien que de ses intérêts individuels. Aujourd'hui, tout semble différent. Au doute, né il y a une dizaine d'années avec la " crise de la représentation " et l'épuisement du modèle productiviste, entre autres, a laissé place la défiance et aux revendications la colère. Certes, les aspirations démocratiques, exprimées à travers le monde, n'ont jamais été aussi fortes, mais outre qu'elles sont durement réprimées par les pouvoirs en place, elles cohabitent avec une montée de la demande autoritaire que révèle notamment le succès électoral des partis dits " populistes ". Les " vieilles " démocraties, les mobilisations et les inquiétudes populaires s'expriment sur fond d'affaiblissement, perçu ou réel, du monde occidental. Tout se passe comme si le modèle, longtemps attractif, incarné par l'Europe et les États-Unis, était devenu un repoussoir, faute de tenir ses promesses.

    Ce livre, dirigé par Jean-Vincent Holeindre, fait le point sur ce qu'est la démocratie aujourd'hui. Après un premier ouvrage sur le sujet il y a dix ans, il fait appel à de nombreux spécialistes pour redéfinir ce que ce système politique est devenu après les multiples crises qu'il a rencontré ces dernières années.

  • Dernier ouvrage de l'académicien Jacques Bainville publié de son vivant, ce texte paru en 1935 dresse l'histoire des dictateurs à travers les âges." La dictature n'a pas de causes uniformes. Elle peut être une réaction de défense contre l'anarchie et la ruine et contre les effets de la démocratie portée à sa dernière conséquence [...]. Elle peut être au contraire pour la démocratie égalitaire et anticapitaliste le moyen de vaincre les forces qui lui résistent et de s'imposer. Il y a donc des dictatures diverses. Il y en a pour tout le monde et un peu pour tous les goûts. Ceux qui en rejettent l'idée avec horreur s'en accommoderaient très bien et, souvent, s'y acheminent sans s'en douter. Ceux qui la désirent seraient parfois bien déçus si elle triomphait.
    " Qu'on l'appelle ou qu'on la déteste, il est donc essentiel de la connaître avec les visages divers qu'elle a pris au cours de l'histoire, puis, de nos jours, dans des pays si nombreux et si éloignés les uns des autres qu'on aurait probablement tort de n'y voir qu'une sorte de vogue quand elle est l'effet d'une loi ou d'une nécessité. "
    Jacques Bainville, 1935.
    Une histoire globale, toujours d'actualité.

  • Grâce aux ouvrages de David Harvey, Mike Davis ou même Henri Lefebvre, on connaît aujourd'hui la géographie radicale ou critique née dans le contexte des luttes politiques des années 1960 aux États-Unis et qui a, comme le disait Harvey, donné à Marx « la dimension spatiale qui lui manquait ». Dans ce livre, Simon Springer enjoint aux géographes critiques de se radicaliser davantage et appelle à la création d'une géographie insurrectionnelle qui reconnaisse l'aspect kaléidoscopique des espaces et son potentiel émancipateur, révélé à la fin du xixe siècle par Élisée Reclus et Pierre Kropotkine, notamment.

    L'histoire de l'humanité est une longue suite d'expériences dans et avec l'espace ; or aujourd'hui, la stase qui est imposée à ces mouvements vitaux, principalement par les frontières, menace notre survie. Face au désastre climatique et humain qui nous guette, il est indispensable de revoir les relations que nous entretenons avec le monde et une géographie rebelle comme celle que défend Springer nous libérerait du carcan de l'attentisme. Il faut se défaire une bonne fois pour toutes des géographies hiérarchiques qui nous enchaînent à l'étatisme, au capitalisme, à la discrimination et à l'impérialisme. « La géographie doit devenir belle, se vouer entièrement à l'émancipation. »

  • Faut-il ranger le Manifeste du parti communiste parmi les documents qui jettent un regard éclairant sur le passé, et rien de plus  ? Dans un paradoxe proprement dialectique, même les impasses et les échecs du communisme du xxe siècle, clairement fondés sur les limites du Manifeste, témoignent de l'actualité de ce texte  : la solution marxiste classique a échoué, mais le problème demeure. Le communisme, aujourd'hui, n'est pas le nom d'une solution mais celui d'un problème, celui des communs dans toutes leurs dimensions  : les communs de la nature, menacés par la pollution et l'exploitation  ; les communs biogénétiques - le transhumanisme devient une perspective réaliste  ; nos communs culturels, au premier rang desquels le langage, nos outils de communication et d'éducation, mais aussi les infrastructures ; et, last but not least, les communs comme espace universel de l'humanité, un espace dont personne ne devrait être exclu.
     

  • Deux textes, deux mises en gardes urgents : l'IA va-t-elle dynamiter la politique  ?
    Pour Laurent Alexandre les effets de l'irrésistible progression de l'IA vont tout bouleverser.
    À l'origine on pensait qu'Internet deviendrait le principal outil de la promotion de la démocratie, au contraire le web est devenu un outil majeur de désinformation et de contrôle policier, allié des régimes les plus autoritaires. Le pouvoir est désormais tout entier dans une poignée de mains : Washington et ses GAFA, le parti communiste chinois et ses BATX.
    Le capitalisme cognitif - c'est-à-dire l'économie de la connaissance, de l'IA et du big data va modifier radicalement la hiérarchie des nations. L'Europe est en péril, la France ne réagit pas, le politique est coupable  !
    Jean François Copé, dans un second texte, répond aux inquiétudes et anathèmes de Laurent Alexandre. La politique doit devenir plus importante que jamais pour réguler notre pouvoir démiurgique sur la nature et nous-même et donc décider de l'avenir de l'Humanité. Des initiatives précises sont à prendre à tous les niveaux  : manipulations génétiques, sélection embryonnaire, IA, la fusion neurone - transistor... Il faut sauver la politique pour sauver l'homme. 

  • Voici le premier récit complet de la plus grande aventure politique du XXè siècle : celle qui a porté les plus folles espérances et qui a conduit à la plus terrible catastrophe humaine de tous les temps, par sa durée et son ampleur. Le communisme n'a pas seulement régné sur une trentaine de pays et régi la vie de plus d'un tiers de l'humanité, il a également occupé la plupart des esprits pendant des décennies, aux quatre coins du monde. Nulle autre idéologie, nul autre système politique n'ont connu dans l'histoire une si foudroyante expansion. Comment expliquer ce succès, à quoi correspond-t-il, de quelle manière le communisme a-t-il triomphé, pourquoi a-t-il partout échoué, pour quelles raisons tant de vie humaines ont-elles été sacrifiées en son nom ? Seule une histoire mondiale de cette épopée permet de répondre à ces questions, de comprendre à la fois ce siècle communiste et l'héritage qu'il nous a laissé. D'octobre 1917 à la Révolution culturelle chinoise, de la collectivisation des campagnes à l'industrialisation menée à marche forcée, de la pénurie généralisée à la culture bâillonnée, de l'enfermement des peuples aux camps de concentration, tous les aspects de la réalité communiste, de son vécu sont ici racontés, analysés, mis en perspective.

  • Dans les pays d'Europe occidentale, on considère généralement que les libertés sont acquises. Au rebours de cette conviction, ce livre établit que de larges pans de l'expérience de ces libertés ont disparu de notre vie politique et sociale. Du fait d'évolutions récentes - du souci d'efficacité dans la gestion administrative de la société à l'usage de plus en plus répandu des outils numériques -, elles peuvent même être menacées directement.
    Tel est le contexte où se révèle peu à peu l'épuisement des notions clés du libéralisme : la notion d'individu, celle de responsabilité personnelle doivent être redéfinies, comme, en politique, les exigences de représentation, de médiation et de contre-pouvoir. Nous défaire des dogmes du libéralisme est une condition pour sauver nos libertés les plus précieuses et mieux comprendre le temps présent.

  • Notre conjoncture historique ramène au devant de la scène une série de questions sur ce que fut l'expérience politique du XXe siècle. L'anniversaire de la révolution d'octobre 1917 fournit l'occasion naturelle de les examiner. Cet essai s'efforce d'y apporter des réponses précises. Qu'est-ce que le populisme ? Une idéologie de synthèse qui permet à la droite de trouver le chemin des classes populaires en adoptant un style de gauche. Qu'est-ce que la radicalité ? Une mythologie qui rapproche les extrêmes dans un rejet commun de la réforme et du compromis et facilite, le cas échéant, la circulation de l'un à l'autre. Dans certaines conditions de température et de pression politiques, la radicalité de gauche ou la radicalité populiste peuvent accéder au pouvoir. Elles en font alors un usage qui satisfera, en proportions variées, le goût de l'absolu qui anime les radicaux et la servitude volontaire qui anime les populistes. Cela donne ce qui mérite le nom de "catastrophe".

  • La tragédie humaine à laquelle est associée l'histoire du communisme est-elle la conséquence de circonstances malheureuses  ou d'une politique délibérée ? Ce débat, récurrent depuis l'apparition du premier régime communiste en Russie, ne peut être tranché que si l'on prend en considération la dimension mondiale du système. Quelles que soient la géographie, l'histoire, la culture des pays où le communisme a triomphé, les mêmes méthodes ont abouti aux mêmes résultats. Ce ne sont pas les circonstances qui ont scellé le sort des peuples concernés, mais l'application d'une politique identique, quelles que soient les particularités nationales. Rien ne ressemble davantage à une victime russe qu'une victime chinoise, cubaine, coréenne ou roumaine... La guerre civile permanente que les régimes communistes ont menée contre leur population, pour imposer leur dogme, explique l'hécatombe sans précédent qui en a résulté. C'est en toute conscience que des dizaines de millions d'êtres humains ont été enfermés, torturés, déportés, affamés. C'est en toute conscience que des centaines de millions d'autres êtres humains ont été surveillés, exploités, endoctrinés, asservis. L'histoire mondiale du communisme, vue du côté des victimes, montre à quel point les utopistes parvenus au pouvoir n'ont pas davantage cherché à en finir avec les inégalités qu' à construire la société idéale promise : c'est à l'humanité de l'homme qu'ils s'en sont pris.

  • Une synthèse novatrice.Qu'est-ce que le fascisme ? Fut-il un mouvement réactionnaire, conservateur ou révolutionnaire ? Se situait-il à gauche ou à droite ? Et bien entendu : quelle place occupa Mussolini dans les débats idéologiques et dans le fonctionnement du régime ?
    Le présent ouvrage donne non seulement des réponses à ces questions cruciales, mais porte sur le fascisme un regard nouveau et inhabituel chez les historiens français. Réaffirmant avec force le caractère totalitaire du régime, il replace l'idéologie qui le fonde dans sa nature révolutionnaire tout en la rattachant à la Révolution française et au socialisme. Si les fascistes cherchèrent à détruire par la violence la modernité libérale de leur temps, ce ne fut pas au nom d'un âge d'or révolu et dans une démarche passéiste, mais avec la volonté farouche de construire une société et un homme nouveaux. Cette ambition imprégnait aussi bien les pensées et les actes du Duce que ceux de ses disciples, y compris dans la radicalisation sanglante de la république de Salò. Pour toutes ces raisons, l'histoire du fascisme, ici racontée de la prise de pouvoir de Mussolini jusqu'à sa mort, est celle d'une révolution avortée.
    Frédéric Le Moal, docteur en histoire (Paris IV-Sorbonne), professeur au lycée militaire de Saint-Cyr et à l'Institut Albert le Grand, est l'auteur de plusieurs ouvrages dont, chez Perrin, Victor-Emmanuel III. Un roi face à Mussolini,
    et Les Divisions du pape. Le Vatican face aux dictatures 1917-1989.

  • Le mouvement des gilets jaunes est tout sauf anecdotique. Tenter de l'expliquer en se focalisant sur la sociologie des participants ou en évoquant la montée des populismes et le rejet des élites n'est guère probant.Luc Rouban voit dans ce mouvement le symptôme d'une profonde mutation du rapport au politique. En épluchant minutieusement sondages, enquêtes, baromètres ainsi que les remontées du grand débat national, il met au jour les sources cachées de cette mutation, ce qu'il appelle la matière noire de la démocratie.Alors que l'offre politique est devenue un produit comme un autre et qu'une part croissante de la population se sent privée d'autonomie et subit les effets de la mondialisation, la lutte des classes a changé de visage, les notions de représentativité et d'universalité n'ont plus cours.À un débat démocratique centré sur la poursuite de l'intérêt général à long terme s'oppose désormais une vie politique réduite à un échange de court terme entre un citoyen-client et un élu-fournisseur. Le choc frontal entre ces deux visions difficilement réconciliables (et dans lesquelles, paradoxalement, gilets jaunes et macronisme se rejoignent) crée de lourdes menaces sur la démocratie.

  • L'histoire du communisme, de Marx à Mélenchon...
    Le 7 novembre 2017, il y aura exactement cent ans qu'à Petrograd la révolution d'Octobre renversait le gouvernement provisoire russe en place depuis la chute du régime tsariste, quelques mois plus tôt. Ses chefs, notamment Vladimir Lénine et Léon Trotski, inauguraient un mode de gouvernement des hommes radicalement nouveau, qui allait bouleverser l'histoire de l'Europe et influer profondément sur tout le XXe siècle.
    L'histoire du communisme a beau être un incroyable entrelacs de divisions, de trahisons, de condamnations et de scissions, un chant invita des générations entières, dans toute leur diversité, à " faire du passé table rase " :
    L'Internationale. Ce chant puissant et impressionnant - surtout quand il est entonné par les Choeurs de l'Armée Rouge - est un peu le fil conducteur d'une des plus grandes et tragiques aventures de l'humanité, que ce livre entend raconter sous tous ses aspects : le communisme.
    Des pères fondateurs et la création de l'URSS jusqu'aux derniers régimes communistes encore en place aujourd'hui (Corée du Nord, Cuba, etc.), Bernard Lecomte nous raconte l'incroyable épopée d'une idéologie politique qui bouleversa le XXe siècle, qui promit aux peuples "le paradis sur terre" mais eut bien souvent du mal à tenir sa promesse...

  • De manière remarquablement constante, la question de l'éducation a été une préoccupation majeure du mouvement anarchiste tout au long de son histoire. Malheureusement, cet héritage demeure en général méconnu, si ce n'est ignoré. Une des ambitions de cette anthologie, qui réunit des textes importants de penseurs et de praticiens anarchistes d'horizons divers, est précisément de nous permettre de redécouvrir la riche tradition dans le domaine de l'éducation de ce courant politico-philosophique.

    Qu'est-ce que l'éducation ? Sur quels plans et pour quelles raisons l'éducation, telle que généralement pratiquée, est-elle déficiente ? Comment devrait-on s'y prendre pour former des êtres libres ? A ces questions et à de nombreuses autres semblables, des théoriciens ont tenté de répondre, tandis que des praticiens anarchistes se sont efforcés de mettre en oeuvre leur idéal d'une éducation réellement émancipatrice.

    La présente anthologie, qui comprend deux tomes, réunit les principaux écrits consacrés à l'éducation de ces théoriciens et praticiens anarchistes, des écrits trop peu connus et souvent difficilement accessibles. On retrouve dans ce premier tome, qui couvre les années 1793 à 1918, des textes de Michel Bakounine, Sébastien Faure, Francesco Ferrer, William Godwin, Pierre Kropotkine, Fernand Pelloutier, Pierre-Joseph Proudhon, Paul Robin et Max Stirner.

    Ils mettent en lumière une riche et toujours inspirante tradition de pensée, de militantisme et de réalisations concrètes.

  • Le premier livre en français pour essayer de comprendre ce que l'expression " néo cons " veut vraiment dire.
    Ce livre s'attache à décrire une variété particulière et peu identifiée d'extrémisme de droite dans sa version française récente. Le néo-conservatisme est un puissant mouvement politique qui a d'abord mené une guerre des idées aux États-Unis, et qui a ensuite essaimé en Europe, en particulier en France depuis une quinzaine d'années. L'enquête exhaustive de Juliette Grange propose d'identifier un mouvement politique antidémocratique et antirépublicain qui s'exprime dans des Think Tanks, des activités de lobbying et des groupes confessionnels. Ce mouvement a pour principale caractéristique d'affirmer ensemble le néolibéralisme et le retour aux valeurs morales et religieuses. L'État étant chargé d'imposer à la société l'un et l'autre, et à lui-même la mise en oeuvre des valeurs du marché. L'ouvrage montre comment le néo-conservatisme a émergé en Europe de manière discrète, par une guerre des idées dans le champ intellectuel en philosophie et sciences humaines, puis s'est popularisé dans les réseaux sociaux, blogs et presse.

  • Elle est née en 1958. Son père s'appelait Charles. Il voulait créer des institutions stables face au «régime des partis». Elle a été révisée à 24 reprises. Elle vit une relation d'amour-haine avec les Français.Qui est-elle? La Cinquième République.Le portrait sans préjugés qu'en dressent ici économistes, historiens, politistes et juristes montre qu'en soixante ans d'existence, la Cinquième République n'a pu survivre qu'en se métamorphosant.Aujourd'hui, le chef de l'État, ce «monarque républicain», est contraint par son ubiquité et enserré dans les mailles de plus en plus étroites du droit. Le Parlement, derrière l'apparence d'inefficacité que renvoie la médiatisation déformée de ses débats publics, travaille et tire profit de prérogatives récemment élargies. Face à la mondialisation et au renforcement de la construction européenne, l'État a su se recomposer pour conserver son autorité. Loin de voler en éclats sous le choc de la dernière campagne présidentielle, le système des partis a entamé sa mue. Une vision démystifiée de la Cinquième République, pour mieux comprendre la relation ambiguë des Français avec leurs institutions et réfléchir à leur avenir.

  • Là où nos sociétés connaissent des tensions, là aussi travaille le langage. Le dossier d'Esprit (décembre 2019), coordonné par Anne Dujin, se met à son écoute, pour entendre l'écho de nos angoisses, de nos espoirs et de nos désirs. À lire aussi dans ce numéro : les déçus du Califat, 1989 ou le sens de l'histoire et un entretien avec Sylvain Tesson.

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