• Churchill

    Andrew Roberts

    • Perrin
    • 27 Août 2020

    La meilleure biographie de Churchill, abondée de documents inédits.De Churchill, croit-on, tout a été dit - en premier lieu par lui-même. Et pourtant, Andrew Roberts est parvenu à exhumer des articles de presse, des correspondances privées, des journaux intimes - le moindre n'étant pas celui du roi Georges VI, jusque-là sous clé - qui ne figurent dans aucune des mille biographies environ déjà consacrées à ce personnage essentiel de la Grande-Bretagne et du XXe siècle. Tout cela lui permet de proposer un récit extrêmement enlevé, fondé sur une abondance de citations désormais " classiques ", mais également souvent peu connues voire inédites qui apportent une éclairage parfois convergent, parfois contrasté sur l'homme Churchill. Démêlant le vrai du faux, tordant le cou aux nombreux mythes voire aux calomnies qui lui collent à la peau, mais relevant les critiques justifiées dont il est loin d'être exempt, Roberts brosse avec maestria le portrait de ce " Vieux Lion " dont toute la vie avant 1940 n'a fait que préparer le grand oeuvre que demeurent ses années de guerre.
    Il livre là ce qui est sans doute la meilleure biographie de ce géant de l'histoire.

  • La liste de Kersten ; un juste parmi les démons Nouv.

    Tout le monde en France connaît l'histoire d'Oskar Schindler, qui a sauvé un millier de juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Mais on connaît beaucoup moins l'exploit de Felix Kersten, et pourtant, un mémorandum du Congrès juif mondial établissait dès 1947 que cet homme avait sauvé en Allemagne «  100  000 personnes de diverses nationalités, dont environ 60  000 juifs, [...] au péril de sa propre vie  ». Encore, à l'issue du récit qui va suivre, de tels chiffres sembleront-t-il passablement sous-évalués.
    Un des ouvrages les moins connus et les plus émouvants de Joseph Kessel s'intitule Les mains du miracle. Ce roman retraçait déjà l'exploit du thérapeute d'Himmler qui se faisait rémunérer en libérations de juifs et de résistants   sans que le lecteur puisse toujours distinguer la part de Kessel de celle de Kersten. Pour reconstituer la véritable histoire au travers des archives, des mémoires, des journaux, des notes et des dépositions des principaux protagonistes, il fallait un historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, qui connaisse également l'allemand, l'anglais, le suédois, le norvégien, le danois et le néerlandais. Le résultat est un récit de terreur, de lâcheté, de générosité, de fanatisme et d'héroïsme qui tiendra jusqu'au bout le lecteur en haleine. Combien de fois dans l'existence rencontre-t-on un périple de cette envergure -  sans un mot de fiction  ?
     
      Le professeur François Kersaudy, qui a enseigné aux universités d'Oxford et de Paris I, est connu en France pour ses ouvrages sur Winston Churchill et sur le général de Gaulle. Mais il est également l'auteur d'une biographie du maréchal Goering qui fait autorité, ainsi que du best-seller Les secrets du Troisième Reich. Historien polyglotte, il parle neuf langues et a reçu douze prix littéraires français et étrangers.

  • À la fin du XVIII e siècle, le Français Joseph Kabris a vécu sept ans sur une île du Pacifique. Il s'est intégré à la société locale. Arraché à son île, il est devenu russe, avant de regagner la France. Là, il a donné à sa vie les traits d'une épopée, devenant le monde en personne. Comprendre comment on devient Joseph Kabris : voici l'enjeu de ce texte foisonnant et ambitieux.
    Joseph Kabris est tatoué de la tête aux pieds. C'est ainsi qu'il gagne sa vie dans les lieux de spectacle et d'exhibition de la Restauration, montrant son corps et mettant en mots l'" étrange destinée " qu'il a eue. Né à Bordeaux vers 1780, embarqué sur un baleinier anglais, il a vécu sept ans sur une des îles Marquises, Nuku Hiva. Parmi les " sauvages ", il est devenu l'un d'eux. Il a appris leur monde, leurs gestes, leur langue et oublié la sienne. C'est là qu'il a été tatoué. En 1804, une expédition russe est venue et l'a arraché à son île, à sa femme et à ses enfants. Sans cesser tout à fait d'être un " sauvage ", il est devenu russe, a rencontré le Tsar, avant de regagner la France. Il a repris sa langue, il a appris à dire sa vie, à lui donner les traits d'une épopée. Il a fasciné les foules. Il est devenu le monde en personne. Il est mort à 42 ans, sans jamais revoir son île.
    Kabris a ainsi multiplié les recommencements, ne cessant de voir ses habitudes s'abolir et d'en reprendre d'autres. Il devient marin, chef de guerre, professeur de natation, homme de foire, recyclant les passés qu'il a incorporés, prenant appui sur les systèmes sociaux où il se trouve. Et, chaque fois, il tire parti de ce qu'il a déjà vécu pour négocier au mieux ce qu'on attend de lui.Dans cette enquête fascinante et troublante, il ne s'agit pas seulement de découvrir à hauteur d'homme une histoire de la mondialisation dont émergent nos sociétés contemporaines. Cheminer dans cette existence se faisant, l'explorer à la manière d'une " carrière " dans laquelle Kabris s'engage, bifurque, insiste, abandonne ou se convertit, comprendre en somme comment on devient Joseph Kabris, c'est aussi saisir la manière dont le monde historique traverse une vie et la rend possible.
    Lauréat du Prix Femina Essai 2020

  • La rafle des notables

    Anne Sinclair

    • Grasset
    • 18 Mars 2020

    «  Cette histoire me hante depuis l'enfance...  »
    S'interrogeant sur la manière dont son grand-père paternel, Léonce Schwartz, a échappé à la déportation, Anne Sinclair découvre un chapitre méconnu de la persécution sous l'Occupation  : la «  rafle des notables  ».
    En décembre 1941, les Allemands arrêtent 743 Juifs français, chefs d'entreprise, avocats, écrivains, magistrats. Pour parvenir au quota de mille détenus exigé par Berlin, ils adjoignent à cette population privilégiée 300 Juifs étrangers déjà prisonniers à Drancy.
    Tous sont enfermés au camp de Compiègne, sous administration allemande  : un vrai camp de concentration nazi d'où partira, en mars 1942, le premier convoi de déportés de France vers Auschwitz (avant la Rafle du Vél' d'Hiv de juillet 1942).
    En reconstituant la coexistence dans ce camp de bourgeois assimilés depuis des générations et de Juifs étrangers familiers des persécutions, ce récit très personnel raconte avec émotion une descente aux enfers.
    «  Essayer de redonner un peu de chair aux disparus est devenu pour moi une obsession  », écrit l'auteur, dont le fardeau intime sert de fil rouge à une oeuvre de mémoire collective.
    De sorte que l'enquête familiale sur le destin énigmatique de Léonce se fait peu à peu enquête historique sur la tragédie de Compiègne, puis hommage à ceux qui n'en sont pas revenus.

  • Après ses vies de Magellan, de Marie Stuart ou de Fouché, faut-il rappeler le génie de biographe de Stefan Zweig ? Marie-Antoinette (1933) rétablit la courbe et la vérité d'un destin obscurci par la passion ou la honte posthumes. L'auteur a fait le ménage dans la documentation, puisant dans la correspondance de Marie-Antoinette avec sa mère, Marie-Thérèse d'Autriche, et dans les papiers de Fersen, grand amour de la reine. Qui était Marie-Antoinette faite, l'année de ses quinze ans et par raison d'Etat, reine de France ? Une débauchée futile ? Une icône pour la Restauration ? Nous la suivons de la chambre de son époux, qu'elle appelait son « nonchalant mari », le falot Louis XVI, jusqu'au lit de la guillotine. Quel voyage ! Quelle histoire ! Le monde enchanté et dispendieux de Trianon, la maternité, le début de l'impopularité, l'affaire du collier, la Révolution qui la prit pour cible, la fuite à Varennes, la Conciergerie, l'échafaud... Zweig s'est penché sur Marie-Antoinette en psychologue. Il ne la divinise pas : elle « n'était ni la grande sainte du royalisme ni la grande « grue » de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire ». Il analyse la chimie d'une âme bouleversé par les événements, qui, sous le poids du malheur et de l'Histoire, se révèle à elle-même et se rachète, passant de l'ombre de la jouissance à la lumière de la souffrance. « A la toute dernière heure, Marie-Antoinette, nature moyenne, atteint au tragique et devient égale à son destin ». Davantage qu'un livre d'histoire : un roman vrai.

    1 autre édition :

  • Alpinistes de Staline

    Cédric Gras

    • Stock
    • 27 Mai 2020

    Si Cédric Gras s'est décidé à raconter la vie des frères Abalakov, deux alpinistes russes des plus héroïques de leur génération, c'est après avoir découvert qu'ils avaient été victimes des purges staliniennes. Comment Staline a-t-il pu faire arrêter ces figures glorieuses, chargées de porter le marxisme au plus haut des sommets ?
    Orphelins sibériens, ils pratiquent l'escalade avant de devenir des alpinistes aguerris. Entre Caucase et Asie centrale, ils multiplient les expéditions jusqu'à gravir, dans les années 1930, les vertigineux pic Staline et pic Lénine, au nom du pouvoir. Dans ce monde où l'alpinisme était dicté par l'idéologie d'un monde nouveau, la conquête de territoires et la guerre, Vitali Abalakov sera pourtant victime de la Grande Terreur et des purges en 1938. Libéré et amputé de nombreuses phalanges suite à une tempête en altitude, il reprendra le chemin des cimes et reviendra au plus haut niveau. Son frère Evgueni sera lui retrouvé mort en 1948. Il préparait une ascension à l'Everest.
    Russophone et familier de l'Eurasie, Cédric Gras a enquêté, des archives du KGB au pic Lénine, pour reconstituer le destin exceptionnel et dramatique de ces deux frères indissociables puis désunis, mais qui ont traversé le siècle rouge en rêvant de conquérir l'Everest au nom de l'URSS.
     

  • Napoléon comparait sa vie à un roman. Il en fut le héros et l'auteur. Seul ce roman nous reste. Depuis deux siècles, il continue à s'écrire sans lui. Et avec lui se perpétue ce "songe immense mais rapide comme la nuit désordonnée qui l'avait enfanté" dont parlent les Mémoires d'outre-tombe. Chateaubriand dit de Napoléon : "Il n'a pas fait la France, la France l'a fait."
    Mais peut-être la France, au fond, Napoléon l'a-t-il faite par sa défaite autant que par ses victoires. Car, outre des institutions et des lois qui existent toujours, le vide qu'il laisse a duré plus longtemps que le monument qu'il avait édifié et dont ne nous demeurent que des vestiges et des symboles.
    "Le soleil qui s'était levé à Austerlitz, écrit Hugo, se couche sur Waterloo." Avec le romancier des Misérables, les plus grands écrivains du passé sont venus visiter la légende obscure et éclatante sous la forme de laquelle, pour notre présent, cette histoire reste encore vivante.
    Philippe Forest interroge l'aventure de cet homme, et de la France qu'il a faite, au miroir littéraire de l'épopée dont il nous a légué l'impérissable souvenir.

  • " Enfin la biographie que ce géant méritait "
    Robert Paxton
    S'appuyant sur une très large masse d'archives et de mémoires, Julian Jackson explore toutes les dimensions du mystère de Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n'avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et sa passion pour la tactique, son pragmatisme et son sens du possible, avec autant d'acuité et d'esprit. Des citations abondantes, éblouissantes d'intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de Churchill et de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s'exaspérer de son caractère vindicatif, de son ingratitude ou de ses provocations...
    Aucun détail inutile ici et aucun des défauts de ces biographies-fleuves où l'on se perd, mais une narration toujours tendue, attachée aux situations politiques, intellectuelles, sociales et aux configurations géopolitiques qui éclairent une action et son moment.
    Julian Jackson relit cette existence politique hors norme et son rapport à la France à la lumière des questions du passé, qu'il restitue de manière extraordinairement vivace, et de celles qui nous occupent aujourd'hui – et notamment l'histoire coloniale et l'Europe, la place de la France dans le monde, mais aussi évidemment les institutions de la Ve République. En ce sens, c'est une biographie pour notre temps.
    C'est aussi une biographie à distance, par un observateur décalé qui mieux qu'aucun autre fait ressortir le caractère extravagant d'un personnage singulier à tout point de vue, extraordinairement romanesque dans ses audaces comme dans ses parts d'ombre, et dont l'héritage ne cesse de hanter la mémoire des Français.
    Spécialiste de l'histoire de la France au XXe siècle, Julian Jackson est professeur d'Histoire à Queen Mary, University of London. Sur toutes les listes des meilleurs livres de l'année en Grande-Bretagne, sa biographie de De Gaulle a été couronnée du très prestigieux Duff Cooper Prize.

  • «  Il n'y a pas de hasard ou il n'y a que des hasards  », comme disait Rimbaud, et c'est dans un vide-greniers à Saint-Lunaire que François Morel a trouvé un vieil exemplaire défraîchi de La Cancalaise. Dans cette revue, endommagée par le temps, étaient reproduites une douzaine de chansons d'un poète et marin breton, Yves-Marie Le Guilvinec. Intrigué par l'originalité, la singularité de ce qu'il lisait, François Morel, avec l'aide de Gérard Mordillat, a voulu enquêter sur l'auteur oublié de ces textes et établir sa biographie.
     
    Yves-Marie Le Guilvinec, né en 1870 à Trigavou, pêcheur sur les grands bancs de Terre-Neuve, cadet d'une famille nombreuse, est mort en mer en 1900. Il vécut sans autre horizon que la pêche à la morue et disparut au moment où la gloire lui tendait les bras.
     
    La biographie d'Yves-Marie Le Guilvinec complétée par l'intégrale du texte de ses chansons est accompagnée de plusieurs lettres émouvantes à sa mère et d'une étude sur sa mort que nous devons à l'amabilité du Dr Patrick Pelloux, ainsi que de portraits par Ernest Pignon-Ernest.

  • Les Borgia

    Jean-Yves Boriaud


    Mythes et réalités d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance.

    Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia - Alexandre, César et Lucrèce - ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée.
    D'origine catalane, ces " Borja " vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455 Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492 Alexandre VI, qui, s'il compromet sa fonction dans plusieurs scandales, donne à l'Église, par la force, un territoire comparable à ceux des États-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Église, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. À Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille.
    Sous la plume légère et savante de Jean-Yves Boriaud, la saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Église, entre pourpre et sang, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.

  • « Cette première biographie, nourrie par de multiples témoins de premier ordre, se dévore : on rit, on frémit, on admire. » Elle - Katell Pouliquen« C'est un livre qu'on ne lâche pas avant de l'avoir terminé. On le recommande chaleureusement » Ali Baddou, France 5Qui était vraiment Karl Lagerfeld ?- Un grand couturier- Un adorateur de la féminité- Un patron hyperactifMais il était plus que ça :- Un homme du monde- Un manipulateur de haut vol- Un extraordinaire séducteur un rien pervers- Un seigneur à l'allure très Grand Siècle- Un provocateur impénitent- Un amoureux transi dans la vie- Une icône mondialeRaphaëlle Bacqué va au-delà de la légende dans ce livre exceptionnel qui dresse le portrait féroce d'un monstre sacré, tenant à la fois du grand document nourri de révélations et de la fresque littéraire d'actualité.

  • L'entrée du général de Gaulle dans la prestigieuse collection "Maîtres de guerre".Des cinq grands protagonistes de la Seconde Guerre mondiale, Charles de Gaulle est le seul à avoir reçu une formation d'officier général, les quatre autres - Hitler, Staline, Roosevelt et Churchill - pouvant être considérés comme des stratèges amateurs. Mais l'ironie du sort a voulu qu'il ait été aussi le seul à n'avoir pratiquement pas d'armée...
    Pourtant, cet homme à la vocation militaire très précoce, ce général de brigade engagé malgré lui en politique, a joué au bénéfice de la France un rôle considérable durant la Seconde Guerre mondiale ; et pendant le quart de siècle qui a suivi, ce militaire devenu civil, qui n'a jamais cessé d'affirmer la primauté du civil sur le militaire, n'en a pas moins instauré dans le gouvernement civil une rigueur quasiment militaire - tout en posant les jalons d'une doctrine de dissuasion stratégique qui a rendu à la France son statut de grande puissance.
    En cette année qui marque à la fois le 80e anniversaire de l'appel du 18 Juin et le 50e anniversaire de la mort du Général, François Kersaudy, qui en est l'un des meilleurs spécialistes, explore dans ce dixième volume de la collection " Maîtres de Guerre " ce qu'ont été, au sommet comme sur le terrain, les conséquences de ses ambitions, de ses décisions et de ses anticipations.

    1 autre édition :

  • L'épopée de Toussaint Louverture commence par une révolte d'esclaves à Saint-Domingue en 1791 et culmine avec la proclamation du premier État noir indépendant de l'histoire en 1804. Après l'abolition de l'esclavage par la Révolution française en 1794, Toussaint devient le principal personnage politique et militaire de la colonie et prend le titre de "gouverneur général à vie" en 1801.
    Profondément attaché aux valeurs républicaines d'égalité et de fraternité, il lutte farouchement contre toute tentative de réimposer l'esclavage à Saint-Domingue. Doté d'un sens politique exceptionnel et d'une endurance à toute épreuve, Toussaint s'appuie aussi bien sur la population noire et l'armée que sur l'élite blanche et l'Église catholique. Jusqu'à sa chute face aux troupes envoyées par Bonaparte, qui saluera les qualités de ce rival hors du commun.
    Puisant dans de nombreuses archives inédites - et notamment dans la correspondance de Toussaint -, Sudhir Hazareesingh retrace chaque étape de cette vie extraordinaire, des victoires contre les troupes françaises, espagnoles et britanniques à la promulgation d'une Constitution autonome, en passant par des stratégies diplomatiques innovantes. On y découvre un visionnaire intrépide qui s'inspire des idéaux des Lumières et des traditions révolutionnaires et spirituelles de Saint-Domingue.
    Guerrier, législateur, chef providentiel, martyr : Toussaint est devenu une légende pour des générations entières. Premier "modèle noir", il a inspiré Victor Schoelcher, le militant antiesclavagiste Frederick Douglass et les plus grandes contestations du colonialisme, dont le mouvement de la négritude porté par Aimé Césaire.

  • Louis XIV domine son époque. Sur le plan international, il étend les frontières du royaume, établit des colonies en Amérique, en Afrique et en Inde, et contribue à faire de son petit-fils le roi d'Espagne. Il est l'un des plus grands mécènes de l'histoire européenne - Molière, Racine, Lully, Le Brun, le Nôtre travaillent pour lui, Versailles et ses satellites à Marly sont jalousés. Partout Louis encourage la danse, la chasse, la musique, la conversation, en particulier avec les femmes, dont le pouvoir est l'un des thèmes les plus originaux de ce livre. Obsédé par les détails du gouvernement, Louis XIV fut un roi politique, même si ses choix de ministres et généraux se sont avérés désastreux, notamment après la mort du très compétent Colbert. C'est de cette figure hypnotique bien qu'imparfaite, incarnation idéale du grand monarque, que Philip Mansel brosse le portrait, en s'appuyant sur les toutes dernières recherches tant en France qu'en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Il porte une attention particulière à la culture de cour et à la politique étrangère du roi, réintroduisant dans l'histoire européenne puis mondiale un roi de France aux prétentions universelles.

  • Des centaines de livres ont été écrits sur Picasso. Mais rares sont ceux qui lui donnent la parole. Ici, c'est la voix de Picasso que l'on entend parler librement de politique, des femmes, du monde de l'art, d'argent, de la vie. Cet immense artiste est aussi - mais qui peut en douter - un intellectuel, à tout le moins un homme hors du commun, qui aime discuter, se confronter et affirmer ses convictions. On découvre qu'il manie redoutablement la formule assassine, le trait d'humour, la maxime et l'historiette. On savoure les propos tenus par Picasso à Braque ou Matisse, à ses innombrables amis poètes comme Cocteau, Éluard, Prévert, et, plus rarement, à des journalistes. Les souvenirs et confidences rapportés par sa compagne Françoise Gilot, par son ami le photographe Brassaï, par son principal marchand Daniel-Henry Kahnweiler, par sa camarade Hélène Parmelin et par bien d'autres tissent un livre éclairant et surprenant.Sous la plume lumineuse de Laurent Greilsamer se dessine une face méconnue de l'artiste. Le monde de Picasso respire sur les cimaises des musées du monde entier, mais c'est aussi un monde de mots à lire de toute urgence.

  • Le pianiste

    Wladyslaw Szpilman

    • Lizzie
    • 13 Février 2020

    " Un témoignage bouleversant venu du froid et de l'horreur. "Annie Coppermann - Les Échos
    Septembre 1939. Alors que Varsovie est écrasée sous les bombes allemandes, les accords du Nocturne en ut dièse mineur de Chopin s'élèvent à la radio nationale. L'interprète s'appelle Wladyslaw Szpilman. Il est juif. Pour lui, c'est une longue nuit qui commence... Une longue nuit dont l'issue aurait pu être la mort, sans un officier allemand, Wilm Hosenfeld - le plus improbable des sauveteurs. Hanté par l'atrocité des crimes nazis, il va protéger et sauver le pianiste.Mort en 2000 à Varsovie, Wladyslaw Szpilman a eu une carrière internationale de compositeur et de pianiste. Il aura fallu plus de cinquante ans pour que l'on redécouvre enfin ce texte, sobre et émouvant. Suivi d'extraits du journal de Wilm Hosenfeld Présentation d'Andrzej Szpilman Postface de Wolf Biermann
    Grand Prix des lectrices de "ELLE" 2002

  • Et si Napoléon ne devait pas seulement sa gloire à ses conquêtes, mais à son extraordinaire bravoure face aux dangers ? David Chanteranne nous raconte ces douze moments méconnus, où le plus célèbre des empereurs s'est imposé en héros immortel face à ses contemporains en échappant de peu à la mort : une épidémie de peste qui décime son armée en Égypte en 1799 ; un attentat à la bombe dans les rues de Paris, la veille de Noël, en 1800 ; une balle perdue qui l'atteint lors de la bataille de Ratis-bonne en 1809 ; un homme qui voulait le poignarder à Vienne la même année ; un suicide manqué au château de Fontainebleau en 1814 ; ou encore son miraculeux sauvetage par les soldats de sa garde à la bataille de Waterloo en 1815. À la faveur de ces spectaculaires mises en abîme, ce livre revisite, autour de Sainte-Hélène et sous une forme totalement inédite, l'existence d'un des plus grands héros du XIXe siècle et de la France.  

  • Créatrice d'Hercule Poirot et de Miss Marple, Agatha Christie est l'auteure de langue anglaise la plus vendue après Shakespeare. Pianiste, soprano, infirmière, globe-trotteuse, championne de surf, épouse modèle passionnément amoureuse de ses deux maris et mère d'une fille, la « duchesse de la Mort » a eu mille vies.

    4 décembre 1926. La voiture d'Agatha Christie, 36 ans et déjà star du roman policier, est retrouvée près de l'étang de Silent Pool. La police s'interroge : qu'est-il arrivé à sa célèbre propriétaire ? S'agit-il d'une fugue, d'un accident, d'une mise en scène géniale comme elle sait si bien en imaginer ? Béatrix de l'Aulnoit fait toute la lumière sur cette énigme qui fit la une de la presse durant onze jours et passionne toujours ses millions de lecteurs.

    Libre, indépendante, aventurière, Agatha Christie adorait autant vivre en Angleterre qu'au Moyen-Orient. Elle a publié soixante-six romans, quatorze recueils de nouvelles et a également connu la gloire comme auteure de théâtre. Toujours à l'affiche, sa pièce La Souricière bat tous les records de longévité. Et pourtant, elle ne s'est jamais considérée comme un « écrivain ».

    De Londres à Bagdad, c'est la vie trépidante et romanesque de cette Anglaise à l'humour indémodable que cette biographie nous fait découvrir.

  • Sur le confiné le plus célèbre du monde, une vue à couper le souffle.
    L'épopée napoléonienne ne s'est pas terminée à Paris avec l'abdication du 22 juin 1815. Dans un tout autre cadre, un rocher au milieu de l'Atlantique-Sud, et dans un registre intime, celui du confinement de quelques Français dans une demeure humide, elle s'est poursuivie pendant six années, dont Las Cases, dans le Mémorial de Sainte-Hélène, n'a donné qu'un aperçu biaisé sur les premiers mois. Ce ne fut pas une extinction lente et passive. Jusqu'à sa mort le 5 mai 1821, Napoléon mena un combat rude et solitaire contre la fatalité. Jamais, placé dans des circonstances exceptionnelles, il ne renonça à l'espérance et à la gloire, qui l'avaient animé toute sa vie. En dépit de la paranoia de ses geôliers et des petitesses de son entourage, il ne renonça à rien, et suscita aussi des complicités inattendues, au point que sa captivité aurait pu tourner autrement. L'empereur n'aimait pas les histoires écrites d'avance. Sans doute est-ce pour cela aussi qu'il continue de fasciner.
    A partir de sources ignorées ou inédites, Pierre Branda traite des différents aspects matériels, politiques et moraux, de l'existence de l'illustre exilé et de ce qui s'y rattache. Tous les acteurs du drame, des compagnons les plus proches aux témoins les plus humbles, des gouvernants aux anonymes, prennent consistance et mouvement, à Sainte-Hélène mais aussi à Londres, à Paris, et partout où le sort de Napoléon obsède, inquiète ou apitoie. Toutes les situations, tous les incidents, sont passés au peigne fin et rendus à leur signification véritable. Il en ressort des éclairages insolites, des portraits toujours justes et parfois sévères, des remises en perspective et, au fil de jours parfois interminables, un récit saisissant, comme si le lecteur n'en connaissait pas la fin.

  • Joseph Staline, dictateur sanguinaire ? Certes. Mais comment expliquer, alors, la fascination qu'il exerce chez tant de Russes ? Pourquoi la tombe du responsable de millions de morts est-elle fleurie chaque année ?
    À l'heure où l'on célèbre le 75e anniversaire de la victoire sur le nazisme, Vladimir Fédorovski retrace le parcours d'un tyran, mais aussi celui d'un remarquable stratège, doté d'une volonté de puissance hors du commun. L'écrivain et ancien diplomate nous invite aux premières loges de l'histoire : à Stalingrad, dans la plus grande de toutes les batailles de la Seconde Guerre mondiale, ou encore à Yalta, en 1945, où l'extraordinaire flair diplomatique du dictateur partagera l'Europe en faveur de l'URSS. S'appuyant sur de nombreuses archives, lettres et conversations téléphoniques, il nous montre aussi le destin d'un jeune Géorgien entré dans la clandestinité et devenu bientôt Staline, « l'homme d'acier ». 
    Dans cette fresque haute en couleurs, Vladimir Fédorovski analyse le « phénomène Staline », et ce que cette popularité reconquise par-delà la tombe dit de la Russie d'aujourd'hui.

  • Dante ; les vies nouvelles Nouv.

    «  Une enquête a été faite contre [...] Dante Alighieri, du  sestiere  de Saint Pierre majeur [...]   pour établir s'il a commis  des «  barateries  », des injustes extorsions et des gagnes illicites en argent ou en nature  »
    Cante Gabrielli da Gubbio, podestat de Florence, 27 janvier 1302.
     
    «  Je tiens pour un honneur l'exil qui m'est donné  : car [...] tomber avec les bons reste digne de louange.  »
    Dante Alighieri,  Tre donne,  vers 1302-1308.
     
     
    Écrire une biographie de Dante est un défi auquel se sont confrontés nombre de chercheurs. Tandis que les archives se taisent le plus souvent sur la vie du Florentin ou sont d'interprétation délicate, son oeuvre contient tant de passages personnels qu'elle pourrait aisément se lire comme une autobiographie. Mais naïve serait la démarche qui prendrait Dante pour un témoin fidèle de sa vie.
    Dans une enquête conduite à quatre mains, où documents et oeuvre littéraire se font écho, Elisa Brilli et Giuliano Milani renouent les fils de ce destin singulier. Celui d'un homme aux prises avec les bouleversements politiques de son temps, à la charnière des xiiie et xive siècles, et dont les expériences, horizons et réactions changent en fonction des contextes qu'il traverse (municipal, seigneurial, impérial, courtisan)  ; celui d'un homme qui tenta à plusieurs reprises de façonner sa vie par l'écriture, inventant une forme de récit de soi, aux contenus toujours changeants, entre mémoire individuelle et universelle.
    Là est sans doute la contribution essentielle de Dante à la culture occidentale.
     
     
    Elisa Brilli est professeure de littérature italienne médiévale à l'université de Toronto depuis 2015. Ses recherches portent sur Dante et l'histoire culturelle médiévale. Elle a notamment publié Firenze e il profeta. Dante fra Teologia e Politica (Rome, 2012), dirigé le «  Forum  » sur les études biographiques de Dante (dans Dante Studies, 136 en 2018) et fondé avec J. Steinberg et W. Robins le International Seminar on Critical Approaches to Dante.
     
    Giuliano Milani est professeur d'histoire médiévale à l'université Gustave Eiffel. Il s'intéresse à l'histoire politique et institutionnelle des communes italiennes. Il est notamment l'auteur de L'homme à la bourse au cou (Rennes, 2019)  ; il a dirigé avec A. Montefusco Dante attraverso i documenti (Florence-Berlin, 2016-2020) et il a édité avec T. De Robertis, L. Regnicoli et S. Zamponi le Codice diplomatico dantesco (Rome, 2016), la collection des documents sur la vie de Dante et de la famille Alighieri.

  • La saga des Bonaparte

    Pierre Branda

    Deux siècles de descendants de la dynastie qui a sidéré le monde !Ils sont dix-sept et auraient pu être plus nombreux. Le premier d'entre eux, Napoléon, est un géant de l'histoire. Autour de lui une famille, les Bonaparte, qui participa à son épopée mais perpétua aussi sa grandeur. Chacun, animé de ses forces et faiblesses, joua un rôle éminent dans son époque. Tous ont mené plusieurs vies, parfois loin de la France, au point d'apparaître tels d'excellents personnages de romans que n'auraient reniés ni Balzac ni Dumas.
    Pour les étudier, l'auteur a mené l'enquête à partir de sources renouvelées, d'études récentes, battant en brèche nombre d'idées reçues ou de légendes devenues vérité au fil du temps. Sur fond d'intrigues et avec une large place accordée au récit, le style vivant et alerte de Pierre Branda nous fait revivre leurs improbables et attachantes destinées.

    1 autre édition :

  • Aventurier shakespearien aux prises avec des ennemis innombrables, de Gaulle a imaginé le roman de sa vie, et l'a imposé sur le théâtre tragique de l'Histoire en amoureux d'une France qui aujourd'hui encore lui doit presque tout.
    Il fut un héros aux frontières de la folie. Un chef de guerre longtemps seul contre tous. Un homme d'État visionnaire dans la lignée de Richelieu. Un écrivain dans le sillage de Chateaubriand. Et un méditatif lourd de mystères. Dans son incroyable saga, il a enrôlé des personnages fascinants,
    baroudeurs et moines-soldats d'un idéal chevaleresque. Le gaullisme est une leçon de morale, celle de l'insoumission et du panache, teinté de romantisme noir.
    Avec le lyrisme qu'on lui connaît, Denis Tillinac a voulu honorer sa dette en érigeant au Général le tombeau qu'il mérite.

  • - 50%

    "Les Français connaissent mal celle qui fut la mère de Marie-Antoinette. Pourtant, Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780) est l'une des grandes figures tutélaires de son pays. Je l'ai découverte par sa correspondance privée, dans laquelle elle se révèle guerrière, politique avisée, mère tendre et sévère.Mais cette mère-là n'est pas n'importe laquelle, c'est une femme au pouvoir absolu, hérité des Habsbourg, qui régna pendant quarante ans sur le plus grand empire d'Europe. Et, ce faisant, elle eut à gérer trois vies, parfois en opposition les unes avec les autres : épouse d'un mari adoré et volage, mère de seize enfants, souveraine d'un immense territoire. Cette gageure qu'aucun souverain masculin n'eut à connaître, j'ai voulu tenter de la comprendre : qui fut cette femme et comment elle put - ou non - concilier ses différents statuts. Prendre la mesure, en somme, de ses forces et faiblesses, de ses priorités et inévitables contradictions. Ce portrait, qui puise à des sources abondantes et souvent inédites, ne saurait être exhaustif : Marie-Thérèse garde bien des mystères. Cette femme incomparable en son temps, qui inaugure une nouvelle image de la souveraineté et de la maternité, ressemble, sous certains aspects, aux femmes du XXIe siècle."
    E. B.

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