• Par son destin personnel comme par son oeuvre, Ovide, qui a vécu à la bascule du monde païen et du millénaire chrétien, a incarné la complexité de la mentalité latine, fière de ses légendes et sensible à la mythologie, mais aussi énergique et rétive à toute oppression. D'abord amusé par les jeux du monde et de l'amour, voire marchand de recettes érotiques, Ovide revint ensuite aux grandeurs des mythes (Métamorphoses) et des rites (Fastes), avant d'inventer les élégies du spleen et de l'exil (Tristes et Pontiques) et d'y méditer puissamment sur la destinée humaine.
    Tous les auteurs anciens l'ont admiré. Ils aimèrent le raffinement de son écriture, la diversité de son talent et la richesse colorée de son inventivité. Ils furent aussi touchés par la tragédie de sa fin de vie. Ensuite, il ne cessa d'être lu et imité, servant de réservoir inépuisable à l'imagination des poètes et des plasticiens. Il fut l'actuel de toutes les époques, grâce à la beauté, la diversité et la profondeur de son oeuvre.
    Le livre de Xavier Darcos montre l'éternelle modernité de cet artiste inclassable, de cet érudit libre et ironique qui a capté le mystère du vivant et la puissance des passions, tout en s'insurgeant à sa manière contre l'arbitraire des genres, des pouvoirs et des dieux.
    Membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, universitaire et homme public, plusieurs fois ministre et ambassadeur, Xavier Darcos est l'auteur d'essais sur l'école, ainsi que de nombreuses publications consacrées à la poésie française, à l'histoire littéraire et à la latinité. Il est désormais Chancelier de l'Institut de France.
     

  • Virgile, notre vigie

    Xavier Darcos

    • Fayard
    • 29 Mars 2017

    L'oeuvre poétique de Virgile, qui vécut au tournant du premier siècle de notre ère en Italie, a traversé les siècles et fasciné les plus grands esprits de l'histoire. Comment expliquer cette longévité ? Outre le charme subtil et vibrant de sa langue, pourquoi ressentons-nous l'impression de nous ressourcer en lisant l'Enéide ou les Géorgiques ? Sans doute parce que Virgile est une vigie pour notre époque tourmentée, comme le démontre Xavier Darcos avec érudition, générosité et finesse. En latiniste émérite, féru de poésie et connaisseur intime du monde antique, il nous donne à comprendre et à entendre cette oeuvre majeure aux échos sonores et actuels : vivre en harmonie dans une nature magnifiée, ancrer la paix dans un récit fédérateur, trouver le sacré autour de nous, exalter les vertus chez l'homme et notamment la fides, ce sens de la loyauté si capital dans le monde romain. En parcourant ce livre dense et alerte, on mesure à quel point lire Virgile aujourd'hui, loin d'être un passe-temps suranné, est sans doute un des moyens d'analyser les tumultes de notre temps et d'en percevoir les remèdes possibles. Membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, universitaire et homme public, plusieurs fois ministre et ambassadeur, Xavier Darcos est l'auteur d'essais sur l'école, ainsi que de nombreuses publications consacrées à la poésie française, à l'histoire littéraire et à la latinité.

  • En 1881, Jules Ferry institue l´école laïque, gratuite et obligatoire. Une démocratisation qui passe par un recrutement massif d´instituteurs. Bons élèves issus de milieux populaires, souvent fils de paysans, les « hussards noirs » bénéficient d´une ascension sociale qui fait d´eux de véritables « notables du savoir ». Les femmes ne sont pas en reste, avec la création d´écoles de garçons et de filles, ce qui féminise largement le corps enseignant. Bientôt, les instituteurs s´imposent comme un groupe social fortement attaché à une République qui leur a donné leur « chance », en rivalité avec les prêtres dans la formation des enfants. La loi de 1905 établissant la séparation des Églises et de l´État signe la victoire des instituteurs, renforçant encore leur identité. Du recrutement des maîtres à leur formation dans les écoles normales ; de la discipline à la « leçon de choses » ou à l´instruction civique ; du tableau noir à la distribution des prix ; Xavier Darcos dresse un tableau pittoresque du quotidien des instituteurs à l´époque de Jules Ferry. Riche de témoignages et d´anecdotes, L´École de Jules Ferry ne néglige pas la réflexion sur l´école et la laïcité aujourd´hui, thèmes de la loi du 3 mars 2004, dont l´auteur, alors ministre, fut l´un des principaux promoteurs.

  • « On aurait aimé que la commémoration de 1905 soit un stimulant pour imiter l'énergie d'hommes de cette trempe. Sur la question scolaire notamment. Car nous voyons bien que la pensée sur l'école fait la synthèse de tout grand projet politique. Il n'y a pas de doctrine sociale globale sans une conception maîtrisée et accomplie de l'éducation. Le rappel martial à l'ordre policier ne suffira pas. Les Républicains des années 1880-1905 l'avaient bien compris. L'État moderne croyait avoir réglé la question une fois pour toutes. Avec l'arrivée dans nos vieilles nations de nouvelles pratiques religieuses, tout recommence. » X. D. Xavier Darcos propose une histoire de la laïcité à la française qui permet de replacer dans son contexte ce pilier de la République, et trace les contours de ce que devrait être aujourd'hui une France laïque moderne, ferme sur ses principes mais ouverte à la diversité. Xavier Darcos, inspecteur général de l'éducation nationale et professeur d'université, est actuellement ambassadeur auprès de l'OCDE et maire de Périgueux. Il a été sénateur de la Dordogne, ministre délégué à l'Enseignement scolaire et ministre délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie.

  • « Notre système éducatif fut et reste encore aujourd'hui l'un des meilleurs du monde. Mais il se heurte à des difficultés inédites, longtemps déniées par manque de courage ou par démagogie. Dès la fin de l'école primaire, trop d'enfants ne maîtrisent pas assez bien les compétences élémentaires en matière de lecture et d'écriture qui leur permettraient de réussir normalement au collège. Trop d'enseignants se plaignent à juste titre des incivilités, de la violence, de l'hétérogénéité des classes ou du manque de motivation de leurs élèves. Oserons-nous nous avouer les vraies raisons de ces difficultés qui, pour l'essentiel, ne viennent pas de l'école elle-même ? Que faire pour y porter remède ? Comment aider les enseignants à faire en sorte que leurs élèves réussissent mieux ? Depuis plusieurs mois maintenant, nous mettons en oeuvre, Claudie Haigneré, Xavier Darcos et moi, des réformes qui sont autant d'urgences. Elles sont l'affaire de tous. C'est donc aussi avec tous qu'il faut en débattre. » Luc Ferry

empty