• Oubliez Adam Weinberger

    Vincent Engel

    • Fayard
    • 5 Janvier 2000

    Avant, c'est la longue enfance d'Adam Weinberger dans un monde qui ne devine pas encore la menace qui pèse sur lui. L'enfance d'un amoureux des illusions, qui rêve de changer le monde et de libérer ses proches du poids d'une tradition qu'il juge insupportable. L'adolescence d'un jeune garçon qui ne sait comment traduire son amour pour Esther, son admiration pour son oncle, sa tendresse pour sa mère. L'impuissance d'un jeune homme qui constate que le rêve et la fiction ne peuvent enrayer la destruction de ce monde et de ses habitants.
    Après, ce sont des fragments de récits, le miroir brisé où se reflète, par des intermédiaires plus ou moins attentionnés, la fuite de cet enfant devenu homme, qui ne croit plus aux mots. Qui s'est réfugié dans les gestes - ceux de son métier, la médecine, ceux de son ultime passion, la construction de bateaux en bouteilles. Et qui fuit les mots et les êtres jusqu'à la perte de son identité.
    Entre les deux, il y a là-bas, dont on ne parle pas.

    Et puis, à la fin, après l'oubli, au terme de toutes les fuites, il y a l'enfance qui revient par-delà la mort, et l'unique vérité d'une fiction - d'un récit de vie.

    Vincent Engel est professeur de littérature contemporaine à l'université de Louvain (Belgique), où il dirige le centre d'études de la nouvelle. Il a déjà publié trois recueils de nouvelles et trois romans, ainsi que plusieurs essais sur Elie Wiesel, Frédérick Tristant et la critique littéraire.

  • En 1855, dans le petit village toscan de Montechiarro, le père Baldassare gravit le chemin de la prestigieuse villa Bosca en compagnie du tout jeune orphelin Adriano Lungo. Cet immense domaine est la propriété du comte Bonifacio Della Rocca, père d'un petit garçon et abandonné par la femme qu'il aimait éperdument : la princesse Lætitia Malcessati.
    En 1919, la crise économique frappe l'Italie. Agnese, la petite-fille du comte Della Rocca, se voit contrainte d'épouser un fils de notable aussi obtus que violent, Salvatore Coniglio, afin de sauver la propriété familiale.
    En 1978, Lætitia, l'arrière-arrière-petite-fille de la princesse Malcessati, revient à Montechiarro, ignorant tout des cinq générations de femmes qui s'y sont battues et y ont souffert le pouvoir absurde des hommes en quête de vaines révolutions. Le Risorgimento, le fascisme, les années de plomb : chacune de ces trois périodes clés de l'histoire italienne sert de cadre à cette magnifique saga où les femmes cherchent à être heureuses et à rendre heureux, tandis que les hommes aspirent à conquérir le pouvoir et la gloire par la force, la ruse ou l'argent.
    Au centre de ce tryptique dont le souffle et le charme nostalgique ne sont pas sans rappeler le grand roman de Tomaso di Lampedusa, Le Guépard, s'imposent les personnages d'Agnese Della Rocca et Sébastien Morgan, photographe et bourlingueur de l'histoire contemporaine, qui tenteront tous deux désespé-rément de mettre un terme à la malédiction qui semble peser sur ce pays et sur ses habitants.Vincent Engel est un jeune professeur de littérature à l'université de Louvain (Belgique). Son dernier roman, Oubliez Adam Weinberger, vient de recevoir le prix Sander Pierron de l'Académie royale de langue et de littératures françaises de Belgique, et fait l'objet de plusieurs traductions.

  • Les pandémies avaient d'abord décimé les vieux. C'était triste, bien sûr, mais somme toute... Somme toute, c'est le mot. Le décompte pouvait être rentable. Sauf que les virus ne se laissent pas commander par des logiques politiques. Et puis, après la régression économique effroyable qui avait suivi la première grande pandémie, les gens s'étaient dit qu'à l'avenir, ils préféreraient sans doute sacrifier les vieux que leurs revenus personnels...
    Avec 30?% de plus de 60 ans et une population active réduite à la portion congrue, le gouvernement décide d'établir une politique, volontariste mais discrète, de gestion des seniors. C'est ainsi que naissent les VSA, Villages de Santé pour Aînés où, moyennant la gestion par L'État de l'ensemble de leurs biens, les pensionnaires voient leurs besoins quotidiens pris en charge. Mais qu'adviendra-t-il d'eux lorsque leur patrimoine ne suffira plus à financer leurs soins??
    Inspirateur de ces structures et de leur cadre légal, Maître Alexandre Geoffroy est chargé d'en assurer la promotion. Mais entre ses activités douteuses d'avocat spécialisé dans la gestion de patrimoine et sa volonté de prendre soin de sa vieille mère dans les meilleures conditions, le grand écart devient vite intenable. Bientôt, le piège se referme...
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, Vincent Engel a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques.

  • Les diaboliques

    Vincent Engel

    1855, Allongé dans une sordide mansarde du Marais

  • Depuis 75 ans, l'Occident tente de digérer le désastre absolu qu'il a provoqué et subi à la fois : la Shoah. Tout ce qui fondait la fierté, l'orgueil de l'Europe - sa culture, ses valeurs, sa « civilisation » - a été remis en cause, bouleversé par ce crime sans précédent. L'idée de la « solution finale », sa mise en oeuvre active, la tolérance passive ; comment cela a-t-il été possible ?

  • Maillard, Bizot, Hardenne : trois soldats chargés de nourrir les troupes. Malheureux rescapés d´une armée en déroute, sur une terre dévastée qui a perdu le goût de vivre, ce trio improbable va éclater en morceaux lorsque Maillard et Bizot seront tués à leur tour.
     Dominique Hardenne est peut-être le seul survivant du désastre, alors en bon fermier, il veut rentrer chez lui. Mais la guerre est passée ici aussi, et au village il ne trouve que des corps, parfaitement conservés dans leur dernière posture et qui lui en disent beaucoup sur la vie qui s´est écoulée en son absence.  Ses parents sont à la messe, comme toujours ; Madame Amédée, l´ancienne bigote, est devenue tenancière d´un bordel ; Nathalie, la belle Nathalie, est là aussi... Dominique Hardenne veut comprendre mais doit lutter contre la folie qui le guette à force de solitude et de doutes.  Au milieu des corps figés des habitants du village et des fantômes de Maillard et Bizot, les deux frères d´armes dont il porte les reliques, Dominique Hardenne entre dans une course contre la montre : contre la pourriture des corps, contre la prolifération des insectes, contre la folie distillée par la solitude. Dans son refus de céder la terre aux cloportes, Hardenne ramène l´humanité à ses peurs et ses rêves fondamentaux.

  • Toscane, 1928. Dans un village isolé et pauvre, la fille du maire, qui n'a plus prononcé un mot depuis la disparition de sa mère, semble s'éveiller à l'arrivée d'un cirque itinérant sur la place du bourg. Bientôt s'installe une confrontation entre les saltimbanques et le maître des lieux. Que s'est-il passé, jadis, dans la forêt qui borde le village?? Quel mystérieux pouvoir possède le vieil éléphant de la troupe?? Où commence l'illusion, où s'arrête la réalité?? Une histoire pour réfléchir à la réalité du pouvoir et au pouvoir de la réalité. EXTRAIT Assis sur la planche en bois à côté de Luigi, Sandro somnole. La route de terre est douce pour les roues du vieux chariot, et les deux chevaux, à l'avant, prennent leur temps sous le soleil pesant. À quoi servirait de courir ? Luigi laisse les rênes pendre et se fie à ses montures. Ils arriveront toujours à temps dans le prochain village ; là, il faudra voir l'accueil. Il y a des fascistes qui n'aiment pas les saltimbanques, et le cirque de Luigi n'est pas du genre flamboyant. Depuis 1922 et l'arrivée au pouvoir du Duce, les affaires périclitent. Mais peut-être est-ce une excuse. C'est peut-être lui, Luigi, qui vieillit. L'illusionniste s'illusionne avec ses « peut-être » ; il vieillit, et Mussolini n'y est pour rien. Ce qui n'empêche pas Luigi de détester Mussolini. Pourtant, en matière d'illusion, il faut reconnaître que le Duce s'y connaît. Luigi a assisté à quelques meetings et il a vu comment les rues des villes et des villages paradaient en l'honneur de celui qui rendait à l'Italie humiliée son honneur et ses vertus... Ce que le saltimbanque réussit à faire dans le huis clos minuscule de son chapiteau, Mussolini l'accomplit à l'échelle d'un pays entier. Il a dressé les Italiens et les Italiennes, quitte à les dresser les uns contre les autres, il en a fait des moutons, ou des chats, ou des cochons pour certains, des loups pour d'autres. Tous viennent manger dans sa main, et tous redoutent son fouet. Luigi crache par terre ; jamais il n'aurait engagé ce Benito dans son cirque, même si la fortune était assurée. Jamais les spectacles de Luigi n'ont trompé les gens pour le plaisir de les berner. S'il les trompe, c'est pour leur offrir du plaisir, sans qu'ils soient dupes. A PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, Vincent Engel a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques.

  • Alma viva

    Vincent Engel

    Dans les pas d'un compositeur au destin incroyable !
    Venise, 1740. À peine remis de l'échec de son dernier opéra, don Antonio est contraint à un nouveau succès s'il ne veut pas être cloîtré à la Pietà, l'établissement pour jeunes orphelines où il enseigne la musique. D'autant que l'on prétend que sa musique est vieille, sans parler des rumeurs qui bruissent sur les moeurs du vieux prêtre. Son ami l'ambassadeur d'Espagne lui présente alors Lorenzo, qui écrira un livret à la hauteur du défi. Défi multiple, car il s'agira aussi pour le compositeur de sauver certaines de ses élèves les plus douées et les plus jolies. Se mettent alors en mouvement des rouages qui pourraient broyer à jamais le destin du prêtre roux. Ou le conduire à la gloire, une ultime fois...
    Ce que l'on sait de la vie de Vivaldi tient en quelques anecdotes, et tout le monde ignore les raisons pour lesquelles il a quitté Venise pour Vienne, où il mourra. Vincent Engel a puisé les confidences du plus célèbre des compositeurs vénitiens dans sa musique ; c'est elle qui lui a dicté les pensées et les gestes de cet amoureux de la vie.
    Un roman biographique suivi d'une pièce de théâtre qui dévoilent les secrets de la vie et de l'oeuvre de Vivaldi !
    EXTRAIT
    Maudit nuage... Le compositeur se redresse, rouvre les yeux. La gondole est immobile, Zianni semble s'être mué en pierre. Le soleil revient ; l'air est délicieux. Renoncer ? L'idée n'a été qu'une péripétie dans l'intrigue de sa vie, pour mieux faire rejaillir sa volonté, sa force créatrice.
    Il est temps d'affronter ces vieux rabougris de governatori. Ils ne règlent pas la musique à Venise. Dieu ne les écoute pas, sinon pour grimacer. Dieu ne les regarde pas. Comme Antonio, il préfère les jeunes filles de la Pietà, les belles et les moins belles, toutes gracieuses sitôt qu'elles prennent leur instrument entre leurs doigts ou qu'elles offrent leur voix à la musique.
    - Allons-y, Zianni. Ne faisons pas attendre ces Signori.
    Le gondolier redevient chair et grogne.
    - Pas pour eux... Mais j'ai à faire, moi aussi. Il me tarde déjà de retrouver la Pietà...
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    [L]es mots [de l'auteur] se laissent lire avec autant de plaisir que se laisse écouter la musique de Vivaldi. - Blog L'Ivre Lecteur
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, Vincent Engel a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques.

  • Les absentes

    Vincent Engel

    Quelles sont les raisons qui poussent les uns à rechercher la compagnie de leurs semblables et les autres à la fuir ? Quel manque creusent en nous le départ et l'absence des êtres aimés, ce vide qui sera l'ombre de nos vies ? Dans la Toscane du XIXe siècle, autour de Montechiarro, Gioacchino Bruchola et Domenico Della Rocca suivent, sur le fil rouge de l'absence, deux parcours aussi différents que possibles, mais qui auront leurs points de rencontres, de vie, d'amour et de mort. Anges ou fantômes, quelques femmes nourriront leurs inquiétudes et les pousseront toujours plus loin sur la voie d'une éducation sentimentale qui prendra la forme de leur destin. Arianna et son secret englouti ; Laetitia, disparue après avoir mis au monde Domenico et affolé Gioacchino ; Alicia, frêle messagère rédemptrice Un siècle plus tard, dans une Venise dénaturée par le tourisme, Baptiste Morgan, jeune écrivain inconnu, connaîtra à son tour l'initiation de l'art, de l'amour et du deuil, sous la houlette d'un Asmodée Edern toujours aussi mystérieux. Il relira et reliera les récits anciens de ces familles qu'il n'a pas connues, et dont son écriture, seule, assurera peut-être la pérennité.

  • La peur du paradis

    Vincent Engel

    L´Italie au lendemain de la Première Guerre. Entre mer et forêt, au coeur des Pouilles, se niche le village de San Nidro où grandissent Basilio et Lucia. Née de parents inconnus, Lucia est différente et les villageois s´en méfient : enfant presque sauvage, elle est l´amie des signes envoyés par la nature. Basilio, lui, vient de perdre son père. Pour conjurer le chagrin, il oscille entre deux mondes, sa vie de pêcheur sous la voile du sage Luigi, l´univers magique et inspiré de la petite fée des bois. Liés par le destin, Lucia et Basilio s´aiment et se jurent fidélité sans même se l´avouer.Mais un acte irréparable (un bûcher dressé par les enfants pour incinérer le corps du vieux Filippo, qui avait pris Lucia sous sa protection) va faire basculer ces amours enfantines dans le cours tragique de l´Histoire. Sur ordre des fascistes, Lucia est enfermée dans un couvent de Bari. Elle parvient à s´enfuir et se retrouve à Rome. Basilio, désespéré, fera tout pour la retrouver. Une quête faite d´espoirs et de rendez-vous manqués à l´heure où l´Italie mussolinienne pactise avec le diable... Une destinée à mille lieues du « paradis » de San Nidro attend les deux jeunes gens au cours de ce roman envoûtant. Après sa période toscane, Vincent Engel nous emporte dans une géographie sauvage et romantique où affleure toute l´âpreté d´un Sud qui échappe au temps.

  • 13 juillet 1788 : un terrible orage secoue la France du Sud au Nord, semant la désolation dans un pays déjà éprouvé par la sécheresse, la famine et les incuries de la Cour. Au fond d'un val perdu, le tyrannique vicomte Baptiste de Ruspin, châtelain de la Follye, tue l'un de ses paysans. Son fils Népomucène, jeune homme nourri de la lecture des Philosophes, saisit aussitôt ce prétexte pour l'arrêter et mettre en place la société démocratique à laquelle il aspire. Entouré de quelques amis sûrs, il proclame, le 14 juillet 1788, la République d'Avau.

    Mais il est difficile de donner aux hommes ce qu'ils ne peuvent ou ne veulent recevoir. Il ne suffit pas de proclamer « Liberté, égalité, frugalité » pour changer en citoyens de braves paysans dressés à l'obéissance aveugle. Sans compter les rivalités intestines, les trahisons ; sans compter les maris déshonorés, les femmes bafouées, les enfants enlevés - l'ordinaire d'une société qui vit en cercle fermé, avilissant chaque jour un peu plus des esprits pourtant gagnés à l'idéal républicain.

    Durant cinq ans, sous l'oeil méprisant de son père emprisonné, Népomucène se bat contre tous, jusqu'à ce que la France républicaine redécouvre cette Follye isolée dans sa vallée, et la reprenne sous son aile froide et sanglante...

    Que reste-t-il de la révolte quand l'Histoire la fait Révolution ? Que reste-t-il des hommes éclairés quand leurs ambitions et leurs intérêts s'affrontent ? Que reste-t-il des femmes, soucieuses de préserver l'essentiel, quand « les beaux rêves font les vies tristes » ? Cette utopie, qui manifeste avant l'heure les espoirs et les errements de la Révolution de 1789, est aussi une histoire de haine entre un père et son fils, entre un aristocrate de l'Ancien Régime, adepte de Machiavel, et un jeune homme visionnaire autant qu'artisan du drame qui ensanglantera le pays d'Avau.

  • Requiem vénitien

    Vincent Engel

    • Fayard
    • 3 Janvier 2003

    Berlin, 1879. Le compositeur Alessandro Giacolli entame sa trentième année d'exil. Depuis son arrivée en Allemagne, il reste étrangement infécond. Rongé par l'échec, il envoie Jonathan, un jeune disciple, enquêter à Venise où l'Histoire a fait de lui un créateur maudit, proie des fantômes et d'une mémoire sans merci.
    Là-bas, en 1848, outre l'indifférence du public, le mépris du tout-puissant marquis Bulbo et le complot ourdi par une femme dépitée, Giacolli doit affronter les dangers de la guerre d'indépendance menée contre le pouvoir autrichien. Un vent de liberté souffle à peine sur la république vénitienne que, déjà, on redoute le pire dans ce combat inégal contre un empire à son apogée. La terreur envahit Venise assiégée, bombardée, livrée à la famine et au choléra. Giacolli doit fuir ; il abandonne ses partitions derrière lui, ayant perdu foi dans les hommes autant qu'en lui-même. La folie le guette. Pour sauver son maître, Jonathan sait qu'il doit renouer les fils du passé et, avec la même ferveur, s'attacher à la reconstitution d'une Venise méconnue.
    Au cours de son voyage, le jeune homme croisera, parmi les ombres ressuscitées, un médiocre librettiste révolutionnaire, un orphelin à la voix ensorcelante, des musiciens du ghetto juif suspectés de soutenir l'insurrection. Ou encore les héros bien réels de cette révolution à l'italienne toute imprégnée de beauté lyrique : Verdi chantre de l'indépendance ; la Taglioni, incomparable ballerine romantique compromise avec les autorités autrichiennes ; Daniele Manin, libérateur de cette fière république. Chacun d'eux fait miroiter une facette de Giacolli ; et malgré la vérité, versatile, fuyante, Jonathan dresse le portrait inoubliable d'un artiste qui se croyait perdu pour la gloire et l'éternité.


    Professeur de littérature contemporaine à l'université de Louvain, Vincent Engel a reçu de nombreux prix littéraires pour son oeuvre d'essayiste et de romancier. Le premier volet de sa fresque italienne, Retour à Montechiarro, a été couronné, en 2001, par le prix Victor Rossel des jeunes. Parallèlement à Requiem vénitien, il publie Raphael et Laetitia, une longue nouvelle, aux éditions Mille et une nuits.

  • Giovanni

    Vincent Engel

    Une pièce de théâtre où l'amour et l'amitié se redéfinissent au contact des différents personnages... Don Giovanni, Mozart et Da Ponte sont présents dans l'ombre de cette pièce, qui joue de la langue et des codes du XVIIIe siècle. Mais Giovanni prend ici les atours de Leporello et, comme Montesquieu, préfère la vertu à l'honneur. L'amitié entre Ettore et Pietro est à toute épreuve, y compris celle de l'infidélité conjugale?: Rosanella est la femme d'Ettore et l'amante de Pietro. Tout irait bien si, dans les luttes politiques où sont mêlés les deux amis, ne surgissait Luigi... Giovanni, le domestique d'Ettore, observe avec tristesse les ravages de l'honneur et de l'orgueil, essayant de faire valoir une conception plus simple et plus honnête de l'amour. Engel développe ici l'argument inventé pour un projet d'opéra par Federico, dans Un jour, ce sera l'aube. Découvrez cette oeuvre à caractère philosophique, où honneur et orgueil se côtoient ! À PROPOS DE L'AUTEUR : Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT : Scène 1 GIOVANNI, ETTORE Décor dépouillé. Une porte à gauche, une porte et une fenêtre à droite. Un bureau, une bibliothèque. L'une ou l'autre table basse. Au moins deux fauteuils, de chaque côté du bureau au début. Sur le mur du fond, un grand miroir. Giovanni est seul sur scène. Il est occupé à ranger le bureau d'Ettore, mais il travaille distraitement, sans achever ce qu'il commence. Il sifflote un pot-pourri d'airs d'opéra parmi lesquels on reconnaît très clairement le premier air de Figaro dans Les noces de Figaro et le premier air de Leporello du Don Juan. Au moment où, dans l'air de Leporello, on chante : « Se brega gente, non mi voglio far sentir » et que Giovanni s'emporte un peu, Ettore arrive sans que Giovanni l'entende et reste immobile à observer le cirque de son serviteur. ETTORE Hé bien, Giovanni ! Que fais-tu donc là ? GIOVANNI, s'interrompant brusquement, mais sans marquer de gêne excessive Ma foi, monseigneur, cela s'entend : je chante, et cela se voit : je travaille.

  • L'imposture

    Vincent Engel

    Et si vous étiez contraint d'héberger un officier allemand sous la période de l'Occupation? Dans la France occupée, Charles de Vinelles, écrivain en herbe, est obligé d'héberger dans son château un officier allemand féru de littérature française. Avec Le silence de la mer, la fameuse nouvelle de Vercors en toile de fond, la pièce interroge l'impossible neutralité du sujet dans la tourmente. Et pose au final le terrible dilemme : une oeuvre à naître vaut-elle plus que la vie d'un enfant ? Une pièce de théâtre qui pose au spectateur et au lecteur la question du courage ou de la lâcheté. À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT Scène 1 : Charles La scène est coupée en deux ; à gauche, une grande pièce de château, qui sert à la fois de salon et de salle à manger, avec une cheminée, une armure, un mobilier ancien et plutôt vétuste. À droite, la chambre de Charles. Il y a un bureau devant une fenêtre qui laisse filtrer, entre les lattes des volets, une lueur d'aube. Un lit, une penderie, deux chaises, une table avec un broc.Charles dort. On entend, venant de l'étage, des bruits : ceux d'un homme qui se lève, marche jusqu'à la fenêtre qu'il ouvre, qui pousse les volets. À cet instant, le coq chante.Charles se réveille, difficilement. On entend l'autre, au-dessus, qui se lave. Puis, une porte claque et des pas descendent un escalier. Charles se lève à son tour et va à la fenêtre. De dehors, on entend des pas dans du gravier, un cheval, des bribes de conversation en allemand. Charles ouvre discrètement les volets, regarde et se recule vivement. Le cheval part. Charles s'assied à son bureau et ouvre un cahier qu'il se met à lire, d'abord silencieusement puis à voix haute. CHARLES« Par une matinée du mois de mai, une amazone parcourait, sur une jument, les allées du bois de Boulogne »... Non. (Écrit un mot.) « Une ravissante amazone. » (Rature.) « Élégante amazone, sur une somptueuse jument »... (Rature encore.) « Une superbe jument alezane »...

  • Pygmald Sympholien

    Vincent Engel

    Vaudeville de l'absurde pour cette pièce de Vincent Engel Pygmald, qui tient de Meursault et de Woody Allen, a un chat dans la tête. Les docteurs Casimir et Rosenfeldt s'occupent de le soigner, aussi longtemps qu'il a de l'argent pour les payer. Napoléon, le chat, devient son meilleur ami, son double, son frère. On passe de Molière à Camus, du comique au morbide, de l'aliénation à la liberté. Amour, vie et mort dans cette pièce de théâtre surréaliste et absurde ! À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT Acte 1 Un salon meublé de la façon la plus hétéroclite qui soit. Un téléphone moderne sur une table, une table et un fauteuil style années 50, un pouf en riz, une télévision horrible, une lampe... On entend une voix qui vient des coulisses, à gauche. PYGMALD SYMPHOLIENVoilà ! Voilà ! Pygmald Sympholien entre en courant. Toute sa démarche est maladroite ; il se tient raide et semble toujours arriver cinq secondes après ses paroles. Il porte une veste à queue de pie élimée et un jeans, des chaussures de basket.Il décroche le téléphone. PYGMALDAllô ? Allô ? Il manoeuvre le téléphone en tous sens, essaie encore « Allô ? » plusieurs fois puis raccroche, perplexe. Il porte la main à son front et ferme les yeux, comme pris par une migraine, secoue la tête et la penche d'un côté puis de l'autre, tapote sur une oreille. Il va se regarder longuement, comme s'il cherchait à découvrir quelque chose, dans un curieux miroir à pied posé sur un buffet. Il se reprend la tête entre les mains. PYGMALDHalala ! (Grimace.) Misère ! (Grimace encore.) Il va s'affaler dans le pouf, ferme les yeux, se détend quelques instants puis se redresse vivement, comme s'il avait pris une résolution. Il marche à nouveau vers le téléphone qu'il décroche. Il compose un numéro et attend.

  • Alessandro

    Vincent Engel

    Une épopée musicale au coeur de Venise ! Alessandro est un vieux musicien qui n'a plus rien composé depuis des années. Depuis qu'il a fui Venise pour se réfugier à Berlin. Le mécène qui l'héberge lui demande, pour la première fois, de composer une oeuvre à la mémoire de sa jeune femme qui vient de décéder. Incapable d'honorer cette supplique, Alessandro laisse partir son disciple, Jonathan Celnik, à la recherche de partitions léguées jadis à un vieux prêtre... On retrouve ici les personnages et la quête qui sont au centre du roman "Requiem vénitien", paru aux éditions Fayard en 2003 (en Livre de poche). Laissez-vous emporter par cette pièce de théâtre aux accents italiens mélodieux. À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT Scène 1 Alessandro, Jonathan Dans la chambre-bureau d'Alessandro. Décor sobre. Un piano, un bureau, des chaises, un lit, des bougeoirs. Alessandro, mal habillé, est assis au clavier qu'il pianote, cherchant des accords. Il griffonne sur une partition, rature. On sent qu'il s'énerve de plus en plus, jusqu'à déchirer la feuille et à refermer rageusement le couvercle du clavier. ALESSANDRO, criant Nom d'un chien ! Je n'y arriverai jamais ! (Se lève, fébrile, va chercher dans un tiroir un tas peu épais de partitions, liées par une ficelle qu'il dénoue. Pose le tout sur le bureau et commence à consulter les feuillets, un à un, de plus en plus vite. Il finira pour tout balancer en l'air.) Voyons, ici je devrais bien trouver quelque chose... une idée... une inspiration... Le peu que j'ai su composer durant ces trente dernières années ! Non... non... non ! Quelle horreur ! Et ça : quelle platitude ! Mais qu'est-ce qui m'a pris ce jour-là ? Ma parole, on croirait du Wagner ! Autant me mettre à la peinture si c'est pour tomber si bas ! Non !.. Non ! (Jette les rares feuillets qui lui restent en main.) Ah, ce n'est pas vrai ! Pas la moindre mesure pour m'aider, pas le moindre souvenir de ce que je fus pour épauler ce que je suis devenu... Quelle misère ! Pourquoi ai-je commis cette folie de quitter Venise et de venir ici !.. D'accepter...

  • En attendant, go to

    Vincent Engel

    Un huit-clos contemporain et déroutant... Quatre jeunes gens se retrouvent enfermés dans un appartement, sans autre moyen de communication avec l'extérieur qu'un ordinateur interactif à la logique programmée et inébranlable. Qui sont-ils ? Pourquoi se retrouvent-ils là ? Sont-ils prisonniers, ou les acteurs involontaires d'une télé-réalité ? Et pendant qu'ils vivent et s'interrogent, sur les murs de leur prison, s'étendent des graffitis tracés par une main inconnue... Entre Beckett et les langages de programmation Basic, cette pièce s'ancre dans notre modernité et ses angoisses. Elle a été traduite en allemand dans le cadre d'un projet de la SACD. Découvrez cette fresque de la société moderne aux accents angoissants ! À PROPOS DE L'AUTEUR : Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT : Un plateau dépouillé. Un appartement de jeunes, en désordre. Vieux meubles de récupération, pas de télévision. Sur la table basse, des vidanges, des assiettes sales. Sur le divan, Hannah dort. Au centre, une machine étrange, à mi-chemin entre le juke-box et l'ordinateur. Un écran, un clavier. Jean entre, comme s'il venait de se réveiller d'une nuit trop courte. Il marche vers la machine et l'allume en tapotant sur le clavier. Sur l'écran, une image apparaît tandis qu'une voix retentit, neutre et métallique. LA MACHINE Bonjour. Sélectionnez votre profil dans la liste qui apparaît à l'écran. Si vous ne figurez pas dans cette liste, cliquez sur « nouvel utilisateur » et introduisez les données qui me permettront de mieux vous connaître. Jean tape sur l'écran. La voix de la machine change. C'est à présent une voix féminine très douce, très sensuelle.

  • Monsieur Octave

    Vincent Engel

    Don Juan revisité à l'époque de l'Occupation J'ai toujours pensé que la vraie ordure, dans Don Giovanni, n'était pas don Juan, mais bien Ottavio, pâle fiancé qui n'attend même pas que le père d'Anna soit mort pour se proposer comme père et mari.Dans le contexte de l'Occupation et de la Résistance, Octave est devenu officier de police, petit tyran qui se croit investi d'un grand pouvoir... La pièce de théâtre a été rédigée lors d'une formation à la Fabrique de Théâtre de La Bouverie, consacrée à Don Juan, sous les auspices de Michel Tanner. La réécriture d'une pièce qui fascine l'auteur... À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT Scène 1 Anne, Jean La scène est coupée en deux (un tiers - deux tiers). À gauche, un salon. À droite, une chambre avec un grand lit.Au début, il fait noir. On devine, aux bruissements des draps et aux soupirs, un couple dans le lit. Ils ont fini ; ce sont les derniers baisers, le souffle qu'on reprend. Puis, on entend une allumette craquer et la lumière monte petit à petit. Jean, sur le bord du lit, tire sur sa cigarette puis enfile son pantalon. Derrière lui, Anne reste couchée. ANNETu dois vraiment t'en aller ? JEANChaque fois que je te rejoins, tu me poses cette question... JEANTu le sais, je n'ai que la nuit. Dormir ressemble trop à la mort quand l'obscurité s'en mêle. ANNE, qui essaie de le ramener vers le litTu m'effraies quand tu parles ainsi. Peut-être aussi suis-je jalouse. Que fais-tu quand tu n'es pas ici ? Qui vois-tu ? JEAN, qui se dégage en douceurAllons, petite fille, sois sage ! Ne me demande pas d'être ce que je ne puis être, tu cesserais de m'aimer.

  • Malentendus

    Vincent Engel

    Tout plaquer pour mieux tout recommencer... Une femme quitte son pays et son passé, décidée à tout oublier, à renaître. Elle se marie, donne naissance à une fille à qui elle se consacre entièrement.C'est l'histoire de ces deux femmes, de la naissance de la fille à la mort de sa mère. Des tableaux qui disent la difficulté et la force d'aimer, le poids des secrets, les destructions qu'ils occasionnent, les cohésions qu'ils imposent. Cette pièce a été créée au Festival de Spa, en août 2010, puis inscrite au programme 2010-2011 de l'Atelier Jean Vilar à Louvain-la-Neuve, dans une mise en scène de Daniela Bisconti. Elle était interprétée par Cécile Van Snick, Stéphanie Van Vyve et Michaël Manconi. Au final, le constat que la seule vérité est celle des liens qui se tissent entre les êtres. À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT LA NAISSANCE - La mère LA MÈREViens là mon ange, mon trésor... Oui... Avec moi, tu n'as rien à craindre. Voilà... Je vais te donner à manger. Un bon biberon. Allez... oh non ! Pourquoi tu régurgites ? Arrête ! Tout le bon lait que maman te donne... pourquoi tu ne le gardes pas ? C'est le meilleur, le pharmacien me l'a dit ! Ne pleure pas, ce n'est rien, je trouverai un autre lait, ce n'est pas possible que tu vomisses ce que maman te donne !Tout va bien. Ne pleure pas... ne pleure pas, je te dis... voilà... regarde, ici la vie va être belle. On sera bien toutes les deux... Je t'offrirai l'enfance que je n'ai pas eue. Tu auras toutes les chances d'être heureuse, tu seras belle. Tu seras belle et heureuse. Intelligente. Tu feras des études, tu deviendras... On verra ce que tu deviendras. Je te protégerai. Je ne t'étoufferai pas, rassure-toi...

  •  Nous sommes tous des faits divers.
    Tous. Victimes ou coupables de ces gestes anodins sur lesquels le destin bascule. De ce hasard de grain de sable qui nous ensevelit ou nous ressuscite.
    À travers ces quatre nouvelles, portées à la scène par Michel Poncelet et Bernard Francq, voici quatre portraits qui nous ressemblent peut-être : un enfant qui ne vit qu´au son de Bach ; un collectionneur prêt au pire pour assouvir sa vengeance ; un inspecteur à la retraite confronté au meurtrier parfait ; un messie clochard qui visite un cercle juif laïc.
    Des faits divers ? Peut-être. De ceux dont on tisse l´humanité.

  • Fiction : un mot dont le sens semble aller de soi. Un mensonge, une invention. La fiction s'oppose au réel aussi sûrement que nos rêves à la réalité quotidienne. En est-on certain ? Et d'abord, qu'est-ce que le réel ? Qu'en savons-nous ? Comment nous définissons-nous par rapport à lui ?
    Partant d'un questionnement sur le réel et notre rapport à lui, Vincent Engel convoque non seulement les spécialistes de la théorie littéraire, mais aussi des psychologues et des philosophes, sans oublier les principaux écrivains de la seconde moitié du 20ème siècle, tels Camus, Sartre, Robbe-Grillet, Gary ou Tristan, afin de confronter leur vision de la littérature et de la fiction à celle des théoriciens.
    Car les écrivains ne sont-ils pas les premiers concernés ? L'auteur s'attaque ainsi à une redéfinition de la fiction, considérée comme une manière privilégiée de fonder notre humanité et de transmettre la mémoire.

  • Mayday

    Vincent Engel

    La mise en scène d'une tragédie moderne qui dépeint notre monde actuel. Notre époque a-t-elle tué la tragédie?? Celle-ci ne survit-elle plus que sous des formes dégradées, dans les séries télévisées et les faits divers?? Dans Mayday, Jason et Médée sont devenus des acteurs de séries B que dirige, sans enthousiasme, Youri, avatar défait d'Euripide. Jason rêve de devenir cosmonaute et ne reconnaît pas dans Mady la figure de sa tragédie?; elle n'a jamais rien oublié et poursuit sa vengeance à travers le temps. Un spectacle «?multimédia?» sur l'usure du tragique et le drame d'une société sans mémoire. À PROPOS DE L'AUTEUR Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques. Pour en savoir plus sur l'auteur rendez-vous sur son site : http://www.edern.be/vincentengel/ EXTRAIT Scène 1 On se trouve sur un plateau de télévision. Le décor est celui de la série que l'on s'apprête à tourner : un salon à l'américaine d'un côté, avec une cheminée dans laquelle des bûches artificielles attendent qu'on allume le gaz pour donner l'illusion de la chaleur ; de l'autre, un bout de salle de restaurant cossu. Différents écrans de télévision sont accrochés de-ci de-là, certains allumés, d'autres éteints. On voit, sans le son, différentes émissions représentatives des programmes habituels : une série, un journal, un « talk-show », une téléboutique... Par moments, le son jaillira de l'une ou l'autre émission. On peut imaginer un écran géant, en fond de scène, qui reprendra alors l'émission que l'on entend.On commence d'ailleurs par une émission de téléboutique. Pendant qu'on la suit, Youri rentre en scène, en traînant les pieds et s'impatientera en regardant l'heure et en feuilletant les pages d'un script.Télévision LE VENDEURJe crois, Rachel, que vous avez un produit tout à fait exceptionnel à proposer à nos spectateurs... LA VENDEUSEAbsolument, John. Un kit qui devrait faire fureur !

  • Belgiques T.3

    Vincent Engel

    Le plat pays comme source d'inspiration...
    Cet ouvrage se compose des textes suivants :
    - Boire un petit coup...
    - Qui ?
    - Cosmétique de la Belgique
    - Au coeur des ténèbres
    - Bel-G1000
    - Une coquille vide
    - Stupeur et ravissement
    - Avec la mer du Nord...
    - Géante Wallonie
    - Un tour pandable
    - À vot' bon coeur...
    - L'argent du beurre
    - Sans chichis
    - Les Victoires du Ridicule
    - Au nom du sain esprit
    - Ça plane pour moi
    - Vie et mort de...
    Un recueil de récits courts consacrés aux lieux, personnages et concepts emblématiques de la Belgique. Retrouvez également les textes d'Alain Dartevelle et Luc Baba sur le même thème !
    EXTRAIT DE BOIRE UN PETIT COUP...
    Il avait plu presque sans relâche les trois premières semaines de juillet, mais depuis son arrivée, le 20 juillet à 9 heures 33, Bart Vanwaffel n'avait pas à se plaindre : le soleil brillait sans discontinuer depuis presque dix heures et certains commençaient à se plaindre de la canicule. En buvant sa bière avec Elio qui venait d'arriver, il soupira d'aise.
    - Ça doit être ça, être belge, tu crois pas ? Toujours se plaindre !
    Elio opina et vida sa blonde.
    Cela faisait vingt-trois ans qu'ils se retrouvaient chaque année au camping de la Rive, au bord de l'Ourthe. Vingt-trois ans qu'ils appréciaient autant ces retrouvailles. Pendant l'année, ils ne se voyaient pas, ne s'écrivaient pas. Ni l'un ni l'autre n'avait de compte Facebook ; mais dès qu'ils se retrouvaient, ils ouvraient une chope et refaisaient, sinon le monde, du moins la Belgique.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, Vincent Engel a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques.

  • À la rencontre de personnes et de cultures extraordinaires, ce livre nous invite à partir à la découverte des " zones bleues ", ces lieux surprenants qui intéressent les scientifiques pour leur nombre élevé de nonagénaires et centenaires en excellente santé. Un tour du monde passionnant, prolongement de la série documentaire éponyme sur France tv.
    Angèle Ferreux-Maeght, chef de cuisine, naturopathe et spécialiste de l'alimentation bien-être et Vincent Valinducq, médecin généraliste et chercheur, ont décidé de mener l'enquête dans ces endroits si particuliers pour tenter de percer les secrets de la longévité : caractère génétique, mode de vie, alimentation, activité physique...
    De la Sardaigne en Italie à Nicoya au Costa Rica en passant par Ikaria en Grèce et Okinawa au Japon, vous découvrirez les secrets de longévité propres à chacun de ces territoires et partirez à la rencontre de ces hommes et femmes aux vies exceptionnelles.

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