• Au bord de la ruine, deux soeurs, Noélie et Julienne, et leur cousine Gabrielle essaient désespérément de sauver le domaine familial. Leur âge avancé ne leur offrant pas beaucoup de chances d'y parvenir, Noélie décide d'écrire un roman sur sa famille, dans le fol et naïf espoir d'un succès. Entre présent et passé se déroule donc la saga des Randan, propriétaires terriens aveyronnais dont le destin épouse les circonvolutions du xxe siècle : le massacre de la Grande Guerre, la difficile reconstruction et la crise. Rêves de richesse, d'amour ou d'émancipation se réalisent chez les uns, échouent chez les autres. Alors que Noélie est à l'oeuvre, les trois femmes acceptent d'héberger leur nièce Zoé, sans imaginer que cette fille de vingt-quatre ans, dépressive, alcoolique et un brin nymphomane, va bouleverser leur existence. D'une écriture ample, Nathalie Bauer raconte l'ascension et la chute d'une famille. Parmi toutes ces figures attachantes, émergent surtout les femmes qui, malgré les obstacles et les préjugés, sont les véritables piliers. Sans jamais renoncer à vivre libres et indomptées.

  • En 1915, Raymond Bonnefous, étudiant en médecine, part pour la guerre, où il passera près de quatre ans dans l'enfer des tranchées, aux postes de secours où défile l'effarant cortège de blessés et de mutilés. Avec les autres médecins, dont ses amis Morin et Declercq, souvent au péril de leur propre vie, ils tentent de soulager la souffrance qui afflue vers eux. Mais aussi de l'oublier... Car ces " garçons d'avenir " ont envie de vivre. Employant leurs moments de liberté à monter à cheval, à s'amuser à Paris, à revoir leurs proches, à aimer aussi, ils sacharnent à renouer les fils de leur existence d'avant-guerre sans cesser de s'ouvrir à de nouvelles expériences. Ainsi, au mépris de tout, Bonnefous et Declercq se lancent dans une singulière relation avec la fraîche et lucide Zouzou : derniers instants d'insouciance d'une génération qui voudrait prolonger un monde en train de disparaître. De l'horreur des combats quotidiens surgissent des êtres capables de trouver néanmoins une forme de bonheur. Paradoxe qui fait de ce texte magistralement écrit, solidement documenté, un des plus beaux romans consacrés à la Grande Guerre et à ceux qui tentèrent malgré tout d'y demeurer des hommes. Traductrice de l'italien, docteur en histoire, Nathalie Bauer publie ici son troisième roman. Se fondant sur de nombreux documents intimes (carnets, photos, agendas) de son grand-père, dont certains sont reproduits dans ce livre, elle en a conservé la toile de fond historique, tout en trans formant les protagonistes en héros de roman. " Un roman magique et généreux sur un aspect méconnu de la Première Guerre mondiale. " Mathilde Mahieux, La Croix " Un hymne à la vie, [...] des passages d'une grande intensité émotionnelle. " Véronique Marchand, Page " Avec ce troisième roman, elle se révèle une grande romancière. " Gilles Heuré, Télérama " Près de trois ans de travail, et un superbe livre. " Midi Libre " Un hymne à la jeunesse et à la vie, un pied de nez à l'enfer des tranchées. Une réussite ! " Anne Michelet, Version Femina Sélection des Libraires Fnac pour la Rentrée littéraire 2011 Figurait sur la liste des romans français sélectionnés pour le prix Fémina 2011

  • La brillante confrontation de deux femmes à leur passé.

    Par un jour d'avril, Corinne V., psychiatre, reçoit dans son cabinet une quinquagénaire, Zoé B., désireuse d'entreprendre une analyse. Reconnaissant en elle une ancienne amie, elle s'apprête à l'adresser à un confrère, quand Zoé lui confie souffrir d'une amnésie qui a effacé ses souvenirs de jeunesse. Et qu'elle est atteinte depuis toujours d'une " mélancolie " dont la cause, elle en est persuadée, réside dans la mystérieuse histoire de sa famille paternelle – histoire dont son père ne lui a transmis qu'une infime partie.

    La curiosité est la plus forte : en dépit de sa déontologie, Corinne décide d'ignorer leur lointaine et brève amitié, et accède à la demande de Zoé, sans pouvoir imaginer les conséquences qu'une telle résolution aura sur leurs existences respectives. Car, tandis que l'analysante déroule son " enquête " en assemblant, telles les pièces d'un puzzle, les quelques éléments dont elle dispose – bribes de vieilles conversations, documents et photos –, l'analyste se voit confrontée, par un plongeon dans le passé, à un jeu de miroirs pour le moins inattendu.

    Dans ce roman de la transgression, Nathalie Bauer raconte l'odyssée d'une famille ballottée par le chaos de l'histoire du XXe siècle, la recherche obsessive de deux femmes qui en subissent encore les soubresauts, et explore les multiples complicités qui unissent les êtres à leur insu pour mieux se jouer de leur destin.

  • Du vieux palais voisin, Rocco a longtemps admiré le golfe en contrebas, les plages de sable pâle, la mer recommencée. Mais depuis qu'une insolite et séduisante famille mi-russe mi-française l'habite, c'est un autre spectacle qui l'attire : Ludmilla à son violon, Irina dansant parmi les herbes folles, Varvara l'imprévisible avec ses allures de bohème et ses rêves d'écrivain. Rocco sait que désormais son existence va changer ; déjà, son père, le tyrannique capitaine au long cours, ne réclame plus " Paix et silence ", n'accuse plus ses fils d'être incapables de trouver le courage de vivre : à présent, il organise des repas sous la tonnelle, prend le voisin, Vadim, en aparté, lui explique le sud de l'Italie... Il semble que tout soit touché par une sorte de grâce. Une grâce née du choc explosif de deux familles. Séduction et répulsion : les scènes se succèdent, cocasses ou douloureuses. Parents inquiets, filles excessives, adolescents fiévreux autour desquels gravitent des personnages insolites : une grand-mère russe dite " le vieux dragon ", les " tantines " italiennes, jumelles infantiles, le " professeur " aux idées noires, et tout un village. Un univers tchékhovien dans l'âpre Sud italien, mais surtout une merveilleuse exhortation à la vie, au feu de la vie.

  • Ils se sont assis sur une serviette, à quelques pas de moi, et j'ai ouvert un livre - lequel ? Je ne m'en souviens pas, malgré mes efforts pour m'absorber dans ma lecture, pour ne pas avoir l'air de les écouter. Puis ils se sont levés, ne m'ont pas proposé de les suivre, ils ont marché les pieds dans l'eau en direction du soleil, se sont éloignés en oscillant, comme des méduses pâles contre le va-et-vient de la mer. Vu de dos, Joseph ne semblait pas handicapé, personne n'aurait pu deviner que ses mains étaient prises dans un étau de plâtre. J'ai pensé que cette sortie était un très bon signe. Dans quelques mois, il recommencerait à peindre et tout le monde oublierait ce qui lui était arrivé. Puis je me suis endormie. Entre le désir de son frère Joseph d'abandonner ses études pour se consacrer à la peinture, celui de Nello, son ami, qui rêve de quitter leur Calabre, terre de violence, et les ambitions de Giulia, qui ne songe qu'à devenir chanteuse, Zena, une adolescente de dix-huit ans, tente de trouver son propre chemin vers le bonheur. Seule la mort de Joseph décidera de leurs destins. Un premier roman au souffle rare, à l'écriture parfaitement maîtrisée, dans le cadre d'un récit fertile en rebondissements.

empty