• Lorsque le comte Novarry fut mort, foudroyé par une crise cardiaque, il y avait d'abord eu un flottement dans la presse. Puis les concerts de louanges s'étaient fait écho à travers les frontières. Les images s'étaient multipliées. On avait vu Novarry avec la reine d'Angleterre, avec Eisenhower, avec Khrouchtchev, avec Picasso, avec Chaplin, avec Greta Garbo, avec Jean Cocteau, avec Dali. Lors des obsèques, des montagnes de fleurs s'étaient élevées au Père-Lachaise. L'éloquence officielle y avait coulé d'abondance. Le public avait appris que le disparu léguait à la France une cinquantaine de toiles d'une valeur incalculable et que son nom serait donné à une salle du Louvre. Quelques jours plus tard, la ravissante comtesse Novarry découvrait dans un chiffonnier du XVIIIe siècle plusieurs enveloppes scellées portant en lettres noires soulignées de rouge la mention : « A détruire après mon décès ». Or, ce que contenaient ces enveloppes, ce n'était rien d'autre que l'aveu des turpitudes accumulées par le défunt sous le manteau de pourpre de la richesse et de la célébrité. Ancien berger gascon, recru de misère et d'humiliations, il ne s'était arraché à sa condition que par un premier vol qui lui avait permis de « monter à Paris ». Là, les bas-fonds l'avaient accueilli et il avait vécu de prostitution et de proxénétisme. Son meilleur atout avait été son joli visage qui faisait de lui le sosie de Rudolph Valentino à l'époque où « le fils du cheik » mettait en transes des millions de femmes. Les cheveux plats comme une calotte de soie, le teint pâle, l'oeil langoureux, empreint d'une irrémédiable tristesse, la bouche avare de sourires, il avait fait une carrière foudroyante dans le demi-monde, puis dans le grand monde, grâce à quatre mariages et à une succession de trahisons et d'abus de confiance. Ce livre amer et brutal, en prise directe sur notre époque, ne nous dévoile pas seulement l'envers d'une réussite exceptionnelle aussi bien par son éclat que par la noirceur de son origine : il nous suggère subtilement que sous toute réussite, parce que c'est toujours un peu de son âme qu'il faut vendre pour être quelqu'un, il y a peut-être place pour la honte. S.P.

  • Une société dorée, des hommes et des femmes qui vivent en dehors de toute loi avec la plus désarmante candeur. Mais un être étrange apparaît et tout change. Est-ce un envoyé du destin, un ange maléfique qui, malgré lui, sème la mort et la tempête, allume le feu du ciel ? Ou chacun, simplement, projette-t-il en lui ses rêves les plus secrets ? Soudain, les masques se déchirent et ces êtres retrouvent leur véritable dimension. Un roman « fellinesque », qui ne possède pas de clés, sauf peut-être celles de la réalité quotidienne.

  • Une société dorée, des hommes et des femmes qui vivent en dehors de toute loi avec la plus désarmante candeur. Mais un être étrange apparaît et tout change. Est-ce un envoyé du destin, un ange maléfique qui, malgré lui, sème la mort et la tempête, allume le feu du ciel ? Ou chacun, simplement, projette-t-il en lui ses rêves les plus secrets ? Soudain, les masques se déchirent et ces êtres retrouvent leur véritable dimension. Un roman « fellinesque », qui ne possède pas de clés, sauf peut-être celles de la réalité quotidienne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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