• En s'appuyant sur les résultats des municipales et les données exclusives du Cevipof (Centre de recherches sur la vie politique en France de Sciences Po Paris), l'auteur souligne le double mouvement contradictoire que subissent les maires, à la fois de hiérarchisation accrue des collectivités locales (communes et structures intercommunales, départements, régions) et de demande de proximité de la part de leurs administrés. Il revient sur la construction historique de la figure du maire, sur les logiques politiques des élections municipales (nationalisation des questions en débat), sur le profil sociologique des maires, sur la relation des Français à leurs maires (confiance et démocratie locale) et sur les raisons profondes de la crise."

  • Le mouvement des gilets jaunes est tout sauf anecdotique. Tenter de l'expliquer en se focalisant sur la sociologie des participants ou en évoquant la montée des populismes et le rejet des élites n'est guère probant.Luc Rouban voit dans ce mouvement le symptôme d'une profonde mutation du rapport au politique. En épluchant minutieusement sondages, enquêtes, baromètres ainsi que les remontées du grand débat national, il met au jour les sources cachées de cette mutation, ce qu'il appelle la matière noire de la démocratie.Alors que l'offre politique est devenue un produit comme un autre et qu'une part croissante de la population se sent privée d'autonomie et subit les effets de la mondialisation, la lutte des classes a changé de visage, les notions de représentativité et d'universalité n'ont plus cours.À un débat démocratique centré sur la poursuite de l'intérêt général à long terme s'oppose désormais une vie politique réduite à un échange de court terme entre un citoyen-client et un élu-fournisseur. Le choc frontal entre ces deux visions difficilement réconciliables (et dans lesquelles, paradoxalement, gilets jaunes et macronisme se rejoignent) crée de lourdes menaces sur la démocratie.

  • Fin du clivage gauche-droite, conversion des Français au libéralisme économique et aux valeurs de tolérance, désir de vivre ensemble autrement... La victoire d'Emmanuel Macron en 2017 serait le signe d'une recomposition historique du paysage politique français, et le macronisme une réponse aux attentes profondes du Français nouveau, ce citoyen du XXIe siècle.Et s'il s'agissait plutôt d'une élection par défaut, née d'un décalage inédit entre l'offre et la demande électorales dont le jeune Président a su s'emparer avec un remarquable sens politique ?Pour tenter de retracer l'ADN du macronisme, à l'issue d'une année aux affaires, Luc Rouban s'appuie sur des enquêtes de grande ampleur portant sur l'opinion des Français comme sur l'entourage présidentiel et la nouvelle Assemblée. Ses trouvailles mettent à mal le mythe d'une « disruption » et pointent les paradoxes d'un pouvoir qui se veut horizontal et mobilisant les bonnes volontés, alors qu'en réalité il renforce la verticalité, crée de nouvelles oligarchies et accentue la fracture sociale.L'art de faire du vieux avec du neuf ?

  • La politique est-elle différente en France ? La critique aiguë des élites politiques et la montée en force du vote protestataire depuis quelques années mettent en évidence une grave crise de la représentation. Signe d'un déclin ou inadaptation la mondialisation, elle semble indiquer que rien ne se fait en France comme dans les autres pays européens.
    Mais l'Europe elle-mme n'est-elle pas un assemblage de singularités nationales ? On peut s'interroger sur l'existence d'un socle commun de valeurs et de représentations, mais aussi sur la possibilité d'aller plus loin dans l'intégration européenne quand les cultures et les pratiques politiques nationales semblent divergentes. A partir des résultats de l'enqute European Social Survey (prix Descartes 2005), une équipe de politistes a cherché évaluer quelle est la spécificité française, et savoir dans quelle mesure il est possible de parler d'une Europe politique.
    Issu d'un cours du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), cet ouvrage propose aux étudiants, mais également tous ceux que la politique intéresse, des analyses rigoureuses de la vie politique en France et en Europe, telle qu'elle est structurée par les valeurs et les attitudes, par les catégories démographiques et sociales ainsi que par les familles partisanes.

  • La crise profonde que traverse la fonction publique française semble marquer un tournant dans l'évolution de la Cinquième République. Les fonctionnaires, qui constituaient il y a peu le fer de lance du pouvoir d'État, voient leur statut sociopolitique s'éroder et leur univers de travail basculer. L'époque est révolue où le fonctionnaire, symbolisant la réussite sociale au service de la république, pouvait exercer une véritable magistrature morale. Banal, le fonctionnaire perd aujourd'hui son identité collective. Le développement technologique, l'évolution des demandes faites par les usagers, la contestation d'une organisation souvent taylorienne, appellent de nouvelles carrières et de nouveaux cadres d'action. Garants de l'ordre étatique, les fonctionnaires sont en effet confrontés à l'ouverture européenne, à la décentralisation, à l'élargissement du nombre des acteurs qui participent à la définition et à la mise en oeuvre des politiques publiques. La fonction publique, lieu de pouvoir, est un champ social que la modernisation administrative doit prendre en considération pou réussir. La politique de modernisation administrative s'inscrit dans la longue suite de tentatives destinées à l'amélioration de l'efficacité et de l'efficience des services publics. Elle revêt néanmoins un caractère singulier dans la mesure où, pour la première fois dans l'histoire de France, une réforme administrative s'associe à la déconstruction de l'État.

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