• L'action se déroule à la fin du xixe et au début du xxe siècle, en Mayenne.
    L'enfant de l'amour que porte Louise, nait enfant de la faute dont on chasse le père qui sera réputé inconnu, et qu'on arrache à sa mère, promise à une union arrangée.
    Abandonné, Hippolyte connait la dure vie des enfants de l'Assistance publique placés dans les fermes. Puis, son destin s'éclaircit à la faveur d'un placement bienheureux. Ses nouveaux maitres, Mathias et Francine, l'accompagnent avec leurs mots et leurs gestes à eux tout autant dans l'apprentissage de la vie rurale que sur l'intime chemin qui le conduira d'une serviabilité respectueuse et reconnaissante à une affection filiale. Puis Hippolyte fera sa vie d'homme avec Perrine, inlassablement maternelle qui après seize grossesses, ne sait plus vivre seule dans son corps. Le propos s'attarde sur des choses simples qui font une vie, mais aussi sur l'évolution de la ruralité à l'aube de la modernité, quand la capacité d'innovation et la technicité des jeunes viennent heurter l'autorité et les savoir-faire des anciens.

  • Cet ouvrage qui rappellera bien des souvenirs à nos anciens, maintenant dans le quatrième âge, est le témoignage mis en forme, d'une adolescente, Lysiane, qui a vécu le Débarquement, à Caen, le 6 juin 1944.
    Les évènements nous sont contés chronologiquement et tels qu'elle les a perçus, avec ses yeux de jeune fille de quinze ans.
    Le récit commence en 1939. Le 20 août de cette année-là, Lysiane fête ses dix ans, chez sa grand-mère, à Blonville-sur-Mer, sur la côte normande.
    La guerre qui menace contre l'Allemagne, éclate, dix jours plus tard.
    Lysiane vit l'exode de juin 1940, avec sa mère et ses frères et soeurs, jusqu'en Mayenne, la terre des ancêtres où vivent encore beaucoup de cousins qui les accueillent à bras ouverts.
    Elle croit mourir, lors du bombardement de Caen, du 10 février 1943.
    Puis, apprentie-couturière, elle livre, sans savoir à qui elle a affaire, des robes à la maitresse française du chef-adjoint de la Guestapo de Caen, à l'hôtel Malherbe.
    Lysiane a quinze ans, à Caen, le 6 juin 1944.
    Dix jours après le Débarquement, elle quitte Caen pour se réfugier à Poussy-la-Campagne, à dix kilomètres de la ville. Mais, les combats la contraignent, le 22 juillet 1944, à reprendre le chemin de l'exode.
    Elle revient, à l'automne 1944, dans une ville de Caen, en ruines.

  • Née au dix-neuvième siècle finissant, Félicie, fille de cultivateurs de la Haute-Mayenne, épouse Pierre, un cheminot de cinq ans son aîné dont elle aura quatre enfants. Trois survivent. D'abord installé à Laval, le couple s'établit à Mondeville, près de Caen, en 1913. Pierre décède au printemps 1919. Félicie dont le droit à pension de veuve de guerre ne sera reconnu que dix ans plus tard, élève, seule, ses trois enfants. Elle est garde-barrière. En 1929, elle devient grand-mère et s'établit, à sa retraite, à Blonville-sur-Mer d'où elle est chassée par l'Occupant en 1941. L'année suivante, Félicie s'installe à Poussy-la-Campagne. En juillet 1944, elle est contrainte à l'exode par les combats du débarquement. Elle se réfugie en Mayenne, dans la famille. Revenue à Poussy-la-Campagne, à l'automne 1944, Félicie, âgée de soixante-deux ans, quitte tout à l'automne 1948, n'emportant qu'un balluchon, et va s'établir au Mont-Canisy sur la côte normande. Elle décède à l'âge soixante-et-onze ans, en plein hiver 1957, à l'hôpital de Trouville-sur-Mer.

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