• Nouveau nom ? Kolkata. Nom d'origine ? Calcutta. Civilité ? Incertaine. Nationalité ? Double : anglaise, indienne. Date de naissance ? 1690. Vous voyez, j'ai l'air décatie au premier regard, je m'effrite, je m'étouffe, personne au monde n'a l'air plus vieille que moi. Mais trois cent cinquante ans, ce n'est pas considérable pour une mégapole !

    En vérité, je relève officiellement de la communauté des Anglo-Indiens, privée de subsides depuis 1960. Pour en être, il faut avoir au moins un ancêtre mâle britannique. On remarque tout de suite la subtilité de la définition. La Britannitude passe exclusivement par l'homme, alors même qu'au beau milieu de mon ventre se dresse l'énorme statue de l'énorme reine Victoria, petite tête sur jupes écrasantes, bouche de veuve amère et couronne posée sur une coiffe de dentelles. Il ne faut rien croire de ce qu'on dit de moi. Calcutta, grouillante misère du monde, Calcutta bidonville, Calcutta déchet puant de l'humanité, Calcutta qui rend raciste n'importe quel Blanc en vingt-quatre heures, ce fut écrit et publié. Par des Blancs.

    Si je suis utile au vaste monde, c'est à cause du compliqué. Avec moi, rien n'est simple. Je suis anglo-indienne et communiste, maoïste et nationaliste, violemment révolutionnaire et mystique, dense et mutine, nazie et libertaire, je m'appelle Contradiction.

    Romancière, philosophe, auteure d'une soixantaine d'ouvrages, Catherine Clément n'a pas sa pareille pour nous embarquer, stupéfaits et ravis, dans les rues de Calcutta, son histoire et ses mystères.

  • En Europe, on a brûlé les sorcières jusqu'au XVIIe siècle. Elles n'étaient coupables que d'une seule chose : être femme. À la veille de la Renaissance, un pape avait proclamé que toutes les femmes étaient sorcières. Bonnes à tuer pour protéger le « membre viril » disent les textes. Toutes ces cruautés à peine balayées par la Révolution française, l'impure sorcière fut bientôt transformée en son contraire : la très pure Sainte Vierge.Que reste-t-il aujourd'hui de ces sorcières jadis brûlées, écartelées, maudites ? Guérisseuses de choc cachées dans les campagnes, petites-filles du féminisme, activistes Femen ou membres du mouvement #Metoo, les sorcières du XXIe siècle sont libres et fières de l'être.
    Romancière, philosophe, critique littéraire, essayiste, Catherine Clément n'est pas entrée en sorcellerie par hasard. Après avoir profondément aimé sa mère, une « sublime sorcière juive-russe passionnée d'occultisme et de voyance », choisissant « la raison contre sa folie », elle nous offre aujourd'hui dans un essai lumineux une réflexion pertinente sur les liens subtils qui relient misogynie, féminisme, religion et sorcellerie.

  • «L'existence de Dieu, une question sans réponse ? s'esclaffa Théo. Tu veux rire ! Comment font les millions de gens sur la terre pour croire en Dieu ? Il doit y avoir une raison !»De Jérusalem à Bénarès en passant par Rome et Istanbul, Prague et Bahia, Moscou et Jakarta, à travers l'Europe, l'Asie, l'Amérique et l'Afrique. Théo et Tante Marthe vont faire le tour du monde des religions pour trouver sur place des réponses à cette question vitale. Car Théo, quatorze ans, est malade, très malade.Odyssée spirituelle, le voyage de Théo le conduit à la rencontre des sages qui ouvriront son esprit et apaiseront son coeur. Ainsi pourra-t-il affirmer en toute liberté au terme de son périple : «La force du divin, je l'ai sentie, je t'assure ! Simplement, je l'ai trouvée un peu partout.»

  • Fille unique élevée sans amour, elle est éduquée en garçon – et en blanc pour se battre contre les Anglais qui se croient propriétaires de l'Inde. Son père est en prison, sa mère, tuberculeuse, hante les sanatoriums européens tout en contaminant sa fille. Celle qui a choisi le surnom d'Indu Boy dans sa première enfance devient, loin de son pays natal, une jeune Occidentale polyglotte. Elle s'appelle Indira Nehru.
    Avec ses cheveux coupés à la Jeanne d'Arc, la fille de brahmane fait scandale en se mariant à un parsi désargenté, Feroze Gandhi. Il l'aime. Et elle ? Pas du tout. Elle a juste choisi un père pour ses futurs enfants. Sans la force d'Indu Boy, Indira n'aurait pas pu devenir quatre fois Premier ministre de l'Inde, vaincre le Pakistan, aider à la naissance du Bangladesh en guerrière, tenir tête aux présidents américains, combattre les sikhs du Temple d'Or, à Amritsar. Tout lui réussit, sauf la famille. Elle divorce et perd son plus jeune fils.
    Alors, tout bascule. Celle qui était athée devient une bigote de l'hindouisme, celle qu'on adorait se fait haïr sans le vouloir. Celle que le sexe révulsait vieillit sans amour. Est-ce le remords ? Tout indique qu'Indira Gandhi a contribué à son propre assassinat. Elle meurt foudroyée par ses gardes sikhs en 1984. Un destin dont Catherine Clément a fait une légende.
    Philosophe, romancière, essayiste, mais aussi familière de l'Inde où elle a longtemps vécu, Catherine Clément nous fait comprendre ce pays méconnu et son milliard d'habitants. Elle est l'auteure d'une œuvre considérable, qui mêle essais et romans.

  • « ?La prière est un coït avec la Présence divine?: cette drôle de phrase, tombée de la bouche d'un rabbin ukrainien au XVIIIe siècle, le Baal Shem Tov, est venue tinter un soir à mes oreilles comme un méchant grelot. Pourquoi ? Qu'est-ce que la sexualité d'une prière peut apporter au XXIe siècle, un siècle qui commence par des tueries suicidaires commises au nom de Dieu ? Et que veut-il, ce Dieu, le coït ou la mort ? Dieu voulant toujours tout, Il veut les deux : qu'on fusionne avec Lui et qu'ensuite on en meure, pour faire partie de Lui. C'est un ogre adorable. Belle idée pour fidèles, exaltante pour dévots. Si tentante, cette idée, qu'elle s'est incarnée sous tous les cieux, sur tous les continents, dans toutes les religions. Celles et ceux qui les portent sont des croyants extrêmes prêts à donner leur vie pour accéder à la fusion divine. Par défi, par orgueil, sous l'effet d'un grand vent dissident hostile à toute autorité sociale, ceux-là et celles-ci vont à la mort par des chemins dérivés que l'on appelle mystiques. » De Catherine de Sienne à Ramakrishna, de Rumi à Thérèse d'Avila, de l'histoire de Majnoun le fou d'amour au Cantique des cantiques, Catherine Clément nous fait découvrir « l'être sexuel de Dieu », et le monde fascinant de ses amants mystiques.

  • Je suis le plus grand des « Grands Moghols ». Au xvie siècle, j'ai régné sur un empire s'étendant du Cachemire au Bengale, et jusqu'au sud de l'Inde. Fils d'une princesse chiite et d'un souverain sunnite, élevé par deux nourrices on ne peut plus bizarres, on m'a dit atteint du Haut Mal, sans doute épileptique, assurément mystique. Pas impuissant, non. Mais le sexe dans la tête. « Ombre de Dieu sur Terre », moi, le musulman, j'ai épousé des femmes de religion hindoue, et fait sortir de la jungle la ville rouge de Fatehpur-Sikri, ma capitale, que le monde entier nous envie. Ma vie durant, je me suis consacré aux croyances des humains, et j'ai, pour la première fois en Inde, fait en sorte que musulmans et hindous cohabitent en paix. De Dieu, ce ne sont pas les lois qui me fascinent le plus, mais surtout Sa lumière, car je L'ai vu, Dieu, comme je vous vois. Catherine Clément sait donner à son personnage le « tremblé » des extases sexuelles qui nous permettent de partager son insatiable quête métaphysique. Elle met en scène une cohorte de religieux de toutes origines, qui s'empoignent sous nos yeux : oulémas, ayatollahs, hindous de toutes castes, moines jaïns, rabbins et surtout trois jésuites dont les noms sont restés dans l'histoire. Elle restitue la chair des religions qui parfois nous guident et souvent nous aveuglent. Catherine Clément a publié une soixantaine d'ouvrages (romans, essais, poésies, Mémoires...) dont certains, comme Pour l'amour de l'Inde et Le Voyage de Théo, furent des best-sellers internationaux.

  • En 1871, la Commune de Paris, la révolution la plus généreuse que la Terre ait portée, embrase les coeurs et les rues. « J'avais beau me souvenir que notre Commune voulait refaire le monde sous le feu de deux armées, celle des Prussiens et celle du Foutriquet installé à Versailles, j'avais beau me dire chaque jour que la Commune était foutue d'avance, eh bien, elle avançait. »Catherine Clément raconte avec fièvre ces mois d'espoirs et de rêves, jusqu'à la fameuse « Semaine sanglante ». Son roman convoque des figures historiques devenues légendaires (Louise Michel, Charles Delescluze, Giuseppe Garibaldi, Victor Hugo, Karl Marx, Georges Clemenceau) mais aussi d'inoubliables anonymes, qui réinventent le récit de ces jours tragiques et glorieux. Un couple anime l'histoire : le tout juste nommé ministre du Travail, Léo Frankel, un juif hongrois, et la sublime Elisabeth Dmitrieff, jeune Russe ascétique et flamboyante, envoyée par Marx au coeur de la tourmente.Savoureux, haletant, d'une intraitable liberté de ton, ce roman donne à voir une Commune enfin démythifiée, plus proche de nous qu'elle ne le fut jamais.Catherine Clément est l'auteur d'une bonne soixantaine d'ouvrages (romans, essais, poésies, Mémoires...) dont certains, comme La Senora , Pour l'amour de l'Inde ou Le Voyage de Théo, furent des succès internationaux.

  • L´appel de la transe est un livre magnifique qui nous conduit aux frontières de l´inavouable, de l´insaisissable et de l´indicible : ces états de transe ou d´éclipse hors-la-vie que cherche, à un moment de sa vie, tout être humain en quête de sens. De la danse rituelle à la crise d´hystérie, de la tentative de suicide au ravissement de l´extase, Catherine Clément explore avec érudition et simplicité ce que les civilisations ont proposé comme réponse à cette recherche. La règle sociale, voire religieuse, cherche à interpréter et parfois à persécuter ces êtres dont l´état limite inquiète. Des possédées de Loudun aux chamans de Sibérie, des danseuses du Sénégal aux inspirés indiens, l´auteur questionne les multiples facettes de ce désir de repousser les limites de l´expérience sensible et spirituelle. Elle montre comment du Moyen-Âge à nos jours, du coup de foudre amoureux à l´anorexie, de la sorcière brûlée aux vampires des lecteurs de Stephenie Meyer, cette petite mort de la transe, et l´érotisme qu´elle dévoile, sont, de nos jours encore, le lieu d´une attente non révolue.

  • "Maroc, 1578. Dix mille guitares à l´abandon sur un champ de bataille. Les Portugais sont vaincus. La dernière croisade de l´Europe s´achève par la défaite et la disparition du jeune roi Sébastien. Mort ou vif ? On l´attend.
    Son favori raconte. Sous sa peau dure de rhinocéros, il a gardé une part d´humanité. « Ce n´est pas tous les jours qu´on fait la connaissance d´un animal ayant traversé l´Inde dans sa largeur et qui, après avoir navigué de Goa à Lisbonne, se retrouve en ménagerie pour charmer des souverains, un jeune roi portugais, un vieux roi d´Espagne, un empereur alchimiste, une reine barbare. » En retraçant l´attente de Sébastien, Catherine Clément nous offre une truculente galerie de portraits des puissants d´une Europe en pleine mutation : le poids des Habsbourg, la violence des guerres de religion, la folie de l´empereur d´Autriche, la rébellion de la jeune reine Christine, sa passion pour Descartes. Composé comme un opéra, ce roman, plein de fantaisie et de vérités peu connues, donne sa voix à des personnages mémorables, comme ce fameux rhinocéros.
    Catherine Clément renoue ici avec la veine de ses plus grands succès romanesques : La Senora, Pour l´amour de l´Inde, Le Voyage de Théo... "

  • Elle était la reine de Jhansi, un royaume libre du centre de lInde. Une jeune veuve de trente ans, impétueuse, fière, et qui navait peur de rien ni de personne. Ses sujets lappelaient Lakshmi Baï et ses proches Chabili, cest-à-dire la « Chérie ». Mais ses ennemis les Anglais la surnommaient Jézabel, ou Jeanne dArc, comme la sorcière française. Elle mourut à la guerre, habillée en garçon, les rênes de son cheval entre les dents, une épée dans chaque main et ses perles au cou. Ce mouvement de libération nationale que lon connaît sous le nom de « révolte des cipayes » déchira le ventre de lInde au milieu du XIXe siècle, lorsque les soldats indigènes à peau sombre quon appelait « cipayes » se soulevèrent contre leurs maîtres blancs, surnommés « John Company », en référence à la Compagnie de lInde orientale qui rançonnait le pays. Trop dhumiliations, trop de rajas détrônés, trop dexploitations, de brimades Un jour, tout explosa. Linsurrection naquit, irrésistible. La guerre dindépendance indienne dura deux ans, deux terribles années de victoires et de massacres, largement commentés depuis Londres par deux correspondants de presse, Karl Marx et Friedrich Engels.Quand sa guerrière mourut, lInde cessa dêtre libre. Mais encore aujourdhui, les petits Indiens apprennent à lécole la chanson qui célèbre sa gloire. Un destin fulgurant, chanté par tout un peuple, et raconté avec force par Catherine Clément, qui retrouve ici lInde quelle connaît si bien.Philosophe et romancière, Catherine Clément dirige aujourdhui luniversité populaire du Quai-Branly et intervient régulièrement sur France Culture. Elle est lauteur de très nombreux livres parmi lesquels dimmenses succès internationaux comme La Senora, Pour lamour de lInde, ou Le Voyage de Théo.

  • Voilà l'un des premiers livres sur l'opéra qui nous révèle l'importance de l'intrigue, les paroles échangées, "dans" et "à travers" la musique. Et ce livre, c'est une femme qui l'a écrit.
    Car, si l'on prête attention aux drames qui se jouent dans le trompe-l'oeil de la mise en scène et d'une musique sublime, on y voit de longs cortèges de femmes bafouées dont une société d'hommes va admirer les malheurs, avant le souper. Femmes tuées, abandonnées, méprisées et magnifiées, détestées et adorées : voix chantantes des mamans et des putains dans les bourgeoisies régnantes. Certes, au tomber du rideau, la cantatrice morte se relève, noyée sous des bouquets d'adorateurs : mais l'image de la jeune fille tuée par les familles des pères reste au coin des sourires. Un livre qui fascinera aussi bien les amateurs d'opéra que tous ceux qui n'ont jamais été à l'opéra. Tous seront touchés par les accents d'une femme qui n'en finit pas de découvrir que notre culture s'est jouée des femmes en faisant mine de les adorer.

  • Mémoire

    Catherine Clément

    • Stock
    • 21 Janvier 2009

    Tout le monde croit connaître Catherine Clément.
    Chacun est capable d'évoquer à son sujet, et en vrac, sa passion pour l'Inde, ses romans philosophiques, ses années d'enseignement et de journaliste, ses missions aux affaires étrangères qui l'ont menée, avec son compagnon ambassadeur, aussi bien à Vienne et à Delhi qu'à la découverte de l'Afrique, sa fréquentation des sphères de la psychanalyse, mais cet inventaire paraît déjà aussi désordonné qu'incertain, aussi sommaire que réducteur.
    En vérité, personne ne connaît Catherine Clément. Voilà ce qui apparaît d'emblée à la lecture de ses mémoires.

    À travers ses rares récits autobiographiques (dont Cherche Midi, Stock, 2000), ses lecteurs ont approché son enfance de petite fille juive française, mais jamais Catherine Clément avant la publication de ce livre - sans aucun doute le plus important de sa vie - n'aura dévoilé tant de secrets, de souvenirs enfouis, de mystères jamais élucidés. De sa complicité fraternelle aux amitiés éternelles, on la découvre jeune enseignante, engagée au parti communiste ou proche de certains politiques, parmi lesquels deux présidents Jacques Chirac et François Mitterrand. On lira avec une émotion très particulière les portraits qu'elle trace de ses grands maîtres, Jankélévitch, Lacan, Lévi-Strauss, ou ceux de personnages tels que Roland Barthes ou Jean-Paul Sartre.
    Au final, on n'obtiendrait que le parcours hors norme d'une intellectuelle si ce livre de mémoires d'une femme de soixante-dix ans n'était pas avant tout par son écriture, sa liberté, ses incorrections, ses indiscrétions, son humour, sa tendresse et son absence totale de complaisance, la vie même.
    La vie de quelqu'un qui aura pratiquement tout fait sans même s'en rendre compte, qui s'en étonne aujourd'hui et qui garde précieusement, pour mieux nous le transmettre, un sens de l'amour, de l'amitié et de la justice qui nous manque cruellement en ces temps de confusion des esprits.

  • La syncope ? Elle peut être médicale, grammaticale, musicale, poétique. Elle est d'abord une suspension du temps et une absence du sujet. Une "éclipse cérébrale" telle qu'on la nomme aussi "mort apparente". Un instant en moins qui ouvre sur une vie autre.

    Et pourtant la syncope, ce "faux pas du cerveau", est un ressort secret de la vie. Un coup de foudre, un tango, un orgasme, une extase, une angoisse, une ponctuation, un éternuement... Autant de ravissements nécessaires. La pensée même n'y échappe pas. Aussi, de Platon à Lacan, en passant par Descartes, Pascal, Kierkegaard et les philosophies de l'Inde, Catherine Clément nous donne-t-elle le premier traité de la syncope, le sel de la vie.

  • Théo, l'adolescent guéri par un voyage initiatique à travers les religions du monde, a maintenant vingt-six ans. Médecin humanitaire, il est aussi écologiste convaincu. «Depuis une cinquantaine d'années, dit-il, l'espèce humaine ne se contente plus de gratouiller la Terre, elle a troué le derme, on est dans la chair vive, et personne ne connaît la suite du devenir.» Les hommes, la Terre : même combat. La Terre est fatiguée et ses habitants souffrent.

    En compagnie de l'inénarrable Tante Marthe, Théo part sur les sites les plus malades de la planète. Dans sa quête de connaissances, Théo rencontre le plus précieux des dons, le plus fragile, l'amour. Simple ? Oh non !

    «L'homme est un être vivant, dit Théo en séchant ses larmes. Il a des devoirs envers l'espèce, il doit sécher le sang de la mère du moineau, et le sang qui coule du morceau de bois.»

  • « Mais qui est-il, alors ?-Le meilleur des hommes, dit-il. Certainement pas le fils de Dieu.-Les Chrétiens le pensent !-C'est un malentendu, dit le grand Thaï. Pouvez-vous imaginer cela ? Un dieu fait homme, Mais ce serait un monstre ! Non, non, la vérité de Jésus est ailleurs. Voulez-vous la connaître ? »-Et si Jésus n'était pas mort sur la croix ?-C'est ainsi qu'Ibis et Lilith, deux anges au coeur tendre, chamailleurs, rationalistes et manipulateurs, noueront le destin de Jésus en le préparant à son rôle de Messie, le plus parfait des hommes ; et c'est ainsi que Jésus s'affranchira de leur tutelle et trouvera sa voie, loin de Jérusalem.-Comment raconter une histoire dont nul n'ignore le dénouement sans qu'on puisse en deviner la fin ?-Émotion, érudition et drôlerie pour un vrai roman « à suspense » qui suit allègrement les Évangiles pour mieux les détourner. Et le bûcher là-dedans, diriez-vous ? Ah, voilà ! C'est toute la question.

  • Jacques Lacan, psychanalyste français, est une figure mythique. Il commence sa carrière de psychiatre dans les années 30, fait scandale dans les années 50 au sein des institutions psychanalytiques, devient un personnage fameux dans les années 60 aux beaux temps du structuralisme... Dans les années 80, Lacan devient, dans la presse, l'objet d'une "affaire".

    L'"affaire Lacan", c'était qu'il avait osé dissoudre sa propre Ecole, sans consulter personne, las de l'adoration étouffante de certains de ses disciples.
    Il entre alors tout vivant dans sa propre légende et devient le héros d'une mythologie qui courait déjà depuis longtemps autour de lui, sournoise, complexe et magnifique.
    C'est cette histoire que raconte le livre de Catherine Clément : l'histoire d'un solitaire qui toujours suscita des passions publiques. L'histoire aussi d'un homme qui, à travers des schémas, des logiques, une théorie de la psychanalyse, ne cesse de parler d'amour.

    Catherine Clément a voulu le lire, non sans tendresse, comme il lit lui-même les grandes mystiques et les femmes folles : ses préférées de toujours, d'un bout à l'autre de son oeuvre. Elle a trouvé un sorcier aux multiples vies résistant à toutes les morts que ses ennemis ont voulu lui souhaiter : un sorcier têtu et inspiré.

  • Le gout du miel

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 14 Octobre 1987

    Parcourant le Brésil et l'Inde, arpentant la Russie du XIXe siècle et le pays de toutes nos légendes, Catherine Clément nous raconte le suicide sacré des veuves indiennes, les écoles de samba, la lutte pour la survie dans le Nordeste, les bûchers de la Khovantchina... Et pose la question : existe-t-il une loi morale vraiment universelle ? Analysant, comparant, opposant, Catherine Clément montre l'extraordinaire persistance des cultures, y compris celles que l'on dit mortes, et rejoint Claude Lévi-Strauss : la "bonne distance" entre les peuples, entre la mère et l'enfant, entre les amants s'établit en tapinois sous le grand tracé tapageur des contradictions et des conflits. Ce n'est pas la raison qui agit mais "la pensée sauvage, bricoleuse, fouineuse, plus féminine que masculine, et qui se moque des belles consciences et de leurs déchirements". Le miel, qu'il soit doux et tendre en Europe, ou violemment enivrant chez les Indiens d'Amérique, est à cette image. Le goût du miel, ce "sweet-and-sour", cet idéal de l'éthique cuisinière, équilibre entre le poivré et le sucré, la cardamome et le safran, l'ail et le gingembre, la vie et la mort...c'est aussi le bonheur.

  • Bleu panique

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 21 Janvier 1986

    Réfugié à Paris, Georges, étudiant juif évadé des prisons tsaristes, fait la connaissance de la douce Sipa dont les parents ont fui les pogromes d'Europe centrale. A Paris encore, Louise, dont le père pharmacien, photographe et socialiste, a dû quitter Dinan pour cause de scandale, rencontre Etienne Bleu, fils d'épicier et futur industriel de la chimie. Georges et Sipa, Louise et Etienne s'aimeront, se marieront, auront pour enfants Rébecca et André. A la veille de la guerre, André, surnommé le Prince, héritier bourgeois de la tradition catholique antisémite, tombe amoureux de Rébecca, la petite juive d'Europe centrale. La naissance de Natacha, puis celle de Petia, ne sauveront pas leur couple du naufrage. Après la guerre, ils rebâtiront une nouvelle existence tandis que Natacha, à son tour...
    Au-delà de ses personnages hauts en couleurs, par-delà Louise Bleu surnommée "Bleu Panique" par ses petits-enfants et "Madame" par tous, {Bleu Panique} est une fresque qui raconte notre siècle, ses joies, ses échecs, ses espoirs.

  • La sultane

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 8 Juin 1994

    C'est à un véritable voyage dans le temps, une fête de l'imaginaire et des sens que nous convie la Sultane. Soliman le Magnifique, son Grand Vizir Ibrahim et son épouse Roxelane, dite Hürrem, "La Rieuse", en dépit de leur stature historique nous sont rendus tout à fait proches, dans ces vies rêvées par l'auteur, malgré les quelque cinq cents ans qui nous séparent très officiellement d'eux.

    Ibrahim et Roxelane ont été arrachés à leur pays et à leur langue, à leur religion, à leur joie de vivre. Du jour de leur enlèvement, leurs existences de prisonniers seront marquées du sceau de la dépossession de soi, de la déchirure, de l'amour manqué, de la souffrance intérieure, de la révolte muette et ardente qui embrase leurs songes, rouge et violente comme la couleur de leurs chevelures, par quoi ils vont se reconnaître frère et soeur, désormais pris dans les rets d'un attrait mortel, inceste imaginaire. Tout, dans ce livre, évoque les flammes et l'eau, rêves des amants impossibles, tentatives d'évasion.
    A pénétrer dans ce monde étrange, bouleversant et poétique, l'on pense à ces autres enfermés de toujours - par la passion, la solitude, les murs et la tradition - Tristan, Iseut et le roi Marc.

  • Le maure de venise

    Catherine Clément

    • Grasset
    • 24 Août 1983

    On ne sait rien d'Othello avant que sa légende le fasse arriver à Venise et qu'il y devienne chef des armées. On ne sait rien de lui, sinon la jalousie qui le fit étrangler son innocente épouse, Desdémone. Une femme, aujourd'hui, hantée par le héros de Shakespeare et, plus encore, par celui de Giuseppe Verdi, le cherche. Il ne lui apparaîtra pas dans les livres ni sur une scène, mais au bord d'un fleuve, le plus grand et le plus doux des fleuves de France.
    Sur les rives de la Loire, se noue un amour d'outre-tombe entre Othello et sa très contemporaine interlocutrice qui, à mesure que le Maure de Venise fait le récit de sa propre histoire, devient lentement Desdémone.

  • Les psychanalystes sont malades, malades de la guérison. Guérir ? disent-ils. C'est bon pour les psychiatres, les psychologues, les charlatans. Alléger la souffrance des hommes ? La tâche est trop vulgaire pour les nouveaux gourous du savoir qu'ils sont en train de devenir. Et de fait, tout doucement, à mesure que freudisme et lacanisme sortent de leur ghetto, on les voit entrer un à un, tels une armée de clowns tristes, sur la scène de la culture. On les voit prendre rang, avec une étrange assurance, parmi les nouveaux riches de l'intelligentsia. Pamphlet ? Analyse ? Il y a de l'un et de l'autre dans ce livre mordant ; mais il y a surtout deux voix : chaque pas de la dénonciation est assorti d'une autocritique et d'un retour sur soi ; car ce procès n'est possible qu'au terme d'une cure dont le trajet nous est aussi conté.

  • Dans nos contrées, Dieu est au singulier, absolu. Les dieux grecs et romains sont l'objet d'une curiosité nostalgique mais pour un tiers de l'humanité, les dieux sont bien vivants. En Inde, trois cents millions de dieux et de déesses forniquent et combattent avec une joyeuse frénésie ; en Afrique, génies, djinns, vodouns enracinent les humains à leur sol ; en Chine, un héros bâtisseur boite pour avoir sacrifié la moitié de son corps au fleuve Jaune... Je les aime depuis mon enfance et j'ai choisi celles et ceux que je préférais dans les cinq continents. J'aime les dieux parce qu'ils sont novateurs : ils pratiquent les procréations assistées, le changement de genre, le devenir animal. À regarder de près notre Dieu singulier, qu'il s'appelle Adonaï, Jésus ou Allah, les dieux soi-disant morts lui ont inoculé un peu de leurs substances. Dieu est mort ? Pas du tout. Les dieux non plus.

  • This book traces the history of the baby-boomers, beginning with an explanation of the cause of the post-war baby boom and ending with the contemporary concerns of ageing boomers. It shows how the baby-boomers challenged traditional family attitudes and adopted new lifestyles in the 1960s and 1970s. Drawing on 90 interviews conducted with baby boomers living in London and Paris, the book demonstrates how their aspirations for leisure and consumption converged with family responsibilities and obligations. It shows how the baby boomers emerged from an authoritative upbringing to challenge some of the traditional assumptions of the family, such as marriage and cohabitation. The rise of feminism led by the baby-boomers is examined, together with its impact on family forms and structures. The book shows how women's trajectories veered between the two extremes of family and employment, swerving between the models of stay-at-home mother and working woman. It demonstrates how new family configurations such as solo parenting, and recomposed families were adopted by the baby boomers. Today, as they enter into retirement, the baby-boomers remain closely involved in the lives of their children and parents, although relationships with elderly parents are maintained primarily through a sense of duty and obligation. The book concludes that the baby boomers have both been influenced by and actors to the changes and transformations that have occurred to family life. They reconciled and continue to reconcile, individualism with family obligations. As grandparents often with an ageing parent still alive, the baby boomers wish to keep the independence that has been the hallmark of their generation whilst not abandoning family life.

  • This book features 35 of best papers from the 9th European Science Education Research Association Conference, ESERA 2011, held in Lyon, France, September 5th-9th 2011. The ESERA international conference featured some 1,200 participants from Africa, Asia, Australia, Europe as well as North and South America offering insight into the field at the end of the first decade of the 21st century.
    This book presents studies that represent the current orientations of research in science education and includes studies in different educational traditions from around the world. It is organized into six parts around the three poles (content, students, teachers) and their interrelations of science education: after a general presentation of the volume (first part), the second part concerns SSI (Socio-Scientific Issues) dealing with new types of content, the third the teachers, the fourth the students, the fifth the relationships between teaching and learning, and the sixth the teaching resources and the curricula.

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