• Le destin d'une femme n'est pas de devenir mère. Pas le sien, en tout cas.
    Chloé Chaudet a 35 ans. Elle n'aura pas d'enfant. C'est décidé. Ce choix suscite l'incompréhension, voire l'agressivité. " Tu. ne vas pas regretter ? " " Tu n'as pas peur de finir seule ? " Toujours ces mêmes questions, quels que soient l'âge et le milieu. En France, la maternité semble une évidence ; pourtant, près de 5 % des femmes la refusent. C'est un sujet tabou que même la révolution féministe tient encore à l'écart. " Comme des centaines de milliers de femmes indociles, j'ai pris une décision qui demeure inacceptable : vivre comme bon me semble. "
    Chloé Chaudet confie les raisons de son choix, décrit sa fragilité face aux réactions qu'il suscite
    et tente de comprendre ces diktats inconscients qui nous habitent. Un livre éclairant, qui bouscule les préjugés.

  • PMA, FIV : un parcours de combattante raconté en bande dessinée.
    En co-édition avec la Revue XXI.
    C'est un pays dont on tait le nom. Une jungle de sigles et de termes scientifiques. On pensait ne jamais y échouer. On s'y sent seul, incompris. Parfois même honteux. On y éprouve sa féminité, sa masculinité, son estime de soi, sa libido.
    Ce pays, c'est l'infertilité. 20 % de la population le traverse, un couple sur cinq. Marie Dubois y a passé sept ans. Sept longues années de montagnes russes émotionnelles pour tenter d'avoir un bébé. " C'est dans ta tête ! ", lui disait-on. L'auteure démonte cette idée reçue qui culpabilise, et révèle avec intelligence et humour comment l'infertilité est devenue un problème de santé publique.
    Cette bande dessinée est un voyage intime. C'est aussi une enquête journalistique nécessaire pour briser un tabou.

  • " Drôle, mordant, poétique, politique, alarmant, inspirant, Les Heures rouges révolutionne la fiction de notre époque. " Maggie Nelson ( Une partie rouge, Les Argonautes)
    États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l'être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l'aube de cette nouvelle ère. Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d'écrire la biographie d'Eivør, exploratrice islandaise du xixe. Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer - de son renoncement à une carrière d'avocate, des jours qui passent et se ressemblent. Mattie, la meilleure élève de Ro, n'a pas peur de l'avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l'arrière d'une voiture... Et Gin. Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu'elle a voulu aider les femmes.

  • Près d'une femme sur cinq en Europe n'a pas d'enfant à quarante ans. De plus en plus souvent, c'est un choix. Paradoxalement, le désir d'enfant n'a jamais été autant affiché. Pour tenter de comprendre cette nouvelle donne anthropologique, Laurence Santantonios a rencontré une quarantaine de femmes qui ont choisi de ne pas être mères. À leurs témoignages, elle mêle allègrement sa propre trajectoire de vie et son expérience de la maternité.
    Dans ce texte vivant et documenté, ponctué d'entretiens et de textes d'écrivaines, l'auteure aborde les questions sans tabou et s'insurge contre les stéréotypes. En confrontant son expérience à celle des femmes qu'elle interroge, elle place le lecteur et la lectrice au coeur même du mystère de ce choix : avoir ou ne pas avoir d'enfant.
    Libre à elles, un éloge de la différence, une incitation à la liberté de penser et de se comporter
    Près d'une femme sur cinq en Europe n'a pas d'enfant à quarante ans. De plus en plus souvent, c'est un choix. Paradoxalement, le désir d'enfant n'a jamais été autant affiché. Pour tenter de comprendre cette nouvelle donne anthropologique, Laurence Santantonios a rencontré une quarantaine de femmes qui ont choisi de ne pas être mères. À leurs témoignages, elle mêle allègrement sa propre trajectoire de vie et son expérience de la maternité.
    Dans ce texte vivant et documenté, ponctué d'entretiens et de textes d'écrivaines, l'auteure aborde les questions sans tabou et s'insurge contre les stéréotypes. En confrontant son expérience à celle des femmes qu'elle interroge, elle place le lecteur et la lectrice au coeur même du mystère de ce choix : avoir ou ne pas avoir d'enfant.
    Libre à elles, un éloge de la différence, une incitation à la liberté de penser et de se comporter.

  • À l'été 2017, une méta-analyse de 185 études menées en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande de 1973 à 2011 a révélé que la qualité du sperme dans le monde occidental avait diminué plus que de moitié au cours des quarante dernières années et que la perpétuation de l'espèce humaine était remise en cause.
    Pourquoi ? Comment expliquer une telle hécatombe ?
    C'est tout le propos de cette formidable enquête journalistique de Niels Christian Geelmuyden qui a interrogé de nombreux médecins spécialistes et chercheurs.
    En cause : notre régime alimentaire, notre mode de vie, les produits pharmaceutiques et les toxines environnementales.
    Au-delà du problème de fertilité, une mauvaise qualité de sperme est souvent corrélée à des risques cardio-vasculaires, le développement de cancers des testicules, l'hypertension, une faible densité de la masse osseuse, l'obésité, ce qu'explique l'auteur avec beaucoup de pédagogie, exemples et témoignages à l'appui...
    Alors, comment remédier à ce fléau ?
    Niels Christian Geelmuyden avance de nombreuses pistes qui commencent toutes par une réorientation de nos choix de vie (stress, alimentation, consommation...), un meilleur respect de l'environnement, le bannissement de matériaux et substances polluantes, etc. et qui nous permettront d'éviter d'entraîner dans notre chute le reste du monde animal.


  • J'ai fait un bébé toute seule

    Olivia a toujours voulu être maman. À l'aube de la quarantaine, son désir résonne comme une urgence : elle décide de faire un bébé toute seule.
    Avec une détermination à toute épreuve et une bonne dose d'autodérision, elle se lance dans le parcours épineux et rocambolesque de la procréation médicalement assistée. Nous voilà embarqués avec elle dans cette incroyable aventure : choix d'un pays (puisque la démarche est à ce jour interdite en France), d'une clinique, d'un médecin, et même... d'un géniteur pour ce bébé. Au rythme de ses émotions et de ses déceptions, on attend, presque aussi fébrilement qu'elle, la petite croix positive sur le test. On déteste ceux qui la malmènent, ses amies deviennent les nôtres et, au fil des pages, on espère avec elle que son ventre finira par s'arrondir...
    En prenant le parti de l'humour et de la légèreté, Olivia dédramatise cette autre façon de concevoir un enfant.

  • Quand un philosophe pénètre par effraction dans les laboratoires des apprentis sorciers, il en ramène des vérités sur l'humanité qu'on nous fabrique pour demain. Des vérités terrifiantes à dire, mais nécessaires à entendre. Un cri d'alarme contre tous les Frankensteins de la vie, du désir et de l'amour.
    Nous vivons une profonde crise anthropologique.
    En 1968, la grande question était : " Comment faire l'amour sans faire d'enfants ? ". Elle s'est retournée depuis 1978, année de naissance du premier bébé-éprouvette, en : " Comment faire des enfants sans faire l'amour ? " - révolution inouïe au regard de l'histoire de l'humanité.
    La fabrication de ce bébé, conçu hors du corps humain, a peut-être ouvert la boîte de Pandore. Devenu accessible, notre génome est aussi devenu manipulable, modifiable, en attendant que les adeptes du transhumanisme le réécrivent pour produire un homme nouveau, un " posthumain " libéré des tares de notre condition, limitée et mortelle. Preuve est ainsi faite que l'engendrement, qui assure la transmission par la filiation, fait obstacle à la création. Celle de l'individu par lui-même, comme celle de la " posthumanité " rêvée.
    C'est cette effroyable dérive de notre civilisation que Dominique Folscheid analyse, alliant comme personne connaissance scientifique et réflexion philosophique.
    Un essai percutant, pour combattre dès aujourd'hui les cauchemars de demain.

  • Un jour, vous avez vu une affiche dans la rue, une affiche dont vous avez presque immédiatement détourné le regard, pas assez vite cependant pour ne pas voir que les petits personnages en tissu rose, couchés côte à côte, avaient pour certains deux têtes, l'une qui embrassait une personne d'un côté et l'autre de l'autre... Une amie qui avait vu la même affiche vous demanda peu après si vous iriez voir l'exposition. Vous avez répondu que non, que ça ne vous disait rien, ces choses en tissu. Mais si vous aviez réagi si vivement, c'est bien que ça vous disait quelque chose...
    Ce petit quelque chose est l'objet de ce récit très personnel, lancé avec une empathie contagieuse sur les traces de Louise Bourgeois (1911-2010), à la découverte d'une artiste protéiforme et d'une femme profondément attachante dont la longue vie, marquée par des relations familiales complexes, l'exil en Amérique, la difficulté de l'épanouissement dans le monde de l'art de l'après-guerre, dominé par le surréalisme, l'expressionnisme abstrait, et les hommes, déboucha finalement, après des années de travail obscur, sur la gloire soudaine, éclatante, d'une rétrospective au musée d'Art moderne de New York, et une oeuvre tardive bouleversante.

  • Quelque part au XXIe siècle... L'enfance dorée de Nelly Weatherly, une fillette impulsive, sournoise et gâtée à outrance par son père Phil, risque de prendre une tournure dramatique, alors qu'on lui diagnostique une maladie potentiellement mortelle et, surtout, incurable. Heureusement, bien avant sa naissance, son papa avait prévu le coup et, dans le plus grand des secrets, il avait chargé une entreprise de lui créer un double anonyme grâce à un protocole en marge des lois que l'on appelle Creator. Enfermée comme un animal dans une sorte de prison, la copie de Nelly vit dans des conditions inhumaines en attendant qu'on lui prélève des « pièces de rechange ». Mais lorsqu'une infirmière décide de soustraire celle qu'elle surnomme Laura à son destin, une course mortelle contre la montre s'engage.

    Dans un monde où la science prend parfois des détours qui peuvent sembler immoraux, Le Pacte interdit nous force à nous questionner sur l'abandon des valeurs humaines les plus fondamentales. Alors que les limites de plus en plus floues de cette science sont définies puis redéfinies à la hâte, on peut se demander si l'Humain a toujours confiance en la nature et si parfois, il ne devrait pas se faire une raison avant de corriger ce qu'il juge inacceptable.

  • À 44 ans, écolo, nullipare, c'est à dire sans enfant, Laure Noualhat s'interroge sur ce qui pousse la société actuelle à transformer les enfants en banal produit. Toutes les femmes semblent vouloir des enfants, surtout celles qui ne peuvent pas en avoir... Trop vieilles, trop seules, trop amoureuses d'une autre femme, elles ne sont pas infertiles, elles ont besoin de la médecine pour accéder à leur désir de chérubin. Et cette PMA pour toutes arrive à grands pas...
    Si les enfants sont le produit de l'amour, avec la PMA, ils deviennent un produit tout court. Nous avons accouché du monde où on les fabrique à la demande pour assouvir des envies sans fin. À travers des rencontres touchantes où le désir se monnaie cher, le livre lève le voile sur une médecine devenue service. Un gigantesque marché est né. Les cliniques procréatives engrangent les bénéfices, les médecins se régalent, les clients choisissent les matières premières et des enfants naissent, pour le meilleur ou pour le pire.
    Comme tous les marchés, il connaît des dysfonctionnements, des ratés, des lois hypocrites, des escroqueries, des inégalités et une foule de clients déçus. Que raconte-t-il de notre histoire humaine ? Quels enfants faisons-nous ? Quels nouveaux romans familiaux écrivons-nous ? À quel prix ?
    Pourtant, une "vie sans" est possible, elle peut même être heureuse et, parfois, préférable. À condition de visiter son désir et d'écouter son non-désir.

  • La culture occidentale contemporaine imprégnée par l'idéal de la maîtrise et le diktat de la performance perçoit le corps vulnérable comme une tare à bannir, à cacher ou à travestir. L'objectif consiste à ce que l'humanité puisse se libérer de sa vulnérabilité physique, préserver son corps de l'exposition à la souffrance, au vieillissement, à la maladie et, enfin, à la mort grâce à la maîtrise scientifique du vivant. Le transhumanisme du XXIe siècle s'est fait le champion de cette lutte contre la vulnérabilité du corps en prophétisant l'euthanasie de la mort.

    En réaction à cette culture ambiante, le champ de l'éthique dite « de la vulnérabilité » s'est largement développé. Toutefois, il est encore souvent abordé à partir de l'autonomie du sujet en refusant de réfléchir à la dépendance ontologique de l'être humain. La question essentielle de ce livre n'est pas, même si elle est importante, de savoir comment le sujet autonome doit se comporter à l'égard d'une personne en situation de vulnérabilité (comment établir une société capable de l'intégrer). Elle consiste plutôt à se demander si l'être humain en tant que tel - qu'il soit bien-portant ou non - n'est pas fondamentalement vulnérable, et si cette vulnérabilité n'est pas, en dernier ressort, une « grâce ».


  • Enquêter sur la gestation pour autrui, c'est s'interroger non seulement sur un phénomène majeur de notre civilisation mais aussi sur l'avenir de l'humanité tout entière.

    Aux quatre coins de la planète se développent des milliers de centres de fertilité et de reproduction qui proposent la GPA à des parents en désir d'enfant. Éliette Abécassis dénonce ici toutes les implications et les dérives de cette pratique hypercapitaliste.
    " L'être humain ne saurait être cédé, vendu ou échangé. Faire de la grossesse et de l'accouchement un service rémunéré est la plus formidable violence faite aux femmes depuis l'époque de l'esclavage. "

  • Dès la venue au monde, en 1982, du premier "bébé-éprouvette" français, d'intenses débats de société surgissent. La technique ne risque-t-elle pas de déshumaniser la naissance ? La parenté est-elle avant tout biologique ou d'abord sociale ? Les familles issues des laboratoires de la fertilité seront-elles des familles comme les autres ?Un long processus se met en marche, qui aboutit à l'adoption des lois de bioéthique en 1994. En France, seuls les couples composés d'un homme et d'une femme vivant une relation stable seront admis, les dons de sperme ou dovocytes seront gratuits et anonymes, les mères porteuses interdites.Quinze ans plus tard, la loi est remise en chantier. Les moeurs ont évolué, la famille s'est diversifiée. Des enfants nés grâce à un donneur revendiquent le droit de connaître leurs origines. La gestation pour autrui nest pas éradiquée. Les familles homoparentales éclosent et demandent à être reconnues. La controverse renaît, et les politiques doutent. Cependant, contre toute attente, la loi est reconduite en létat.Une synthèse inédite sur trente ans de débats publics et de décisions politiques autour dun sujet de société révolutionné par les progrès scientifiques.

  • Un ouvrage clair et complet, indispensable à ceux qui souhaitent mettre toutes les chances de leur côté pour devenir parentÀ l'heure où l'âge auquel les Français décident d'avoir des enfants continue d'augmenter, de plus en plus de couples rencontrent des difficultés. En effet, près d'1 couple sur 7 fait face au défi de l'infertilité, et se trouve souvent démuni devant les examens médicaux et les démarches à entreprendre pour se faire accompagner.
    Dans ce livre écrit par le Dr. Philippe Terriou, les lecteurs trouveront toutes les infos nécessaires à chaque étape et pour chaque circonstance. L'objectif ? Aider ces couples à ne pas perdre pied, à y voir plus clair afin de pouvoir être actifs et acteurs de leur prise en charge et de favoriser la réussite de leur projet, jusqu'à la naissance tant désirée.

  • Depuis des millenaires, la selection du sexe des enfants a-naitre a intrigue et passionne nos predecesseurs qui, au fil du temps, n'ont pas manque d'elaborer des hypotheses et de proposer des solutions pour concevoir garcons et filles a volonte.
    L'auteur montre l'evolution societale passant par les infanticides et abandons, le genocide silencieux du sexe feminin pour des motifs socio-economico-culturels, la revendication du droit a l'enfant, de la liberte de procreer « quand on veut, comme on veut », ou celle de la defense de l'egalite des genres et des sexes.
    Il insistera surtout sur l'avancee des sciences, plus rapide que l'evolution de la societe, qui permet desormais, avant la nidation, outre la prevention des maladies genetiques, la selection du sexe, bien sur, mais aussi de bien d'autres caracteristiques...
    Diverses manipulations, aux relents transhumanistes, vont permettre la naissance d'enfants «augmentes et ameliores», dont le ou les parents auront choisi le sexe et d'autres traits physiques ou intellectuels.
    Face a la vulnerabilite de la personne humaine et a sa marchandisation, il est de notre responsabilite de veiller a ce que la technicisation de la procreation, la dissociation de la sexualite et de la reproduction n'entrainent pas des derives eugeniques et societales conduisant a la perte de notre humanite.

  • Parmi les techniques de reproduction assistée, la gestation pour autrui (GPA) - également appelée « maternité de substitution » - demeure sans contredit la plus controversée. Les discours sur le sujet, qu'ils apparaissent dans des médias, des manifestations publiques ou des écrits savants, révèlent souvent des positions clivées et dichotomiques. Il est ainsi peu fréquent d'entendre la voix des personnes directement concernées par le sujet, soit celle des personnes qui réalisent leur désir d'avoir un enfant par GPA ou celle des femmes porteuses.

    À partir de recherches empiriques conduites dans différents contextes sociolégislatifs, le présent ouvrage fait état des débats qui entourent la pratique de la GPA. Le lecteur y découvrira comment cette pratique interroge les normes de parenté et de genre de même que la construction de la maternité. Il n'y trouvera pas un portrait exhaustif - pas plus que l'expression de positions idéologiques en faveur ou en défaveur de la GPA -, mais plutôt le témoignage inédit de différents acteurs, qu'il s'agisse de parents, de femmes porteuses, d'intervenants médicaux oeuvrant dans des services de reproduction assistée, de groupes militants associatifs dont l'action vise la reconnaissance juridique de la pratique dans leur pays d'origine ou encore de magistrats ayant à statuer sur la filiation d'enfants nés dans un contexte où la GPA est interdite.

    Étudiant, professeur, chercheur, intervenant ou quiconque s'intéresse à la famille et à la procréation assistée trouvera ici un accès privilégié aux diverses dimensions sociales de la GPA.

  • Pendant des siècles, rien ne laissait penser que les Sodomites se livraient exclusivement à la sodomie : ils étaient « arrogants », manquaient aux « devoirs de l'hospitalité », vivaient dans la luxuria et la terrible vengeance divine s'était abattue sur eux. Ce n'est qu'au XIe siècle que se trouve monté en épingle le martyre de saint Pelage, jeune éphèbe captif décapité pour s'être refusé aux pressantes sollicitations d'Abd al-Rahmân III. La Chrétienté, dans sa lutte contre le maure, utilise l'événement pour donner forme narrative à un acte, un péché qui ne s'appelle pas encore « sodomie ». La première mention du terme apparaît en effet dans le Livre de Gomorrhe (sic), écrit aux alentours de 1050 par Pierre Damien. Cette invention lexicale désigne alors une kyrielle de péchés innommables qui tous, gaspillant la semence mâle, vont « contre nature ». Lecteur de Pierre Damien, Alain de Lille, Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Mark Jordan retrace ici l'histoire de ce concept, et surtout celle des incohérences et inconsistances que la doctrine morale chrétienne a tramées autour de ce terme satanique : seul péché de chair à être aussi péché contre l'Esprit, il ne peut être rédimé. Se pourrait-il qu'un pli ait alors été pris dont ne se serait guère départie notre moderne sexualité ? Que sous couvert d'un sens tenu de nos jours pour techniquement précis continue de courir une somme millénaire de préjugés ?

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