• À en croire le nombre de poètes contemporains, il serait tentant de penser que nous vivons un âge d'or de la poésie. Évidemment, il n'en est rien. Dona Gioia pose ici un regard acerbe sur la moindre exigence esthétique des poètes d'aujourd'hui. Cette crise de la poésie est symptomatique d'une époque obnubilée par le paraître, au détriment des charmes de l'anonymat. L'ambition d'être publié n'est-elle pas finalement le plus grand obstacle à la libre création poétique ? Quoi de moins poétique que la course à la notoriété ?

    Sans pour autant sacraliser les icônes du passé, Dana Gioia constate surtout l'absence de projet esthétique profond et novateur chez les poètes d'aujourd'hui. Publié dans les années 1990, cet essai n'a rien perdu ni de son actualité, ni de sa force provocatrice.

    Dana Gioia est un écrivain et poète américain, né en 1950. Après avoir étudié à la Stanford Business School, il travaille dans l'agroalimentaire, et occupera le poste de vice-président de la General food corporation. Lorsqu'il publie Can Poetry Matter ?dans le journal The Atlantic en 1991, il gagne une renommée mondiale. En 1992, il quitte le monde des affaires pour se consacrer exclusivement à l'écriture, en tant que poète et critique littéraire.

  • Derrière chaque poème se cache une histoire passionnante, laissez-vous mener dans la tête des poètes ! " Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,Dans la nuit éternelle emportés sans retour,Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âgesJeter l'ancre un seul jour ? "Ces vers vous rappellent probablement de doux souvenirs d'adolescence. Mais connaissez-vous leur histoire, les raisons mystérieuses qui ont conduit Lamartine à les composer un jour d'août 1817, alors qu'il attend Julie au bord du lac du Bourget ?
    Suivez Jean-Joseph Julaud dans la tête des plus grands poètes, à la découverte d'histoires insensées, empreintes de bonheurs, de drames, de déceptions, et qui donneront un goût tout nouveau à ces vers familiers.

  • Contre les berges de Lisbonne, l'histoire jette ses héros en vrac. Poètes, navigateurs ou colons déchus de l'Angola indépendant, ils apportent, venus de plusieurs siècles, l'image du déclin qu'ils ont vécu : celui de l'empire par deux fois brisé - en 1578 avec la domination espagnole et en 1975 avec la fin des colonies d'Afrique. Rien de plus furieusement baroque que cette traversée de l'histoire portugaise où Vasco de Gama, Luis de Camoëns, ressuscités de Lusiades ou d'ailleurs, se perdent, arbitrairement défigurés, dans le Lisbonne d'aujourd'hui qu'ils ne reconnaissent plus. Et Luis sillonne l'histoire et la ville sans lâcher le cercueil où pourrit le corps de son père, signe d'un présent toujours en mal de ses racines. Car dans cette civilisation occidentale en pleine déchéance, on espère encore le retour des caravelles.

  • « Notre Trinité » : tel est le nom que Friedrich Nietzsche, Paul Rée et Lou von Salomé voulurent donner à la communauté de vie et de recherche qui devait consacrer leur rencontre. Une communauté vouée à la liberté de pensée, à l'analyse morale, au dédain des conventions. Les textes rassemblés ici - lettres, notes de journal, aphorismes, brouillons - retracent, sur une période de dix ans (1875-1885), les prémisses, les bonheurs et les déceptions de cette rencontre ; chacun des protagonistes de cette aventure intellectuelle et sentimentale y apparaît dans sa vérité. Autour de cette constellation incertaine, une soeur jalouse (Elisabeth Nietzsche), des amis dévoués (Franz Overbeck, Peter Gast), des gens du monde (Malvida von Meysenbug) font naître, du nord de l'Allemagne au sud de l'Italie, la rumeur d'un « événement européen », tandis qu'à Bayreuth Wagner organise son apothéose. Mais à mesure que les rancoeurs succèdent aux espoirs, la solitude aux échanges, Nietzsche, vivant ses désillusions comme les symptômes d'une métamorphose, accède aux visions régénératrices de Zarathoustra.

  • Aimé Césaire. Saint-John Perse. Édouard Glissant. Trois des plus grands poètes de tous les siècles.

    Pourtant, il nous est difficile d'envisager une entité pareille. Dans l'ordinaire perception, on les distingue, on les oppose, on les distingue en les opposant. Le contexte historique et politique accuse cette perception d'antagonismes définitifs. L'homme de l'Afrique et de la Négritude. L'homme de l'universel conquérant, orgueilleux et hautain. L'homme des chaos imprévisibles du Tout-Monde. Derrière ces classifications, on sent bien que persiste notre impossibilité à envisager l'unité-diversité, les solidarités conflictuelles, les ruptures qui rassemblent, les écarts convergents. Dès lors, il nous faut tenter de deviner leur inévitable relation, ces « liaisons magnétiques » qui les rassemble sans les confondre, et qui nourrissent, et leurs mouvements particuliers et leurs musiques secrètes. La liaison magnétique est rétive aux rapprochements généralisants. Elle est tremblante, légère, subtile, réversible, diffractée et infime. Elle va de notes en contre-notes, de sentiments en longues rêveries. Sa fécondité provient de l'intensité des imprévisibles qu'elle suscite, des déplacements, combinaisons et dispositions nouvelles qu'elle suggère. Césaire. Perse. Glissant. La magnétique puissance de ces solitaires ne les rend-elle pas finalement solidaires ?

  • Une vie, une mémoire. Une vie passée à séjourner auprès de quelques poèmes aussi bien français qu'anglais, italiens qu'allemands à la recherche de cette « musique savante » qui saurait faire résonner le sens de l'existence. Depuis le jour où, adolescent un peu à la dérive, il a été saisi par un sonnet de Baudelaire, John E. Jackson n'a cessé de s'interroger sur ce qu'était la poésie et de demander aux poètes de l'aider à mieux saisir les faits les plus simples de la vie, qui sont aussi les plus fondamentaux : l'amour, l'amitié, la tristesse, le sentiment du vide ou de l'absence comme aussi celui de la joie. Ces pages, où l'on croise Dante, Du Bellay, Shakespeare, Goethe, Hölderlin, Kleist, Nerval, Rimbaud, Mallarmé, Yeats, Eliot, Celan ou Bonnefoy, interrogent les facettes d'une vie où la mémoire est moins un pas en arrière que le mouvement à partir duquel s'élancer en direction d'un sens toujours à venir.

  • Cette étude entreprend d'analyser, pour la première fois, la façon dont des protagonistes de l'art et de la littérature modernes intitulèrent leurs oeuvres. Si c'est au milieu du XIXe siècle que les peintres commencent à donner à leurs oeuvres des noms qui sont davantage que des titres de convention, l'histoire a commencé bien plus tôt pour les écrivains et les poètes. Des années 1890 aux années 1920, c'est le récit d'une émulation entre le mot et l'image qui est ici raconté. Mettant en parallèle et en relation les pratiques développées par Paul Gauguin et Alfred Jarry, Paul Cézanne et Émile Zola, André Gide et Henri Matisse, Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso, Francis Picabia et Tristan Tzara, André Breton et Max Ernst, Donatien Grau met au jour une polarité entre deux lignées, l'une accordant à la forme employée, poème ou tableau, toute son attention, avec un refus du contexte, l'autre voyant dans l'oeuvre d'art picturale ou littéraire une matrice politique, n'existant que dans la relation à l'espace public. Examinant aussi bien des chefs-d'oeuvre que des documents méconnus et inédits, tout en prenant en compte les cheminements individuels de chaque figure évoquée, cet ouvrage propose une nouvelle généalogie des pratiques littéraires et picturales, écrite à la lumière des titres. En effet, la nomination par les peintres et écrivains de leurs oeuvres, source de bien des inventions, se révèle être l'outil majeur qu'ils partagent : image et texte portent également des titres, et c'est un signe de la liberté de l'artiste moderne que de pouvoir les concevoir. La prise au sérieux des titres modernes pourrait bien offrir la clef de compréhension des rapports intimes entre les arts dans une époque canonique, où beaucoup reste encore à découvrir.

  • "Aimer, souffrir, espérer, se souvenir, croire, fraterniser... La poésie nous dit la vérité. Elle touche au coeur de tout ce qui nous est essentiel." C'est ainsi que Xavier Darcos raconte l'histoire de la poésie française, en même temps qu'il définit le genre poétique. Chaque chapitre est consacré à une période dont il présente les courants, les auteurs et les oeuvres. Des citations, des pistes de lecture et des définitions complètent cette introduction. Un index des auteurs, un index des notions et une bibliographie en facilitent l'accès.

    Xavier Darcos, membre de l'Institut (secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques), est agrégé de lettres, docteur en études latines et docteur d'Etat ès lettres. Longtemps professeur de khâgne, puis inspecteur général et professeur associé de littérature comparée à la Sorbonne, ancien ministre, ambassadeur, il préside actuellement l'Institut français. Il est déjà l'auteur de nombreuses publications consacrées à la latinité et à l'histoire littéraire moderne, ainsi que d'essais sur l'Ecole, la laïcité et la diplomatie culturelle.

    La collection "Mes passions" accueille des personnalités qui, par leur notoriété et par leur légitimité, ont à coeur de partager leur sujet de prédilection avec le public.

  • Cet essai peut peut être lu comme une ode à la vie et à l'histoire littéraire, à « l'autre parole », celle de la poésie québécoise actuelle, particulièrement celle des femmes poètes et de leurs thématiques. Le poème didactique est ici une dilecture (dilection et lecture), selon la
    définition du poète français Guy Goffette : la mise en abyme d'une oeuvre qu'on admire, par citations, descriptions, aspects particuliers ou essais de synthèse de l'oeuvre. Jean Royer aborde aussi dans ce livre ce qu'on appelle le poétique en général, et la mélancolie, thème fondateur des cultures, concluant avec « l'élan d'écrire » et un regard sur l'héritage de la modernité. Cet essai personnel, didactique et ludique à la fois, dédié à différents aspects et visages de la poésie, compose le 4e volume du cycle de L'arbre du veilleur.
    Comme l'ensemble de la poésie, le poème didactique a pour mission d'éclairer notre regard vers les choses et de questionner notre destin.

  • C'est en avril 2017 qu'Andrée Lacelle devenait la première Poète officielle francophone de la Ville d'Ottawa. Ayant conscience de l'importance, non seulement symbolique mais aussi politique, de cette fonction, Andrée se donnait pour mandat de rehausser la place qu'occupe la poésie dans la vie de la Capitale nationale.
    De là est né ce projet, intitulé « Poèmes de la Cité », qui, en 2018 et en 2019, a réuni une vingtaine de poètes et d'artistes visuels invités à exprimer, à leur façon, un point de vue personnel sur la ville qu'ils et elles habitent ou ont autrefois habitée. Rassemblant toutes ces oeuvres, Andrée Lacelle a eu alors l'idée d'en faire un livre qui puisse évoquer, de façon poétique, ce qui fait peut-être l'âme d'Ottawa.
    «Quand j'ai entrepris l'ébauche de cette balade improbable au coeur et autour de la ville, m'est venue cette idée d'Ottawa, telle une cité mémoire : mémoire de l'eau, mémoire de la terre, mémoire du ciel, mémoire de l'esprit. Depuis toujours, je porte l'espoir, qu'en cette ville, capitale du pays, notre présence francophone occupe pleinement sa place historique et contemporaine. Or, que dit avant tout le poème, parole première qui se conjugue au présent de tous les temps, sinon l'élan d'être entière, entier, ici et partout.» - Andrée Lacelle

  • Du haïku au poème narratif, de la poésie religieuse à la posture politique désabusée, du désir intense de beauté au désir frénétique de mettre le feu au monde, du vécu quotidien à sa transmutation en parole poétique, du ludique, de l'ironique et du plaisir des mots à l'engagement sociopolitique et à la dénonciation violente des injustices - les poèmes rassemblés ici reflètent toute la gamme des préoccupations des poètes acadiennes des 20e et 21e siècles.

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