• « Les femmes les plus vertueuses ont en elles quelque chose qui n'est jamais chaste. » Cette remarque de Balzac peut s'appliquer à Mme de Mortsauf, lys blanc et pavot rouge. Félix de Vandenesse souffre de la réserve d'Henriette de Mortsauf à qui il voue depuis son adolescence un amour total ; il tue pourtant cette femme en l'idéalisant, en lui imposant une pureté contre laquelle elle se révolte au moment de son agonie. Le Lys dans la vallée est le roman des désirs qui se croisent et des lettres qui ne parviennent pas à créer un véritable échange.
    Dans une longue confession épistolaire - qui constitue la plus grande partie du roman - destinée à sa fiancée Natalie, Félix fait le récit de cet amour. L'ironique réponse de Natalie consacrera la rupture des fiançailles.
    Le Lys dans la vallée est le roman de toutes les ambiguïtés. La blanche Henriette est aussi un stratège politique machiavélique qui apprend à Félix l'art du pouvoir. Alors qu'elle est monarchiste et légitimiste, elle ne peut s'empêcher d'admirer Napoléon. Roman écrit sous la Monarchie de Juillet, par un auteur qui prône une réforme de l'aristocratie tout en la défendant, Le Lys dans la vallée laisse entrevoir la critique de la Restauration dans une scène de la vie privée.

  • Le lecteur des Trois Mousquetaires retrouvera dans Vingt Ans après ses héros favoris : Athos, Porthos, Aramis, ainsi que le gai, lucide et subtil d'Artagnan. La Fronde et la Révolution d'Angleterre servent de cadre à leurs exploits, qui les mettent aux prises avec Mazarin et avec Cromwell. Roman historique ou roman de cape et d'épée ? Avec Le Vicomte de Bragelonne, la trilogie des Mousquetaires concilie heureusement les exigences des deux genres. La présente édition, annotée avec soin, souligne la dette de Dumas envers les mémorialistes et les historiens et atteste la solidité de son information. Sur des données authentiques, qu'il redistribue à sa guise, le narrateur brode un récit plein d'incroyables péripéties, dont la structure et les thèmes sont ceux de l'épopée et du conte, mais qu'il assaisonne d'humour. Venant à la suite des Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, moins simple, moins romanesque aussi, s'en distingue par une peinture plus diversifiée de la société, une psychologie plus nuancée, une morale plus désenchantée. C'est dire la pluralité de lectures possibles, et que chacun y trouvera son plaisir.Edition de Simone Bertière

  • Édition illustrée et enrichie (Illustrations de Gustave Doré, introduction, notes, chronologie et bibliographie)« Il était une fois un roi et une reine... », « il était une fois une petite fille de village... » Il suffit de cette clé magique pour que s´ouvre à nous le monde où paraissent tour à tour la belle au bois dormant, le petit chaperon rouge, la barbe bleue ou Cendrillon. Perrault puise dans le folklore ancien pour nous conter dans des récits courts et alertes des histoires qui nous éloignent délicieusement du monde, avant que la morale finale nous y reconduise. Des contes de fées ? Sans doute. Mais, autant que le merveilleux, ce qui nous enchante, c´est le naturel et la savante simplicité d´un art d´écrire qui, à chaque page, séduit notre imagination.
    D´abord parus séparément en 1694 et 1697, ce n´est qu´à la fin du XVIIIe siècle que les contes en vers et en prose seront réunis en un même volume, signe que l´engouement qu´ils avaient suscité du vivant de Perrault ne se démentait pas, en dépit du jugement sévère des gens de lettres, à l´époque des Lumières, pour ces puériles bagatelles. Mais le public le plus large demeurait fidèle à ces contes - et ce public, c´est aujourd´hui nous dont l´esprit d´enfance ne s´est pas perdu.
    Édition de Catherine Magnien.

  • La publication de l'Emile, en 1762, restitue au problème de l'éducation sa place centrale en philosophie.
    De ses premiers mois jusqu'à la rencontre amoureuse, Emile est suivi dans chaque étape, à travers des expériences qui attestent d'abord le souci de considérer « l'enfant dans l'enfant », au lieu de le sortir de son âge. Rousseau montre qu'il est possible d'éduquer un homme selon la nature et de quelle façon les vices et l'inégalité caractérisent désormais la condition humaine : double enjeu qui constitue sa « théorie de l'homme ».
    La richesse incomparable de ce maître-livre tient aussi aux tensions qui le parcourent. Rousseau refuse le péché originel mais il doit rendre raison du mal et de la souffrance que ce dogme interdisait d'ignorer; il critique les philosophes de son temps mais il pousse à ses limites leur méthode empiriste; il proclame: «je hais les livres», mais il fournit le panorama le plus juste et le plus instruit de la culture du XVIIIe siècle, en face de l'Encyclopédie et, pour partie, contre elle.
    Parus ensemble, Emile et le Contrat social furent condamnés à Paris puis à Genève: la force du traité d'éducation n'échappa pas aux censeurs, même si Rousseau prétendait ne livrer que « les rêveries d'un visionnaire ». Car la forme même de la fiction arrache l'ouvrage aux circonstances : pas plus que ses lecteurs des Lumières, nous ne sommes à l'abri de ses leçons.

  • Où l'on retrouve Victor B., le photographe de presse amoureux des chats, héros des romans noirs de J.-F. Vilar. Victor rentre à Paris, après trois années de captivité à l'étranger. Nous sommes en novembre 1989 et le mur de Berlin commence à s'écrouler.

  • Comme Roméo et Juliette, Paul et Virginie sont le symbole de la jeunesse et de l'amour parfait. Leurs mères se sont réfugiées dans l'île de France - aujourd'hui l'île Maurice - et élèvent ensemble leurs enfants. Paul et Virginie se sont baignés  dans la même eau, nourris des mêmes fruits. Ils s'aimaient en frère et soeur jusqu'à ce qu'ils grandissent, s'aiment autrement et soient séparés. L'effondrement de leur bonheur a ému chaque génération depuis 1787.
    Après Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre redit la nostalgie du paradis perdu, la perversion de l'homme naturel  par la société. Paul était la générosité, Virginie, la vertu.  Pourquoi l'océan les a-t-il arrachés l'un à l'autre ?
    Nouvelle édition de Jean-Michel Racault.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La Grosse Francine dit : « On t'cherchait, la Mimi et moi on en a marre de t'voir tapiner chez nous, maintenant qu'la Gloria est crevée, faut plus faire chier. » Et la Mimi dit : « Tu vas r'tourner dans tes tasses, espèce de loque, t'es aussi déglingué qu'la Gloria. » Je m'accroche au comptoir de La Nuit, j'ai du mal à tenir debout. Je dis à la Grosse d'aller se faire foutre, j'essaye de lui balancer ma main sur la gueule, mes doigts se prennent dans sa perruque, je hurle de rire ; elle est chauve. Avec des gros nichons et des bottes de cow-boy. Elle se met à cogner en gueulant : « Sale crevard de pédé pourri, j'vais t'foutre ce déchet dehors ! Aide-moi, Mimi ! » Je suis allongé sur le trottoir, mon nez saigne, j'arrive pas à me relever, je vois des jambes. Un attroupement. Et puis la botte de Grosse Francine qui me pousse dans le caniveau « Sale enculé ! » Je gueule : « Bande de pouffiasses ! » Le reflet des néons sur le pavé mouillé. Je vois pas mon reflet dans le caniveau. D'un style incisif et cru qui deviendra la patte de D. Belloc, Néons éclaire les tôles mouillées des pissotières et l'asphalte de Pigalle. Néons est devenu un classique. "Éclatant, magnifique, comme toujours la vérité", (Marguerite Duras).

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'Arbre de vies, c'est d'abord le chêne qui arrête le regard d'Antoine : un chêne foudroyé, fendu mais reverdi, que son grand-père a imposé comme emblème de la vitalité. C'est aussi l'arbre généalogique, avec les rameaux des générations, le feuillage familial ; c'est encore l'espoir séculaire d'une forme de paradis. Un soir d'automne 1867, Antoine Couthon se rappelle l'après-midi de thermidor 1794 où il apprit la mort de son père (l'ami paralytique de Robespierre). Pendant la nuit, il revit - comme on dit - sa vie. Espace, temps, multipliés par les biais et les remous de la mémoire ; récit où l'histoire et l'imaginaire s'imbriquent. Le roman commence en Auvergne, par une partie de jeu de l'oie. Il gagne ensuite Paris, pour la Révolution ; la Russie, pour une campagne désastreuse ; l'Italie, pour y vieillir. Cependant, Antoine déchiffre peu à peu l'énigme qui veut qu'on soit l'enfant de son enfant. Il éprouve une sourde inquiétude. Qui suis-je ? grand-père, père, fils, petit-fils ? Peut-être chacune de ces figures simultanément car tout va très vite dans cette fabuleuse machinerie des temps entremêlés où l'homme apparaît comme une imprévisible mosaïque d'événements.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • - Une belle nuit, Jugonde ! Une nuit lourde de promesses ! Il humait : - Sentez-vous ? L'air véhicule des relents de meurtre. Je discerne un subtil parfum de police répandu partout. Cette soirée m'évoque certaines fins de journées d'été orageuses où l'on surprend, le long des caniveaux, des fuites de rats ; où des nappes de vapeurs empoisonnées, remontées des égouts, stagnent au ras des trottoirs. L'air sent la mort, ce soir ! Le secrétaire considéra son patron avec des sentiments proches de l'inquiétude. L'homme à la mine de hibou était-il un avocat ou un nécromant ? - En voiture ! reprit Lepicq. En voiture pour la maison du crime ! Nous allons découvrir comment on a tué, et qui a tué ! Nous allons tout découvrir ! Jamais je ne me suis senti aussi vivant que ce soir, où nous descendons chez les morts ! Cercueils, croque-morts et pierres tombales pour deux cadavres sans assassin. Et pour Prosper Lepicq, une course endiablée après le corps du délit. Une enquête magistrale à la manière noire.

  • L'Enragé

    Dominique Rolin

    Cloué sur son lit de mort par un rhumatisme articulaire qui l'empêchera à jamais de peindre, Brueghel se rappelle sa vie. Première enfance paysanne, atelier d'un maître célèbre, paysages et peintures des Flandres puis d'Italie, villes déchirées par la répression espagnole, humanité grouillante, femmes qu'il a aimées... vie transformée en oeuvre.Née à Bruxelles, Dominique Rolin (1913-2012) s'établit à Paris dès 1946. Au long de ses romans, elle traite de diverses manières le thème de la naissance et celui du drame familial. à partir des années 1960, se fait jour une nouvelle écriture romanesque, dans des textes où l'auteur remonte jusqu'avant sa naissance (L'Infini chez soi), ou met en scène sa future agonie (Le Gâteau des morts).

  • Un recueil de souvenirs qui nous plonge au coeur du Paris littéraire et artistique d'avant la Grande guerre.

  • Ce volume réunit des études, des souvenirs, des récits dispersés dans des publications algériennes et françaises, ainsi que trois textes qui devaient figurer dans la suite au roman autobiographique Le fils du pauvre, que Mouloud Feraoun projetait d'écrire. On a joint à ce recueil les quatre premiers chapitres de son roman L'anniversaire auquel il travaillait encore à la veille même de son assassinat. Les qualités de conteur et d'analyste éclatent dans toutes ces pages, qu'il s'agisse de celles consacrées à Albert Camus, aux coutumes de sa Kabylie natale, à un voyage en Grèce, à la littérature algérienne ou à ses souvenirs d'adolescence. A retrouver ainsi tant d'intelligence, de sensibilité, de pouvoir créateur s'avive le regret d'une mort injuste qui, le 15 mars 1962, faisait disparaître l'un des plus grands écrivains d'Algérie.

  • Ferdinand est noir et exilé. Il oscille entre Paris et New York. À Manhattan, il loge chez Jenny. Par la suite, il rencontre la belle Fran dans un bar de Greenwich Village. Ferdinand est découragé, Fran est désespérée. Pendant trois jours, ils vont marcher, courir, parier, déambuler, flâner, s'aimer aux quatre coins de New York. Au rythme de l'écriture et de la musique de Jean-Claude Charles, entre le swing et le blues, entre les larmes et le fou rire, le coeur de Ferdinand balance entre Jenny et Fran.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Il n´y a pas d´Indochine, ce sont vingt-cinq histoires qui se passent à New York, Le Caire, Athènes, Lisbonne, Lille ou Strasbourg. Sous la conduite d´un narrateur, nous faisons ce que l´on pourrait appeler des visites d´idées. La postérité, le génie, les prétendus grands hommes, l´apparition du marbre blanc dans la sculpture, les chansons de variété, les aquariums... Nous aurons pour compagnons de voyage des écrivains (Proust, Kafka, Pasolini, Wilde...), des cinéastes et des peintres (Coppola, Klimt, Van Gogh...), et bien sûr le style alerte, les aphorismes et la désormais célèbre irrévérence de Charles Dantzig.Il n´y a pas d´Indochine, cela veut dire : il n´y a pas d´exotisme. « Arrivé en Chine, on cherche encore l´Asie. On a trouvé des hommes ».

  • Dernier roman inédit d'Alexandre Vialatte, La Dame du Job fournit la clé du projet romanesque inauguré en 1942 par Le Fidèle Berger, poursuivi avec La Maison du joueur de flûte puis Les Fruits du Congo. « C'est une dame, écrivait l'auteur à Jean Paulhan, qui fume la cigarette sur un calendrier du Job dans une auberge sur le plateau du champ de tir, près d'une petite ville de garnison. » Son image fascine deux enfants, le narrateur et Frédéric Lamourette, fils du chef de musique. Ils vont bâtir, autour de l'auberge et du champ de tir, un univers fantastique dont elle sera l'énigmatique souveraine. Et c'est elle que leur imagination associera au drame bien réel, mais incompréhensible, qui se noue sous leurs yeux : celui du lieutenant, de l'ordonnance et de la belle dame serrée de trop près. Un drame pour adulte. La guerre est là. Les premières automobiles apparaissent dans une campagne fumante de brouillards et d'odeurs. La dame du Job, près de qui un homme va mourir, annonce déjà la négresse des Fruits du Congo. Reine de papier elle aussi, son visage bouleversant restera mêlé pour toujours à ce qui est le vrai sujet du roman : la découverte du monde par deux enfants.

  • De Rurutu à Tahiti, de Maupiti à l'île de Pâques, une odyssée pacifique, un voyage sentimental, avec l'échec pour prix de la guérison.

  • Le Cul à travers les âges

    Léo Campion

    • Jourdan
    • 3 Décembre 2020

    Enfin un livre sérieux !
    Indépendamment de sa rigueur historique, Le cul à travers les âges, vaste fresque fessière des origines à nos jours, est aussi l'étude documentée d'une science divinatoire nouvelle.
    Ce « cul » se lit comme un roman, et puis se relit avec une délectation accrue.
    Léo Campion a écrit là une oeuvre maîtresse, une oeuvre qui fera date. Elle a sa place, une place de choix, dans la bibliothèque de l'honnête homme. Comme dans celle de l'honnête femme. Ou de l'honnête hermaphrodite.
    Léon Campion, dit Léo Campion, né le 24 mars 1905 à Paris et mort le 6 mars 1992 dans la même ville, est un personnage aux multiples facettes : chansonnier, acteur, humoriste et caricaturiste, Régent de l'Institut de Pataphysique et Grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Taste Fesses, mais aussi franc-maçon, libre-penseur, objecteur de conscience, pacifiste, antimilitariste, libertaire et historien de l'anarchisme.

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