Les éditions de la Pleine Lune

  • Ce récit autofictif aborde le deuil d'un bébé d'à peine un mois et la nécessaire reconstruction de l'identité que provoque un tel drame. Construit par fragments, il nous livre la gamme et l'évolution des émotions que l'autrice a vécues au cours des six années qui ont suivi le décès du petit Paul.

    Typhaine Leclerc retrace, avec une écriture courageuse et franche, la traversée héroïque de cette épreuve. Sa capacité à renouer avec la vie nous émeut et nous éblouit. La qualité de son écriture et de ses réflexions à la fois sociologiques et personnelles donne à son récit une dimension universelle et nous fait réfléchir aux deux événements majeurs qui balisent l'existence humaine : la naissance et la mort.
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    C'est aussi la parole d'une jeune mère qui mérite d'être écoutée en ce qu'elle expose une expérience de vie spécifique au fait d'être une femme, peu importe les époques.

  • Le titre aurait pu être : Les hauts et les bas de la vie commune. Les 9 nouvelles de ce recueil se concentrent en effet autour du thème de la disparition et de la perte à l'intérieur du couple et des relations amoureuses. Perte d'un amant, d'un mari, d'une épouse, désir de tout quitter ou de recommencer sa vie. On croit connaître les gens, mais souvent on ne sait rien, ou si peu de choses, sur leur monde secret, leurs rêves cachés ou perdus. Pourtant c'est là que se cache leur être profond qu'ils tiennent à l'abri des regards, par crainte ou pour se protéger. Il ne s'agit pas de mensonge, mais d'un moyen de se défendre pour des milliers de petits coeurs brisés.

    Julie Bouchard s'applique à percer les secrets de ses personnages qui mènent tous, en apparence, des vies bien ordinaires. Elle le fait avec délicatesse, par fines touches, avec une justesse de ton rarement égalée et une éblouissante maîtrise de la langue, qui font de ce recueil un véritable plaisir de lecture.

    Dans certaines nouvelles, c'est le personnage qui raconte lui-même son histoire; dans d'autres, c'est un narrateur omnicient qui intervient parfois dans le récit, pour multiplier les pistes d'interprétation et explorer ce qui aurait pu advenir si... si...

    Un amant s'éclipse un vendredi soir glacial de décembre, une nouvelle mariée coule au fond de l'eau, une hôtesse de l'air cherche à laisser son mari, le docteur Francoeur, maintenant seul dans sa trop grande maison, descend des marches pour chercher son chapeau, mais trouve son fusil, pendant qu'un autre homme, Armand, les monte ailleurs pour chercher les lettres d'amour de Napoléon à Joséphine, sans oublier Joyce, qui se refait une beauté, Sylvia, qui se tait, Liliane, qui attend, Lorrie, qui souffre. Bref, beaucoup de peine, quelques désirs, une grande maison, très peu de sang.

    Se déconstruisent ainsi, sous les nuages de la vie, les histoires de Sylvia, d'Armand, de Patti, de Tom qui nous rappellent à quel point on ne connaît pas les gens avant de s'aventurer dans leur intimité.

    Julie Bouchard a l'art d'aborder les drames de ses personnages avec une pointe d'ironie et de fantaisie, ce qui ajoute au plaisir de la lecture. La vie peut aussi être légère... Même si le ciel de la vie est la plupart du temps nuageux... Un livre à conseiller aux milliers de petits coeurs brisés.

  • Lhistoire se déroule dans une région forestière du Nouveau-Brunswick entre1960 et 2000 et sinspire, en fond de toile, des empires à la Irving et autres grandes papetières. Cest un monde sauvage qui sent la pulpe et lépinette, peuplé de petites gens et de petits voyous.

    Le roman débute avec le terrible incendie de la propriété de Leo McVicer. Forêt et usine gisent sous les cendres. Cest une catastrophe pour toute la région. On accuse à tort le grand-père Roy Henderson. Tous parlent de "la malédiction Henderson" et réclament un châtiment. Entre révolte et stoïcisme, la famille Henderson fait alors face à linjustice et ira de malheur en malheur. Roy sombre dans la déchéance avant de mourir lamentablement en prison. Son fils Sydney, qui doit assurer la relève et prendre ses responsabilités familiales, se jure de ne jamais être responsable du malheur dautrui, mais cest sans compter avec la rumeur et lacharnement funeste de tout un village à le rendre, avec sa famille, responsable de tous les maux qui accablent le voisinage. Jusquau jour où son propre fils, le jeune Lyle, décide de se rebeller et de prendre son destin en main.

  • PRIX FICTION 2009 DU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE INSULAIRE D'OUESSANT (France). « La mer l'a prise », disent les villageois, mais les jeunes enfants de la morte, frêles silhouettes dans la brume, continuent à la chercher sur les plages balayées par le vent. Les vagues effacent vite la trace de leurs pas dans le sable. Tout s'effiloche devant l'océan vaste et funeste, même les souvenirs. Ils ont besoin de comprendre. Ils veulent savoir. Mais à qui s'adresser ? Leur père, pauvre pêcheur éploré, s'est emmuré, lui aussi, dans le silence. Seule la voix de la mer, tel un coryphée, les accompagne dans leur inlassable quête, s'infiltrant partout dans le récit et menant celui-ci aux abords du mythe ou de la légende.

    Élisabeth, l'aînée, est partie vivre à Montréal dans l'espoir d'échapper à la malédiction qu'elle croit peser sur elle. Claire, déchirée entre la beauté et la férocité des Îles, écrit des lettres à sa soeur lointaine. Leur frère Julien, lui, demeure muet, fasciné par le miroitement des flots et les secrets enfouis dans les profondeurs marines...

  • PORTRAITS DANCIENNES JEUNES FILLES, cest lhistoire de la rencontre fortuite de trois inconnus esseulés dans les rues de Montréal. Rebelle, la jeune Josée a quitté sa famille et son village pour venir sinstaller en ville avec sa guitare et ses pinceaux; Julien ne se console pas de la mort accidentelle de sa fille unique, et la vieille Rose, sage et digne, ne compte plus les disparus de son « passé périmé ». Peu à peu, leur amitié naissante va les transformer. Ensemble, timidement, ils apprennent à faire le deuil de leurs pertes. Le bonheur, parfois, se tient au fond du regard dun ami, dans une main tendue ou dans un sourire.

    Sur ses toiles, pour déjouer le destin, Josée sapplique maintenant à redonner vie à danciennes jeunes filles disparues. Le bonheur, parfois, cest aussi ne plus réclamer sa part de malheurs et se laisser emporter sur les ailes du désir

  • Confinées à Chisasibi, réserve amérindienne dans le Nord du Québec, les bêtes traquent les bêtes et survivent comme elles le peuvent à leurs solitudes. Une dentiste candide, un professeur blasé, un père en dépression, un adolescent malicieux, un poète fantôme. Cinq vies, aussi agitées et fragiles que des flocons avant la tempête.

    Dans les premières pages, ce roman oscille entre le reportage et la comédie de murs; bientôt, on a droit à des doses de surréalisme et de mystère; puis, ça bascule vers le thriller dans une toundra hostile quand se déchaîne le blizzard.

    Les Bêtes est un roman sur la naïveté et la condescendance, sur l'amitié et l'espoir aussi. Un roman résolument moderne, original, rafraîchissant. Et juste assez déroutant.

  • Les quatorze nouvelles de ce recueil évoquent toutes lhéritage de lenfance. Dans la brièveté du récit, Morgan Le Thiec fait surgir chez ses personnages le lien aigu qui existe entre ce quils sont et lenfance quils ont vécue. Saisis au moment dun malaise ou dun choc qui fait ressortir la complexité de leurs destins, ces êtres se révèlent soudain, bousculés par une décision, un geste, un sentiment.

    Blotti au creux des silences, chacun deux trouve ses propres solutions de survie : saccrocher à lautre ou le fuir. Assumer linfidélité ou lexil. Sculpter pour témoigner ou samputer dune part de soi-même. Abandonner un nouveau-né ou aider une petite fille à venir au monde. Mentir ou échouer à dire lessentiel, dans une chambre de motel, un café, lors dune entrevue scabreuse, ou assis sur les marches dun bungalow, au bout du monde

  • Montréal, avenue du Parc, rue Saint-Viateur. Des passants se croisent, vont et viennent, anonymes dans la foule. L'art subtil de Mary Soderstrom consiste à nous faire pénétrer dans l'intimité de ces inconnus qui semble, au premier abord, calme et sereine. Mais certains événements peuvent changer le cours tranquille d'une vie. Après une bousculade à la sortie d'un bar, un rendez-vous manqué, un passeport dérobé, un divorce, une maladie, un meurtre ou une aventure d'un soir, tout peut perdre son sens.

    À vrai dire met en scène des femmes qui veulent décider de leur destin, connaître la vérité et y faire face, peu leur importe le prix à payer.

  • À travers l'amour, l'admiration et le rejet, ce roman décrit la fascination qu'exerce une mère sur sa fille. Prise en otage par elle, celle-ci se mesure à ses propres peurs face au sexe et aux hommes.

    Déçue et trompée, mais toujurs en quête de l'amant idéal, Madeleine est une femme très singulière. Narcissique et mégalomane, elle voue un culte à la beauté et à la richesse. Caroline, son enfant unique, raconte la vie de cette mère et sa propre vie à ses côtés.

    Au fil des souvenirs qui surgissent chez Caroline au moment du décès de sa mère, l'histoire de cette relation ambiguë et de ses personnages se tisse peu à peu et réussit à nous tenir en haleine avec brio et style.

  • Ce roman choc raconte la vie tumultueuse d'une famille nord-vietnamienne ballottée par les caprices de l'Histoire et aux prises avec sa propre folie. À travers un récit teinté d'humour, on découvre les aventures rocambolesques d'un clan familial dans sa longue migration, depuis l'Indochine française, la guerre du Vietnam et jusqu'à son exil à Montréal. Saisissant portrait de quatre générations dans un univers où tous les repères s'écroulent.

    Le personnage pivot de ce récit romancé est le cousin Daniel, qui meurt du sida à Montréal en 1986 et dont personne ne mentionne plus le nom. Du grand-père opiomane jusqu'à ce jeune cousin homosexuel, tous vivent dans leur chair les blessures de la guerre. Avec leurs faiblesses et leurs rêves, ils se débattent pour survivre à la désintégration de leur monde ordonné, disparu dans les vents du changement.

    C'est la guerre vécue de l'intérieur avec ce qu'elle entraîne comme débordements et excès. Pas de statistiques, pas d'images de bombardements. Non. On se cache dans un garage, on dort entassé sur la paille, on s'enfuit dans des rizières, on continue de travailler, de jouer, de se droguer, d'aller au restaurant, de rire, et on baise plus souvent qu'à l'habitude pour oublier ou faire semblant que la vie continue, on n'a plus de règles ni de contraintes, la honte et la peur du scandale ont disparu.

    Un roman hypnotisant qui allie l'historique et l'intime.

  • Palawan est l'histoire d'une bouleversante quête d'identité. Dès la première page, l'authenticité des lieux et des personnages captive l'attention.
    Lang Co, Vietnam, 1979. Par une nuit sombre, seule au milieu d'inconnus, la jeune Kim embarque à contrecoeur dans un bateau. Le rafiot, à la dérive pendant des jours, atteint finalement Palawan, un camp de réfugiés des Philippines où s'entassent des Vietnamiens venus de la mer, les Boat People. Le long jeu de l'attente commence alors. Kim n'hésitera pas à mentir sur son identité pour quitter cet enfer.
    Des années plus tard, au Connecticut, transformée en Américaine dans sa famille adoptive, elle demeure hantée par son désir de retrouver ses soeurs et sa mère. Elle raconte aux uns et aux autres toutes les tristes histoires qu'ils veulent entendre et s'invente un passé. Mais sa véritable histoire lui échappe. Ses recherches la conduiront de Montréal à Los Angeles puis, à nouveau à Palawan, où vivent encore, dans les années 90, des réfugiés indésirables qui n'ont pu quitter le camp. Leurs récits bouleversants l'obligeront à se rappeler ce qu'elle avait choisi d'oublier et l'aideront à faire la paix avec elle-même.

  • Ce recueil de six nouvelles se penche sur des destins tragiques. On y croise un médecin respecté qui s'avère être tout sauf respectable; un homme en apparence inoffensif qui fut autrefois un bourreau sans pitié; une enseignante qui voit sa vie bouleversée par la guerre; une mère qui attend désespérément le retour de son fils. Tous ces personnages ont une histoire à raconter, une histoire qui peut cacher de bien sombres vérités. Les fins heureuses se font rares, mais n'en est-il pas ainsi de la vie?

    Une des nouvelles se déroule ici, à l'aéroport de Vancouver. Une autre se passe ailleurs, à New York, dans la rue près d'une boîte de jazz. Une autre encore, dans le métro. Et plusieurs, là-bas, loin de nous, en Syrie et en Thaïlande.


    Exclusion, misère, désarroi, trahison, guerre. Marie-Célie Agnant pose un regard plein de compassion sur la condition humaine où bourreaux et victimes se côtoient. Un livre poignant qui ébranle bien des préjugés.

  • Johanne traverse une grave crise face au vieillissement. Elle remet en question ses choix de vie : sa carrière de comptable, ses multiples amants, beaucoup plus jeunes qu'elle, son divorce, ses relations problématiques avec son fils homosexuel et sa fille anarchiste.

    Un crâne, qui figure parmi ses nombreux objets personnels, devient son confident, une sorte de fétiche un peu bizarre... cela n'est pas sans inquiéter son fils et sa fille qui se demandent si leur mère n'aurait pas besoin de voir un psy. Non seulement Johanne traîne-t-elle Gaston (nom attribué à ce crâne) partout où elle va, causant parfois de grands malaises, elle établit en plus de curieuses relations avec un collègue de bureau, des personnes sans domicile fixe et la veuve d'une victime de guerre.

    Le farfelu, l'absurde, le réalisme et différents niveaux de réalités se côtoient dans ce roman. Patricia Portella Bricka a le souci du mot juste, une écriture élégante, et un humour aux accents méditerranéens, teinté d'audace et d'autodérision.

  • Les textes de ce recueil retracent les étapes d'une adaptation à une nouvelle vie ailleurs. Ces fragments évoquent la perte brusque de repères, l'égarement, la solitude, puis l'envie de se laisser emporter finalement dans l'aventure de la découverte de soi, cet inconnu devenu autre dans un monde différent.

  • Dans une suite de scènes et d'épisodes éblouissants, les histoires de ce recueil naviguent entre l'humour et l'émotion, entre l'étonnement et l'absurde, et nous transportent d'une plage mexicaine à un village perdu de l'Amérique profonde, d'un party de bureau à la cérémonie d'une secte religieuse, d'une ferme d'élevage du saumon de la Côte-Ouest à une boîte de jazz en Australie, d'un restaurant chic à un port de mer où un vieil homme veut percer un trou dans son bateau.

  • Couvrant les années 1950 à 1980, les récits nous transportent, entre prose et poésie, entre réel et imaginaire, du Québec à Haïti, et de la France au Vietnam. De la cime d'un grand pin au trou d'un cimetière; d'un camping en bord de mer au béton d'un HLM, ou encore d'un balcon-prison jusqu'à la scène, côté jardin, de l'Académie Saint-Paul, ce sont autant d'images fortes, choc, qui se révèlent ici et trouvent leur juste place dans ce recueil d'histoires d'enfances plurielles, chacune étant unique, comme toute enfance.

  • Dans une société de l'image comme la nôtre, qui valorise la beauté, la jeunesse, la vitesse et la jouissance immédiate, comment et où trouver du sens quand on vit dans un corps différent, comme cet homme, confiné à son fauteuil roulant, qui a besoin de l'aide de préposés, de son frère et de la voisine d'en haut ?

    Cette question de sens, l'homme en fauteuil roulant en discute avec un ami, chercheur en génétique, qui a son idée toute faite sur la question, avec une ex-amoureuse, qui voit dans la vulnérabilité une source d'empathie, même avec Dieu, s'il existe bien sûr, qui tend à s'en laver les mains.

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