Editions Zoé

  • Gus a quitté lenfance un été de canicule. Alors quil aide son père paysan, lit et relit ses bandes dessinées, se baigne dans un réservoir souterrain avec Mado, la fille perdue du village, son univers familier et rassurant se fissure.
    La mère de Gus, présence constante, tendre et complice séloigne peu à peu de lui, tandis que son père, pourtant véritable force de la nature, senferme dans sa chambre pour cuver son chagrin. Limpensable arrive. Gus doit alors prendre en main lexploitation, guider les camions-citernes de larmée vers les champs desséches, traire les vaches trop pleines davoir été oubliées.
    Quand il découvre le secret de sa mère, dans une scène magnifique de pudeur, il vit la fin dun monde.
    Roland Buti nous livre ici un récit ample, sensuel et puissant.

  • Gloria Vynil

    Rose-Marie Pagnard

    Porter en soi une amnésie comme une petite bombe meurtrière, avoir cinq frères dont un disparu, vivre chez une tante tutrice et folle de romans : telle est la situation de Gloria, jeune photographe, quand elle tombe amoureuse d'Arthur, peintre hyperréaliste, et d'un Museum d'histoire naturelle abandonné. Dans une course contre le temps, chacun des deux cherche alors, au moyen de son art, à capter ce qui peut l'être encore de ce monument avant sa démolition. Un défi à l'oubli, que partagent des personnages lumineux, tel le vieux taxidermiste qui confond les cheveux de Gloria et les queues de ses petits singes. Avec le sens du merveilleux et le vertige du premier amour, Gloria traverse comme en marchant sur l'eau cet été particulier et sa révélation monstrueuse.

    ROSE-MARIE PAGNARD a notamment publié La Période Fernandez (1988, Actes Sud, prix Dentan), Dans la forêt la mort s'amuse (1999, Actes Sud, prix Schiller), Janice Winter (2003, éditions du Rocher, Points Seuil), J'aime ce qui vacille, 2013, Zoé, Prix suisse de littérature).

  • L'enfant d'une famille de saisonniers italiens, entré illégalement dans le « pays d'accueil », passe son enfance caché dans l'immeuble qu'habitent ses parents, développant d'étonnantes capacités de dissimulation. De ses cachettes sous le buffet ou du moindre recoin sombre de la cage d'escalier, il observe le microcosme familial.Ce roman d'apprentissage captivant, fable sociale flirtant avec le surréalisme sur un tabou de l'histoire sociale suisse - le destin des travailleurs étrangers dans les années 1960-1970 - ne peut qu'amener le lecteur aux questions actuelles sur l'immigration clandestine, les politiques hostiles aux étrangers, ou plus généralement l'isolement d'existences partagées entre deux mondes, qui ne trouvent nulle part où s'installer.

    Vincenzo Todisco est né en 1964 dans une famille de travailleurs italiens, dans une petite ville de Suisse allemande. Il parle couramment les quatre langues nationales. L'Enfant lézard est son premier livre écrit en allemand.

  • Vue mer

    Boncenne Colombe

    Aujourd'hui, Stefan doit annoncer à son équipe une nouvelle qui va bouleverser l'avenir de son entreprise. Mais voilà, ce matin, il ne démarre pas.Vue Mer décrit la comédie humaine quotidienne de nos journées de bureau. Comme dans une famille, le rôle de chacun est attribué une fois pour toutes : Françoise la gentille secrétaire, Bart le tire au flanc, Guy le contestataire, Charlotte la bosseuse, Rita la jeune-et-jolie assistante... Et Stefan le patron, paternel manipulateur, cynique émouvant.Seul dans sa voiture immobile, le grand absent de la journée s'adresse à ses collaborateurs, façonne leurs agissements et leurs pensées, sans qu'ils ne l'entendent, ni ne le voient.Colombe Boncenne écrit avec Vue Mer une satire sociale dont la drôlerie n'ôte rien à la finesse et à la gravité. Son premier roman, Comme neige (Buchet Chastel, 2016), a reçu le prix Fénéon.

    Colombe Boncenne vit à Paris, elle a reçu le prix Fénéon et a été lauréate du Festival du premier roman à Chambéry avec Comme neige (Buchet Chastel, 2016).

  • Branko sait comment on embrasse les filles, rêve de gagner le Tour de France et aime fouiller dans les affaires de son petit frère Joe. Qui joue aux billes, invente des langages farfelus et collectionne les coupures de presse sur son idole Mohamed Ali. Même si dans cette famille sud-africaine blanche des années 70, leur père refuse d'appeler le mythique boxeur autrement que Cassius Clay.
    Quarante ans plus tard, Joe décide de s'inspirer de ses collections de coupures pour son nouveau roman. À l'aide de Branko, il va se rappeler leur passé commun tel qu'il était vraiment.
    Aux extraits de presse, qui donnent à lire le langage flamboyant des reporters sportifs, répond alors la narration, tour à tour assumée par Joe et Branko, regorgeant des sensations de l'enfance et de l'esprit des seventies.

    Ivan Vladislavic vit à Johannesburg, il est l'auteur d'une dizaine de livres dont la plupart sont publiés en français chez Zoé. Son oeuvre a été récompensée par plusieurs prix nationaux et internationaux, notamment le prestigieux américain Windham-Campbell Prize en 2015.

  • Daniel Maggetti donne chair à sa grand-mère qu'il n'a pas connue. Une grand-mère au regard noir, qui vous transperce quand vous la croisez. Le fait de ne l'avoir jamais rencontrée (elle est morte cinq ans avant sa naissance) permet à l'imagination de jouer avec les faits réels : chronique ou fiction, Maggetti fait de son narrateur un malicieux joueur.

    En tout cas, il dresse le portrait d'une femme puissante qui aura vécu dans le plus grand dénuement, le portrait aussi de la vallée retirée où elle a vécu. A l'en croire, pratiquement tous les habitants y sont parents et parlent un dialecte proche de l'italien.

    Grâce à quelques photos, à des histoires racontées, à des détails glanés en marge de documents, de rares objets, l'imagination s'emballe.

    Né en Suisse italienne, Daniel Maggetti a fait des études de lettres à Lausanne, Zurich et Paris ; il vit actuellement à Lausanne où il est professeur à l'université et directeur du Centre de recherches sur les lettres romandes.

  • Dans La Musique engloutie, Christian Haller explore un pan mythique de son histoire familiale, l'enfance de sa mère dans le Bucarest florissant des années 1910-1920, brutalement arrêtée par l'exil politique des années 1930. Pour soulager sa mère vieillissante, prisonnière des souvenirs de son enfance, Haller décide de partir pour Bucarest, où il rencontre un passé plus récent, celui de l'ère Ceaucescu, à travers deux personnages qui l'ont vécue de façon contrastée, docile ou victime.

    Voyage dans le temps et roman familial, La Musique engloutie réinvestit de manière chatoyante les grands bouleversements qui ont secoué l'Europe du XXe siècle, en mariant la petite histoire à la grande.

    Né en 1943 à Brugg en Suisse, Christian Haller est un biologiste et un écrivain. Considéré aujourd'hui comme l'une des voix majeures de la scène littéraire suisse alémanique, il a reçu plusieurs distinctions dont le Prix Schiller 2007 et le Prix des arts du Canton d'Argovie en 2015. Christian Haller a écrit trois romans avant La Musique engloutie, dans les années 90, puis deux autres après, qui forment avec celui-ci une trilogie.

  • Le monde d'Archibald

    Anne Brécart

    Dans une vieille demeure de famille où tous se réunissent pour célébrer la ronde des étés éternels, la narratrice tombe sous le charme de son oncle Archibald, patriarche incontesté quoique fragile. Chaque année elle revient dans la maison qui garde les secrets des défunts et des vivants, mais le passé conserve aussi les turbulences : il y a sur les lieux des présences impalpables qui s'avèrent inquiétantes. La mort du cousin préféré, le mutisme d'Idriss le Kosovar, l'initiation sexuelle de l'adolescente, annoncent la fin d'un monde suspendu.

  • Le Livre du visage aimé c'est trois histoires d'amour : celle de Grand frère et de son fils adoptif, celle d'un vagabond qui, pour sauver sa femme, entreprend un voyage hasardeux, celle d'un homme isolé qui de son ermitage écrit librement à une femme aimée.
    Ce livre est une épopée, une traversée de l'émotion et de la connaissance. Les personnages qui le peuplent mènent pour les uns une vie faite de respect, d'attention au monde, de rituels, de douceur et de lenteur ; pour les autres, le mensonge, le profit et la trahison sont la règle. La frontière entre les uns et les autres n'est pas toujours claire, le réel et l'imaginaire peuvent marcher main dans la main, et le lyrisme flirter avec l'horreur.

  • En faisant parler Max le patriarche débonnaire et Mary sa femme américaine, puis Joson le grand-père voyageur et Dora la bien-aimée grand-mère, Marie Gaulis raconte le lieu aimé de l'enfance, une terre savoyarde à la fois réelle et rêvée. Dans le château familial, la peinture s'écaille, les canalisations gèlent, les guerres passent. Tandis que les aïeux, désormais âmes légères comme des oiseaux, se confient, honnêtes, la narratrice se souvient, réfléchit et se console. Dans Le Royaume des oiseaux, Marie Gaulis saisit la place que prennent parfois malgré nous les légendes et les rituels ancestraux et les confronte à la nature si sensuelle et à la vie d'aujourd'hui. Marie Gaulis vit à La Chaux-de-Fonds. Elle a écrit plusieurs ouvrages, parus aux éditions de l'Aire et chez Métropolis, avant de publier chez Zoé Lauriers amers et Le Rêve des Naturels. Elle a également traduit et adapté des pièces du théâtre d'ombres grec, Karaghiozis et le château des fantômes, pour Les Classiques du Monde (Zoé). Marie Gaulis a un fort penchant pour la sauvagerie primitive des mondes perdus, les vieilles mythologies, le paganisme méditerranéen et les salles de bain avec baignoire.

  • Sal Mal Lane ? C'est une ruelle à Colombo, Sri-Lanka, dans laquelle vivent des familles cinghalaises et tamoules. L'emménagement de Mr et Mrs Herath et de leurs quatre enfants, très réveillés et bourrés d'imagination, va renforcer les liens entre tous. Nous sommes entre 1979 et 1983. La guerre civile est sur le point de faire exploser le pays. Ce roman raconte essentiellement du point de vue des enfants les cinq années de coexistence paisible, joyeuse, sensuelle, colorée, néanmoins pleine de petites cicatrices et de méchancetés humaines. C'est aussi une histoire sur la capacité qu'ont les hommes à surmonter les tragédies, un roman de résilience qui se lit comme une grande saga familiale et historique.

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