• Les Borgia

    Jean-Yves Boriaud

    Mythes et réalités d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance.Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia - Alexandre, César et Lucrèce - ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée.
    D'origine catalane, ces " Borja " vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455 Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492 Alexandre VI, qui, s'il compromet sa fonction dans plusieurs scandales, donne à l'Église, par la force, un territoire comparable à ceux des États-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Église, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. À Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille.
    Sous la plume légère et savante de Jean-Yves Boriaud, la saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Église, entre pourpre et sang, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.

  • Le dernier grand roi d'Espagne.
    Rarement autant que Philippe II d'Espagne (1527-1598) un souverain de l'époque moderne n'a souffert d'une image si durablement négative. Les réalisations effectives de son règne en ont parfois été négligées, tout comme l'environnement culturel, politique ou religieux dont il était le produit et qui s'imposait à lui.
    L'héritage que lui lègue son père, Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique, est un cadeau empoisonné : s'il ne parvient pas à recueillir la dignité impériale, il se trouve malgré tout placé à la tête d'une gigantesque " monarchie composée ". Celle-ci fait de lui le souverain d'entités politiques disposant chacune de droits particuliers, territoires souvent sans continuité géographique les uns avec les autres. La configuration d'un tel ensemble rend délicats son gouvernement et sa conservation. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, un empire dispose d'une dimension véritablement mondiale. Il n'était pas forcément écrit que la présence de l'Espagne en Amérique ou en Asie serait pérenne. Autre évolution géopolitique majeure, l'expansion ottomane qui menace l'Europe chrétienne. Philippe II est également confronté au plus grand schisme de l'Eglise chrétienne d'Occident, la réforme protestante. La seconde moitié du règne est enfin marquée par l'émergence d'une nouvelle puissance maritime agressive, l'Angleterre. Il faut ajouter à cela ce que Geoffrey Parker appelle la " révolution militaire ", qui débute au XVIe siècle. Faire la guerre devient beaucoup plus onéreux, du fait de nombreuses évolutions techniques. Plus que jamais, il est nécessaire pour un souverain de maîtriser des mécanismes financiers complexes s'il veut asseoir sa suprématie.
    Le présent ouvrage suit Philippe II confronté à ces formidables défis, en tentant de nuancer certains des lieux communs attachés à sa personne. Si on lui prête d'avoir laissé guider sa politique par un fanatisme religieux, les décisions implacables qu'il prend sont davantage inspirées par une " raison d'Etat " à laquelle il se voue sans limites. En dépit d'une foi intense qui a pu lui valoir à juste titre le qualificatif de " roi prêtre ", il instrumentalise bien souvent cette religion pour la mettre au service des intérêts de sa dynastie. La " monarchie catholique " est un empire expansionniste qui ne dit pas son nom. Présenter Philippe II comme un souverain " absolutiste " serait également anachronique. En revanche, il se dégage de cette biographie novatrice la figure d'un personnage animé d'une forme de misanthropie, de mépris pour ses semblables, qui, s'accusant avec les années, est responsable en bonne partie des grands échecs de la dernière décennie du règne, en particulier la défaite de "l'invincible armada".

  • 1520

    Guillaume Frantzwa

    • Perrin
    • 19 Mars 2020

    Il y a cinq siècles, le Moyen Age passait à la Modernité.La plupart des dates clés sont le témoin d'événements fondateurs : 476 marque la fin de l'empire romain d'Occident, 1453 la chute de Constantinople. Dans ce paysage, 1520 est l'exception qui confirme la règle. Année en suspens, elle se caractérise non par un événement majeur mais par une multiplication de faits qui font basculer le Moyen Âge dans la modernité.
    En 1520, les rivalités européennes s'exacerbent. Deux jeunes souverains, Charles Quint et François Ier, rêvent d'empire universel. L'Europe se fragmente, dans la magnificence du camp du Drap d'Or, alors qu'un ennemi pressant se réveille à l'Est, avec l'avènement de Soliman le Magnifique. À ces tensions s'ajoute une dynamique d'expansion : suivant l'Espagne, la France et l'Angleterre se lancent dans la conquête de nouveaux territoires tandis que le Portugal étend sa domination du Brésil à la Chine.
    1520 est aussi l'année des grandes découvertes, avec Magellan, et d'une profonde mutation de la connaissance du monde. Celle-ci encourage la critique d'une société en proie au doute et aux rêves d'âge d'or, au milieu de laquelle Luther apparaît comme une force de dissolution du monde chrétien.
    Guillaume Frantzwa brosse avec talent les soubresauts de cette époque qui préfigure l'émergence d'un nouvel ordre mondial : celui de l'Europe moderne.
    Archiviste paléographe et docteur en histoire de l'art à l'université Paris-I, Guillaume Frantzwa est conservateur du patrimoine au Centre des Archives diplomatiques.

  • " Non, ce n'est pas une biographie de plus. C'est la biographie. [...] On tient enfin le bon, le vrai François Ier. Vous pouvez y allez les yeux fermés. " Le Point " Fruit de dix ans de recherche, c'est un monument d'érudition et d'intelligence. [...] Un grand livre, une grande leçon d'histoire. " Le Figaro MagazineFrançois Ier est, avec Henri IV et Louis XIV, le souverain préféré des Français. Et pourtant, ce que nous pensions savoir du roi de France de 1515 à 1547, est, en grande partie, faux : ce sont les publicistes du règne qui ont façonné son image, reprise quasiment à l'identique jusqu'à nos jours, notamment les vulgates de roi-chevalier ou de roi-mécène.
    Didier Le Fur, l'un des plus brillants historiens de sa génération, a donc repris le dossier, sans parti pris et grâce à l'ensemble de la documentation. Ce travail colossal en archives permet d'offrir la première véritable biographie de François Ier depuis 30 ans.
    Si les grands moments du règne sont connus (le couronnement, les batailles de Marignan et de Pavie, la captivité des enfants du roi, l'élection impériale, le camp du drap d'or, la régence de Louise de Savoie...), leur sens est enfin révélé et la conclusion de l'auteur sans appel : François Ier est avant tout un roi de guerre, aveuglé par son rêve italien et sa rivalité avec Charles Quint. Toute sa politique est orientée en ce sens. Un seul exemple parmi tant d'autres : on attribue à François Ier des réformes intérieures nombreuses. Il n'en est rien. L'activité législative du roi privilégie des lois justifiant l'impôt finançant ce gouffre sans fond qu'est la guerre.
    C'est donc à l'homme régnant, non à sa légende, que s'est attaché l'auteur. Il est ressort un roi certes moins héroïque que nous le pensions, mais plus humain, et par là plus attachant.

  • La peinture violente et raffinée de la Renaissance italienne à travers l'exercice du pouvoir des Médicis à Florence. A l'inverse d'autres villes italiennes, Florence, type même de la cité " libre ", fleuron des arts et des lettres à la Renaissance, ne va pas confier pendant deux siècles ses destinées à un condottiere, mais à un clan de simples citoyens. Longtemps obscurs, suffisamment habiles pour survivre aux convulsions d'une cité en proie aux pires désordres, les Médicis unissent leur destinée à celle de la ville et la portent à la quintessence de la culture dans tous les domaines. Derrière une peinture violente et raffinée de l'époque, l'auteur décrit l'ascension, la grandeur et la faillite de cette famille de changeurs devenus princes sans titre de Florence. Jacques Heers, professeur émérite à la Sorbonne, a notamment publié chez Perrin Les Négriers en terre d'islam, VIIe-XVIe siècle, Chute et mort de Constantinople, Le Moyen Age, une imposture et La Naissance du capitalisme au Moyen Age.

  • Les Tudors

    Bernard Cottret

    • Perrin
    • 21 Mars 2019


    La dynastie qui a fait l'Angleterre.

    1485-1603. En l'espace de quatre générations, l'Angleterre passe du Moyen Âge flamboyant aux fastes de l'époque baroque, de la guerre des Deux-Roses à la construction d'un État. Dans cette saga familiale, on n'est jamais très loin du conte. Il était une fois Henri VII, le père fondateur, son fils Henri VIII, le Barbe bleue aux prises avec François Ier et Charles Quint, le petit Édouard VI, la sulfureuse reine Marie, l'acariâtre Élisabeth, toujours vierge. Tous, dans leurs différences mêmes, ont illustré leur siècle, cet âge d'or de la culture anglaise qui nous éblouit encore. Les Tudors ont affiché à la face du monde leur réussite et leur richesse, à peine entachées par quelques têtes coupées, des reines exécutées, des catholiques étripés, une sauvage répression - toutes choses que l'on pardonne volontiers aux souverains que l'on aime. Dominé par l'antique déesse Fortuna, en proie aux bouleversements, le siècle des Tudors fut par excellence le temps du changement. C'est aussi à cette époque que l'Angleterre s'engagea résolument dans une aventure de conquête qui s'étendit à tout l'espace atlantique. Aujourd'hui comme jadis, les Tudors hantent notre imaginaire.

  • Une histoire grand public écrite par un Vénitien, à la fois journaliste, historien et homme de télévision, ancien président du Comité de sauvegarde de Venise.
    " La cité des doges, son histoire, les trésors de son architecture, et sa terrible agonie, qui dure depuis deux siècles, forment l'unique objet de son oeuvre. " François Dufay, à propos d'Alvise Zorzi.
    Qui, en rêvant devant les façades des palais vénitiens, n'a pas désiré percer le secret de ces murs et deviner les destins des familles patriciennes qui les ont habités au cours des siècles ? Par ce voyage à travers l'histoire de la ville et de ses habitants, Alvise Zorzi, l'un des meilleurs spécialistes de Venise, fait revivre, dans un texte dense et lumineux, les sept siècles où s'épanouit la Sérénissime en une symphonie adriatique aux mille tableaux rehaussés d'or et de sang.

  • La fortune des Médicis

    Jean-Yves Boriaud

    • Perrin
    • 19 Septembre 2019

    L'histoire d'une des plus fascinantes familles du Quattrocento italien.Le siècle dit " des Médicis " passe pour un moment d'exception, un modèle d'équilibre politique comme de perfection esthétique. Au xve siècle affluent effectivement à Florence, en ce brillant Quattrocento, artistes, architectes, érudits et philosophes qui en font le phare de la Renaissance italienne. Mais rien n'aurait été possible sans la toile économique patiemment tissée depuis des dizaines d'années par les fondateurs méconnus de la dynastie des Médicis, des banquiers qui, en dépit des graves soubresauts qui agitèrent l'histoire de la ville, montèrent un réseau de succursales qui firent la fortune de la famille. Fort de sa connaissance intime de la période, Jean-Yves Boriaud montre comment les Médicis, appuyés sur cette solide infrastructure, réussirent à s'emparer, sous Cosme (1434-1464) puis Laurent " le Magnifique " (1469-1492), de la réalité du pouvoir politique dans cette " république " aux rouages compliqués et à conforter cette puissance en se constituant une cour de haute culture, à même de célébrer les exceptionnels mérites du clan. Cela avant que le système montre ses limites et qu'en sollicitant à l'excès les ressources de la banque familiale, Laurent et ses successeurs ne le conduisent à l'échec final, la faillite de 1494.
    L'ascension, l'apogée et la chute d'une famille mythique, racontée avec brio par l'historien des Borgia.

  • La grande synthèse non conformiste sur la Renaissance Française (1450-1550), par le plus fin connaisseur du sujet, en une forme accessible et abordable.La France, au XVIe siècle, se serait réveillée après une longue nuit, le Moyen Age, pour embrasser avec éclat et gourmandise la modernité. La civilisation française, avec ses us et coutumes, son élégance et son esprit, était née. Si depuis quelques années les historiens ont largement nuancé cette vision simpliste, ils ont convenus de la réalité de la révolution culturelle qu'aurait été cette Renaissance du XVIe siècle. Il reste pourtant un fait incontestable : si le joli tableau brossé à coup d'affirmations et d'exemples pris çà et là depuis deux siècles peut effectivement faire illusion, les auteurs de cette peinture ont effacé ou oublié, pour fabriquer cette féérie, une foultitude des personnages, d'évènements et d'idées.
    Les hommes du temps n'avaient en réalité rien de progressiste, bien au contraire. Les nouveautés, qui occupent une place très secondaire, ne touchèrent qu'une toute petite minorité de privilégiés. C'est donc à une redistribution des rôles que ce livre est consacré, afin de proposer une autre réalité de la Renaissance française, celle que la majorité des individus vécurent, celle qui faisait leur quotidien. L'auteur montre notamment qu'il ne s'agissait alors pas d'inventer un monde nouveau, mais bien de rétablir une splendeur passée, un âge d'or où les hommes vivaient en harmonie, épargnés des fléaux bien réels de l'époque : les guerres, les épidémies et les famines. Bref; que le désir d'un retour à un passé fantasmé l'emportait sur la conviction de vivre un grand bond en avant. Une remise en perspective salutaire servie par une plume exemplaire.

  • Un livre qui balaie la légende de la reine vêtue de noir, concoctant dans l'ombre ses poisons et une politique machiavélique.
    Dans notre mémoire collective, Catherine de Médicis a très mauvaise réputation. La ruse et le machiavélisme auraient inspiré sa politique. Le poison et l'assassinat auraient été ses moyens de gouvernement. Femme et étrangère, elle était toute désignée à la vindicte. La veuve vêtue de noir, dominant et manipulant ses fils, responsable de la Saint-Barthélemy, aurait été la plus maléfique des reines de France. Le livre de Jean-François Solnon balaie la légende et brosse le portrait d'une femme courageuse. Sa grande passion fut le pouvoir : elle l'exerça trente années durant, au milieu des guerres civiles, toujours soucieuse de préserver l'unité du royaume et de rétablir l'harmonie entre les Français malgré les rivalités religieuses. "Le seul homme de la famille", a-t-on dit d'elle. On ajoutera : "Une femme qui fut un roi." Jean-François Solnon, professeur à l'université de Besançon, a notamment publié un Henri III, une Histoire de Versailles (tempus) et, dernièrement, un remarquable Turban et la Stambouline. L'Empire ottoman et l'Europe, XIVe-XXe siècle.

  • La biographie du fils illégitime de Christophe Colomb, qui chercha à égaler les prouesses de son père en créant la première bibliothèque universelle. Grand voyageur et collectionneur, il atteignit le Nouveau Monde avec son père et parcourut l'Europe de la Renaissance.
    Son père a exploré les frontières connues du monde. Lui a parcouru l'Europe à la recherche d'imprimés de toutes sortes pour rassembler la connaissance universelle en un lieu : sa bibliothèque à Séville. Hernando Colomb, fils naturel de Christophe, fut un visionnaire qui, dès le début du XVIe siècle, comprit que la masse d'informations, désormais accessibles grâce à l'imprimerie, bouleverserait le monde.
    Sa vie est une aventure, un long voyage depuis son Espagne natale, qu'il sillonne avec la cour d'Isabelle et Ferdinand, les Rois Catholiques, jusqu'aux Amériques où il survit un an avec son père après leur naufrage au large de la Jamaïque, en passant par l'Europe de la Renaissance où tant d'idées nouvelles sont brassées. Hernando y fréquente Érasme, Thomas More ou encore Albrecht Dürer. Mais l'héritier spirituel de Christophe Colomb a aussi dirigé une encyclopédie géographique, créé les premières cartes modernes. Il a rédigé la première biographie de son père qui ancra définitivement le mythe, créé le premier jardin botanique et réuni la plus grande bibliothèque privée que l'Europe ait jamais vue et dont une partie fut engloutie...

  • Marignan, 1515

    Didier Le Fur

    A l'occasion des 500 ans de la bataille de Marignan (1515), la publication en Tempus du livre de référence sur la plus grande victoire de François Ier.
    Sorte de lieu commun de notre conscience collective, " Marignan, 1515 " est dans toutes les mémoires. Cet événement des guerres d'Italie est demeuré en réalité méconnu, dans son déroulement comme dans ses conséquences. D'autant plus que les récits traditionnels font une large place à la légende, comme celle du roi François Ier armé chevalier par Bayard sur le champ de bataille. C'est pourquoi Didier Le Fur reconstitue dans le détail le déroulement des faits qui conduisirent à la première victoire du jeune roi la première année de son règne. L'auteur montre ensuite comment les historiens, depuis le xvie siècle, utilisèrent cette bataille somme toute peu glorieuse pour fabriquer un des événements les plus prestigieux de la nation France.

  • Pour sortir de la légende, la première biographie historique de LA maîtresse royale de la Renaissance, par le plus fin connaisseur du XVIe siècle. Les légendes, noires et dorées, font de Diane de Poitiers (1500-1566) la maîtresse de deux rois de France, François Ier et son fils Henri II, et construisent un portrait d'elle fait de poncifs sur le " pouvoir au féminin ". Mécène éclairée, femme libre et émancipée de toute entrave, dotée d'un sens aigu de ses intérêts financiers, elle aurait exercé par le charme et la chair une grande influence sur les hommes en charge du royaume de France, se hissant ainsi au panthéon des femmes célèbres. L'histoire est fort séduisante. On pourrait y croire ; pourtant elle est grossièrement fausse. Didier Le Fur, pour qui les constructions historiographiques n'ont plus de secrets, explique simplement, et avec style, que l'image actuelle de Diane de Poitiers est faite d'une accumulation d'erreurs et d'approximations - volontaires ou non - reprises puis amplifiées, en fonction des modes, pendant quatre siècles. Ce faisant, l'auteur rend à cette femme passionnante sa réalité, loin des fantasmes entourant les maîtresses royales, et décrypte comment sa vie, qui reste sur bien des aspects un trou noir, a pu prendre une telle place dans l'imaginaire collectif et le roman national français.

  • Surgi de notre oubli immérité, Thomas Basin (1412-1491), évêque, politique et historien de son siècle, personnage majeur donc, nous est rendu par cette traduction nouvelle de son Histoire des règnes de Charles VII et Louis XI. Depuis trop longtemps, l'écrivain ne nous était plus accessible. Il revient, acteur de son temps, partisan assurément (il a par exemple l'art et la manière de se faire détester de Louis XI) ; il n'en est que plus précieux. La haute idée qu'il a de ses mérites le fait appeler à sa rescousse toute sa culture, de Salluste et Suétone aux Évangélistes, voire au Tout Puissant... Historien, il fait de son écriture une arme, non sans maladresse parfois. Mais le témoignage reste d'autant plus passionnant qu'il est animé par un fort ressentiment, bien peu religieux, avouons-le. Outre l'importance de ces textes, dûs à un contemporain de ce qui est écrit, nous découvrons un temps vécu, un ressenti dans sa brutalité, dans ses rancoeurs, mais aussi dans la construction de l'État. Nous ne devions pas nous priver plus longtemps de l'oeuvre majeure de Thomas Basin, relue à la lumière des acquis les plus récents de l'Histoire.
    Introduction, traduction et notes par Joël Blanchard, Franck Collard et Yves de Kisch

    INEDIT
    12/21

  • LE saint du Siècle des Saints Petit paysan des Landes devenu prêtre, nommé précepteur dans l'illustre famille de Gondi après diverses aventures, Vincent de Paul, né en 1581, découvre à trente-six ans la vocation de sa vie : servir les pauvres. Aumônier général des galères du roi à partir de 1618, il fonde en 1625 la congrégation de la Mission, afin d'évangéliser et soigner le peuple des campagnes, et former des prêtres pour cette tâche. En 1632, il se voit offrir avec sa communauté le prieuré de Saint-Lazare à Paris. Les lazaristes étaient nés. Leur ordre allait devenir un refuge pour des milliers de démunis et un centre de rayonnement spirituel considérable.
    Peu à peu, Vincent de Paul s'affirme comme la conscience de son temps. Avec Louise de Marillac, supérieure des Filles de la Charité, il suscite l'engagement et la générosité des femmes de la haute société, lutte sur le terrain contre les horreurs de la guerre de Trente Ans, institue à Paris l'oeuvre des Enfants trouvés. Par sa présence, de 1643 à 1652, au Conseil de conscience de la reine Anne d'Autriche, celui qui fait jeu égal avec les grandes figures de la Contre-Réforme catholique, François de Sales, Bérulle, Olier, influera aussi sur les affaires de l'Etat et s'engagera contre le jansénisme. Les années 1650 le voient jouer un rôle décisif dans le développement des missions étrangères. Il meurt en 1660 et sera canonisé moins d'un siècle plus tard.
    Homme de prière, homme d'action, meneur d'hommes, témoin auprès des grands des exigences de la conscience, l'humble paysan gascon est devenu une grande figure de notre histoire.

  • Un roi injustement méconnu, enfin réhabilité. Louis XII, qui régna de 1498 à 1515, fut jusqu'à la fin de l'Ancien Régime considéré comme le modèle du bon roi, au point que Voltaire lui consacra une monographie élogieuse. Gloire, paix, justice, prospérité nimbèrent longtemps sa mémoire. Une réputation flatteuse qu'il doit principalement à une véritable propagande. Pendant une décennie, il fit miroiter aux yeux de l'opinion le mirage, auquel il crut lui-même, du rétablissement de l'empire des Césars et de Charlemagne. C'est pourquoi il s'acharna, avec succès pour un temps, à conquérir l'Italie. Roi de France, il fut ainsi duc de Milan, roi de Naples, et porta même le titre de roi de Jérusalem. Par Louis XII, premier prince français de la Renaissance, la France entra dans l'ère moderne. Didier Le Fur est l'auteur, entre autres, de Anne de Bretagne, miroir d'une reine, historiographie d'un mythe et, plus récemment, d'une biographie de Henri II.

  • 1492 ? Aujourd'hui, la réponse est évidente : découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Mais à l'époque, personne n'avait la moindre idée de l'Amérique. Il fallut dix à douze ans pour qu'apparaisse le concept d'un nouveau continent, et cinquante ans au moins pour que l'on prenne conscience de son importance et de son immensité.
    Car en cette année 1492, le monde vit de grands changements. En Europe, Grenade est redevenue chrétienne, la Bretagne est mariée à la France par les épousailles d'Anne et de Charles VIII, Liège est enfin " neutre " et, à Florence, Laurent le Magnifique se meurt. Les juifs d'Espagne sont condamnés à l'exil et la chrétienté se donne pour pape Alexandre Borgia, le concubinaire. Ailleurs, la traite des Noirs menace déjà l'Afrique, la Chine se referme sur elle-même, les " Amérindiens " ne savent pas qu'ils vont être " découverts ".
    Dans ce brillant ouvrage, Bartolomé Bennassar, éminent spécialiste de l'Espagne et du Nouveau Monde, et son épouse Lucile se sont attachés à faire cette passionnante et originale distinction entre le temps vécu par les Européens de 1492 et le temps recréé par l'Histoire, résultat d'un lent travail de la mémoire collective. Ils nous permettent ainsi de réaliser l'ampleur et l'impact des événements vécus à l'époque, tout en rendant un hommage mérité au grand explorateur génois, mort en disgrâce en 1506...

  • Henri III

    Jean-François Solnon

    Un portrait fouillé et nuancé du dernier des Valois, puisé aux meilleures sources d'archives, qui réhabilite un grand roi, dont les contradictions lui ont valu une réputation injustifiée. Dans l'histoire de France, jamais roi n'a été autant calomnié qu'Henri III (1551-1589). Ses adversaires l'ont accusé de tous les maux. L'Histoire n'a retenu que l'homme futile et efféminé, peu préoccupé de régner, aux amitiés masculines ambiguës. Loin des clichés, ce livre raconte un règne de quinze ans dans une France déchirée par la guerre civile. Henri a gouverné, réformé et légiféré. La défense de l'autorité royale a été son souci constant. Pour elle, il a fait exécuter le duc de Guise à Blois. Pour elle, il s'est allié à Henri de Navarre, le futur Henri IV. A cause d'elle, il a été assassiné par un moine fanatique à l'âge de trente-huit ans. Jean-François Solnon, professeur des Universités, a notamment publié une Histoire de Versailles (tempus) et une biographie de Catherine de Médicis.

  • Mythes et réalités d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance, du fondateur Alonso au rédempteur Francesco. Frappés par une sombre légende que chaque époque vient enrichir, les trois grands acteurs de la saga Borgia - Alexandre, César et Lucrèce - ne seraient qu'un empoisonneur, un assassin et une débauchée. Exceptionnellement romanesque, l'histoire d'une des plus fascinantes familles de la Renaissance est en réalité bien plus riche et plus nuancée. D'origine catalane, ces " Borja " vont réussir à imposer en trois générations deux papes à la chrétienté : en 1455, Calixte III, grand diplomate obsédé par le danger turc, puis en 1492, Alexandre VI, qui compromet sa fonction dans plusieurs scandales, sans néanmoins oublier sa haute mission : tailler à l'Eglise, par la force, un territoire comparable à ceux des Etats-nations contemporains. Son fils César, hidalgo flamboyant un moment égaré dans l'Eglise, lui en ménage donc un en Romagne, où sa politique expéditive lui vaut de devenir le modèle de Machiavel. A Rome, coupe-gorge où continuent à s'affronter les clans médiévaux, les rugueux Borgia rendent coup pour coup, jusqu'à l'effondrement final. C'est alors le temps de la revanche de la belle Lucrèce, plusieurs fois mariée selon les ambitions du clan. Devenue duchesse de Ferrare et l'une des plus belles figures féminines de l'époque, elle inaugure le temps de la repentance des Borgia, bientôt marqué par la personnalité torturée du jésuite Francesco, le saint de la famille. La saga des Borgia se lit ainsi comme l'aventure exemplaire et tragique d'une ambitieuse dynastie de gens d'Eglise, bien loin de l'image trop répandue d'une brillante et douceâtre Renaissance italienne.

  • Reine de France à l'âge de neuf mois, veuve du roi François II à dix-huit ans, Mary Stuart regagne son pays, l'Écosse, pour y être accusée du meurtre de son mari, d'adultère avec le comte Bothwell et d'idolâtrie par ses opposants protestants. Ayant franchi la frontière anglaise, la souveraine déchue est faite captive, puis jugée et accusée de trahison par celle qu'elle vénère et dont elle convoite la couronne : sa cousine Elizabeth Ier d'Angleterre.
    Victime ou coupable, Mary Stuart a toujours clamé son innocence. À défaut d'avoir réellement régné, elle fut l'enjeu d'un triple duel opposant les catholiques aux protestants, les Stuart aux Tudor et les Anglais aux Espagnols... Décapitée à quarante-quatre ans, elle devint martyre de la foi au lendemain de son exécution, le 8 février 1587. Sa fin héroïque la transformait en mythe.
    De la couronne de France abandonnée à la couronne d'Écosse confisquée, l'histoire de Mary Stuart est semée d'énigmes. A-t-elle voulu attenter aux jours d'Elizabeth Ier et favoriser un débarquement espagnol ? Son destin brasse près d'un demi-siècle de confrontations dynastiques, de soulèvements nationalistes et de conflits religieux, que dépeint également Luc Mary dans cette biographie.

  • Une plongée culturelle, artistique, politique et scientifique dans la Renaissance : un retour salutaire à l'humaniste à l'heure où notre société peine à se souvenir de ses racines... La Renaissance fut sans conteste une des périodes les plus riches de l'histoire moderne. Véritable cataclysme tant artistique (Léonard de Vinci) que scientifique (Galilée) ou encore sociétal (invention de l'imprimerie, diffusion de la culture), elle fut le théâtre de découvertes qui ont chamboulé l'histoire et la pensée humaines. Berceau de l'humanisme, elle vit se construire la notion d'identité européenne, à travers le retour à la pensée et la culture antiques. Il était plus qu'urgent que les Nuls, à travers la plume éclairée et éclairante de Jean-Christophe Saladin, grand spécialiste d'Erasme, se penchent sur cette période d'une richesse inégalée dans l'histoire européenne.

  • Henri IV, un roi français

    Max Gallo

    • Xo
    • 15 Septembre 2016

    Il est le roi de France et de Navarre qui a voulu dépasser les clivages et faire vivre ensemble catholiques et protestants. Et il en est mort. Le vendredi 14 mai 1610, Jean-François Ravaillac, catholique exalté originaire d'Angoulême, poignarde le souverain dans son carrosse, rue de la Ferronnerie. Il voulait en finir avec " cet hérétique paillard, parjure et renégat " dont la conversion n'était que façade. Dans un texte haletant, Max Gallo dresse le portrait d'Henri IV, ce Béarnais vigoureux, grand amateur de chasse, imbattable au jeu de paume, fou de femmes, et qui n'aura de cesse de consolider l'État, d'administrer une saine justice et d'éviter que la France sombre dans la guerre civile. Pour les ligues catholiques, Henri IV sera, jusqu'au bout, un " voleur d'âmes ". Mais l'Histoire retiendra de ce grand roi qu'il était celui de tous les Français, apôtre infatigable de la tolérance et de la concorde.

  • La fin du rêve bourguignon. Ascension et chute du dernier grand féodal.

    Charles le Téméraire est une des figures les plus fascinantes du Moyen Age, mais son image brille d'un éclat crépusculaire. Cet homme intelligent, cultivé, organisateur hors pair, débordant d'énergie et d'une capacité de travail étonnante - un chroniqueur le surnomme " Charles le Travaillant " -, est en même temps un personnage inquiétant.
    Duc de Bourgogne, il règne sur une étonnante collection de territoires allant de la Hollande au sud du Jura, dont il rêve de faire un royaume indépendant entre la France et le Saint Empire. Redouté par tous les souverains, il est l'homme qui a fait trembler Louis XI à Péronne, qui a défié l'empereur et placé Edouard IV sur le trône d'Angleterre. Mais son ambition démesurée lui fait perdre le sens des réalités. De son propre aveu, il préfère être craint que méprisé. Il règne par la peur et est capable des pires atrocités, comme la destruction de Liège. Obstiné, trop sûr de lui, le Téméraire méprise ses adversaires et subit deux terribles défaites contre les Suisses avant de périr misérablement dans la neige, à moitié dévoré par les loups, devant Nancy, en 1477. Destin tragique et fin sinistre d'un prince austère, mélancolique et impitoyable, son épitaphe pourrait être : " Charles le Téméraire, celui qui, à force de tout vouloir, a tout perdu. "

  • Comment naquit, sous la main de fer d'une héritière improbable, l'Angleterre que nous connaissons ? Cette biographie-monde de Joanny Moulin restitue à la fois un personnage majeur de l'histoire et un moment clef de civilisation. Elle tisse dans le même récit la marche irrésistible d'une reine vierge vers le pouvoir absolu et l'ascension soutenue d'une puissance insulaire vers la domination planétaire. De l'Irlande aux Indes, d'Édimbourg à Istanbul, des officines de la City aux couloirs du Vatican, voici une fresque qui mêle querelles de successions et guerres de religions, emprisonnements et assassinats, révoltes paysannes et rivalités continentales sur fond de batailles terrestres et d'incendies maritimes. Ces hommes de talent que furent le corsaire Francis Drake, l'espion Francis Walsingham, le bourgeois Thomas Gresham, le théologien Thomas Parker, l'écrivain William Shakespeare ne firent-ils que servir le rêve de revanche de la fille d'Anne Boleyn, la souveraine décapitée, et d'Henry VIII, l'ogre monarque qui l'avait reniée ? N'est-ce pas au contraire parce qu'elle fut à la fois femme et politique incomparable qu'Élisabeth Tudor bâtit une nation si résolue à affirmer son indépendance qu'elle en fit pour le reste de l'Europe, et jusqu'à aujourd'hui, la « perfide Albion » ?

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