• - 55%

    Georges Duroy, dit Bel-Ami, est un jeune homme au physique avantageux. Le hasard d'une rencontre le met sur la voie de l'ascension sociale. Malgré sa vulgarité et son ignorance, cet arriviste parvient au sommet par l'intermédiaire de ses maîtresses et du journalisme. Cinq héroïnes vont tour à tour l'initier aux mystères du métier, aux secrets de la mondanité et lui assurer la réussite qu'il espère. Dans cette société parisienne en pleine expansion capitaliste et coloniale, que Maupassant dénonce avec force parce qu'il la connaît bien, les femmes éduquent, conseillent, oeuvrent dans l'ombre. La presse, la politique, la finance s'entremêlent. Mais derrière les combines politiques et financières, l'érotisme intéressé, la mort est là qui veille, et avec elle, l'angoisse que chacun porte au fond de lui-même.

    9 Autres éditions :

  • Edition enrichie (Préface, notes, variantes, dossier sur l'oeuvre, chronologie et bibliographie)La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l´apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d´une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s´est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.
    Rien ne semblait destiner Laclos à la littérature, et Les Liaisons dangereuses, qu´il fait paraître en 1782, sont la seule grande oeuvre qu´ait achevée le capitaine et futur général d´artillerie. Le succès est immédiat, mais le roman, frappé de condamnation morale, cessera d´être réédité pendant une partie du xixe siècle. De Baudelaire à Giraudoux, de Malraux à Roger Vailland, ce sont des écrivains qui peu à peu l´imposent comme un chef-d´oeuvre que le cinéma va populariser. Il se peut que l´impeccable maîtrise de ce roman par lettres nous soit devenue lointaine : elle n´empêche pas qu´il sollicite encore nos rêves et nos fantasmes. 

    6 Autres éditions :

  • Edition enrichie (introduction, notes, dossier de l'oeuvre, chronologie et bibliographie)« J´ai trouvé une idée merveilleuse. Je serai un homme de génie », s´exclame Balzac au moment où il écrit Le Père Goriot. Il venait d´imaginer La Comédie humaine, ce cycle romanesque dans lequel les mêmes personnages réapparaissent d´un roman à l´autre. Il venait de créer un monde, le monde balzacien.
    Les plus beaux romans, dit André Maurois, sont des romans d´apprentissage. Les illusions de la jeunesse s´y heurtent au monde féroce et pourtant plein de délices. L´ amour devient coquetterie, la vertu s´achète, l´argent ruine tout. Seule la passion balzacienne, ici l´amour paternel, résiste, dévorante et implacable. Le Père Goriot est la clef de voûte d´une oeuvre géniale.

    Edition de Stéphane Vachon. 

    5 Autres éditions :

  • Edition enrichie (Introduction, notes, documents, chronologie et bibliographie)suivi de L'Histoire des voyages de Scarmentado et de Poème sur le désastre de Lisbonne Candide nous conte les mésaventures d'un voyageur philosophe qui affronte les horreurs de la guerre et les sanglants caprices de la Nature ; qui connaît les désillusions de l'amour et découvre les turpitudes de ses semblables, faisant à l'occasion l'expérience de leurs dangereuses fantaisies. Pourtant si l'homme est un bien méchant animal et si l'existence n'est qu'une cascade de catastrophes, est-ce une raison pour que le héros perde sa sérénité et le récit son allégresse ? Sous la forme d'une ironique fiction, Candide propose une réflexion souriante sur l'omniprésence de la déraison qui puise sa force aux sources vives d'une expérience humaine, celle de l'auteur. Candide, on l'a dit, ce sont les « Confessions » de Voltaire, et c'est en cela qu'il nous émeut.
    Mais ce « roman d'apprentissage » est aussi - et peut-être surtout - un festival merveilleusement ordonné de drôlerie et de fantaisie sarcastique, ruisselant d'un immense savoir maîtrisé qui ne dédaigne jamais de porter le rire jusqu'au sublime. C'est en cela qu'il nous éblouit et qu'il nous charme.

    Edition de Sylviane Léoni. 

    2 Autres éditions :

  • Nouvelles

    Joris-Karl Huysmans

    Romancier, critique d´art, auteur de poèmes en prose, Huysmans a également donné dans le récit bref. Cette édition lui rend justice en réunissant l´ensemble de ses nouvelles. Celles-ci sont tout sauf des histoires « extraordinaires » : l´auteur se place sur le terrain de la chronique, au ras des menus événements. Ses personnages sont des héros à la triste figure : soldat égaré (Sac au dos), petit fonctionnaire errant dans les gargotes de la rive gauche (À vau-l´eau) ou en proie aux rituels de l´administration (La Retraite de Monsieur Bougran), jeune femme à l´abandon sur laquelle s´acharnent les représentants du sexe fort (Un dilemme)...
    Pour contrecarrer les vicissitudes de l´existence, celui qui a inventé l´expression «humour noir» mobilise les drôleries saumâtres du désenchantement. Prenant le parti de la transposition grotesque, il inaugure un type de récit qui sera cher à des écrivains comme Gogol, Kafka, Céline ou Beckett.

  • " Or, ayant dormi environ quarante minutes, je rouvris les yeux sans faire un mouvement, réveillé par je ne sais quelle émotion confuse et bizarre.
    Je ne vis rien d'abord, puis, tout à coup. il me sembla qu'une page du livre resté ouvert sur ma table venait de tourner toute seule. Aucun souffle d'air n'était entré par ma fenêtre. Je fus surpris et j'attendis. Au bout de quatre minutes environ, je vis, je vis, oui, je vis de mes yeux une autre page se soulever et se rabattre sur la précédente, comme si un doigt l'eût feuilletée. Mon fauteuil était vide, semblait vide ; mais je compris qu'il était là, lui, assis à ma place, et qu'il lisait."

  • Rédigées en 1746, sans nom d´auteur, et aussitôt condamnées au feu par le Parlement de Paris, les Pensées philosophiques prennent à partie le christianisme, et au-delà toutes les religions révélées : ou la foi est compatible avec la raison humaine et les religions doivent accepter le doute et la critique et se réformer pour rejoindre « la religion naturelle » ; ou elle ne l´est pas, et comment admettre alors que Dieu exige des hommes qu´ils lui sacrifient leur raison ?
    Cette alternative, c´est celle que pose le déisme, avec la volonté de placer la raison au coeur des systèmes religieux (dogmes, croyances, témoignages, miracles, Livres saints, etc.). Si l´on crédite généralement les Lumières d´avoir posé les bases philosophiques de la tolérance et de la laïcité, on ignore le plus souvent le rôle joué par le déisme dans le combat de la foi et de la raison. Les Pensées philosophiques, livre subtil qui mobilise toutes les ressources du style pour faire du lecteur son allié, est la première oeuvre philosophique à porter sur la place publique le débat qui oppose les déistes aux tenants des religions établies.

  • Les Lois sont sans doute le dernier des dialogues écrits par Platon. Dans les douze livres de cette somme législative d´une extraordinaire ambition, le philosophe se prononce sur un nombre exorbitant d´aspects de la vie humaine et civique, produit une véritable histoire politique de l´humanité, et rappelle, avec une clarté qui n´a guère d´équivalent dans les autres dialogues, les principes généraux de sa « physique » et de sa cosmologie : le bonheur du citoyen dépend de l´excellence de la cité, laquelle doit prendre modèle sur l´ordre du monde.
    Les Lois soumettent le devenir de la cité - ses ressources, les conflits qui la menacent et les remèdes qu´on peut y apporter, l´éducation de l´ensemble des citoyens, leurs comportements, jusqu´aux plus intimes, les coutumes et croyances traditionnelles - à des principes communs et intangibles. Ce code de lois écrites passe au crible d´un examen rationnel les conditions d´existence de la cité excellente : de la loi sur la date de la cueillette des fruits jusqu´à celle qui condamne l´athéisme, en passant par les recommandations relatives aux moeurs sexuelles, rien n´échappe à l´autorité du législateur.
    Le premier ouvrage de philosophie politique et de philosophie du droit est également l´un des chefs-d´oeuvre de Platon.

  • Ce volume rassemble six pièces de Corneille, de Rodogune, sa pièce préférée, composée en 1644 au sommet de sa gloire, à Suréna (1674), son ultime tragédie. Trente années d´expérimentation poétique et d´audaces inouïes, au cours desquelles Corneille réinvente son art, en misant sur des intrigues savamment élaborées et sur une inspiration lyrique de plus en plus émouvante. Reines maîtresses de leur passion ou ivres de vengeance (Tite et Bérénice, Rodogune) ; héros qui voient leurs desseins contrariés par la raison d´État (Nicomède, Suréna) ; princes révélés à leurs peuples ou défaits par les dieux (Héraclius, OEdipe) : chacune de ces pièces a valeur de manifeste ; et toutes, poussant un peu plus loin leur infidélité au modèle cornélien canonique - celui d´Horace ou de Cinna -, nous obligent à nous défaire de nos certitudes sur Corneille et sur la tragédie classique.

  • Plutarque était prêtre d'Apollon à Delphes lorsqu'il écrivit les Dialogues pythiques. L'E de Delphes cherche à expliquer la présence d'un Epsilon - qui était à l'origine une offrande en bois - dans le sanctuaire d'Apollon.
    Pourquoi la Pythie ne rend plus

  • «Le seul ouvrage qui ait montré le but, sans néanmoins l´atteindre tout à fait ; l´unique qui ait agréablement lié la luxure et l´impiété, et qui donnera enfin l´idée d´un livre immoral » : c´est en ces termes que Sade, dans l´Histoire de Juliette, rend hommage à Thérèse philosophe. Paru anonymement en 1748, ce roman est un classique - sinon le classique - de l´édition clandestine d´erotica au XVIIIe siècle. Véritable best-seller de la littérature audacieuse, souvent attribué à Boyer d´Argens, il ouvre aussi de brûlants dossiers d´ordre religieux et moral, et l´on a pu soupçonner Diderot d´en être l´auteur. Prenant prétexte d´un fait divers - le procès qui opposa, en 1730, un jésuite à sa pénitente qui l´accusait de l´avoir débauchée -, il dénonce l´influence pernicieuse de la religion sur la santé des esprits, et revendique, par le « raisonnement» comme par l´« exemple», le droit des corps à disposer d´eux-mêmes.
    D´où l´inévitable question : 1748, année érotique, ou année théorique chaude pour la philosophie ? L´une ne va peut-être pas sans l´autre...

  • Rome, milieu du XIVe siècle. Le pape est à Avignon, la Ville éternelle en proie à la tyrannie des barons. Mais en 1347 Cola di Rienzo, fils d'une lavandière, l'esprit enflammé par l'idée de la grandeur de Rome et de l'Italie, se met à la tête du peuple en armes et s'empare du pouvoir. Enivré par sa puissance, il finira massacré par la foule. À quelque temps de là, un écrivain inconnu prend la plume pour composer en langue romaine une chronique rapportant les faits et gestes de Cola di Rienzo - mais pas seulement. Et ce sera un chef-d'oeuvre de la littérature italienne, tourbillon au parler truculent nous transportant sur les champs de bataille de Crécy, en Espagne ou en Turquie et dans le monde chatoyant de cette Italie du gonfalon à l'humanisme frémissant, théâtre des fureurs des hommes, de leurs prouesses et de leurs misères.

  • Il fait bon lire Clément Marot aujourd´hui. Malgré les siècles qui nous séparent du « prince des poëtes françoys », c´est une voix familière qui nous parle, et qui n´a rien perdu de sa fraîcheur.Valet de chambre de François Ier et de Marguerite de Navarre, Marot est de ces courtisans qui flattent leur mécène en raillant leur propre flagornerie ; fervent défenseur de l´Évangile, il est de ces croyants qui jouent les bouffons pour révéler leur foi ; poète Protée insaisissable, il est aussi bien le traducteur des Psaumes que l´auteur de pièces badines comme l´éloge « Du beau tétin ». Il a écrit des rondeaux, des ballades, des épigrammes, des coq-àl´âne ; il a lancé la mode du blason du corps féminin, et, selon la formule de Boileau, il a montré «pour rimer des chemins tout nouveaux ».
    Ces OEuvres complètes proposent, pour la première fois, une vue d´ensemble des différents recueils publiés par Marot de son vivant, présentés conformément à ses voeux : le lecteur y découvrira une succession d´éditions originales dont chacune, nourrie des précédentes, possède une logique propre, voulue par l´auteur, et que les éditions disponibles jusqu´à présent ne permettaient pas de saisir aussi clairement.

empty