• Je suis devenu « tétraplégique incomplet » suite à un plongeon trop à pic dans une piscine pas assez remplie. (...) Je sors tout juste de l'hôpital où j'étais en réanimation ces dernières semaines. On me conduit aujourd'hui dans un grand centre de rééducation qui regroupe toute la crème du handicap bien lourd : paraplégiques, tétraplégiques, traumatisés crâniens, amputés, grands brûlés... Bref, je sens qu'on va bien s'amuser...

  • La musique d'une vie. Le premier concert du jeune pianiste Alexeï Berg est annoncé pour le 24 mai 1941. Fin du long purgatoire que sa famille a vécu durant les années de terreur. Promesse d'oubli, de célébrité future, de nouvelles rencontres parmi la jeunesse dorée de la capitale... Or ce concert n'aura pas lieu. La vie d'Alexeï se jouera sur une partition différente, marquée par l'amour sans nom, par la familiarité avec la mort, par la découverte de la dignité des vaincus. Car ce 'roman-destin' est d'abord un éloge de l'indomptable force de l'esprit, de la résistance intérieure. Et c'est aussi une histoire pleine d'un charme profond, qu'on lira et qu'on relira, un vrai joyau.

  • Dans cette conférence donnée à New York en 1948, John Cage jette un regard lucide sur les débuts de sa carrière ponctués d'anecdotes édifiantes. C'est avec la plus totale sincérité que John Cage décrit ici le cheminement qui l'a conduit à devenir compositeur. Il a d'abord commencé par des études d'architecture. À ce sujet, il raconte, non sans humour, un voyage en France, pays qui lui sembla totalement recouvert d'architecture gothique ! Mais très vite, il se tourne vers la peinture et la composition. Il détaille ses influences, ses préoccupations et ses envies. L'éventail de ses références est à cet égard vertigineux : les mouvements de la danse moderne, le jazz, les futuristes italiens ou encore les rites des Indiens Navajo. Sans crier gare, il livre là, de manière extrêmement limpide, une théorie de la musique avant tout tirée de son expérience. On y apprend notamment que sa musique était diffusée à la radio durant la guerre pour démontrer que l'Amérique aimait l'Orient... John Cage se révèle ici, outre un "maître du hasard" à la manière de Duchamp, un immense pédagogue.

  • Cet ouvrage est le livre d´une vie. Une vie d´écoute et donc de passion. D´aussi loin que je me souvienne, la musique fut pour moi comme une évidence. Du coté de ma mère, tout le monde avait chanté, joué du piano, étéà l´opéra. Du coté de mon père, il y avait eu deux très bons professionnels. Enfin, les Soeurs m´ont fait un don, entre tous inestimable : elles m´ont appris à poser ma voix sur mon oreille. L´enfant solitaire que j´ai été n´a pas eu de mal à apprendre du Chérubin de Mozart et, quand on n´a personne pour qui chanter (ou même à qui parler), eh bien, on chante aux brises. Enseignant je fus, ce qui oblige à mieux savoir ce qu´on sait et mieux aimer ce qu´on aime.

    Rassure-toi donc, lecteur : de Glyndebourne à Salzbourg, de Bach à Dutilleux, tu trouveras ici tout ce qu´il faut pour te plaire tant le vagabondage de l´auteur est insatiable.



    Professeur de philosophie, André Tubeuf a collaboréà de nombreuses revues (notammentLe Point,Classica et Diapason). Il est l´auteur de nombreux ouvrages, dontL´Offrande musicale(Laffont, coll. « Bouquins », 2007) et Ludwig van Beethoven(Actes Sud, coll. « Classica », 20069) qui lui a valu le prix de l´Essai de l´Académie française.

  • Contemporain des Beatles, de Bob Dylan, de John Coltrane, Jimmy Hendrix (1942-1970) tient dans l'histoire de la musique - notamment en raison de son approche unique de la guitare électrique et des techniques d'enregistrement en studio - une place à part.
    A l'épicentre de ces années 60 marquées par les transgressions et les contestations de tous ordres, il a créé une sonorité qui fut celle de toute une génération en quête d'identité. Sa mort prématurée n'a fait qu'amplifier sa légende. C'est à la rencontre de celui que Frank Zappa considère comme « un des personnages les plus révolutionnaires de la musique pop, musicalement et sociologiquement parlant », que nous convie Frank Médioni, producteur de l'émission Jazzistiques sur France Musique et auteur de nombreux livres sur le jazz et la musique pop.
    Bien que n'ayant enregistré que quatre albums, Jimmy Hendrix est, après Elvis Presley, le musicien qui vend le plus d'oeuvres posthumes.

  • Des chansons qui nous poursuivent. Une figure qu'on dirait inaltérable. Et derrière le portrait de légende, un homme complexe, hésitant parfois, plutôt contradictoire. On connaît les grandes étapes : naissance à Duluth, au pays des mines de fer, père petit commerçant, enfance banale et groupes de rock amateurs. Puis l'épopée du folk, la découverte de Woody Guthrie, le départ pour New York : à tout juste vingt et un ans, celui qui n'est qu'un gratteur de guitare parmi d'autres incarne le basculement d'une époque. Quatre ans plus tard pourtant, à bout de lui-même, incompris et hué, il arrête brusquement sa carrière et s'isole à Woodstock.

    À observer son balancement entre chanson et écriture, à explorer son rapport à Ginsberg, Brecht et Rimbaud, c'est un fragment de l'histoire du monde qu'on rejoint. Et, à tenter de reconstituer comment il s'efforce de surmonter obstacles et pannes, à refuser systématiquement d'endosser le rôle de star qu'on lui assigne, c'est une part de nous-mêmes, de notre imaginaire peut-être, qu'on décrypte.

    François Bon poursuit avec Bob Dylan, artiste considérable et énigme parfaite, le chemin entrepris avec Rolling Stones, une biographie (Fayard, 2002).

  • 'Le but de la musique devrait n'être que la gloire de Dieu et le délassement des âmes.' On n'a longtemps vu en Johann Sebastian Bach, en français Jean-Sébastien Bach (1685-1750), qu'un organiste virtuose, voire un protestant bigot ou un fonctionnaire du culte composant à marche forcée. Pourtant, cantates, Passions, concertos, sonates, fugues, canons, passacailles, rien ne résiste à la boulimie de ce musicien complet qui maîtrise parfaitement la facture des instruments, la technique instrumentale, la composition, l'improvisation, la pédagogie, et la gestion d'une institution musicale. Homme aux multiples facettes et père de vingt enfants, l'auteur de L'Art de la fugue, qui ignore la cassure habituelle entre musique profane et religieuse, est considéré aujourd'hui comme un des plus grands musiciens de tous les temps.

  • Une autobiographie

    Neil Young

    Après le succès deLifede Keith Richards, l´autobiographie très attendue d´une autre légende du rock : Neil Young.
    Neil Young est sans aucun doute l´une des figures les plus marquantes, les plus attachantes et les plus énigmatiques de l´histoire du rock et de la culture pop des quarante dernières années. Depuis ses débuts avec le groupe Buffalo Springfield jusqu´à ses albums révolutionnaires en solo, en passant par ses immenses succès avec Crosby, Stills & Nash et son adoubement en tant que père spirituel du grunge au début des années quatre-vingt-dix, s´essayant tour à tour à la country la plus traditionnelle et au punk-rock le plus radical, Neil Young a su se renaître et se réinventer en permanence sans jamais trahir son idéal artistique.

    Son autobiographie présente un kaléidoscope de la vie mouvementée et du parcours musical foisonnant du Loner (le Solitaire, son surnom, s´inspirant du titre de l´une de ses chansons). Neil Young y revient pour la toute première fois en détail sur son enfance, sa découverte de la musique et sa vie de star. Un voyage qui nous conduit des neiges de son Canada natal aux boulevards de Los Angeles sous l´influence du LSD dans les années soixante, jusqu´aux rivages plus calmes d´Hawaii aujourd´hui. Pleins d´esprit, d´humour et de fraîcheur, les souvenirs de Neil Young sont un véritable cadeau pour tous les amateurs de musique - et ses Mémoires sans nul doute destinés à devenir un classique du genre.
    À l´instar des Chroniquesde Bob Dylan, l´ouvrage de référence en la matière, Neil Young a fait le choix remarquable de privilégier un retour sur soi via l´exercice autobiographique plutôt que de recourir, comme tant d´autres avant lui, aux services d´un biographe officiel. À propos du travail d´écriture, Young explique à quel point l´expérience lui a plu : « J´ai commencé et je ne me suis plus arrêté d´écrire. C´est comme ça qu´avait l´habitude de faire mon père [célèbre journaliste sportif] avec sa vieille Underwood dans le grenier. Il me disait : "Continue d´écrire, tu ne sais jamais ce qu´il va se passer.´´»

  • 'La musique peut rendre les hommes libres.' Né d'une mère noire jamaïcaine et d'un père blanc d'origine anglaise, Bob Marley (1945-1981) a révélé au monde l'universalité du reggae. Ses chansons ? Get Up Stand Up, No Woman No Cry, etc. ? en font, aujourd'hui encore, un des symboles de la contestation. Mais il est impossible de comprendre la singularité de cet auteur-compositeur-interprète sans essayer de le replacer non seulement dans l'histoire de la Jamaïque et de la musique noire américaine et caribéenne, mais aussi dans ces terreaux profonds que sont le panafricanisme et l'éthiopianisme. C'est ce à quoi s'attelle cette biographie d'un réfractaire lumineux qui assurait ne jamais prendre de congés 'parce que ceux qui s'emploient à rendre le monde encore plus mauvais ne sont jamais en vacances'.

  • De 1953 à 1959, comme journaliste de jazz ou dans le cadre de ses fonctions artistiques dans l'industrie du disque, Boris Vian a écrit ou traduit - de l'américain ou de langues imaginaires - près de 150 textes qui ont été publiés au dos de pochettes de disques de pointures telles que Louis Armstrong, Duke Ellington, Miles Davis, Screamin' Jay Hawkins, mais aussi Raymond Devos, Édith Piaf, Zizi Jeanmaire et ses amis et complices Henri Salvador et Magali Noël.
    Si certains de ces textes sont relativement conventionnels, ils ont au moins du style et ils reflètent à merveille la passion joyeuse de leur auteur pour la musique et les variétés, et son respect pour le public.
    Mais il y a surtout ses textes où il est en totale rupture avec les normes du genre et ses impératifs commerciaux.

    Ironiques, burlesques, insolents, fous d'imagination, ils se lisent comme de courts chapitres d'un roman, qu'entre Vercoquin et le plancton et L'Ecume des jours, Boris Vian n'aurait pas eu le temps d'écrire, des passages oubliés d'En avant la zizique ou des Chroniques du Menteur qu'il aurait omis de donner aux Temps Modernes.
    Leur plus grand attrait est peut-être, avec la jubilation dans laquelle ils nous entraînent, de nous montrer une fois encore que pour Boris Vian, qu'il soit romanesque, poétique, journalistique, épistolaire ou rétrodiscographique, le travail de l'écrivain ne se partage pas. Et que dans la diversité de sa création, jack K. Netty, l'un des vrais faux-auteurs qu'il s'amuse à soi-disant traduire, est juste le frère de jean-Sol Partre.

  • " Il était amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n'entendait, ne s'exprimait qu'en jazz... " Ainsi Henri Salvador évoque-t-il son ami Boris Vian.

    Dans ce recueil de plus de trois cents chroniques, parues dans Jazz Hot, Combat, Art, Jazz News, l'auteur de L'Écume des jours témoigne de cette passion née dès l'adolescence, alors qu'il allait applaudir Benny Carter ou Duke Ellington, et qui le conduisit à devenir lui-même trompettiste dans l'orchestre de Claude Abadie, puis au " Tabou ".

    Il explore au fil de ces écrits tous les univers du jazz, inconditionnel des grands classiques en même temps qu'attentif à l'innovation, pourfendant plagiaires ou suiveurs avec une verve inégalable. Aucune dimension ne lui est étrangère : technique musicale, coulisses du spectacle et de la production, signification d'une musique qui, après avoir été l'expression majeure des Noirs américains, porte les aspirations et la révolte de la jeunesse française.

    En même temps qu'une clef essentielle de sa personnalité et de son oeuvre, ce livre demeure une somme irremplaçable pour tous les amateurs de jazz.

  • « La première fois que je suis monté sur scène, je ne voulais plus en redescendre.

    La première fois que j´ai fait l´amour c´était dans le hall de l´immeuble, à la va-vite avec ma voisine de palier.

    La première fois que j´ai dit "papa", c´était en parlant de moi.

    La première fois que j´ai dit "maman", j´avais cinquante ans.

    La première fois que je suis mort, je n´ai pas aiméça, alors je suis revenu. » CE LIVRE EST UN ÉVÉNEMENT.

    Johnny Hallyday s´est confié, pour la première fois et sans tabou, à la romancière Amanda Sthers.

  • Vous aimez le Requiem de Mozart mais vous souhaiteriez en savoir davantage sur le compositeur et son époque ? Vous aimez Carmen mais vous voudriez entrer plus en profondeur dans l'histoire de l'opéra sans pour autant lire une encyclopédie entière ? Vous vous êtes déjà surpris à vouloir acheter un CD de " musique classique " sans oser demander un conseil au vendeur de crainte qu'il vous regarde de haut ? Ce livre vous est destiné !Votre univers est plutôt celui des musiques actuelles et vous vous doutez qu'il est improbable que les générations précédentes aient été moins douées que la vôtre ? Ce livre est fait pour vous.Quant à vous qui ne comprenez pas comment ces " jeunes " peuvent prendre plaisir à écouter de telles horreurs à la radio, lisez donc ce livre jusqu'au bout, vous saurez tout !
    Dans cet ouvrage on prend son temps : celui de découvrir, sans bagages ni connaissances préalables, beaucoup de trésors musicaux, du XIIe siècle à nos jours, trésors qui feront vibrer vos oreilles de plaisir quand vous aurez appris à les amadouer.

  • Plus fort que les Beatles, plus haut que les Stones. La décennie 70 est celle de Led Zep, dont le groupe anglais est l'exact marqueur : entre 1968 et 1980, deux musiciens de studio aguerris, deux amateurs d'à peine vingt ans et un producteur ancien catcheur dynamitent les canons de la pop music tout en brisant les derniers tabous d'une société déjà sens dessus dessous - sexe, drogue, alcool. Douze années, neuf albums, et le mystère à percer : que s'est- il joué alors pour que, quarante ans après, l'icône soit intacte?
    Après le succès de Rolling Stones et de Bob Dylan, François Bon prolonge sa fresque aux années 70, en prenant cette fois pour point d'appui le symbole culturel de tous les excès.

  • 'Le premier kilomètre fut le plus dur. S'il avait dû marcher, il aurait trébuché. Pour la première fois peut-être, il partait seul. Bien avant de songer à une nouvelle cigarette, il n'a fait qu'une chose : il n'a pas quitté des yeux le rétroviseur. Il craignait qu'elle ne le suive. Elle ne le suivait pas. Les kilomètres suivants l'ont confirmé après Gourdon, Sarlat et d'autres villes encore : il partait sans elle. À un moment, il a songé à faire demi-tour, mais déjà il était trop tard. Il ne pouvait plus revenir en arrière. Il s'était laissé surprendre par cette ivresse entêtante que guettent les gamins avant de faire une grosse bêtise. Cet homme qui n'avait jamais eu peur de la feuille blanche crut, un instant, que la vie pouvait se réinventer. Mais on ne quitte pas vingt ans d'amour, vingt ans de construction commune, sur un coup de tête! Non... et en même temps... comment est-ce, la vie en dessous? Est-ce long? loin? profond? Il s'est posté au bord du précipice et a fermé les yeux.' Il était une fois un homme qui vivait avec des singes. Il était une fois Léo Ferré. Voici son histoire. Voici une de ses histoires.

  • D´une époque considérée comme un des âges d´or de la musique en France, la Folle Journée de Nantes va célébrer cette année les plus beaux fleurons. Traversée par trois conflits majeurs, la période voit s´affirmer des esthétiques et des langages novateurs. La confrontation avec le grand voisin, l´Allemagne, révèle des admirations, des connivences et des oppositions qui animent un bouillonnement fécond. C´est aussi l´époque où se développent les grandes sociétés de concerts, les orchestres et où émergent des interprètes d´envergure. Brigitte François-Sappey, comme elle l´avait fait pour le monde germanique avec De Brahms à Mahler et Strauss, évoque la musique en lien avec les autres arts et les événements historiques. De Saint-Saëns à Boulez, de Fauré à Dutilleux, on trouvera des développements importants sur Debussy, Ravel ou Messiaen.

  • C'est en 1968 à Londres que Jonathan Cott, pour le magazine Rolling Stone, rencontre la première fois John Lennon et Yoko Ono. Cet entretien marque le début d'une amitié durable dont témoigne ce volume qui dévoile nombre de leurs conversations - pour certaines inédites - dont l'une ayant eu lieu trois jours avant l'assassinat de John Lennon.

  • Quand on considère le jazz comme un seul être musical à travers les diverses phases de son existence, il est tentant de le laisser s´exprimer et de recueillir les propos qu´il aurait pu tenir lui-même. Les trente premières pages de cette « autobiographie » en livrent le principal...
    Mais un parti plus objectif a prévalu dans les trois cents suivantes. Des origines à certains de ses aspects les plus récents, on y trouvera un tableau de cette vie exceptionnellement animée dans les portraits de ses plus grands ou de ses plus secrets acteurs.
    Présentés dans l´ordre chronologique, ils sont accompagnés d´éléments discographiques essentiels, et constituent un vademecum appréciable pour le néophyte et l´amateur chevronné qui ne détestent pas non plus la lecture...

  • Il y a aura bientôt vingt ans que Léo Ferré a tiré sa révérence : il est mort le 14 juillet 1993. Il avait dédié toute sa vie à la musique, aux poètes et à la chanson.

    Il a laissé en héritage un impressionnant patrimoine : des chefs d´oeuvre personnels (Avec le temps, La Mémoire et la mer, Les Étrangers), des chansons populaires (Paname, Jolie môme, Vingt ans), des hymnes militants (Les Anarchistes, Ils ont voté) ; et, plus que tout peut-être, la pérennité des poètes qu´il a mis en musique et transmis à un vaste public (Aragon, Baudelaire, Apollinaire, Verlaine, Rimbaud).

    Jacques Vassal reconstitue par le menu cette vie et cette oeuvre exceptionnelles.

    /> Les évènements décisifs et les thèmes récurrents de ce parcours sans tranquillité alternent au fil des années : la petite enfance monégasque, l´irruption de la musique, une pension-prison dans l´Italie mussolinienne, les études au Quartier Latin, les bien-aimées, les frangins de la nuit, les poètes, le retour à Paris, l´anarchie, le show business, l´amour et les ruptures, mai 1968, la solitude, la Toscane, la musique encore et toujours...
    Épisode après épisode, le portrait se précise : celui d´un homme complexe, habité par ses douleurs et ses chagrins, mais fort de ses convictions et de sa puissance de création ; celui d´un enfant blessé devenu un artiste prodigieux et prolifique ; celui d´un « frangin » anar et humaniste.

    Quel musicien-poète fut plus rêveur que celui-là ? Léo Ferré n´a eu de cesse d´inventer « des chemins de traverse » : les seuls qui vaillent ! Il nous les a légués et nous les parcourrons longtemps encore...

  • Dans ce roman, Rick Bass rompt quelque peu avec une série d'ouvrages plus apparentés au genre du " nature writing " et retrace en fiction le parcours des Brown, un groupe de musique country qui a connu son heure de gloire dans les années 1960 aux États-Unis, croisant même le chemin d'Elvis Presley.
    Au début des années 1930, dans le sud de l'Arkansas, à Poplar Creek près de la frontière du Mississipi, Floyd Brown dirige une scierie. En plus des difficultés économiques qui touchent l'ensemble des États-Unis, les Brown sont confrontés à des problèmes domestiques : Floyd boit avec excès, travaille avec imprudence, et son fils cadet meurt accidentellement. Ses autres enfants, Maxine, Jim Ed et Bonnie, témoignent d'un talent musical exceptionnel. Plutôt que de jouer dans les bois, ils ont pris l'habitude de se produire dans les petits concerts et les " talent shows " du sud des États-Unis. Le frère et les deux soeurs se font bientôt connaître sous le nom de The Browns. Un impresario escroc, Fabor Robinson, leur fait signer un contrat auquel ils vont rester longtemps enchaînés. Ils connaissent un succès rapide. " Ils étaient aussi grands qu'Elvis ", à cause du son particulier de leurs voix, cet éclat soyeux et rauque forgé par la fumée provenant du travail des bucherons à proximité de chez eux, et un son qui prendrait le nom de 'Nashville Chrome' ", ou de " son Brown " comme le dit Elvis Presley dans le livre. Les années 1955 et 1956 sont glorieuses : ils commencent à gagner de l'argent mais restent proches de leurs racines et de leurs amis d'enfance, parmi lesquels un certain Elvis Presley qui s'est épris de la jolie Bonnie. Le groupe demeure populaire dans les années 1960, mais leur étoile commence à pâlir. En 1962, ils enregistrent une dernière chanson avec leur célèbre producteur, Chet Atkins.
    Au début des années 1970, les Browns se séparent. Jim Ed se lance alors dans une brillante carrière en solo. Bonnie quitte le trio et Elvis pour épouser un médecin avec qui elle s'installe dans une ferme. Maxine, se marie quant à elle à un avocat, Tommy Russel, qui ne cesse de la tromper. Au fil des années, Maxine ne peut renoncer à l'idée de renouer avec le succès. Elle s'efforce de continuer, affrontant des hauts et des bas, tout en sombrant progressivement dans l'alcool.
    Rick Bass alterne le récit du parcours brillant du trio Brown, " le groupe américain préféré des Beatles ", avec " la vie aujourd'hui " de Maxine Brown dans les années 2000. Cette dernière est devenue une vieille dame impotente, ne s'est jamais remise du déclin de sa carrière fulgurante et a fini par renoncer à l'alcool " pour ne rien manquer des derniers mois de sa vie. " Habitée par la fureur plus que par la nostalgie, elle ne supporte pas d'être oubliée de tous. Aussi " l'ancienne reine de la country " dépose-t-elle une annonce dans l'épicerie de son quartier. Elle recherche un cinéaste disposé à filmer " une célèbre artiste ". Jefferson, un enfant surdoué âgé de douze ans, y répond. Il entreprend patiemment de la filmer " pour acquérir une connaissance artistique de sa vie ". Lorsqu'il projette le film dans son lycée, Maxine accède finalement à une nouvelle reconnaissance, applaudie par un public de jeunes élèves.

  • On ne désire plus la musique comme avant, dit-on. On la consomme sans y prendre garde, dit-on encore. Transformée en fichier numérique, la musique est trop souvent tenue pour morte, ou en tout cas pour jetable, autrement dit moins porteuse d'espoirs identitaires qu'elle ne l'était jadis. Qu'en est-il vraiment? Où est la musique aujourd'hui? Que cache l'appellation de « musique dématérialisée »?
    Cet essai montre que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, la diffusion de la musique n'est plus l'apanage d'un seul réseau mais qu'elle est présente dans des canaux nouveaux, des endroits et des formats différents. Le mp3 et l'Internet ont entraîné, non pas la mort de la musique, mais son éclatement en réseaux hétéroclites et en nouveaux espaces d'écoute, de pratique, de diffusion. S'intéresser à ces espaces et ces territoires, c'est remonter le courant de ce qui s'est fait de plus fertile dans les années 2000 en matière de création culturelle, de développements underground, de percées avant-gardistes.
    On peut en effet lire l'histoire culturelle des dernières années à travers le filtre de la musique, qui en est le marqueur le plus prégnant, mais aussi le plus diffus.

  • Dictionnaire Ferré

    Robert Belleret

    • Fayard
    • 27 Février 2013

    1993-2013. Vingt ans après la disparition de Léo Ferré, on réalise que ce créateur hors norme, devenu une idole pour certains enfants de mai 68, était bien plus qu´un auteur-compositeur. Par l´originalité de son écriture et la diversité de son inspiration libertaire brocardant les aliénations et les impostures, l´artiste sans Dieu ni maître fut très souvent divin et magistral. Son oeuvre largement autobiographique qui met en résonance sa vie et ses chansons fait de lui un poète à part entière dans la lignée de ceux qu´il mit merveilleusement en musique : Apollinaire, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud sans oublier son ami Louis Aragon. Mélodiste d´instinct, Ferré fut capable d´inventer des symphonies ou des opéras et de se balader avec la même élégance dans les rythmes de son temps, du tango à la pop music. Bref, Léo Ferré est un monument. Pour le visiter, ce dictionnaire ouvre des chemins de traverse qui conviennent particulièrement au sujet, frondeur et rebelle. Il aborde le personnage de biais plutôt que frontalement, par les détails insolites plutôt qu´avec la révérence forcée qu´impose la gloire. On peut l´ouvrir à n´importe quelle page, sauter de l´une à l´autre au gré des renvois, s´arrêter, reprendre. L´ordre alphabétique y cache les doux désordres du coeur. Ainsi en butinant dans cette petite encyclopédie, aux allures de trousseau de clefs ou de puzzle, on devrait s´approcher de la vérité ou plutôt des vérités de Ferré et sentir résonner les vibrations et les colères de "l´Epique époque" et de "la Vie moderne" dont il fut le témoin vigilant, moins engagé qu´enragé, et le chantre visionnaire.

  •           Sexe and Rock'n'rollLe célèbre journaliste Christopher Andersen nous offre ici une biographie sans détour, aussi foisonnante et bouillonnante que Mick Jagger lui-même, à l´occasion du 50e anniversaire des Rolling Stones et de leur tournée mondiale. Mick Jagger est l´une des grandes icônes culturelles de notre époque - extravagant, arrogant, inquiétant et fascinant - et pourtant il a juré de ne jamais écrire son autobiographie. Aujourd´hui, Christopher Andersen nous propose une biographie explosive et irrésistible qui fera date pour les fans des Stones toutes générations confondues, avec des révélations et des enquêtes étonnantes, telles que :  - Le passé bisexuel de Mick Jagger et la liste de ses amantes célèbres qui continue encore de s´allonger.  - Le redoutable sens des affaires de Jagger, qui lui a permis d´amasser une fortune dépassant les 400 millions de dollars.  - Cocaïne, LSD, haschisch, amphétamine - les détails surprenants quant à la réelle étendue de l´addiction de Jagger.  - Les relations du chanteur avec la famille royale - des liens qui se poursuivent aujourd´hui avec William et Kate - et les circonstances étonnantes de son anoblissement au Palais de Buckingham.  - Les menaces qui ont pesé sur la vie de Jagger, dont le récit terrifiant d´une tentative d´assassinat que le FBI garda secrète pendant des années.  - Et bien sûr, la relation étrange et ambivalente entre Mick Jagger et Keith Richard, toujours aussi explosive aujourd´hui encore.Mick est une exploration sans concession du leader charismatique du plus grand groupe rock de tous les temps et est destinée à devenir la biographie définitive que tout fan devra avoir dans sa bibliothèque.Traduit de l´anglais par Dominique Defert et Carole Delporte

  • Daniel Darc s´est éteint brutalement le 28 février dernier. Depuis plus d´un an, il s´entretenait régulièrement avec le journaliste Bertrand Dicale, qu´il avait choisi pour l´accompagner dans la rédaction de son autobiographie Ils approchaient de la fin de la première étape de leur travail, ayant presque terminé les longues discussions au cours desquelles Daniel Darc racontait sa vie, son enfance, l´aventure de Taxi Girl, ses années sombres d´excès et d´errance artistique, sa conversion au christianisme, sa renaissance de chanteur, la popularité et le respect dont il jouissait depuis quelques années auprès du public et des professionnels... « Maintenant, c´est à moi d´écrire », disait-il à la veille de sa mort. Il devait reprendre lui-même la transcription de ses entretiens avec Bertrand Dicale. Et c´est alors qu´il a disparu. En accord avec la famille et les proches de Daniel Darc, ce sont ces entretiens qui sont maintenant publiés, sous le titre qu´il avait lui-même choisi, Tout est permis mais tout n´est pas utile - une citation de la Bible qui éclairait son passé et le guidait dans sa vie au quotidien.

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