Seuil

  • Au cours des dernières décennies, la plupart des sociétés se sont faites plus répressives, leurs lois plus sévères, leurs juges plus inflexibles, et ceci sans lien direct avec l'évolution de la délinquance et de la criminalité. Dans ce livre, qui met en oeuvre une approche à la fois généalogique et ethnographique, Didier Fassin s'efforce de saisir les enjeux de ce moment punitif en repartant des fondements mêmes du châtiment. Qu'est-ce que punir ? Pourquoi punit-on ? Qui punit-on ? À travers ces trois questions, il engage un dialogue critique avec la philosophie morale et la théorie juridique. Puisant ses illustrations dans des contextes historiques et nationaux variés, il montre notamment que la réponse au crime n'a pas toujours été associée à l'infliction d'une souffrance, que le châtiment ne procède pas seulement des logiques rationnelles servant à le légitimer et que l'alourdissement des peines a souvent pour résultat de les différencier socialement, et donc d'accroître les inégalités. À rebours du populisme pénal triomphant, cette enquête propose une salutaire révision des présupposés qui nourrissent la passion de punir et invite à repenser la place du châtiment dans le monde contemporain. Didier Fassin est professeur de sciences sociales à l'Institute for Advanced Study de Princeton et directeur d'études à l'EHESS. Il est notamment l'auteur, au Seuil, de La Force de l'ordre (2011) et de L'Ombre du monde (2015).

  • L'intelligence artificielle va-t-elle bientôt dépasser celle des humains ? Ce moment critique, baptisé " Singularité technologique ", fait partie des nouveaux buzzwords de la futurologie contemporaine et son imminence est proclamée à grand renfort d'annonces mirobolantes par des technogourous comme Ray Kurzweil (chef de projet chez Google !) ou Nick Bostrom (de la vénérable université d'Oxford). Certains scientifiques et entrepreneurs, non des moindres, tels Stephen Hawking ou Bill Gates, partagent ces perspectives et s'en inquiètent. Menace sur l'humanité et/ou promesse d'une transhumanité, ce nouveau millénarisme est appelé à se développer. Nos machines vont-elles devenir plus intelligentes et plus puissantes que nous ? Notre avenir est-il celui d'une cybersociété où l'humanité serait marginalisée ? Ou accéderons-nous à une forme d'immortalité en téléchargeant nos esprits sur les ordinateurs de demain ? Voici un essai critique et concis sur ce thème à grand retentissement par l'un de nos meilleurs experts des humanités numériques. Jean-Gabriel Ganascia est professeur à l'université Pierre-et-Marie-Curie, où il mène des recherches sur l'intelligence artificielle au Laboratoire informatique de Paris 6 (LIP6). Il est président du comité d'éthique du CNRS et a publié divers ouvrages dont le précurseur L'Âme machine, au Seuil en 1990.

  • Cafés de la mémoire

    Chantal Thomas

    Avec légèreté et mélancolie, ironie et émotion, Chantal Thomas met en scène sa jeunesse, ses études, ses errances. C'est à Nice, par une nuit de Carnaval, qu'elle commence son récit. Quelques huîtres, un verre de vin. L'oeil aux aguets pour observer ses voisins. Et tous les cafés de la mémoire resurgissent, cafés-vitrines, cafés secrets, café des spectres et café des artistes... Entre le temps de l'enfance à Arcachon, Bordeaux, puis Paris, se raconte l'histoire d'une jeune fille qui, exaltée par l'exemple de Simone de Beauvoir, veut devenir philosophe, s'inventer une vie nouvelle. Mais, très vite, c'est dans le grand livre du monde qu'elle va faire son apprentissage. Alors elle accorde aux rencontres de hasard et aux ivresses qu'elles lui procurent l'entière confiance qu'elle accordait au savoir. Cette autobiographie librement menée se situe entre 1945 et 1969, entre la libération de la France et la démission du général de Gaulle, c'est dire qu'elle est aussi le tableau d'une génération, le récit du triomphe de la jeunesse, de son éclat d'insouciance et de fête.Chantal Thomas (Prix Fémina 2002) pour Les Adieux à la Reine est désormais membre du Jury du Prix Femina. Directrice de recherches au CNRS, elle est spécialiste du XVIIIe siècle et a publié de nombreux essais.

  • Et si l'on regardait le Monde autrement ? C'est à cela que ce livre s'attache. Il part du constat que bien des analyses de l'évolution du Monde contemporain insistent sur son uniformisation irrémédiable. La standardisation des paysages, des objets et des pratiques, imposée par la globalisation du capitalisme financiarisé, installerait un espace lisse et " plat ", où les distances disparaissent, où chaque position vaut une autre, où les différences culturelles s'estompent, où l'individu est aliéné et sa sociabilité appauvrie. Or, une observation attentive confronte immédiatement à des situations bien plus complexes. En effet, il est frappant de constater que le Monde se différencie de plus en plus en lieux qui s'affirment comme des " prises " sur la mondialisation, des attracteurs et des ancrages de la vie sociale. Ce sont des endroits où la co-habitation des individus se concrétise, se réalise et s'éprouve dans toute sa richesse, sa créativité et son intensité d'expérience vécue. Les " hyper-lieux ", où convergent les humains et les réalités matérielles et immatérielles, en sont l'emblème : bon gré mal gré, des sociétés s'y composent et même des formes politiques nouvelles s'y ébauchent. Ainsi le Monde est à la fois toujours plus globalisé et homogène et de plus en plus localisé et hétérogène : cette tension est constitutive des nouvelles géographies de la mondialisation. Michel Lussault est géographe, professeur à l'École normale supérieure de Lyon. Il a notamment publié L'Homme spatial. La construction sociale de l'espace humain (Seuil, 2007) et L'Avènement du Monde. Essai sur l'habitation humaine de la Terre (Seuil, 2013).

  • Dans une ville anonyme du nord de l'Angleterre, Chanda et son amant, l'entomologiste Jugnu, ont disparu. De méchantes rumeurs agitent la communauté pakistanaise en butte à un enseignement de l'islam perverti, un code de l'honneur qui peut mener au meurtre, un racisme blanc qui n'a rien à envier à la cruauté et à l'intolérance de ses victimes.Ce formidable récit d'une résonance singulièrement actuelle explore les tourments d'une famille emblématique durant l'année qui suit le drame. Il évoque aussi la nostalgie du pays perdu et des racines oubliées. Mêlant avec un égal bonheur analogie et métaphore, sa prose poétique lui confère un ton élégiaque et une grande unité esthétique, soutenue par le lent mouvement des saisons, qui viennent contrebalancer la violence des conflits humains et souligner la beauté autant que la brutalité de ce monde.

  • Mais que s'est-il passé ? Après trois décennies d'un parcours de recherche entièrement consacré, dès l'origine, à la violence de guerre, un " objet " imprévu a coupé ma route. On aura compris qu'il s'agit du génocide perpétré contre les Tutsi rwandais entre avril et juillet 1994, au cours duquel huit cent mille victimes au moins ont été tuées, en trois mois. Ce qui se joue ou peut se jouer chez un chercheur, dans l'instant tout d'abord, dans l'après-coup ensuite, constitue l'axe du livre qui va suivre. Car l'objet qui a croisé ma route ne s'est pas contenté de m'arrêter pour un moment : il a subverti, rétroactivement en quelque sorte, toute la gamme de mes intérêts antérieurs. Stéphane Audoin-Rouzeau est directeur d'études à l'EHESS et président du Centre international de recherche de l'Historial de la Grande Guerre (Péronne-Somme). Il est notamment l'auteur au Seuil de Quelle histoire. Un récit de filiation (1914-2014) (2013 et " Points Histoire ", 2015, avec l'ajout d'un texte inédit " Du côté des femmes ") et de Combattre. Une anthropologie historique de la guerre moderne (xixe-xxie siècle) (2008).

  • Les élections de 2017 en France nous donnent le pouvoir de changer l'histoire de notre pays. Mais aussi celle du monde où il prend place. Prenons nos responsabilités. Qu'ils le veuillent ou non, tous les êtres humains sont confrontés aux mêmes urgences : le changement climatique, la destruction de l'écosystème, la contagion de la misère, l'accumulation insensée de la richesse et du pouvoir dans quelques mains, la ruine de la démocratie jusque dans son berceau, dans cette Europe qu'il faut changer ou quitter. Nous sommes tous impliqués. Ferons-nous nos choix sous l'emprise de la peur et du chacun pour soi ? Ou bien opterons-nous raisonnablement pour l'intérêt général humain ? Cet avenir en commun, voila ce que propose de construire tout de suite le programme de la France Insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon.

  • Pourquoi, dans les mythes grecs de métamorphoses végétales, les jeunes filles sont-elles transformées en arbres, tandis que les garçons donnent en mourant naissance à de jolies fleurs ? Cette question, point de départ du livre, est d'abord déterminée par la langue française, qui veut que la fleur soit un nom féminin et que l'arbre soit masculin. L'étonnement est peut-être moins grand pour un Italien habitué à penser les fleurs au masculin. Et que dire des langues qui prudemment font appel au neutre ? Mais chacun pense dans sa langue. De fait nos noms de fleur font alterner les deux genres. À côté de la rose, paradigme du féminin depuis rosa - rosam - rosae... combien de lis, de narcisses et de glaïeuls dans nos jardins ? De roses d'ailleurs (neutre en grec : rhodon) il ne sera pas question, non plus que de marguerites, ni en tant que fleurs ni en tant que filles. Et, si l'on creuse un peu, les " jeunes filles en fleurs " se révèlent plus garçonnières encore que dans le récit proustien. ¿Françoise Frontisi-Ducroux raconte des mythes anciens où des jeunes gens, filles et garçons, exposés au désir amoureux des dieux, se transforment en plantes. Syrinx poursuivie par le dieu Pan devient une brassée de roseaux. Hyacinthe, malencontreusement frappé par le disque de son amant, Apollon, meurt en faisant naître une jacinthe. Daphné, Myrrha, Narcisse, Adonis et quelques autres connaissent un sort semblable où le tragique s'associe à l'érotique.

  • C'est bientôt Hallowyeen à l'internat Saint Smithen. Après l'incendie du théâtre de la ville, le collège accueille la troupe amateur qui devait y jouer McBeth, la pièce maudite de Shakespeare. Cette pièce est-elle réellement maudite ? En tous cas, les répétions sont perturbées par d'étranges évènements et les représentations pourraient bien être annulées. Heureusement, Poppy, ses amis et sa famille du cirque sauront dévoiler la mascarade et sauver le spectacle...

  • " Un médecin gouvernait seul, pendant la Seconde Guerre mondiale, une région entière du Cameroun. Il tentait d'y réaliser une utopie où la médecine guiderait toute la politique et où la politique deviendrait thérapie sociale... " L'histoire du docteur David ressemble à un rêve exaucé : celui d'un monde réinventé par les médecins. Elle rappelle que les colonies furent, pour les hérauts de la santé publique, des espaces d'exception affranchis des contraintes de la politique ordinaire, propices aux expériences grandeur nature. Celles de cet officier des Troupes coloniales furent totales. Les autorités françaises les présentèrent comme des succès. Les archives et les témoignages en livrent une image plus troublante. Guillaume Lachenal retrace ici le destin d'une utopie, en entrecroisant l'itinéraire de son maître d'oeuvre et le récit captivant d'une enquête de terrain, qui l'a conduit de l'Afrique aux îles du Pacifique. Dans les lieux et les paysages marqués par les aventures impériales du docteur David, dans la végétation, les objets, les chansons, les mémoires ou les ruines, il découvre que cette histoire se conjugue au présent. C'est une histoire toujours vive, faite de promesses impossibles, de violence, de rêves de grandeur, de désir d'échec et de rendez-vous manqués, où l'attente du futur s'abîme dans la comédie tragique du pouvoir. Guillaume Lachenal est maître de conférences en histoire des sciences à l'Université Paris-Diderot. Il a notamment publié Le médicament qui devait sauver l'Afrique. Un scandale pharmaceutique aux colonies (La Découverte, 2014).

  • Saviez-vous qu'il a existé un 30 février 1712 en Suède ? Qu'à l'inverse, aux îles Samoa, le 30 décembre 2011 a été supprimé ? Qu'aux îles Diomède, dans le Pacifique, on peut " voir " demain et " regarder " hier ? Que la France s'est mise à l'heure allemande en 1940, pour ne plus en changer ? Que Thérèse d'Ávila est morte dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582 ? Car le temps est comme l'air qu'on respire : invisible et impalpable. Et si sa mesure obéit aujourd'hui à des règles rigoureuses qui nous semblent évidentes, elles sont loin d'être parfaites, universelles ou immuables... Dans ce recueil d'histoires courtes riches en anecdotes, Olivier Marchon nous guide dans l'histoire de la mesure du temps et de ses bizarreries, à travers une multitude de calendriers et de mesures horaires exotiques, fruits d'une science exacte au contact d'un monde qui ne l'est pas. Olivier Marchon est réalisateur indépendant. Il est notamment l'auteur de Le mont Blanc n'est pas en France ! Et autres bizarreries géographiques (2013) et d'un Atlas de la France incroyable (2014).

  • Le nouveau management n'est pas seulement inefficace, il tue des gens. La théorie économique dominante n'est pas simplement discutable, elle est absurde. Et les politiques économiques ne sont pas juste impuissantes à nous sortir des crises... elles nous y enfoncent ! Tout cela est à proprement parler " déconnant ", c'est-à-dire à la fois insensé, imbécile, catastrophique et incroyable. Toutes ces folies sont clairement associées à l'extension du pouvoir de l'argent dans le capitalisme financiarisé. Mais le pouvoir des riches n'explique pas tout. Car les journalistes, experts, universitaires et élus qui soutiennent cette déconnomie ne sont pas tous " au service du capital ". Dès lors, rien n'est plus troublant que l'aisance avec laquelle une large fraction de nos " élites " adhère aveuglément au même fatras d'âneries économiques, et s'enferme dans le déni du désastre engendré par sa propre ignorance. Diagnostiquer cet effondrement massif de l'entendement pour lui trouver quelque antidote : tel est le but essentiel de ce livre. Un manuel d'éducation citoyenne, lisible par tous, à la fois plein d'humour et de gravité. Jacques Généreux est professeur à Sciences Po, où il enseigne l'économie depuis trente-cinq ans. Auteur de manuels best-sellers et de nombreux essais, il est membre de l'Association française d'économie politique et des Économistes atterrés.

  • Pourquoi la ola, quand elle parcourt le public d'un stade de football, tourne-t-elle le plus souvent dans le sens des aiguilles d'une montre ? L'asymétrie entre la gauche et la droite se manifeste dans nombre de phénomènes naturels. L'asymétrie de l'organisme humain, comme celui des animaux, se matérialise par la dissymétrie bien connue du cerveau. Elle remonte à son développement embryonnaire, et trouve sa raison d'être au niveau cellulaire et moléculaire. Les protéines composant les êtres vivants possèdent elles aussi une structure asymétrique qui date des origines mêmes de la vie. Il existe également une dissymétrie subtile des réactions chimiques qui se déroulent dans l'espace interstellaire et même des interactions fondamentales entre particules élémentaires. Y aurait-t-il un lien entre toutes ces formes d'asymétrie ? Au bout de ce périple, qui traverse bien des disciplines scientifiques (génétique, neurosciences, paléontologie, biologie du développement, biochimie, astronomie, physique fondamentale, etc.), la question se pose : le sens de rotation de la ola serait-il déterminé au final par les neutrinos ? Frédéric Flamant est directeur de recherche à l'INRA. Il dirige le groupe Neurodéveloppement à l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon, où il étudie l'action de l'hormone thyroïdienne sur le développement cérébral. Il a publié De l'oeuf à la poule. Introduction à la génétique moléculaire du développement embryonnaire (Belin, 2001).

  • C'est votre argent. Des dizaines de milliards d'euros qu'ils gèrent avec le souci constant... de leur propre intérêt. Notes de frais, voitures de fonction, salaires ahurissants, primes en tous genres, honoraires mirobolants... Et quand ce n'est pas directement eux, ce sont les amis du régime qui en profitent. Eux, ce sont les responsables de la Caisse des Dépôts et Consignations, le dernier trésor de la République. Le vôtre, Français, qui lui confiez le fruit de vos économies, l'argent de votre livret A. La Caisse possède des stations de sport d'hiver, le parc Astérix, des milliers d'hectares de forêts et des dizaines de milliards d'actions dans les plus grandes entreprises françaises. Elle construit chaque année plusieurs milliers de logements sociaux et investit dans les grands projets. C'est pour cela qu'elle été créée il y a deux cents ans. Pour protéger votre épargne des appétits du pouvoir. Mais est-ce bien toujours le cas dans un Etat en faillite et prêt à tout pour le cacher ? La Caisse a-t-elle les moyens et la volonté de se protéger d'elle-même ? Peut-elle tenir en respect tous ceux qui en veulent à son argent? Sophie Coignard et Romain Gubert ont enquêté au coeur de cette institution très secrète... et ont décidé de fermer leur livret A. Journalistes au Point, les auteurs ont publié de nombreux best-sellers, parmi lesquels L'Omerta française, L'Oligarchie des incapables ou encore Ça tiendra bien jusqu'en 2017...

  • Ceux du futur

    Jorge Carrion

    2048. La Troisième Guerre mondiale a décimé la planète, une dizaine d'hommes et de femmes de différentes nationalités sont enfermés dans un des bunkers construits par Mao Tsé-toung, baigné en permanence d'une lumière jaune qui leur fait perdre la notion du jour et de la nuit. Pour ne pas sombrer dans la folie, Marcelo l'Argentin surfe sur les rares sites internet encore accessibles mais pétrifiés, vestiges d'un univers révolu, et étudie le dictionnaire en espérant être encore vivant et lucide lorsqu'il parviendra à la lettre " z ". Il se remémore le phénomène de " réanimation historique ", cet engouement pour les traumatismes du passé qui a conduit à la catastrophe. Certains de ses compagnons d'enfermement sont déjà morts, d'autres se raccrochent à des manies, tous gravitent autour de Chang, qui gère leur microsociété, et de sa fille Thei, née en captivité, déesse adolescente souterraine et troublante. Premier volume de la Trilogie du Nouveau Siècle, Ceux du Futur est une analyse fascinante sur la survie au quotidien, une fable humaniste sur les périls du " devoir de mémoire " et le pouvoir des mots.

  • "Liberté", "laïcité", "sécurité", "peuple", "identité"... Les hommes politiques aiment les mots qui claquent ou qui clivent. Mais quel sens précis leur donnent-ils ? À l'aube d'une année électorale à hauts risques, et dans le contexte de montée du Front national et de menace terroriste accrue, il est urgent de clarifier le sens des mots du débat politique. Pour la première fois, une analyse scientifique décode la logique du discours des politiques qui se disputent l'élection présidentielle de 2017 - Marine Le Pen, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, etc.- et de ceux qu'ils ont peu à peu supplantés - François Hollande, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé. À la croisée d'un monde ancien et d'un monde nouveau, c'est la capacité des politiques à lire le monde contemporain et à le dire qui est scrutée. L'auteur passe au crible plus de 1 300 textes - 2,5 millions de mots - écrits ou prononcés de 2014 à 2016 pour décrypter mots-clés, mots-fétiches et mots-tabous, et cartographier les positions de chacun et la reconfiguration du paysage politique. Cette enquête sémantique, stylistique et rhétorique dévoile derrière l'écume des petites phrases la structure profonde de la vision du monde des politiques. Que disent-ils ? Qui est "de gauche" et "de droite" à l'heure des concepts politiques élastiques ? Les "populismes" des deux bords se ressemblent-ils vraiment ? Et quels sont les angles morts de ces orateurs aguerris qui manient aussi bien silences et non-dits que slogans et mots d'ordre ? Plus que jamais, la bataille des idées passera par celle des mots. Et celui qui imposera son propre sens de la "laïcité" ou de la "République" aura remporté une victoire idéologique, au-delà même des résultats électoraux. Professeur de littérature à l'université Stanford et chercheuse associée au Cevipof à Sciences Po, Cécile Alduy est l'auteur au Seuil de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (2015).

  • Les ombres du désert

    Parker Bilal

    • Seuil
    • 2 Février 2017

    Après Meurtres rituels à Imbaba, la troisième enquête de Makana, détective privé pas comme les autres. Début 2002, peu après le 11-Septembre. Alors que les Israéliens assiègent Ramallah, une forte tension agite les rues du Caire, où Makana file tant bien que mal la Bentley de Me Ragab, que sa femme pressent d'adultère. En réalité, l'avocat va voir sa protégée, Karima, une jeune fille gravement brûlée dans l'incendie de son domicile. La police croit à un accident, il soupçonne un crime d'honneur commis par le père de la victime, un djihadiste en cavale. Makana se rend à Siwa, oasis à la lisière du désert libyen, pour se renseigner sur la famille de Karima, mais il s'y heurte à l'hostilité des autorités, qui appliquent la loi à leur manière et se méfient des étrangers. Pire, il est accusé de deux meurtres barbares qui l'éclairent sur une donnée majeure de l'équilibre local : la présence de gisements de gaz... À travers le personnage d'une femme membre de l'Association pour la protection des droits des Égyptiennes, la série " Makana " s'enrichit d'une nouvelle perspective : la condition des femmes et l'islam. Parker Bilal est le pseudonyme de Jamal Mahjoub, Anglo-Soudanais également auteur de six romans non policiers. Né à Londres et diplômé en géologie de l'université de Sheffield, il a vécu au Caire, au Soudan, au Danemark et à Barcelone avant de s'établir à Amsterdam. Traduit de l'anglais par Gérard de Chergé

  • Pour une raison inconnue, une partie de l'humanité a été réduite à l'état d'esclaves au service des autres, les Hauts. Ce sont les Substituts, dont l'esprit est contrôlé par une puce qui les empêche de développer leur intelligence.À 14 ans, Tya, une jeune Substitut, entre dans la vie active au service d'une famille de Hauts. Mais, suite à un bug de sa puce, ses capacités intellectuelles évoluent rapidement et elle prend conscience qu'elle est humaine, au même titre que ceux qui l'exploitent.Dès lors, la jeune fille n'aura de cesse de libérer les siens de leur joug. Mais elle devra d'abord comprendre : pourquoi et comment ses pairs sont-ils devenus des Substituts ?

  • C'est l'histoire d'un enfant de la campagne - du Berry, pour être précis - qui rêvait à l'envers : lorsque son doigt se promenait sur la mappemonde, il ne cherchait pas les Amériques mais dérivait vers l'est, toujours à l'est, jusqu'au Japon.
    Jean-François Sabouret est le plus "japonais" des chercheurs français. Ses enfants sont nés là-bas, entre mer et volcan. Et le livre qu'il nous offre n'est ni un traité ni un guide. Une promenade initiatique, sinueuse comme les ruelles cachées des villes tentaculaires, savoureuse comme le saké nouveau.
    Au fil de ses lignes, on vivra en compagnie des maîtres d'arts martiaux, des tenanciers de bistrot, des universitaires émérites, des déclassés et des parias, des ingénieurs de chez Sony et des moines shintoïstes. Voici, d'un coup, que l'improbable surgit : les Japonais deviennent nos voisins. Et l'on s'étonne à peine que la logeuse du narrateur, grand-mère au grand coeur, lui propose, tout simplement, de devenir son fils...
    Si vous croyez encore que vous connaissez le Japon parce que vous avez vu et revu Le Pont de la rivière Kwaï, ce livre étonnant et intime vous fera changer d'avis. Bon voyage.

  • Cadavre expo

    Hassan Blasim

    Il était une fois, dans les ruines d'un pays déchiré par la guerre et la terreur, des assassins transformés en artistes, et leurs victimes en oeuvres d'art ; des soldats morts écrivant des romans d'outre-tombe ; des lapins pondant des oeufs ; un sourire refusant de s'effacer d'un visage ; des couteaux disparaissant par magie ; des fantômes et des djinns ; des hommes cherchant par tous les moyens à fuir, sur les routes de l'exil ou de l'asile, l'effroi d'une existence tout entière régie par le théâtre de l'absurde et de la cruauté. Les quinze nouvelles qui composent ce recueil déploient un univers d'une violence inouïe et d'une rare noirceur - illuminé cependant par l'enchantement de la poésie, de l'humour et de l'imagination. Entre le rire et la rage, l'insoutenable et le merveilleux, le trivial et le sublime, Cadavre Expo nous fait visiter le musée des horreurs de notre inhumanité quotidienne. Mais Hassan Blasim, jeune écrivain visionnaire, transcende l'atrocité pour nous offrir le tableau d'un monde carnavalesque singulièrement vivant. Nouvelles traduites de l'arabe (Irak) par Emmanuel Varlet " Blasim est un artiste de l'effroyable et de l'extraordinaire, doté d'un style tranchant à la Hemingway et d'un humour ravageur, qui doit lui être inspiré par la Grande Faucheuse en personne. " William T. Vollmann Hassan Blasim, écrivain et cinéaste, est né à Bagdad en 1973 et vit depuis 2004 en Finlande. Son oeuvre de nouvelliste, a été révélée par sa publication au Royaume-Uni, où elle a été couronnée par l'Independent Foreign Fiction Prize et le PEN Writers in Translation Award, l'imposant comme une figure de proue de la nouvelle génération de la littérature arabophone. En cours de traduction dans une vingtaine de pays, Cadavre Expo est son premier livre publié en France. Emmanuel Varlet, né en 1976, se consacre depuis une dizaine d'années à la fiction contemporaine en langue arabe. Il a notamment traduit Gamal Ghitany (Égypte), Salim Barakat (Syrie/Suède) et Jabbour Douaihy (Liban), ainsi que des auteurs de la nouvelle génération, comme Mohamed Salah al-Azab (Égypte) ou Rosa Yassin Hassan (Syrie/Allemagne). " Blasim est un Kafka irakien, mâtiné d'un soupçon d'Edgar Allan Poe. " NPR " Héritier de Bolaño et de Borges, Blasim s'impose en maître de la métaphore dans ces nouvelles empreintes de noirceur philosophique et de lyrisme profane. " The Guardian " Imaginez Irvine Welsh errant par les tristes ruelles du Bagdad de l'après-guerre en compagnie des fantômes de Kafka et de Burroughs... " The Independent

  • La filière écossaise

    Gordon Ferris

    • Seuil
    • 9 Février 2017

    " L'un des nouveaux maîtres du tartan noir, avec une jolie touche d'ambiguïté morale. " Sunday Express Lors de l'impitoyable hiver 1947, dans un contexte de grande pénurie, la communauté juive de Garnethill est perturbée par plusieurs vols de bijoux. Douglas Brodie, flic avant la guerre, ex-officier qui a servi d'interprète en Allemagne à la fin des hostilités et désormais reporter à la Glasgow Gazette, est chargé d'enquêter par son vieil ami le tailleur Isaac Feldmann. Ses investigations le lancent sur une piste extrêmement sensible : une " route des rats " ou filière d'exfiltration de criminels nazis, qui, au lieu de passer par l'Autriche et l'Espagne afin de gagner l'Amérique du Sud, part de Hambourg, avec Glasgow pour étape et les États-Unis pour destination finale. Brodie, envoyé en mission dans le port hanséatique afin d'y interroger des criminels de guerre dans le cadre de leur procès, en profite pour identifier les passeurs. De retour en Écosse, il découvre que le réseau bénéficie de complicités en haut lieu... Si la critique britannique a qualifié Ferris de " nouveau Ian Rankin ", La Filière écossaise fait davantage penser à Philip Kerr. Né dans la petite ville industrielle de Kilmarnock en Écosse, Gordon Ferris a eu une vie professionnelle bien remplie avant de commencer à écrire : d'abord programmeur informatique, il a travaillé pour le ministère de la Défense britannique puis est devenu consultant pour Pricewaterhouse. Traduit de l'anglais (Écosse) par Hubert Tézenas

  • Le témoignage douloureux d'un officier des affaires algériennes dans le Sud oranais, en 1960, pendant dix-huit mois, témoignage également d'un chrétien meurtri. L'auteur est aujourd'hui curé à Paris.

  • Je me suis souvent dit qu'il fallait avoir une araignée au plafond pour tisser une collection de seins littéraires. Il est tant de sujets plus majestueux: l'univers, les supernovas, les galaxies, l'origine du monde, le hasard et la nécessité, ou Dieu dont certains raffolent. Ces enthousiastes diront que seuls un enchantement incompréhensible et un assoupissement surnaturel peuvent expliquer mon divertissement. Être intéressé par un unique objet, le sein littéraire, est-ce bien normal ?
    Répondez : n'êtes-vous pas autant que moi fou des seins de femmes, des seins du corps féminin qui tant est tendre? N'avez-vous pas rêvé de l'impossible livre qui vous ferait rencontrer tous les seins présents dans tous les livres de toutes les langues de la terre? Michaux est toujours sincère : "Je ne suis pas seul" dit-il. Il doit y en avoir d'autres. Mais enfin, moi aussi, moi aussi, j'ai baigné dans ta mer des mamelles.
    Sur ces eaux-là m'accompagneront celles et ceux qui au coeur des livres aiment trouver des femmes qui ont des avantages. Attention tout de même ! Je préviens que comme Sindbad le marin je vais sans boussole. Quand les marchands demandent : O capitaine, quelle nouvelle y a-t-il donc? Sindbad jette à terre son turban, s'arrache la barbe en proie à un chagrin inexprimable et répond : Sachez, bonnes gens ici assemblés, que nous sommes sortis de la mer où nous étions pour entrer dans une mer dont nous ne connaissons pas la route.
    Alain Ferry

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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