Littérature générale

  • Mêler le noble et le vulgaire, le familier et l'étrange, la mythologie et la religion, la modernité urbaine et la beauté intemporelle des paysages rhénans : tel est l'objet d'Alcools, recueil de cinquante poèmes qu'il aura fallu quinze ans à Apollinaire pour écrire. Ce dernier chante la mélancolie des amours malheureuses et du temps qui passe, dans des textes devenus des classiques de notre littérature : Le Pont Mirabeau, La Chanson du mal-aimé, Automne malade.

  • On ne présente plus les Fables du célèbre La Fontaine, dont l'esprit fait toujours mouche plus de trois cents ans après sa mort. Loup, renard, tortue, lapin continuent de frapper les imaginaires avec leurs aventures, tendres ou cruelles. Voici réunies ici quinze des plus fameuses histoires du fabuliste : autant de leçons de vie joliment administrées, qui gagneraient à être plus largement méditées.

  • " Le Désespoir de la vieille ", " L'Invitation au voyage ", " Le Joujou du pauvre ", " Les Dons des fées ", " Perte d'auréole ", " Le Désir de peindre ", " Le Crépuscule du soir "... Les poèmes en prose de Baudelaire sont souvent méconnus. Pourtant, ils ont représenté une véritable césure dans l'histoire de la poésie, par leur modernité hors du commun. Sublime et trivial se côtoient au fil des pages, sous la plume d'un artiste resté inégalé, qui peint avec un réalisme bouleversant le quotidien de son époque.

  • Hiver 1870-1871. Alors que l'occupation prussienne règne sur Rouen, une diligence s'organise pour fuir et gagner Dieppe. À bord, six représentants de la " bonne société ", deux religieuses, un démocrate et la jeune Boule de Suif, une prostituée connue de tous. Après une première journée de voyage difficile, où la jeune femme partage généreusement les provisions qu'elle seule a pensé à emporter, les voyageurs arrivent à l'auberge. Ils se heurtent alors à un officier ennemi, qui leur fait un horrible chantage : ils ne repartiront que si Boule de Suif se donne à lui... Le début d'un huis clos sordide.

  • Sganarelle aurait dû se méfier - on ne frappe pas impunément sa femme, et Martine était bien disposée à se venger ! Une ruse d'elle aura suffi à le transformer en médecin, bien malgré lui. Le voici donc tenu de guérir la jeune Lucinde, muette comme une carpe depuis que son père a décidé de la marier contre son gré. Mais que peut-on contre un coeur amoureux ? Satire farouche de certains travers de son époque, cette comédie demeure toujours aussi fameuse, quelque 350 ans après sa création.

  • En cette année 1612, le jeune Nicolas Poussin a encore tout à apprendre. Il cherche un maître, un protecteur. C'est alors que son chemin croise celui du vieillard Frenhofer. Un génie de la peinture, capable de donner vie à une toile, qui travaille depuis dix ans à son chef-d'oeuvre, La Belle Noiseuse. Le jeune homme brûle de voir le tableau achevé, mais parviendra-t-il à ses fins ? À trop tendre vers la perfection, Frenhofer ne risque-t-il pas de tuer toute création ?

  • Vieux de plusieurs centaines d'années et haut de plusieurs dizaines de kilomètres, le géant Micromégas est chassé de sa planète pour avoir publié un ouvrage jugé contraire à l'esprit du temps. C'est le début d'un voyage extraordinaire. Après un passage par Saturne, il visite Jupiter, puis arrive sur la Terre. Il découvre alors ces êtres infiniment petits que sont les humains. Doués de réflexion, ceux-ci n'en font pas toujours bon usage, ainsi que le constate bien vite le géant. Conte philosophique dans la plus pure tradition des Lumières, Micromégas se veut un récit vif et mordant, qui fait la part belle à la notion de relativisme. Un classique trop mal connu.

  • Ne dites pas : "J'ai douze godemichés dans mon tiroir ". Dites : "Je ne m'ennuie jamais toute seule"...
    Près de trois cents maximes et "conseils" parodiant, sur un mode sexuel, les manuels de savoir-vivre en vogue au tournant du XXe siècle pour tenter de nous persuader - en nous faisant rire - que les jeunes filles de l'époque étaient moins délurées qu'on le croit et plutôt disposées à approuver cette pensée : "Une seule chose est précieuse : savoir tirer de l'instant qui passe toutes les joies qu'il peut donner, et ne quitter son lit que le moins possible".

  • Un jeune homme raconte sa découverte de l'amour dans les bras d'une comtesse au tempérament d'ogresse. En une seule nuit, l'amante trompera trois hommes : son mari, son amant et finalement notre ingénu. Sensuel, acerbe et réjouissant, ce conte libertin du XVIIIe se savoure toujours avec autant de plaisir.

    « J'aimais éperdument la Comtesse de *** ; j'avais vingt ans, et j'étais ingénu ; elle me trompa ; je me fâchai ; elle me quitta. J'étais ingénu, je la regrettai. »

  • La province du Gévaudan, à la tombée du jour. Une nature sauvage qui offre bien peu d'abris pour un père et sa fille contraints de s'arrêter pour la nuit. Pas d'autre solution que ce château abandonné. Mais qui est la belle " Dame au voile ", que seule la jeune Diane voit et entend ? Un fantôme, vraiment ? Ou une fée marraine, qui guidera l'enfant jusqu'à l'âge adulte, et l'aidera à atteindre son rêve ? Un conte plein de poésie, qui fait la part belle au merveilleux. Car comme le dit joliment l'auteur en introduction : " La question est de savoir s'il y a des fées, ou s'il n'y en a pas. "

  • Don Juan, le cynique, le libertin. Un séducteur diablement charmeur prêt à tout pour assouvir ses désirs et que l'on envoie bien volontiers brûler en Enfer... En musique (Mozart) comme en vers (Molière), nombreux sont ainsi les artistes qui ont condamné sa débauche. Mais si le libertin avait connu le repentir ? Une version moins traditionnelle du mythe, mais tout aussi édifiante pour l'âme humaine. Paradis, Enfer, Purgatoire, qui aura le dernier mot ?

  • « Aurait-il pu y avoir pire maladie pour lui que l'Alzheimer ? Dans ses premiers stades, elle a dissous les liens personnels qui l'avaient préservé des pires effets de son isolement dépressif. Dans ses derniers stades, elle l'a dépouillé des protections de l'âge adulte, du moyen de cacher l'enfant en lui. J'aurais préféré qu'il ait plutôt une crise cardiaque. » Jonathan Franzen a vu son père s'éteindre peu à peu. À partir d'une autopsie de son cerveau que celui-ci avait gagné de son vivant, il revient sur le fléau qui a rongé petit à petit sa famille : la découverte de la maladie, une épouse qui doit devenir mère, ne plus être reconnu... jusqu'au dernier souffle.

  • Venin

    Saneh Sangsuk

    Patte folle, le petit vacher estropié et rêveur, a une ambition : devenir montreur de marionnettes. Alors qu'il émerveille ses amis par un de ses spectacles, un cobra géant sort de son antre, décidé à défendre son territoire. Commence alors une lutte à mort entre l'enfant et le serpent sans que les villageois superstitieux n'osent intervenir. Combien de temps son seul bras valide lui permettra-t-il de tenir en respect le prédateur ?

  • Avoir vingt ans et décider de se suicider. Mais au nom de quel tourment ? de quelle faute ? Au crépuscule d'une vie trop brève, la narratrice se confie. Se confesse. Oui, son âme de jeune fille si pure a pu connaître la vanité des mondanités et s'y abîmer. Jusqu'à connaître un amour interdit. Dans un dernier souffle, le coeur dit sa tristesse, sa révolte, son regret, et dénonce tout à la fois le sort réservé aux jeunes filles trop sensibles et les leurres du divertissement. Un texte haletant.

  • M. Chabre, un ancien marchand de grain de 45 ans, heureux mari de la jeune Estelle, se désole de rester sans héritier. Jusqu'au jour où son médecin lui propose un remède miracle : partir séjourner au bord de la mer et y déguster le plus de coquillages possible... Qu'à cela ne tienne ! Prêt à tout pour combler son désir de paternité, M. Chabre décide de passer l'été avec sa femme à Piriac, qui n'est encore qu'une minuscule station balnéaire. Là, leur chemin croise celui du jeune Hector...

  • Pour le Brésil, le football est bien plus qu'un sport : c'est un véritable art de vivre, une histoire d'amour passionnelle entre le pays et son équipe nationale, pour le meilleur comme pour le pire. Malgré les défaites et les moments de doute, le jeu brésilien met tout le monde d'accord ; perdre contre le Brésil, ce n'est pas vraiment perdre ! Au fil des années, Pelé et ses camarades ont su mener un pas de deux avec le ballon tout en subtilité féline, pour le plus grand bonheur des amoureux du jeu.

  • « Premièrement, peut-on rire de tout ?

    Deuxièmement, peut-on rire avec tout le monde ? » Réquisitoire du Tribunal des flagrants délires, 28 septembre 1982. En deux phrases restées mythiques, Pierre Desproges a posé les bases d'une discours contre le racisme et l'intolérance, en présence même du leader du parti d'extrême-droite de l'époque, Jean-Marie Le Pen. Un discours qui résonne encore aujourd'hui.

  • La belle de glace

    Mo Yan

    Elle était là. Grande et fière. Meng Xixi, la plus belle fille du bourg. Celle qui faisait tourner la tête de tous les garçons au lycée. Ici, au dispensaire de mon oncle ! Étais-je encore en train de rêver ? Elle semblait pourtant bien réelle. Et si pâle ! Pouvait-il s'agir d'une apparition ? Un présent tombé du ciel, en réponse à toutes ces heures passées à espérer la revoir...

  • Ce 19 juin 1995, suite au résultat des municipales à Nice, qui vit l'élection d'un maire issu du Front national, Denis Roche décide d'annuler l'exposition photographique qui lui est consacrée dans cette ville. S'en suivent trois jours mémorables pour l'artiste qui doit affronter la médiocrité et la lâcheté de toute une série de citoyens qu'il considère dès lors comme des jean-foutres. Cette colère magistrale est plus que jamais d'actualité.

  • 34

    Laurent Cruel

    Monsieur Solis mène une petite vie bien rangée. Chaque matin, il ouvre sa librairie, sort une chaise devant sa boutique et s'installe confortablement pour lire toute la journée. S'il choisit toujours ses lectures avec un soin tout particulier, ce jour-là, son instinct le pousse vers un livre inconnu dont il n'a jamais entendu parler. Lui qui dévore d'ordinaire ses livres d'une traite, il s'interrompt, cette fois-ci, à la page 34. Sans aucune raison apparente. Pourquoi ? Que peut bien contenir ce mystérieux ouvrage pour interrompre le vieux libraire ?

  • Tomás Betriu, professeur d'université au savoir époustouflant, mène une vie bien réglée, sans grande fantaisie. Pas la moindre aspérité semble-t-il chez cet homme, qui suscite par là-même tout autant l'admiration qu'un léger ennui... ou un brin d'agacement. Jusqu'au jour où on le surprend légèrement ivre lors d'une soirée. Peu à peu, le voile se déchire, pour laisser apparaître un tout autre personnage. Ses collègues n'auront alors de cesse qu'ils puissent répondre à cette question : qui est vraiment le Docteur Betriu ?

  • Dolly

    Alice Munro

    Vieux couple à la retraite, ils croyaient ne plus avoir grand-chose à vivre en attendant la mort. Mais leur quotidien se trouve brutalement bouleversé par l'irruption d'une figure du passé. Cette vendeuse en cosmétiques qui sonne à la porte, qui est-elle au juste ? À peine est-elle entrée dans la maison que la narratrice retrouve sa jalousie de jeune fille. Et les emportements qui vont avec. À 70 ans passés, l'amour peut-il encore être en danger ?

  • Fiction

    Alice Munro

    Quand Jon lui annonce qu'il la quitte pour une apprentie menuisière fruste et nigaude, Joyce ne veut pas y croire. Pourtant l'autre femme prend bien sa place dans leur belle maison de la côte ouest canadienne. Joyce se réfugie dans son travail de professeur de musique. Mais c'est plus fort qu'elle : elle veut savoir comment vit le nouveau couple si mal assorti. Quitte à manipuler l'enfant de sa rivale.

  • Ce serait un leurre de croire que ce texte, parce qu'il est l'un des rares écrits de fiction que nous ait laissés Walter Benjamin, consiste seulement en une description brillante du carnaval niçois. Certes, le narrateur regarde passer le corso en ce jour de Mardi gras - mais pas en simple spectateur amusé, comme la foule qui suit les chars. Pour lui, cette manifestation publique est l'occasion de nouvelles réflexions sur l'art du divertissement, et les déguisements chatoyants se révèlent autant de symboles à décrypter...

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