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  • La Grammaire est une chanson douce est une fantaisie joyeuse.
    Jeanne, la narratrice, une jeune adolescente, pourraît être la petite soeur d'Alice, l'héroïne de Lewis Carroll, précipitée dans un monde où les repères familiers sont bouleversés. Avec son frère aîné, Thomas, elle voyage beaucoup : leurs parents sont séparés et vivent chacun d'un côté de l'Atlantique. Un jour, leur bateau fait naufrage et, seuls rescapés, ils échouent miraculeusement sur une île inconnue.
    Accueillis par Monsieur Henri, un musicien poète et charmeur, ils découvriront un territoire magique où les mots mènent leur vie : ils se déguisent, se maquillent, se marient. C'est une promenade dans la ville des mots, pleine d'humour et de poésie, où les règles s'énoncent avec légéreté. Les tribus de verbes et d'adjectifs, les horloges du présent et du passé s'apprivoisent peu à peu, au rythme des chansons douces de Monsieur Henri.

  • « Je suis un "Arabe" invité à passer une nuit dans le musée Picasso à Paris, un octobre au ciel mauvais pour le Méditerranéen que je suis. Une nuit, seul, en enfant gâté mais en témoin d'une confrontation possible, désirée, concoctée. J'appréhendais l'ennui cependant, ou l'impuissance.
    Pour comprendre Picasso, il faut être un enfant du vers, pas du verset. Venir de cette culture-là, sous la pierre de ce palais du sel, dans ce musée, pas d'une autre. Pourtant la nuit fut pleine de révélations : sur le meurtre qui peut être au coeur de l'amour, sur ce cannibalisme passionné auquel l'orgasme sursoit, sur les miens face à l'image et le temps, sur l'attentat absolu, sur Picasso et son désespoir érotique. »

  • L'humeur railleuse et le verbe corrosif, Lydie Salvayre se saisit du prétexte d'une nuit passée au musée Picasso pour questionner le milieu artistique et ses institutions. Se tournant vers son enfance de pauvre bien élevée et abordant sans masque son lien à un père redouté et redoutable, elle essaie de comprendre comment s'est constitué son rapport à la culture et à son pouvoir d'intimidation, tout en faisant l'éloge de Giacometti, de sa radicalité, de ses échecs revendiqués et de son infinie modestie.

  • Il pleut sur Montfavet ce jour-là. Il pleut sur la voiture dans laquelle Lili, révoltée, malheureuse, se sent étouffer. Devant elle, les grilles d'un hôpital psychiatrique. Son mari, Hector, prétend que c'est pour elle la seule solution. Hector que tout le monde admire, adule, Hector qui sait quoi penser et infliger aux autres. Pour Lili, la vie bascule. Derrière les murs, cependant, il y a des êtres merveilleux, étonnants, attachants. Antonin, notamment ; ou encore le Mage. Derrière les murs, surtout, il y a les pages nécessaires d'un journal intime, qui ramènent Lili à ses secrets, à ses douleurs et à son village natal de Corse, où tout se sait et tout se tait.
    Portrait d'une femme magnifique en lutte avec une existence qui la brise, ce premier roman de Philippa Motte s'impose avant tout comme un hymne à la transmission.

  • Les jeunes héros de La grammaire est une chanson douce ont grandi. Jeanne est une adolescente rêveuse qui s?intéresse aux mystères de l?amour ; Thomas, lui, cherche la clef d?un nouveau monde. L?archipel des Mots est toujours sous la dictature du président Nécrole et la police traque les opposants. Un jour, Thomas disparaît et Jeanne est arrêtée. Sauvée par le cartographe officiel de l?île, elle part avec lui dans un audacieux voyage en planeur à la recherche de son frère. Après avoir survolé l?Impératif et le Conditionnel, ils atterrissent sur l?île des Subjonctifs, les ennemis de Nécrole. Accueillie par un jeune homme roux passionné de liberté, elle va découvrir chez ces joyeux contestataires le pouvoir de l?imagination. Dans l?usine où elle retrouve son frère, les ingénieurs découpent la mer, miroir de nos rêves. Elle comprendra que l?amour ? qui va frapper la redoutable inspectrice, Mme Jargonos ? est aussi une variété du subjonctif, le mode du rêve et du désir. Bien plus qu?une leçon de conjugaison, cette découverte des mots du temps est une belle et grave leçon de vie et nous rappelle que les humains ont besoin du « secours de ce qui n?existe pas ». Curieuse et impertinente, Jeanne est le guide idéal pour cette exploration des subtilités de notre langue. Lire le monde, cette « immense bibliothèque », et le donner à lire pour mieux le partager, quoi de plus enthousiaste ?    

  • Une jonque qui transporte une troupe de comédiens accoste un jour dans l'île où vivent nos amis Jeanne, son frère Thomas, M. Henri... Le soir-même, ils jouent Roméo et Juliette, faisant rêver d'amour tous les habitants de l'île. Le lendemain, stupeur ! la jonque est partie. Elle a emporté avec elle les accents et les épices.
    L'île découvre alors comme la vie est morne sans eux. Comment avaler, jour après jour, du riz sans safran ? Comment s'émouvoir ou s'émerveiller s'il n'y a plus d'accent aigu sur le e ?
    Jeanne décide de partir à leur recherche, d'autant plus que son frère s'est embarqué avec la troupe pour travailler comme souffleur. Son périple va la mener jusqu'en Inde, dans une vallée magique où se réunissent chaque année des comédiens du monde entier pour un festival secret de théâtre et d'épices. Ne viendraient-ils pas là pour se faire épicer ?
    Mais les accents se sont installés plus haut, sur les contreforts de l'Himalaya. Elle a retrouvé Thomas, qui mènera l'expédition jusqu'à la villégiature des accents, où se rassemblent régulièrement tous les accents du monde.
    Sur ces hauteurs, Jeanne va commencer à découvrir ce que c'est qu'aimer : accentuer sa vie. Elle poursuivra cette exploration dans le prochain livre qui traitera, avec un chef d'orchestre, de la ponctuation.
    L'AUTEUR
    Erik Orsenna, de l'Académie française, est l'auteur de L'Exposition coloniale (prix Goncourt, Seuil, 1988), Grand amour (Seuil, 1993), Deux étés (Fayard, 1997), Longtemps (Fayard, 1998), Madame Bâ (Stock, 2003), Portrait du Gulf Stream (Seuil, 2005), Voyage au pays du coton (Fayard, 2006) et Salut au Grand Sud (Stock, 2006).
    Les illustrations sont de Montse Bernal.

  • « Apprendre à lire a été, pour moi, une des choses les plus faciles et les plus diffi ciles. Cela s'est passé très vite, en quelques semaines ; mais aussi très lentement, sur plusieurs décennies. 
    Déchiffrer une suite de lettres, la traduire en sons fut un jeu, comprendre à quoi cela servait fut une traversée souvent âpre, et, jusqu'à l'écriture de ce livre, profondément énigmatique. »Comment apprend-on à lire ? Comment notre désir de lecture peut-il être entravé ? Comment l'écriture peutelle rendre meilleur lecteur ? Cheminant à travers ses souvenirs, Agnès Desarthe mène une enquête passionnante, puisant au coeur d'un secret : celui de n'avoir pas aimé lire pendant longtemps.

  • Après La grammaire est une chanson douce, après Les Chevaliers du Subjonctif, après La révolte des accents, Erik Orsenna poursuit les aventures grammaticales de son héroïne Jeanne et de son frère Tom. Ou comment vont-ils découvrir cette fois l'art de ponctuer leur vie...
    Jeanne a seize ans désormais. Depuis les débuts de son exploration de la grammaire, elle a grandi et s'est enhardie. Elle est aujourd'hui à la tête d'un commerce illicite : elle rédige et monnaye les devoirs des élèves de l'île. De fil en aiguille, elle va devenir le nègre des hommes politiques et rédiger leurs discours. C'est à cette occasion, l'élargissement de sa clientèle au monde politique, que l'importance de la ponctuation lui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles. Avec l'aide de Tom, son frère musicien, elle apprend les bases de la musique et du rythme pour parfaire les discours qu'elle écrit. Car qu'est-ce qu'un discours sinon une sorte de chanson où la musique, le ton, le rythme jouent un rôle aussi grand que les paroles ?
    Jeanne va trouver à cette recherche un intérêt tout particulier. Car elle est tombée amoureuse. Et la ponctuation n'a-t-elle pas été inventée pour exprimer les sentiments, marquer le rythme du coeur, noter les nuances affectives ?
    Alors comment ponctuer un texte ? Comment animer sa vie ? Et si, au lieu de la subir, on la dansait ?

  • Une femme seule dans une chambre en désordre téléphone à son amant qui vient de la quitter pour une autre. 
    En partant de cette situation tristement banale, Jean Cocteau a écrit une mini-tragédie en un acte - un étrange "monologue à deux voix" fait de paroles et de silences - dans laquelle le téléphone joue un rôle essentiel. 
    "Dans le temps, écrit Cocteau, on se voyait. On pouvait perdre la tête, oublier ses promesses, risquer l'impossible, convaincre ceux qu'on adorait en les embrassant, en s'accrochant à eux. Un regard pouvait changer tout. Mais avec cet appareil, ce qui est fini est fini."
    Créé en 1930 à la Comédie-Française par Berthe Bovy, ce texte a également été joué et enregistré par Simone Signoret. Il a été mis en musique par Francis Poulenc et adapté au cinéma par Roberto Rosselini, avec Anna Magnani dans le rôle-titre.

  • Un président ne devrait pas dire ça... »
    Cette phrase, François Hollande nous l'a lâchée, un jour d'exaspération. Il s'agaçait, alors, de voir la presse ausculter de trop près sa relation avec ses femmes, Ségolène, Valérie, Julie...
    Nous avons passé cinq années dans le sillage du chef de l'État, en sa compagnie, sans conseiller, sans témoin. Juste lui et nous. Avec une double exigence : pas de langue de bois, encore moins de propos « off the record ». C'était la condition impérative. Pas de relecture, non plus, de ses « confessions », évidemment, et le recueil de confidences de ses proches : Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Stéphane Le Foll...
    L'idée, née en 2011, était d'écrire la suite de Sarko m'a tuer, livre dans lequel nous décrivions un pouvoir sarkozyste flirtant avec la ligne jaune. Hollande avait juré qu'il prendrait le contre-pied de son meilleur ennemi, encore fallaitil le vérifier.
    Pour cela, nous avons plongé au coeur du pouvoir élyséen, exploré la face cachée de la présidence. Ou plutôt du président. Nous l'avons confronté à ses contradictions, questionné sur sa vie privée, sa politique économique, ses promesses non tenues, sa vision de l'islam, de l'extrême droite, des écologistes, de Macron... Et de Sarkozy bien sûr.
    Une immersion inédite dans le cerveau d'un homme de pouvoir qui s'est confié avec une franchise parfois déconcertante, revisitant les moments forts d'un quinquennat aux allures de chemin de croix, dont nous révélons les secrets. Ni censure, ni autocensure. Jamais un responsable politique, a fortiori un président de la République, ne s'était livré avec une telle liberté de ton. Plusieurs fois, il nous a dit : « Il se trouve que je suis président... » Comme s'il n'y croyait pas. Le président « normal » a accouché d'une présidence anormale.
    Il n'aurait pas dû « dire ça » ? Pas sûr.
    En tout cas, nous, nous devions l'écrire.

  • Le 24 décembre 1534, place Maubert, accusé d'hérésie, Antoine Augereau est pendu, son corps et ses mains brûlées.
    Homme de lettres, érudit, théologien, Antoine Augereau était un grand imprimeur, éditeur et graveur de caractères typographiques. Il modela ceux dont nous nous servons encore aujourd'hui, et avec Clément Marot, inventa l'usage des accents et de la cédille.
    La publication du Miroir de l'âme de Marguerite de Navarre lui coûtera la vie. La Sorbonne, gardienne jalouse d'une orthodoxie figée, désapprouve la pensée de la soeur de François 1er, mais ne peut la condamner. Antoine Augereau paiera pour elle.Racontée par le plus célèbre de ses disciples, l'histoire passionnante et émouvante d'un humaniste prêt à mourir pour défendre ses idées.

  • Les enfants aujourd'hui ne s'en laissent pas conter, mais ce sont néanmoins des enfants, avec leurs angoisses, leur naïveté, leurs interrogations, leurs espoirs. Ces histoires, souvent cocasses et drôles, leur ouvrent une fenêtre poétique et parfois philosophique sur le monde. Au fil des pages, on croise des fées maladroites, des balayeuses de soucis, des chasseurs de cauchemars, des fillettes qui inventent des vaccins pour rendre les gens heureux, et d'autres personnages pleins de tendresse. Toujours avec pudeur et émotion, Philippe Claudel aborde, grâce à eux, des sujets graves ou tabous, comme la maltraitance, la maladie, la guerre, la mort, la différence, mais aussi tout simplement ces petites peurs ou ces complexes que l'on doit vaincre pour devenir grand. Ces histoires à partager en famille sont une invitation au dialogue, au débat avec les adultes une fois le livre refermé car les grandes personnes oublient trop facilement les enfants qu'elles ont été, et leur responsabilité à l'égard des générations à venir. De superbes illustrations de Pierre Koppe accompagnent ce livre touchant et poétique, pour petits et grands.

  • Le dimanche 8 janvier 2006, Isabelle Autissier et Erik Orsenna quittent Ushuaia. Direction : le grand Sud. Isabelle vient de faire l'acquisition d'un très solide voilier de quinze mètres. Quatre personnes complètent l'équipage : deux marins professionnels, un réalisateur de films documentaires et un jeune ornithologue que le mal de mer ne va cesser de torturer. Ce voyage est un vieux projet qui, enfin, se réalise. Isabelle a souvent navigué dans ces parages mais trop vite : elle était en course. Cette fois, elle veut prendre son temps. Erik, qui navigue depuis l'enfance, est lui aussi venu dans l'archipel du Cap Horn. Il rêvait de recommencer et d'aller plus bas, plus loin
    Ce livre raconte les sept semaines de l'aventure. Il raconte les peurs et les émerveillements. Il raconte les traces retrouvées des explorateurs de légende (Charcot, Shackleton, Nordenskjld). Il raconte la rencontre de femmes et d'hommes étonnants, il raconte les montagnes, les champs d'icebergs, des paysages dont on sait qu'ils ne vous quitteront plus votre vie durant. Il raconte les albatros, les sternes, les terribles prédateurs skuas, les charmants damiers du Cap. Il raconte les baleines et le redoutable léopard des mers qui attaque volontiers les zodiacs (il les confond avec des phoques)...
    Chemin faisant, ce livre explique qu'Isabelle n'est pas seulement marin mais ingénieur. Erik n'est pas seulement écrivain. Depuis son Portrait du Gulf Stream , il se passionne pour l'océanographie. Ce livre explique le continent mystérieux, tellement important pour la planète entière : l'Antarctique, c'est 70% de notre eau douce ; c'est la plus formidable réserve d'archives sur notre lointain passé ; c'est un acteur essentiel de la mécanique climatique Il explique, preuves visibles à l'appui, le réchauffement. Il explique les forces à l'oeuvre et les fragilités. Il témoigne, il alerte. Il salue le seul exemple de gestion commune d'une richesse terrestre. Au sud du soixantième parallèle commence un territoire immense qui n'appartient à personne. Un territoire sans drapeaux, sans papiers d'identité, seulement dédié à la recherche de la Connaissance et à la Paix. Pour combien de temps ?

  • « La charge mentale. La foutue charge mentale. Qui ressemble de plus en plus à une charge explosive qu'elle ferait volontiers sauter... Quelque chose a claqué en elle. Sophie ne voulait pas rentrer, ne pouvait pas. Elle ne voulait plus de cette vie-là. Ses pieds n'avaient tout simplement pas pu prendre le chemin de la gare, ses doigts avaient d'eux-mêmes éteint son portable, et son instinct maternel - je suis
    indispensable, je suis coupable, ils ne sont rien sans moi - s'est mis en mode silencieux pour la première fois depuis sept ans.
    Un silence absolument, pleinement, intensément reposant. »

  • Adrien est un quadragénaire parisien, célibataire et sans enfants. Il a perdu le goût de vivre et décide, un soir, de se suicider. Il écrit son testament ainsi qu'une dernière lettre destinée à Nina, la femme de sa vie, la seule qu'il ait aimée d'un amour passionné et inconditionnel. 
    Nina et Adrien étaient des enfants lorsqu'ils se sont rencontrés. Les souvenirs de leurs vacances d'été passées à Ravello, le joyau de la côte amalfitaine, remontent par vagues à la mémoire de Adrien. Repoussant son suicide d'un soir, puis d'un autre et encore d'un autre, il les met par écrit dans cette longue lettre à Nina, qui devient, au fil des nuits, la bouleversante déclaration d'amour qu'il n'avait jamais osé faire à la jeune Italienne. Adrien avait toujours rêvé de devenir écrivain. Il lui aura fallu attendre cet instant ultime pour oser écrire. À bout de forces mais apaisé, il avale un mélange de médicaments et tombe dans un coma profond. Il ne se doute pas que ses mots vont bouleverser plusieurs existences : celle de Nina d'abord, mais également celle de tous ceux qui, de près ou de loin, vont être touchés par son écriture.Simonetta Greggio et Frédéric Lenoir signent ce roman à quatre mains pour plonger dans l'absolu et la simplicité de l'amour qu'on cherche toute sa vie et qu'on ne trouve, parfois, qu'au tout début.

  • «  - Madame Silberling  ? 
    Une policière balaie la petite salle du regard. Je lui fais signe et la rejoins.- Suivez-moi, s'il vous plaît.  Elle m'emmène dans une pièce impersonnelle, sans fenêtre, avec une table, deux chaises, un ordinateur.
    Je m'assieds en face d'elle. Après les questions d'usage concernant mon état civil, elle entre dans le vif du sujet  :- Contre qui désirez-vous porter plainte  ?  Je me tais un instant. Combien de fois ai-je dû raconter mon histoire  ? Une centaine  ? Plus  ? Et pour quel résultat  ? Rien. Le vide intersidéral. J'espère aujourd'hui que cela servira à quelque chose.
    Je lève les yeux et croise ceux de la policière. Elle m'observe avec l'expression bienveillante de celle qui est rompue à confesser les malheurs quotidiens de l'humanité.
    Je me redresse, remets une mèche de cheveux derrière mon oreille, prends une profonde inspiration et, partagée entre la honte et désespoir, prononce ces mots qui m'arrachent les entrailles  :
    -  Contre mon fils.  »
     
    Voici le récit poignant d'une mère forcée de porter plainte contre son fils, devenu violent, pour lui sauver la vie. Chronique d'une spirale infernale, entre drames intimes, drogue et solitude, Pour lui s'impose comme une merveilleuse ode à la vie et à l'amour.Avec la collaboration d'Harold Cobert
     

  • Tout le monde a vu le film Le Docteur Jivago, un des films emblématiques du cinéma américain, basé sur le roman de Boris Pasternak consacré à la période de la révolution russe, une fiction d'inspiration éminemment autobiographique couronnée du prix Nobel.
      Vladimir Fedorovski propose ce « roman vrai » du Docteur Jivago s'appuyant sur le destin de son auteur comme guide à travers les aléas de l'histoire du XXe siècle où la réalité tragique dépasse la fiction.
    En effet la vie réelle de Pasternak réunit les éléments des grands drames historiques. Tel un Faust il releva tous les défis : les passions absolues comme les tragédies sans nom, les coups de foudre comme un insolite « amour à distance » immortalisé par ses échanges épistolaires avec une grande poétesse russe, Marina Tsvetaïeva, et le génie de la poésie européenne, Rilke, sans parler des démons de la jalousie dans la grisaille de la vie soviétique ou de l'ambiguïté des rapports de l'écrivain avec le dictateur rouge Staline. Les archives américaines et russes récemment déclassifiées (dont certaines sont inédites) permettent aussi à l'auteur d'évoquer l'épopée de Pasternak à travers les aléas d'une bataille féroce cyniquement menée par la Cia et le KGB dans l'ombre du Docteur Jivago.
    Une balade passionnée à travers la Russie éternelle comme la grâce venue des neiges la veille de Noël.

  • VIe siècle de notre ère. L'empire romain d'Occident s'est effondré, laissant place aux instables royaumes « barbares ». Constantinople cependant ne renonce pas à l'espoir de reprendre les territoires perdus. Au coeur de cette époque troublée, déchirée par les dissensions religieuses, deux figures historiques vont tenter de frayer les voies d'une société nouvelle. 
    Cassiodore, romain de vieille souche, intellectuel et homme d'État passé au service du roi ostrogoth Théodoric, nouveau maître de l'Italie, impulse une politique de paix, de tolérance et de fusion des populations. Ses projets anéantis par la tyrannie et la guerre, il se retire du monde pour fonder un monastère, le Vivarium, voué à la préservation de la culture ancienne, profane ou sacrée.
    Théolinda, jeune princesse germanique promise à un roi franc, s'enfuit à seize ans pour l'Italie du nord, où elle s'offre au roi des Lombards, Autharis. Elle va se révéler une reine énergique, audacieuse, et jouer un rôle politique décisif, s'efforçant de stabiliser la conquête lombarde dans une alliance secrète avec le pape Grégoire le Grand. 
    C'est aussi une période inventive et foisonnante. Justinien à Constantinople fait édifier Sainte-Sophie, Clovis implante dans les Gaules la dynastie franque, Benoît de Nursie organise la vie monastique occidentale. Un moine nommé Denys établit le calendrier à partir de la naissance du Christ...Ces temps obscurs et pourtant fondateurs sont retracés dans un tableau romanesque passionnant qui vient éclairer ce que nous apprend l'histoire.

  • " Ce livre est une invitation au voyage dans un  étrange pays sans frontières, une terra incognita,  un territoire où vit la moitié de l'humanité. On a dit que c'était un continent  noir. Je pense, au contraire, qu'il est habité  par la lumière et bruisse de toutes les voix  qui, vivantes aujourd'hui ou venues du passé  le plus lointain, ont construit notre histoire.
    Ce livre est un dictionnaire, donc une  manière d' "entrer" à sa guise dans ce vagabondage  où des femmes très célèbres cohabitent  avec des anonymes. Il est "intime",  car il est aussi, à mon insu, une sorte  d'autobiographie. Dire qui l'on admire est  inévitablement une forme de confession.
    Mon seul désir est de faire connaître ou  reconnaître ces femmes, tant elles sont pour  moi des exemples qui nous donnent courage,  énergie, espoir. " 
    Laure Adler

  • « Longtemps j'ai joué avec les mots des autres. J'ai voulu jouer avec les miens et puis tardivement, j'ai constaté que mes mots les uns derrière les autres racontaient des histoires. Alors pourquoi pas ? »
    JEAN ROCHEFORT

  • En 1928, cinq ans après la mort de Raymond Radriguet, lors d'une cure de désintoxication dans une clinique, Jean Cocteau, opiomane, écrit et dessine. Pour lui, il s'agit de la même activité, du même acte de créateur : "Ecrire, pour moi, c'est dessiner, nouer les lignes de telle sorte qu'elles se fassent écriture, ou des dénouer de telle sort que l'écriture devienne dessin."
    Ainsi, tout au long des jours, des instants, un livre naît sous nos yeux, fait de notations, de jeux avec les mots, de jugements de poète. Aux commentaires sur la littérature et les écrivains (Proust, Raymond Roussel) viennent s'ajouter des remarques sur le cinéma (Buster Keatin, Chaplin, Eisenstein, Buñuel), sur la poésie, sur la création, sur l'art.
    /> En thème lancinant, qui revient au détour de chaque page, c'est celui de l'opium. "Tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort. Fumer l'opium, c'est quitter le train en marche ; c'est s'occuper d'autre chose que de la vie, de la mort." Ainsi Jean Cocteau retrouve-t-il la grande tradition des poètes visionnaires, de Quincey, Baudelaire, et surtout Rimbaud.

  • Dans Ma vie, le seul livre qu'il ait jamais écrit, Marc Chagall raconte son enfance, sa jeunesse et ses années d'apprentissage jusqu'en 1922.
    Né à Witebsk, la ville qui ne cessera de le hanter (le livre lui est d'ailleurs dédié), il va grandir dans le quartier juif, entre son père qui met des harengs dans la saumure et sa minuscule mère : « Je voudrais dire que c'était quelque part en elle que s'était caché mon talent, que c'est par elle que tout m'a été transmis. »
    Très tôt, le talent de dessinateur du jeune Chagall devient évident. Il va aller étudier à Moscou, puis en France, revenir à Witebsk et finalement se fixer à Paris avec sa jeune femme Bella et son bébé.
    Ce livre ressemble à ses tableaux. Y passent d'étranges personnages aériens, hors du temps et d'autres, bien concrets, ceux-là, qui nous émeuvent et nous font rire : le rabbin, le grand-père, la petite fiancée, les voisins, les autres peintres avec, en toile de fond, Lénine, Lounatcharski, Trotski... Car la guerre de 14 déchire l'Europe tandis qu'éclate la révolution russe.
    Un ouvrage poétique et tendre, qui échappe au temps.

  • Le monde fait face à une épidémie de mauvais sommeil. Hugo Mercier, à tout juste 22 ans, s'est attaqué de front à ce problème. Partant d'un concept de laboratoire, il imagine dans sa chambre d'étudiant le premier outil neurotechnologique pour combattre ce fléau. De levées de fonds en doutes profonds, de la start-up à une entreprise de plus de quatre-vingts salariés, nous suivons sa quête entrepreneuriale, technologique et scientifique. Captivant !

  • Tout parle dans une maison d'écrivain pour peu qu'on sache entendre, voir, imaginer. Évelyne Bloch-Dano nous invite à découvrir une centaine de lieux en France et à l'étranger : la tour-bibliothèque de Montaigne, le Key West de Hemingway, la maison d'enfance de Colette et sa glycine, le Guernesey de Hugo et son « look-out », le Nohant romantique de George Sand, le Paris enfui de Sartre et Beauvoir, le Cabourg de Proust et ses jeunes filles en fleurs ou la ferme africaine de Karen Blixen. Et tant d'autres, résidences permanentes ou séjours éphémères...
    Mettre en relation une maison et l'univers littéraire d'un écrivain, les relier à sa vie, tel est le magnifique projet de cet ouvrage érudit, éclairé mais aussi distrayant. Ces pages sont autant une invitation à la lecture qu'au voyage. C'est un peu de cette liberté, entre vagabondage et ancrage, qu'elles nous offrent.

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