Presses de la Cité (réédition numérique FeniXX)

  • Je sais que je suis bête. Tout le monde m'appelle Hellmut avec condescendance, mais je m'en moque. En fait, je m'en moquais avant le retour de Valérie car, depuis, tout a changé. Tant qu'Agathe dirigeait seule la propriété, elle était ma maîtresse et nous vivions tranquilles. Puis, Valérie est revenue en Bretagne, après des années d'absence, et s'est installée au domaine. Au début, Agathe a supporté sa tante, mais la venue de 2 hommes a tout bouleversé. Je vais devoir m'en mêler car, entre Agathe et moi, c'est « à la vie, à la... mort » !

  • Je sais que je suis bête. Tout le monde m'appelle Hellmut avec condescendance, mais je m'en moque. En fait, je m'en moquais avant le retour de Valérie car, depuis, tout a changé. Tant qu'Agathe dirigeait seule la propriété, elle était ma maîtresse et nous vivions tranquilles. Puis, Valérie est revenue en Bretagne, après des années d'absence, et s'est installée au domaine. Au début, Agathe a supporté sa tante, mais la venue de 2 hommes a tout bouleversé. Je vais devoir m'en mêler car, entre Agathe et moi, c'est « à la vie, à la... mort » !

  • La monotonie de la vie, dans le cadre parfois lugubre des H.L.M., les sollicitations diverses et exigeantes de la société dite de consommation, les difficultés sans cesse accrues d'équilibrer le budget familial, ont poussé - sinon contraint - toute une catégorie de jeunes femmes, la plupart du temps mariées - et parfois mères de famille - à exercer d'une manière plus ou moins discrète, plus ou moins sporadique, avec ou sans le consentement de leur époux, la plus vieille profession du monde. Si, pour la plupart du temps, elles échappent au fichier de la police, elles ont cependant été dotées d'une étiquette : celle d'étoiles filantes. Certains maris trop confiants pourront, après lecture, se demander où leurs charmantes épouses passent leurs après-midi. Certaines jeunes femmes y découvriront, pour leur plus grand profit, que, le petit doigt mis dans l'engrenage, de légers écarts de conduite, un peu trop rémunérateurs, peuvent les mener tout droit aux Assises. Et si le veau d'or est, plus que jamais, debout sur ses pattes, il est extrêmement dangereux pour les filles prodigues de se hasarder à supprimer le veau gras.

  • « - Tu es bien de Plouzévédé, François, ricana le plus petit des deux matelots, l'air d'un vrai plouc avec cette mousmé sous le bras. Quand je pense qu'avec le même nombre de points, tu pouvais emporter une bouteille de mousseux. Qu'est-ce que je dis une, deux peut-être. - De la pisse d'âne, rétorqua l'autre, avec l'accent rocailleux des Côtes-du-Nord. - Et alors ? Ça se laisse boire quand même, non ? Alors que tu es bien avancé d'avoir choisi cette poupée, sacré Mao (1). - Et si j'ai l'intention d'en faire cadeau à quelqu'un ? - À qui ? - Ça te regarde ? Son compagnon haussa les épaules ; tandis que François Riou couvait d'un oeil tendre la marquise blonde en robe à paniers de satin bleu ciel qu'il serrait contre lui. Il était très grand, large d'épaules et avançait avec la démarche lente d'un boeuf de labour. À son côté, le second marin tanguait un peu... 1 Mao : breton. »

  • L'agent du SDECE s'immobilisa, stupéfait, devant le cadavre de l'Honorable Correspondant, le crâne éclaté d'une balle. Stupéfait, parce qu'on ne tue jamais un correspondant, c'est discourtois, c'est contre les règles du jeu. Tout service de renseignement connaît ceux qui travaillent sur son territoire, mais il les laisse faire leur petit boulot - qui ne dérange pas grand monde. Et l'itinérant comprit, dans une illumination soudaine, que c'était au fond lui le responsable de cet assassinat et, presque certainement, à cause de l'entrevue qu'il avait eue la veille avec la jolie blonde rencontrée - par pur hasard - dans une rue de la ville. Mais quel rapport ? Debout près du corps, il réfléchit longuement à cette question... Le SDECE devait y réfléchir plus longuement encore quand, un peu plus tard, il reçut sur le dos tous les services secrets américains et allemands...

  • Si vous décidez de tuer votre femme - ce qui est très démodé - gardez la tête froide en découvrant que vous êtes deux à avoir eu la même idée. Continuez à conserver votre calme en apprenant la mort de votre belle-soeur. Ce sont des choses qui arrivent. Faites appel à votre sang-froid en découvrant du cyanure dans l'alcool de menthe de votre vieille tante. Tout le monde peut se tromper. Montrez votre éducation en voyant arriver un plat de champignons sur la table familiale. La plupart des amanites sont très comestibles... Servez-vous largement. Enfin si malgré votre innocence forcée, on vous condamne à vingt ans d'internement, dites-vous que cela aurait pu être plus grave : on aurait pu vous refuser les circonstances atténuantes !

  • Le commissaire Marin sortit de l'immeuble au moment où les agents dispersaient les amateurs de spectacle morbide. Les agents s'écartèrent pour le laisser passer. Le corps était déjà recouvert d'une couverture et un brancard était posé à côté de lui. Un gradé releva la tête et, voyant le commissaire, l'entraîna un peu à l'écart. - Il est mort ? demanda le policier. - Bien entendu ! Il était même mort en arrivant en bas, répondit le gradé. - Crise cardiaque ? - Sûrement pas ! Une balle dans le poumon gauche ! Le commissaire se pétrifia. Il était certain que pas un de ses hommes n'avait tiré. - Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Nous n'avons pas fait usage de nos armes, il se rendait ! L'inspecteur Lefebure rejoignit le commissaire à cet instant et poussa un sifflement d'étonnement. - On dirait que l'enquête va rebondir, commenta-t-il.

  • Nancy, horrifiée, ferma les yeux, porta les deux mains à sa bouche pour étouffer un cri : - Vous êtes fou ! Mon père est incapable de commettre un meurtre... - En même temps, elle reculait insensiblement pour se rapprocher de la porte. Maroussian l'attrapa brutalement par un bras et la traîna dans le studio : - Vous ne bougerez pas d'ici avant demain. Pas si bête ! Si Northen s'en sort par hasard, vous servirez de valeur d'échange. Asseyez-vous sur ce canapé et tenez-vous tranquille. Nous veillerons le mort à tour de rôle. Elle s'assit en gardant son visage serré entre ses mains : - Ce n'est pas mon père qui l'a tué, dit-elle d'une voix étouffée.

  • Parce que sa fille, Nathalie, a disparu, enlevée par les « marchands de viande », Samuel Malakian abandonne son métier d'architecte, sa famille et ses amis, pour déclarer la guerre au Milieu. Une guerre inexpiable, qui transforme cet homme civilisé en véritable fauve. Le colt 45 au fond de sa poche et une inépuisable charge de haine au coeur, Samuel Malakian sillonne les rues chaudes du Paris nocturne, frappant impitoyablement les « recruteurs » de prostituées et les « releveurs de compteurs ». À coup de poing et à coup de revolver, Samuel fait vaciller le réseau parfaitement structuré dont Nathalie a été la victime. Tous les ans, dix mille femmes disparaissent en France. La police en retrouve la plupart, mais les autres, celles qu'on ne revoit plus, semblent se dissoudre dans le néant. Personne ne sait ce qu'elles deviennent. Ou, plutôt, tout le monde le devine : la traite des Blanches existe toujours. L'Amérique du Sud et l'Afrique ne sont qu'à quelques heures de Jet de Paris. Sur ces trafics plane l'ombre du « Protecteur », cet inquiétant personnage dessiné par Roger Hanin dans le film à succès dont ce roman est tiré.

  • Tourvière est un charmant petit village des bords de Loire. Enfin ! "était" un charmant petit village calme et heureux, avant qu'on implante à côté une usine atomique !... Et le village n'est plus du tout calme lorsque cette usine explose. Paul Deligny part à la chasse aux faisans et aux saboteurs. Et il trouve un Capucin !

  • Des hommes, des femmes, sont retrouvés, chaque jour, écrasés sur la voie publique par une même et grosse voiture, sans qu'aucun lien n'unisse les victimes entre elles, semble-t-il. Parmi les victimes, il y a cependant des personnages dont les fonctions sont importantes (savants russes, agent de la CIA, diplomates français, etc...). Des documents importants ont été dérobés sur les victimes. Paul Deligny, capitaine du S.D.C.E., a pour mission de retrouver ces documents qui intéressent beaucoup de personnes. Ainsi, il partira au Viêt-Nam, puis au Cambodge et il découvrira une société de tueurs travaillant pour des clients très importants...

  • Dans la chaleur lourde de la forêt équatoriale, des Congolais, rebelles à leur gouvernement, encerclent puis attaquent les bâtiments d'une plantation appartenant à des Belges. Le sifflement et l'impact des balles, l'approche d'une tornade, et l'odeur rapidement insupportable des cadavres, éprouvent les nerfs des occupants de la maison. Ils sont neuf : deux femmes, Fricke et Geneviève ; leurs maris, Joost et Clément ; un ancien mercenaire, Hans ; un journaliste tombé là par hasard, Ric ; un mulâtre, Melchior ; et deux serviteurs noirs, Paul et Ian. La mort frappe et frappe encore. Paul... Melchior... Mais, très vite, Ric se rend compte que quelqu'un tue, de l'intérieur. Dans l'atmosphère de suspicion généralisée, rendue encore plus tendue par la violence de la tornade, le meurtrier joue à nouveau du « 45 ». Mais, qui est-il ? Et comment s'en sortira-t-il ?

  • Vous avez quarante ans. Marié, père de famille, ce que vous lisez quelquefois dans les yeux de votre femme vous fait baisser les vôtres. Et vous souffrez secrètement quand votre fille, qui n'a pourtant que quinze ans, danse avec un des garçons du « rallye » - merveilleusement convenable - dans lequel vous l'avez inscrite. Vous avez quarante ans, vous vivez. Et puis, un jour, lors d'un voyage important, la machine bien réglée que vous êtes se détraque. Tout simplement parce que vous avez entrevu une silhouette, une image plutôt, qui vous rappelle un passé que vous aviez abandonné, au profit de l'avenir qui était encore devant vous. Tout se défait, tout déraille, tout se déforme et vous partez à la quête de l'introuvable. Les revenants n'existent plus, et les fantômes ont fini depuis longtemps de hanter les châteaux merveilleux de votre enfance. Pourtant, vous venez de rencontrer un mort.

  • La feuille de rose est à usages multiples, depuis l'industrie du parfum, qu'elle alimente, jusqu'à la confection d'une variété de ratafia particulièrement savoureuse. Mais, en fait de boisson alcoolisée, c'est dans un singulier pastis que se trouve cet horticulteur des Alpes-Maritimes lorsqu'il découvre, une nuit, dans une de ses serres, où il lui avait précisément donné rendez-vous une jeune, séduisante, et peu farouche, cueilleuse de fleurs, torturée, mutilée et assassinée à coups de sécateur. Qu'autour de lui s'agitent, dans les jours suivants, un père prodigue littéralement tombé du ciel, une demi-soeur aussi ravissante qu'aguicheuse, sa propre épouse à la cuisse plus que légère, un promoteur immobilier dépourvu de scrupules - tant pis pour le pléonasme -, une huile du « mitan » niçois, et quelques barbillons de seconde zone, n'est certes pas fait pour arranger les choses. Il n'en faut pas davantage pour que se défasse une réputation de parfait honnête homme... qui n'était d'ailleurs pas tout à fait méritée. Et, détail curieux, dans ces champs de rosiers, dont le grand soleil exalte couleurs et senteurs, personne ne semble pourtant au parfum.

  • Du balcon d'une chambre d'hôtel, non loin de l'Opéra, à Paris, un homme guette à la fenêtre d'en face. Cet homme s'appelle Robert Verdaille. Il attend. Celui qu'il attend se nomme Joseph Perez. Verdaille veut tuer Perez. Pourtant, tous deux sont originaires d'Algérie, tous deux ont eu à souffrir d'une décolonisation qui leur a semblé brutale. Pourtant, sa fortune, Verdaille la doit à Perez. Qu'est-ce qui peut bien pousser un homme prudent, rusé, ambitieux à user d'un moyen si dangereux, quel but poursuit Verdaille ? Avec « Quand le vin est tiré », André Sivergue fait une entrée magistrale dans le roman à suspense. Son sens de l'analyse psychologique, autant que son goût du détail vrai, le classent d'emblée parmi les maîtres d'un genre difficile entre tous.

  • Vouloir s'élever dans l'échelle sociale, est une ambition louable. Épouser la fille de son Président-Directeur général est une façon d'y arriver. Par contre... tenter de séduire l'autre fille de votre Président-Directeur général, âgée de quatorze ans ; séduire la secrétaire du même Président-Directeur général ; trouver chez soi le cadavre de la troisième fille du Président-Directeur général, et le cacher dans une malle ; tenter d'égarer les soupçons d'un commissaire de police par un faux témoignage, ... sont des contre-indications flagrantes dans l'ascension de la même échelle sociale ! On se marie pour le meilleur et pour le pire ! Jean-Placide Le Chanois, au contraire des autres, connaîtra d'abord le pire, et ensuite le meilleur !

  • Ce fantôme-là, qui porte le nom insolite et prestigieux de Cléopâtre, fait ses apparitions chaque matin sur le papier encore gras d'encre d'imprimerie du journal local. Pour le bon public de Francheville, il s'agit d'un feuilleton, un peu leste sans doute, mais banal. Pour trois hommes en particulier - Léon Daibrelle, le notaire ; Albert Dubois, le négociant en vins ; Henri Charfaud, l'héritier des super-marchés CHARF - c'est une histoire folle, impossible, scandaleuse. Une histoire qu'ils connaissent bien, pourtant. « Cléopâtre veut se venger, dit Henri Charfaud. Aucun de nous n'en réchappera ».

  • Au fait ! Les "écoutes téléphoniques", cela existe ou non ? Khoury n'en savait rien, mais il aurait dû se méfier avant de tenir des propos scabreux au téléphone !... Entre son correspondant et lui, il y avait un policier, secrètement branché sur la ligne. Et ce policier avait, sur les grands principes de la vie, des conceptions qui n'étaient pas les mêmes que celles de Khoury !

  • Au fait ! Les "écoutes téléphoniques", cela existe ou non ? Khoury n'en savait rien, mais il aurait dû se méfier avant de tenir des propos scabreux au téléphone !... Entre son correspondant et lui, il y avait un policier, secrètement branché sur la ligne. Et ce policier avait, sur les grands principes de la vie, des conceptions qui n'étaient pas les mêmes que celles de Khoury !

  • La voiture semble avoir quitté la route juste avant le virage. À pleine vitesse. Pas la moindre trace de freinage, rien ! L'avant a plongé dans le fossé, le véhicule s'est retourné, et a continué sur le toit jusqu'ici... L'inspecteur s'approcha et reconnut une Lotus-Élan. Un petit pur-sang qui pouvait frôler les 200 km à l'heure. Un peu à l'écart, le mécanicien du garage semblait avoir un problème. Quand il reconnut l'inspecteur, son visage s'éclaira. Il le rejoignit rapidement et, après lui avoir serré la main, l'attira un peu en arrière. - Content que vous soyez là, je crois que vous allez avoir du travail ! Le policier pensa à sa Communion solennelle, et regretta de s'être arrêté. Le dépanneur lui expliqua que si la voiture n'avait pas été renversée, il ne se serait pas rendu compte tout de suite de ce qui avait attiré son attention. - Une arrivée d'huile a été dévissée à hauteur du maître-cylindre de freinage... Le réservoir à Loockeed est vide... - Qu'est-ce que vous voulez dire ? - Un boulon ne se desserre pas tout seul, Monsieur l'inspecteur ! La voiture était presque neuve et en très bon état. J'ai regardé soigneusement. Il y a des traces, des rainures sur le boulon, comme si on s'y était repris à plusieurs fois avec une clef à la mauvaise dimension. De plus, il n'y a aucun choc à cet endroit !

  • La voiture semble avoir quitté la route juste avant le virage. À pleine vitesse. Pas la moindre trace de freinage, rien ! L'avant a plongé dans le fossé, le véhicule s'est retourné, et a continué sur le toit jusqu'ici... L'inspecteur s'approcha et reconnut une Lotus-Élan. Un petit pur-sang qui pouvait frôler les 200 km à l'heure. Un peu à l'écart, le mécanicien du garage semblait avoir un problème. Quand il reconnut l'inspecteur, son visage s'éclaira. Il le rejoignit rapidement et, après lui avoir serré la main, l'attira un peu en arrière. - Content que vous soyez là, je crois que vous allez avoir du travail ! Le policier pensa à sa Communion solennelle, et regretta de s'être arrêté. Le dépanneur lui expliqua que si la voiture n'avait pas été renversée, il ne se serait pas rendu compte tout de suite de ce qui avait attiré son attention. - Une arrivée d'huile a été dévissée à hauteur du maître-cylindre de freinage... Le réservoir à Loockeed est vide... - Qu'est-ce que vous voulez dire ? - Un boulon ne se desserre pas tout seul, Monsieur l'inspecteur ! La voiture était presque neuve et en très bon état. J'ai regardé soigneusement. Il y a des traces, des rainures sur le boulon, comme si on s'y était repris à plusieurs fois avec une clef à la mauvaise dimension. De plus, il n'y a aucun choc à cet endroit !

  • La monotonie de la vie, dans le cadre parfois lugubre des H.L.M., les sollicitations diverses et exigeantes de la société dite de consommation, les difficultés sans cesse accrues d'équilibrer le budget familial, ont poussé - sinon contraint - toute une catégorie de jeunes femmes, la plupart du temps mariées - et parfois mères de famille - à exercer d'une manière plus ou moins discrète, plus ou moins sporadique, avec ou sans le consentement de leur époux, la plus vieille profession du monde. Si, pour la plupart du temps, elles échappent au fichier de la police, elles ont cependant été dotées d'une étiquette : celle d'étoiles filantes. Certains maris trop confiants pourront, après lecture, se demander où leurs charmantes épouses passent leurs après-midi. Certaines jeunes femmes y découvriront, pour leur plus grand profit, que, le petit doigt mis dans l'engrenage, de légers écarts de conduite, un peu trop rémunérateurs, peuvent les mener tout droit aux Assises. Et si le veau d'or est, plus que jamais, debout sur ses pattes, il est extrêmement dangereux pour les filles prodigues de se hasarder à supprimer le veau gras.

  • « - Tu es bien de Plouzévédé, François, ricana le plus petit des deux matelots, l'air d'un vrai plouc avec cette mousmé sous le bras. Quand je pense qu'avec le même nombre de points, tu pouvais emporter une bouteille de mousseux. Qu'est-ce que je dis une, deux peut-être. - De la pisse d'âne, rétorqua l'autre, avec l'accent rocailleux des Côtes-du-Nord. - Et alors ? Ça se laisse boire quand même, non ? Alors que tu es bien avancé d'avoir choisi cette poupée, sacré Mao (1). - Et si j'ai l'intention d'en faire cadeau à quelqu'un ? - À qui ? - Ça te regarde ? Son compagnon haussa les épaules ; tandis que François Riou couvait d'un oeil tendre la marquise blonde en robe à paniers de satin bleu ciel qu'il serrait contre lui. Il était très grand, large d'épaules et avançait avec la démarche lente d'un boeuf de labour. À son côté, le second marin tanguait un peu... 1 Mao : breton. »

  • L'agent du SDECE s'immobilisa, stupéfait, devant le cadavre de l'Honorable Correspondant, le crâne éclaté d'une balle. Stupéfait, parce qu'on ne tue jamais un correspondant, c'est discourtois, c'est contre les règles du jeu. Tout service de renseignement connaît ceux qui travaillent sur son territoire, mais il les laisse faire leur petit boulot - qui ne dérange pas grand monde. Et l'itinérant comprit, dans une illumination soudaine, que c'était au fond lui le responsable de cet assassinat et, presque certainement, à cause de l'entrevue qu'il avait eue la veille avec la jolie blonde rencontrée - par pur hasard - dans une rue de la ville. Mais quel rapport ? Debout près du corps, il réfléchit longuement à cette question... Le SDECE devait y réfléchir plus longuement encore quand, un peu plus tard, il reçut sur le dos tous les services secrets américains et allemands...

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