Presses de Sciences Po

  • L'économie est omniprésente dans le débat public et les économistes ont un sentiment de légitimité et une autorité sans commune mesure avec leurs collègues des autres sciences sociales ; ils sont davantage persuadés que leurs travaux peuvent résoudre les grands problèmes du monde. L'économie est aussi la science sociale la moins féminisée de toutes.
    « Je suis une économiste féministe » affirme Hélène Périvier. Pour lever le voile sur l'apparente neutralité des concepts et des analyses de la science économique. Pour défendre l'égalité des sexes et se doter, grâce à la rigueur de la recherche scientifique, des savoirs et des outils économiques qui permettent d'y parvenir.

    Hélène Périvier est économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE-Sciences Po). Elle est responsable du programme PRESAGE- Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre.

  • La stratégie du non-problème ou comment éviter que la politique s'en mêle Nouv.

    Comment comprendre que certains problèmes comme la pollution des sols ou l'apparition de cancers professionnels restent durablement invisibles ? Pourquoi les décideurs publics ne les prennent-ils pas en charge avant qu'un énorme scandale ne rende incontournable d'y apporter des réponses politiques ?

    Le sociologue Emmanuel Henry, s'appuyant sur plusieurs affaires, montre que les lobbyistes de l'industrie déploient de véritables stratégies pour extraire du débat public les sujets qui seraient les plus préjudiciables à leur activité. Il s'agit de produire de façon consciente et systématique de l'ignorance.

    Emmanuel Henry est professeur à l'Université Paris-Dauphine, chercheur à l'IRISSO.

  • La République est trop souvent en France réduite à un slogan - "Vive la République!", prononcé comme allant de soi. Ceux qui l'invoquent le font toujours au nom des menaces qui pèsent sur elle, nous conjurant de les rejoindre pour la défendre. Mais que s'agit-il de défendre ? Sommes-nous au clair sur ce qu'elle représente, comme héritage à préserver, comme promesse à honorer ?Dans ce bref et alerte essai, Jean Picq nous invite à découvrir les sources originelles de l'idée de république. En pointant ces moments clés où se cristallisent des représentations politiques et s'affirment des principes de vie commune, il relate la singularité d'une histoire, la nôtre, par rapport à celle de nos voisins.

    Ancien président de la troisième chambre de la Cour des Comptes et professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris, Jean Picq est notamment l'auteur de Politique et religion. Relire l'histoire, éclairer le présent (Presses de Sciences Po, 2016).

  • La France, à l'instar de nombreux autres pays développés, s'est dotée depuis plusieurs décennies d'une organisation de la gestion de crise. Elle dispose d'un arsenal législatif et réglementaire complet, d'institutions spécialisées et de plans d'action. Elle organise régulièrement des exercices de simulation à l'échelle nationale ou locale. Comment expliquer l'impréparation face à la pandémie de la Covid-19 ?
    Les auteurs de cet ouvrage ont recueilli « in vivo » du matériau à chaque étape de la gestion de cette crise. Leur analyse des faits montre que l'exceptionnalité de la situation ne doit pas masquer des défauts de coopération structurels bien connus en sociologie des organisations : cloisonnement, alliances, désaveu du management intermédiaire, etc.
    Un retour d'expérience indispensable.

    Sociologue, Henri Bergeron est directeur de recherches au CSO (Centre de sociologie des organisations, CNRS Sciences Po).
    Directeur de recherches, Olivier Borraz dirige le CSO (CNRS Sciences Po).
    Sociologue, Patrick Castel est chargé de recherche au CSO (CNRS Sciences Po).
    Sociologue, François Dedieu est chargé de recherche à l'INRAE, membre du LISIS (Laboratoire interdisciplinaire sciences innovations sociétés).

  • La pensée de la ville est en panne. Les schémas cognitifs qui guident l'action publique sur les questions urbaines ont plus d'un demi-siècle. Principes un moment fondés, dans une situation contingente, ils se sont transformés en dogmes : le transport collectif décongestionne les villes, la mixité résidentielle et la proximité permettent de bien vivre ensemble, l'accession à la propriété, de loger tout le monde, la densification, de protéger l'agriculture et l'environnement, les réformes territoriales d'être plus d'efficaces, les constructeurs sont les mieux placés pour décider de nos cadres de vie.

    L'auteur démonte ces idées reçues et fait tomber les oeillères qui nous empêchent d'appréhender la transition écologique, démographique et numérique en cours sur les territoires urbains.

    Jean-Marc Offner est directeur général de l'a-urba (agence d'urbanisme Bordeaux métropole Aquitaine). Conjuguant son expérience de l'ingénierie urbaine et de l'action publique avec ses connaissances en sciences sociales, il livre un premier essai vif et bref : Anachronismes urbains.

  • Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons... On pourrait penser qu'un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n'en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s'observe dans l'éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale.

    Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d'ordre « naturel », entre femmes et hommes. Un ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle, qui a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune.

    Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l'invoquer à tout propos, qu'il s'agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l'idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.

  • Les liens entre terre et pouvoir semblent avoir été oubliés, au moins dans les sociétés urbanisées. Cependant, le vaste mouvement d'accaparement des terres qui se dessine un peu partout dans le monde, en particulier depuis la crise des matières premières de 2007-2008, a redonné à cette « agro-politique » une actualité ou du moins une médiatisation nouvelle.

    En revisitant l'histoire récente à l'aune de la question foncière, Pierre Blanc montre comment les terres cultivables constituent un facteur d'explication largement sous-estimé de l'instabilité politique et des logiques de puissance qui traversent la planète depuis le xxe siècle. Un ouvrage indispensable à la compréhension des (dés)équilibres géopolitiques de notre temps.

    Pierre Blanc est enseignant-chercheur en géopolitique à Sciences Po Bordeaux et à Bordeaux Sciences agro. Il est notamment l'auteur, aux Presses de Sciences Po de Proche-Orient : le pouvoir, la terre et l'eau (2012) et, avec Jean-Paul Chagnollaud, de Violence et politique au Moyen-Orient (2014).

  • Toute une série de biais cognitifs nous empêchent de prendre des décisions rationnelles : conformisme, aversion pour la perte, surestime de soi, préférence pour le court terme, etc. Ce crédo des économistes et des psychologues comportementalistes a été repris à leur compte par les pouvoirs publics de nombreux pays, afin d'orienter les choix de leurs concitoyens. Nous sommes ainsi considérés comme des donneurs d'organes par défaut, nos enfants sont tenus à distance des frites dans les cantines, les détecteurs de vitesse nous font la grimace ou nous sourient, on nous informe que nous recyclons moins que le voisin... Faciles à mettre en oeuvre, peu onéreux, ces nudges (de l'anglais « pousser du coude »), qui nous font modifier nos comportements sans que nous ayons à y réfléchir, sont devenus l'alpha et l'omega de la résolution des problèmes de société. Mais peut-on réduire l'action publique à une affaire de comportements individuels ?

  • Dans sa course pour rester à la pointe de la recherche scientifique et des classements mondiaux, l'Université française n'en finit pas de se recomposer, enchaînant depuis trois décennies fusions, regroupements, créations, diversifications et mises en compétition.

    Fine connaisseuse des systèmes universitaires français et étrangers, Christine Musselin s'appuie sur les résultats de ses recherches menées depuis les années 1980 pour porter un diagnostic sur l'état actuel de l'enseignement supérieur et de la recherche en France. Afin d'accompagner la révolution en cours, des changements lui paraissent indispensables dans trois domaines : le pilotage de la recherche et de l'enseignement supérieur par les pouvoirs publics, le mode de gouvernance des universités, la gestion des carrières des enseignants et des chercheurs. Ses propositions ne manqueront pas de faire débat, et c'est exactement ce qu'elle souhaite.

  • « Le glaive et la crosse, la couronne et la mitre, le sabre et le goupillon. Quels que soient les termes employés, ces expressions montrent que le couple politique et religion a traversé l'histoire de l'Occident. On aurait pu croire qu'il disparaîtrait au terme du processus engagé avec les Lumières et couronné par les révolutions du XVIIIe siècle et les séparations des Églises et de l'État. La sécularisation des sociétés occidentales ne devait-elle pas conduire à l'élimination de toute référence religieuse dans la vie politique et sociale ? À observer la vie de nos démocraties aujourd'hui, on constate qu'il n'en est rien. »

    Face au réveil des intégrismes et de la violence extrême, Jean Picq nous invite à relire notre histoire. À repérer les temps forts qui ont permis de définir de nouveaux rapports entre le spirituel et le temporel et de voir triompher la raison au service de la paix civile.

  • Soyez en tête de la compétition mondiale mais coordonnez-vous à l'échelon territorial ! Telle est l'injonction contradictoire adressée aux universités françaises depuis les deux grandes réformes du système d'enseignement supérieur et de recherche initiées en 2000.

    D'un côté, l'État organise une compétition généralisée entre enseignants- chercheurs et entre universités. Les financements sur projet de la recherche, la publicisation des évaluations et leur utilisation pour allouer les budgets à la performance, comme les très sélectifs appels à projets qui se sont succédé sans relâche depuis le Grand Emprunt de Nicolas Sarkozy, ont accru les écarts entre établissements et fait voler en éclat le principe sur lequel reposait jusqu'alors, en théorie, le système français : des universités équivalentes sur l'ensemble du territoire.

    De l'autre, un remodelage du paysage universitaire est à l'oeuvre. Il impose que les grandes écoles, les organismes de recherche et les universités d'une même région coordonnent leurs actions dans le but de rationaliser les coûts et de grimper dans les classements mondiaux.

    De nouvelles structures sont ainsi créées à marche forcée, sans qu'il soit possible de savoir si ces changements majeurs atteindront leurs objectifs et assureront un avenir radieux à l'enseignement supérieur français.

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