Littérature générale

  • Que peut la littérature ? Quelle est la portée politique de l'écriture dite « expérimentale » ? De ses débuts avec Tombeau pour cinq cent mille soldats et Éden, Éden, Éden, véritables réquisitoires contre la violence colonialiste française, jusqu'à sa récente trilogie autobiographique qui témoigne d'une sensibilité à toutes les formes de domination sociale, l'ensemble du travail de Pierre Guyotat est caractérisé par une préoccupation constante pour le politique.

    Plus que de proposer une simple monographie sur un auteur qualifié aussi bien d'hermétique que de scandaleux, Julien Lefort-Favreau met ici en évidence la cohérence politique et esthétique de l'oeuvre de Guyotat. Il démontre ainsi l'importance de cette littérature française contemporaine qui pense et remet en question la place de l'art dans l'espace social en alliant contestation et recherche formelle, reconnaissance des défaites historiques et espérance, affirmation de soi et désir d'anonymat, autobiographie et écriture de l'histoire. En empruntant aux pensées de Jacques Rancière et de Judith Butler, cet essai trouve dans l'oeuvre de Guyotat une matière pour repenser les mots du politique à l'aide de la littérature.

  • C'est désormais un fait incontestable, le désastre écologique nous guette. D'aucuns attribuent ces convulsions planétaires à notre ­insatiable appétit de progrès technique et affirment qu'il n'y aurait d'autre choix, pour nous sauver de nous-mêmes, que de faire marche arrière. Pour d'autres, il faut faire marche avant et décupler l'efficacité des machines. Inlassablement, dans les discours, progrès technique et écologie s'opposent.

    Notre salut se trouve-t-il vraiment dans un renoncement à l'un ou à l'autre ? Ni contempteur ni adorateur de la technique, le philosophe Andrew Feenberg s'attelle depuis vingt ans à dégager une troisième voie. S'appuyant sur de nombreux exemples et discutant les thèses de quelques grandes figures de la philosophie contemporaine (Heidegger, Marcuse, Nishida, Habermas et Latour), il précise les contours d'une véritable théorie critique de la technique, qui en ­révèle les possibles usages démocratiques.

    Clair et stimulant, «Pour une théorie critique de la technique» s'adresse non seulement aux philosophes, mais à tout citoyen désireux de mieux comprendre nos évolutions sociotechniques.

  • Pour comprendre le rôle de l'université aujourd'hui, Bill Readings examine le sens qu'on lui a donné en Occident au fil des siècles. Faisant ressortir les liens existant entre son évolution et le déclin de l'État-nation, il s'attarde sur l'émergence des Cultural Studies, pour lui symptôme de la disparition de la culture nationale comme justification de l'existence de l'université.

empty