Le Pommier

  • Morales espiègles

    Michel Serres

    « Pour chanter les vingt ans du Pommier, mon éditrice me demanda d'écrire quelques lignes. Les voici. Pour une fois, j'y entre en morale, comme en terre nouvelle et inconnue, sur la pointe des pieds.
    On disait jadis de l'Arlequin de mes rêves, bienheureux comédien de l'art, qu'il corrigeait les moeurs en riant. Devenu arrière-grand-père, son disciple a, de même, le devoir sacré de raconter des histoires à ses petits descendants en leur enseignant à faire des grimaces narquoises. Parvenus ensemble à l'âge espiègle, j'en profite pour leur dire de l'humain en pouffant de rire. »
    Michel Serres
    Un éloge de l'humilité et de l'espièglerie qui fait du bien en ces temps bousculés !

  • Ancré dans la terre et l'eau, Michel Serres nous parle d'histoire et de géographie, de savoir et d'apprendre, et finalement de nous. Michel Serres a consacré sa vie à essayer de décrire la formidable transformation du monde présent. Dans ce livre, parfois un peu nostalgique, il se souvient du monde qu'il a connu dans sa jeunesse : la drague et les paysans d'Agen, le rugby, les paysages et les chemins, Garonne ! Mais aussi les pays qu'il a découverts ensuite et aimés, le Queyras, la mer... le monde ! Au travers de ces évocations, il nous fait réfléchir sur les transformations auxquelles nous avons assisté : l'évolution de la ville et la campagne, ce que signifie émigrer, les potentiels extraordinaires du corps, l'encyclopédie et l'enseignement, et, toujours, le rugby !

  • « Voici sans doute mon dernier livre. Il varie sur les deux origines du mot religion, l'une probable, l'autre usuelle : relire et relier. Il ne cesse, en effet, de relire les textes sacrés tout en cheminant le long des mille et une voies qui tissent le réseau global de nos vies, de nos actes, de nos pensées, de nos cultures. En cela, il conclut quelques décennies d'efforts consacrés à lier toutes opérations de synthèse.

    À l'âge analytique - celui des divisions, décompositions, destructions, y compris celle de notre planète - succède celui de la synthèse et de la reconstruction. Nos problèmes contemporains ne peuvent trouver que des solutions globales.

    Comment ne point finir par le religieux, dont on dit qu'il relie, selon un axe vertical, le ciel à la terre, et, horizontalement, les hommes entre eux ? »

    Michel Serres

  • D'année en année, la lutte contre le dérèglement climatique est passée de considérations géopolitiques générales, d'objectifs globaux jamais atteints, à la responsabilisation de chacun, à des écogestes du quotidien qui nous ont rendus plus acteurs de la mobilisation. Pourtant, rien ne change. Pire : l'idée de développement durable a laissé place à celle d'effondrement ! Si le tableau s'est assombri, c'est que nous avons pris conscience que rien ne serait réellement possible si nous ne changions pas notre imaginaire, nos perceptions, nos croyances. Les leviers de cette transformation ? Thierry Libaert, fin connaisseur de l'intérieur des politiques de l'environnement en France, les a identifiés, et il nous en fait part, non en théoricien abstrait, mais en praticien soucieux d'efficacité. Pour lui, fini le temps des injonctions qui ne servent qu'à valoriser leurs auteurs. C'est tout un modèle qu'il faut réinventer, à commencer par notre façon d'en parler...   

  • L'homme est-il réellement devenu une force d'ampleur géologique ? Sommes-nous vraiment entrés en Anthropocène ? Les écosystèmes s'effondrent-ils, et si oui, la civilisation les suivra-t-elle ? Les scientifiques sont-ils même d'accord entre eux ? Qui croire ? Que se passe-t-il pour de vrai ?

    L'état des lieux de notre planète fait débat. Des voix s'élèvent, contradictoires. Préférant les savoirs géoscientifiques à l'agitation sociale, Nathanaël Wallenhorst entend aller y voir de plus près. Mais où les trouver, ces savoirs, sinon dans les publications scientifiques à comité de lecture, en anglais et pas toujours accessibles ? Pour nous, il les passe en revue et en résume la substantifique moelle.

    Une enquête au coeur de la science, avec à la clé des réponses aux plus vives questions du temps présent. À nous, dans son sillage, de démêler le vrai du fake !

  • « Sixième extinction », destruction du « tissu vivant de notre planète », de la « cathédrale du vivant »... Pour invoquer l'effondrement de la biodiversité, les mots sont forts. Pourtant, ils n'incitent manifestement pas à agir. En dépit des rapports toujours plus alarmants, la prise de conscience collective tarde à venir.
    Et si nous n'agissions pas faute de comprendre ce qui est en jeu ? C'est du moins l'hypothèse d'Hervé Le Guyader, qui se méfie du fatalisme trop souvent associé au mot « biodiversité » pour lui privilégier une approche plus fine - croisant la biologie, l'étymologie, l'anthropologie, la neurophysiologie... -, beaucoup plus porteuse d'espoir.
    En débordant pour la première fois du seul cadre scientifique, il rend compte non seulement de la biodiversité, mais aussi de la dynamique propre à l'espèce humaine dans cette même biodiversité. Car aux origines de la crise actuelle, il identifie un problème majeur, ô combien d'actualité : l'écart qui s'est creusé entre notre pensée et le reste du vivant.

  • Musique

    Michel Serres

    "D'où jaillit la Musique ? Des bruits du monde ? Des clameurs issues des assemblées ? De nos émotions ? Et comment la définir ? Rien de plus difficile que de répondre à ces questions. J'ai préféré dire ce qu'elle est en trois contes.
    Légendaire, le premier suit la vie d'Orphée, son initiation auprès des Bacchantes et des Muses, puis sa plongée dans les Enfers à la recherche d'Eurydice, son amante. Comment aimer en Musique ?
    Autobiographique, le second envahit le Grand Récit de la connaissance qui devient ici une Grande Symphonie. Peut-on penser en Musique ?
    Biblique enfin, le dernier psalmodie, de la Genèse à la Nativité. Doit-on prier en Musique ?"
    Michel Serres

  • L'idée de l'ouvrage est, à rebours de la pléthore de livres déjà parus sur le sujet, déjà d'expliquer clairement, pour un large public, ce qu'est l'intelligence artificielle : comment elle a évolué depuis Alan Turing, quelles sont ses limitations actuelles, qu'est-ce qui la différencie de l'intelligence « naturelle ».
    Puis de poser LA question : avons-nous vraiment besoin de l'IA? La réponse est oui... pour de multiples raisons.
    Les auteurs abordent ensuite les sujets qui fâchent : les « IA qui dérangent », la « singularité » et les questions de l'emploi et des libertés. Avant de s'interroger : comment faire une IA bénéfique à l'homme? Sont alors abordées les questions éthiques, juridiques avec un état de lieux de ce qui existe déjà en la matière, les principales questions qui se posent et les modèles vers lesquels on pourrait se diriger.
    En conclusion : l'IA est un outil, et un levier pour notre intelligence « à nous ». Et c'est à l'homme de trouver sa place avec l'IA.

  • Ils transforment les sciences, l'industrie, la société... Ils bouleversent les notions de travail, de propriété, de gouvernement, de vie privée... et d'humanité. Qui, aujourd'hui, n'a pas entendu parler des algorithmes ?
    Avec eux, nous passons facilement d'un extrême à l'autre : nous nous réjouissons qu'ils nous facilitent la vie, mais redoutons qu'ils nous asservissent...Pour en finir avec cette vision manichéenne, cet ouvrage propose un nouveau regard sur notre époque, sur le temps des algorithmes.
    Les algorithmes sont probablement les outils les plus sophistiqués que les hommes aient eu à leur disposition depuis les commencements de l'histoire de l'humanité. Créations de l'esprit humain, ils sont ce que nous avons voulu qu'ils soient. Et ils seront ce que nous voulons qu'ils soient : à nous de choisir le monde que nous voulons construire.

  • Depuis la découverte des possibilités de remodelage du cerveau, chez l'enfant mais aussi chez l'adulte, nombreux sont les chercheurs à s'être penchés sur les fascinants phénomènes de la plasticité cérébrale. Aujourd'hui, à l'heure où abondent les images de cerveau « super ordinateur » et les promesses d'hybridation transhumanistes, les espoirs suscités par cette formidable faculté du cerveau à se réinventer sans cesse se sont transformés en fantasmes.
    Qu'est-ce qui est, aujourd'hui, réellement faisable ? Et demain ? Il ne s'agit pas seulement de faire le point, mais aussi de réfléchir à ce qui est souhaitable, afin que l'humain pensant d'aujourd'hui continue à cogiter par lui-même demain...

  • Les véganes : pour beaucoup une utopie «à la mode» plutôt qu'un mouvement politique réaliste. Il faut dire qu'on aborde souvent le sujet par le petit bout de la lorgnette. Mais prenons un peu de recul pour imaginer, dans sa globalité, un monde dans lequel nous ne consommerions pas de produits animaux:
    un tel projet de société pourrait-il advenir ?
    C'est à cette question que Thomas Lepeltier a choisi de s'intéresser, afin de permettre à chacun de se forger sa propre opinion.
    Abolition des abattoirs, viande in vitro, changement de cap de l'agriculture, indemnisation de la filière viande... quels sont les choix de société, politiquement organisés, qui pourraient nous faire basculer dans l'ère du véganisme ? Des choix qui non seulement répondraient à des exigences éthiques fondamentales mais seraient en outre réalistes sur un plan pratique.
    Une base de réflexion précieuse pour les citoyens d'une société à la croisée des chemins.

  • Hominescence

    Michel Serres

    "Que retenir du XXe siècle ? Depuis 1945, la bombe atomique menace l'humanité d'extinction ; nous ne risquons plus la petite vérole, éradiquée en 1970 ; mangerons-nous des OGM ? Munie d'ordinateurs, notre pensée change-t-elle ? Voilà une mort, un corps, une agriculture et des réseaux nouveaux.
    Pour résumer ces innovations évolutives, j'ai forgé le mot d'hominescence. Des mots comme adolescence : encore enfant, l'adulte se forme ; ou luminescence : de faible lueur, naît la lumière... éclairent ce néologisme, étrange et exact, qui marque une émergence hominienne.
    Quand, par son corps et la mort, il change son rapport à soi, par l'agriculture et le climat, ses relations au monde, et par les communications, son entretien avec les autres, s'agit-il toujours du même humain ? Nous vivons un moment décisif du processus qui nous façonne. Inquiétante pour certains, cette naissance en enthousiasme d'autres. Nous la suscitons sans savoir quel homme elle crée, assassine ou magnifie."

  • Ce livre raconte la pensée de Michel Serres à travers des entretiens vivants où le penseur revient sur son itinéraire, depuis la traversée de la guerre au bord de la Garonne jusqu'à aujourd'hui. Passeur des savoirs, capable de faire comprendre l'histoire des idées au travers de récits savoureux, Michel Serres reste insuffisamment connu. Sait-on que ce philosophe pour qui "penser, c'est anticiper", a vu venir avant tout le monde toutes les grandes révolutions de notre temps : la fin de l'agriculture, l'avènement des communications, la crise de l'écologie, la révolution numérique, l'éloignement de la mort. Pour saisir ces événements, il a forgé des concepts nouveaux - l'Hominescence, le Contrat Naturel - mais également imaginé des personnages grâce auxquels ces expériences neuves de notre humanité s'incarnent : Hermès, Le Tiers-Instruit, Petite Poucette. Pantopie (du grec "pan-topos", "tous les lieux") est l'espace où tous ces personnages prennent sens. Martin Legros, philosophe, et Sven Ortoli, historien des sciences, ont su amener Michel Serres à organiser la présentation de son oeuvre autour des grands personnages qui l'habitent et à la replacer dans le paysage intellectuel et philosophique contemporain.

  • Depuis les domaines du digital et de la biologie moléculaire, on nous annonce que les différences entre le vivant et la machine, entre l'intelligence artificielle et l'intelligence animale, entre la vie artificielle et la vie tout court, seraient sur le point de s'effacer : tous les mécanismes biologiques pourraient enfin être révélés, modélisés, dépassés. De nouveaux démiurges nous font miroiter des existences libérées de toute limite, même de la mort. Le temps serait venu de se passer du monde réel et du vivant lui-même, désormais réductible à ses composants, à une mécanique.

    Derrière ces promesses de vie augmentée se cache en réalité toujours le même projet réactionnaire : celui de se débarrasser des corps pour accéder enfin à la "vraie" vie qui serait du côté des données et des algorithmes.

    Or, en assénant que « tout est information », le monde digital non seulement ignore mais écrase les singularités propres au monde du vivant et de la culture. Dans ce vaste processus d'artefactualisation du monde et de la vie, la carte prend possession du territoire. Et c'est nos possibilités mêmes d'agir, de penser, de désirer et d'aimer qui sont mises à mal.

    Contre cette menace, Miguel Benasayag invite à penser la singularité radicale du vivant, à envisager un mode d'hybridation entre la technique et les organismes qui ne soit pas une brutale assimilation. Cela passe par la production d'un nouvel imaginaire, d'un nouveau paradigme capable de nous aider à étudier rationnellement ce qui, dans la complexité propre au vivant et à la culture, n'est pas réductible au modèle informatique dominant.

  • Le monde autour de nous se métamorphose ; ce que nous étiquetions autrefois sans l'ombre d'un doute devient mêlé, autre, nouveau. Jour après jour, nos dispositifs les plus anodins l'attestent : un téléphone n'est plus seulement un téléphone, il est aussi un appareil-photo, une télévision, un réveille-matin. Pour Gabrielle Halpern, cela participe d'une mutation plus générale : les cultures, les villes, les entreprises, les identités, les modes de travail et de consommation, la politique, les stratégies, les genres, les êtres humains sont désormais sous le signe du composite, du contradictoire. En un mot, tout s'hybride.

    Or, nous avons toujours pensé ce qui existe sur le mode de l'identité. En dehors de la figure antique, monstrueuse, du centaure, l'hybride a été le grand refoulé de l'histoire de la pensée occidentale. D'où un diagnostic : le malaise, la tentation de revenir à une réalité plus homogène - les réseaux sociaux qui créent des « bulles filtrantes » -, à des identités plus « pures » - la résurgence des nationalismes et des populismes - que connaissent aujourd'hui nos sociétés découlent en droite ligne de notre aveuglement à l'égard des centaures. De notre incapacité à les penser. À penser, tout court ?

  • Les robots sont de plus en plus présents autour de nous et leur nombre augmente très vite. Leurs formes et leurs usages se diversifient, et l'Intelligence Artificielle qui les gouverne est présentée partout comme la réponse possible à des enjeux sociétaux majeurs. Or, nous avons pris un retard considérable dans la compréhension des relations que l'homme entretient avec ses objets technologiques. C'est dans ce but qu'a été écrit ce ouvrage qui se veut un « guide psychologique » des relations entre l'homme et ses machines.
    Comment allons-nous considérer ces machines à partir du moment où nous interagirons avec elles comme avec des humains tout en sachant que nous ne pourrons pas leur donner les mêmes droits moraux et les mêmes responsabilités qu'à des humains ? Et de quelle façon allons-nous modifier l'idée que nous nous faisons de nous-mêmes lorsqu'elles nous ressembleront de plus en plus ? Comment seront modifiées nos façons de penser et de ressentir lorsqu'elles seront capables de manifester des émotions et de les traduire en mots bien mieux que certains humains ? Comment protégerons-nous notre vie privée, et notre dignité, face aux robots ? Génèreront-ils plus de socialisation ou plus d'isolement social ? C'est notre capacité à nous poser les bonnes questions aujourd'hui qui nous permettra de leur apporter les bonnes réponses demain.

  • Quand un ingénieur philosophe se penche sur l'informatique et quand, en plus, il se nomme Luc de Brabandere, on peut s'attendre à être dépaysé. 

    Car si l'informatique a - à l'instar de l'écriture et de l'imprimerie - révolutionné notre façon de penser, cette science a pris naissance... il y a plus de 3000 ans, bien avant que l'ordinateur ne fasse ses premiers calculs !  Et quoi de mieux, pour se familiariser avec cette nouvelle façon de penser, que de se glisser dans la tête de ceux qui l'ont façonnée ?

    C'est donc un voyage que nous propose Luc de Brabandere, à la rencontre de personnalités hors du commun, certaines connues, d'autres injustement méconnues qui, chacune dans leur domaine, avec des intuitions fulgurantes, ont contribué à cette révolution qui nous touche tous.

    Mais pour l'auteur, l'histoire d'Homo Informatix est loin d'être terminée. Elle reste même encore à écrire et l'importance des enjeux est telle qu'il vaut mieux prendre le clavier soi-même. Partant du constat qu'aujourd'hui, les principaux protagonistes de cette épopée sont avant tout des techniciens et des entrepreneurs, Luc de Brabandere nous invite à inventer tous ensemble les principes d'un humanisme numérique.

    Car il n'existe pas d'algorithme pour écrire l'avenir !

  • Nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l'Anthropocène. C'est un fait historique : d'abord, parce que cette nouvelle ère géologique est directement façonnée par les activités humaines - hélas pas forcément pour le meilleur -, mais aussi parce que c'est la première fois, de mémoire humaine, que nous pouvons penser une ère géologique au moment où elle se déroule ! Et du coup, y agir en connaissance de cause, pour tenter d'infléchir le chemin pris.

    Ce petit ouvrage souhaite donc aider les humains à comprendre l'Anthropocène, cette période hors normes qu'ils sont en train de vivre. Ce n'est qu'à cette condition que nous pourrons agir, à l'échelle de la société elle-même, en faveur des générations futures.

  • Ce livre vous convie à plusieurs tours du monde. Et d'abord à celui que font les ethnologues pour découvrir les cultures dites «exotiques». Philippe Descola les ordonne en : totémistes, animistes, analogistes. Ces classes, Michel Serres les utilise pour lire nos propres créations.
    Étrange et joyeuse surprise, nos écrivains : Michelet, Proust, Flaubert, nos philosophes profonds : Bergson, Leibniz, nos inventeurs dans les sciences : Linné, Galilée, Euclide, voient le monde comme des Inuits du Grand Nord, des Aborigènes australiens ou certaines tribus amérindiennes d'Amazonie ! Nos génies inventeraient-ils, si, à l'écart de leur histoire et de leur société, ils ne pensaient pas autrement qu'elles ?
    De ce nouveau tour, les oeuvres de notre culture deviennent aussi rutilantes et chamarrées que des mappemondes.

  • La mémoire, qui semble par essence tournée vers le passé, est en fait intrinsèquement et délibérément orientée vers le futur. Même si une telle conception avait été entrevue de longue date, la mémoire du futur n'est devenue une thématique de recherche à part entière que depuis une douzaine d'années, mais elle est aujourd'hui motrice.

    Quelles sont les grandes fonctions de cette mémoire du futur qui contribue grandement à nos prises de décision ? Comment s'articule-t-elle avec la mémoire du passé ? Quelles sont les pathologies qui la mettent à mal ? Que peut-on attendre des recherches en cours ?

    Aujourd'hui cette mémoire du futur, indispensable pour orienter notre devenir sur le plan individuel comme sur le plan collectif, est aux prises avec les nouveaux moyens d'information et de communication, l'intelligence artificielle et la robotique. Et elle est menacée par les mémoires externes, de plus en plus puissantes et invasives.

    Comment préserver nos « mémoires internes », en particulier celles des jeunes générations, pour continuer à élaborer et construire notre devenir?



     

  • "Qu'est-ce que l'homme ? Nul ne sait répondre à cette question. Mais : qui suis-je ? Qui es-tu ? Je te connaîtrai si tu m'avoues ta vie. Ne vous moquez pas de moi, je vais vous raconter ma vie. À la question : qui suis-je ? je ne puis répondre que par ce récit. Toute définition serait abstraite, injuste ou incomplète.
    Et qui sommes-nous ? De nouveau, notre histoire, dont le récit dépend du groupe : Gascons, Français, Européens, tous différents. Aussi partiale et subjective que le récit que je fais de moi, cette histoire ne concerne qu'une collectivité restreinte en proie à la passion chauvine de l'appartenance, mais qui n'a rien de plus à dire d'elle.
    Nous sommes le récit de nos histoires. Nos histoires et nos fables. Narrons-les à nos enfants. Un récit vaut mieux que cent idées abstraites.
    Mieux encore, depuis récemment, nous connaissons l'espèce humaine à entendre, avec un plaisir extrême, le Grand Récit de son aventure, issue du berceau africain et répandue sur la planète. Connectée à celle du monde et de l'univers, cette épopée grandiose répond pour la première fois, et sans concept, aux vieilles questions de la philosophie : D'où venons-nous ? Qu'est-ce que l'Homme ? et intègre, sans trop les contredire, les anciens récits des mythes et des religions.
    Pour n'avoir pas su y répondre ou pour avoir imposé des abstractions occidentales au reste du monde, l'Humanisme n'eut jamais lieu. Il commence aujourd'hui, somptueusement, par un bouquet de récits émanés de la bouche de mille et un conteurs." Michel Serres

  • Des milliards de neurones dans le cerveau se connectent en réseaux pour apprendre. Mais cela créée aussi des biais cognitifs auxquels il nous est très difficile de résister. Après Piaget, Olivier Houdé a élaboré une théorie du cerveau de l'enfant et de l'adulte fondée la résistance cognitive à travers un processus positif d'inhibition.
    Il l'illustre ici pour les apprentissages à l'école, mais aussi pour lutter contre la radicalisation grâce à l'esprit critique. C'est l'objet d'un dernier chapitre qui met en avant le potentiel de cette méthode dans des situations très engagées, comme l'éducation des jeunes à résister à l'embrigadement.

  • Aujourd'hui, la Terre ne suffit plus aux GAFA. Elon Musk, à la tête de Space X, Jeff Bezos et sa société Blue Origin, ou encore le britannique Richard Branson, dirigeant de Virgin Galactic, investissent massivement dans le spatial. Et on peut dire que ces cowboys  de l'espace  n'ont pas peur de voir les choses en grand.
    Le but de ces chantres de ce que l'on appelle le Newspace: changer le monde, ni plus ni moins. Or ce monde est aussi le nôtre et les questions que cette conquête spatiale 2.0 posent nous concernent tous. Passer quelques jours dans la Station Spatiale Internationale, pour la  coquette somme de 30 millions d'euros, est-il vraiment un progrès pour l'humanité, ou un bon business ?  Plus sérieusement, pourquoi l'humanité entreprendrait-elle la conquête, la colonisation, l'exploitation d'une autre planète, d'un astéroïde ? Pour sauver l'espèce humaine de l'extinction ? La Terre est-elle si mal en point qu'il faudrait tout simplement la mettre au rebut ? Justement, que penser des liens entre les perspectives du NewSpace et les courants transhumanistes ?
    En tout cas, même si l'on peut légitimement s'interroger sur les véritables motivations  de ces aventuriers d'un genre nouveau, les questions soulevées ont le mérite de nous faire nous interroger sur le futur que pourrait nous offrir le développement actuel des techniques et des politiques spatiales. Parce qu'aller habiter sur la Lune n'est peut-être pas si stupide que ça... Or, il faut y penser maintenant sous peine de louper la navette !

  • Demain, aurons-nous à faire face à de grandes structures collaboratives, propriétaires de nos données, ou nous en émanciperons-nous en exploitant différemment la sphère des idées, dont la vague numérique redessine les énormes potentialités ?

    Si nous misons sur la deuxième option et souhaitons oeuvrer à une société durable qui ne misera pas que sur la mise en concurrence des uns et des autres, il nous faut alors développer non pas la collaboration au sein de notre société, mais bien la coopération. Et pour cela, accepter de mettre en commun... Seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin.

    Un horizon qui nécessite de nouveaux repères institutionnels, notamment une identité numérique au service de la transmission et un instrument de mesure de l'activité propre au digital. 

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