Le Passage

  • Par pur esprit de vengeance, ce livre traite des nuisances. Pas les nuisances graves, comme la guerre, la mort et les avions qui se cassent la gueule. Non, juste les irritations, les furoncles, les gâchis d'humeur, les casse-couilles en tout genre, les hotlines, la feuille de laitue décorative piégée dans la sauce, les paperasses et les télécommandes, le principe de précaution, le garçon de café qui met trois plombes à noter votre présence, la housse de couette récalcitrante, la langue de bois, les chasseurs d'éléphants, la vieille dame à qui vous cédez votre place dans le bus et qui vous pompe l'air tout le reste du trajet. Bref, tout ce qui arrive à vous zigouiller une journée qui commençait si bien.

  • Paris, 1782. Pour la première fois, un opuscule anonyme mis en vente dans les magasins de nouveautés stipule que l'on va créer à Paris des " Catacombes ". L'adoption de ce mot pour désigner les sous-sols de la capitale se révèle vite un choix d'une efficacité redoutable. C'est jouer de la confusion entre carrières souterraines et ossuaire, un objet de fascination pour le public, c'est aussi marquer fermement, par ce nom évoquant la mort, l'opposition entre cette ville sous la cité et la Ville-lumière. Depuis, cette confusion a toujours été plus ou moins savamment entretenue, notamment dans la littérature, et c'est probablement la raison pour laquelle la fascination pour les catacombes est aujourd'hui plus vive que jamais. Avec Les catacombes, histoire du Paris souterrain, Gilles Thomas nous invite en fait à une double promenade : une randonnée dans les galeries établies au niveau des anciennes carrières souterraines de la Ville de Paris, mais également une déambulation dans la littérature du XIXe siècle à nos jours. En retraversant cette " littérature du sous-sol ", où l'on croise, entre autres, Balzac, Dumas, Gérard de Nerval ou Gaston Leroux, une littérature d'une grande richesse dont la source n'est pas près de se tarir, il nous fait découvrir le microcosme des " cataphiles ", nous présente des personnages hauts en couleur comme Charles-Axel Guillaumot, l'homme qui a consacré sa vie à sauver Paris, Philibert Aspairt, qui a disparu sous terre, ou encore le Commandant Jean-Claude Saratte, le premier " cataflic " de France. Il nous raconte enfin, avec force anecdotes et détails, l'histoire passionnante et méconnue de ces galeries qui serpentent sous nos pas.

  • Nous sommes si joyeux de vivre sur notre bonne Terre que nous éprouvons sans cesse le besoin d'annoncer la fin du monde ! Pour s'en convaincre, il suffit d'évoquer la date du 21 décembre 2012, celle d'une prophétie à prendre très au sérieux... au moins autant que les cent soixante-deux alertes identiques répertoriées dans l'histoire de l'humanité ! On peut certes railler ce besoin récurent de prédire à notre planète un châtiment exemplaire mais on peut aussi penser, comme dit l'autre, que " cette fois-ci, c'est la bonne ! ", et réfléchir à la meilleure façon de tirer notre révérence en beauté. S'impose alors une suite vertigineuse de décisions à prendre et de choses à accomplir de toute urgence, avant que ne se termine notre voyage - désormais écourté - ici-bas. D'emblée, on conviendra que la nouvelle de notre disparition brutale et collective n'est guère réjouissante ; raison de plus pour que nos derniers instants soient placés sous le signe de l'insouciance et de la bonne humeur. Aussi le lecteur trouvera-t-il réunies sous ce petit volume 99 idées à expérimenter dans l'ordre ou le désordre, pour la plupart pleines de bon sens et garantes d'une fin de vie riche, enthousiaste et apaisée. Souhaitons-lui donc de très bons moments... même si ce sont les derniers !

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