Ker Editions

  • Un roman d'aventures rythmé au coeur du Mexique
    1993. Une lettre de Nacha m'invite à la rejoindre à Real de Catorce, un village mythique perdu dans le désert de San Luis Potosi. Ma réponse m'est retournée?: adresse inconnue.
    Nacha...
    Elle gardait parfois ma petite fille, quand j'habitais à Mexico, il y a longtemps. Une femme fantasque dont la mère, racontait-elle, avait été recueillie par un lieutenant de Pancho Villa lors de la prise de Zacatecas, en 1914. Une Mexicaine qui vivait à travers les héros de ses romans préférés, et revivait sans cesse son film fétiche, L'Année dernière à Marienbad. Une fille du peuple qui disait avoir été poignardée dans le dos et porter un trait noir sur l'âme.
    2004. Les histoires de Nacha me hantent?: je pars la retrouver.
    Laissez-vous emporter par ce voyage incroyable qui ne manquera pas de vous dépayser !
    EXTRAIT  
    Aguascalientes, Mexique. 1978
    De l'or ! De l'or !
    Elle s'était redressée sur sa couche, la vieille Tomasita, le bras levé vers la petite fenêtre, indiquant le rai de lumière qui traversait la pièce. Je n'y voyais que de la poussière qui, en une nuée ascendante, silencieuse et lente, tournoyait dans l'encadrement bleu : un muletier venait de passer sur le chemin, entraînant ses bêtes. Le bras tendu se lassa et le corps de la petite vieille s'affaissa dans les oreillers. Assise à côté du lit, j'observais son profil d'Indienne, son visage fripé aux fortes pommettes, son regard agrandi, hanté. Du bout des lèvres elle s'obstinait à scander : « De l'or, de l'or ! » Il me fallut plusieurs secondes pour saisir que, vus du ruban de pénombre où elle s'était repliée, les rayons de l'après-midi finissante enluminaient cette poussière d'un scintillement ambré.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE 
    - "Dans une langue toute personnelle, Évelyne Heuffel accentue le trouble du lecteur qui, en plus d'être baladé dans les entrelacs fictionnels renvoyant d'une époque à l'autre, se voit doucement chahuté par un style incarné, chatoyant, grâce à son maillage de mots et d'expressions espagnols donnant corps, profondeur et authenticité au récit. Et l'on quitte le pueblo fantasma avec, dans l'oreille, l'exclamation de Nacha : "Por mi madrecita, te lo juro !"" - Samia Hammami (Culture ULg)
    - "Dans ce beau roman, Evelyne Heuffel nous atteint profondément. Par ses personnages, sa mise en scène, son écriture. L'héroïne est vivante dans le coeur du lecteur autant que dans celui de la narratrice. Le bousculement du temps se traduit dans une structure en va-et-vient, déboussolante au début, indispensable ensuite. Et puis l'héroïne racontait tellement d'histoires que la narratrice ne sait plus si ce qu'elle disait était ou non inventé. Confusion des temps, du réel et du rêve : est-ce autre chose que la littérature ?" - Jean-Claude Vantroyen, (Le Soir)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Née en 1947 à Bruxelles, Evelyne Heuffel est une écrivain, traductrice et illustratrice belge. Elle découvre le Brésil à l'âge de 18 ans. En 1981, elle part pour Recife et s'établit ensuite à Rio de Janeiro. Illustratrice, traductrice et romancière, elle publie ses premiers textes dès les années 1970. Dans ses récits, elle "met en scène des personnages dans un jeu de miroirs qui brouille les genres et fait exploser les frontières textuelles conventionnelles." (L. de Abreu)

  • Un périple haletant de Valence au Mont-Saint-Michel.
    Mad vit dans son camion depuis quinze ans, traînant derrière lui les moutons qu'il conduit chaque semaine à l'abattoir. Son seul contact avec le monde extérieur : le rock et, de temps en temps, un arrêt chez Jo.
    Et puis il y a Ciao, le vieux fou qui hante depuis des années les stations-service des aires de repos.
    Mad, Jo et Ciao prennent la route ensemble à la rencontre de leurs histoires, de leurs démons. De leurs vies.
    Plongez-vous au coeur du monde des routiers, en compagnie de trois personnages hauts en couleur !
    EXTRAIT 
    La pluie bat violemment le toit du camion. Je crois que c'est ce qui m'empêche de dormir. Mais cette nuit n'est pas comme les autres. On est trois à essayer de trouver notre place pour dormir. Il y a Jo, Jo « devenue pute par vocation de son mac », comme elle m'a dit la première fois que je me suis arrêté pour souffler sa bougie. Il y a Ciao, un vieux fou occupé à mourir sur mon siège passager. Et puis moi, Mad, plus fou encore, car c'est moi qui conduis tout ce beau monde. On roule sur la même route depuis hier soir et tout finira d'ici deux jours. Je crois que c'est pour ça que je n'arrive pas à fermer l'oeil...
    L'orage s'arrête. Je vais pouvoir rouvrir les fenêtres du bahut et respirer l'odeur du bitume mouillé. Je sais que le mélange de goudron, de gasoil et de pneus va m'apaiser et que je vais enfin pouvoir dormir quelques heures.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Un "road tripes". Les personnages sont pittoresques et tellement vrais ! On vit l'histoire, on la ressent, c'est un périple dans le monde des routiers. » (Lire est un Plaisir)
    - « Un premier roman tout à fait remarquable, construit sur une tension jamais relâchée et porté par une écriture maîtrisée de bout en bout. » (L'Avenir)
    - « Un roman attachant, bouleversant, à découvrir d'urgence ! » (Journal Tain Tournon)
    - « Un premier roman palpitant. Un voyage qui plonge le lecteur au coeur des histoires des personnages, de leurs démons, de leurs souffrances aussi... » (Le Dauphiné Libéré)
    A PROPOS DE L'AUTEUR  
    Documentaliste, historienne, romancière. Fanny Lalande cumule les talents. Originaire des environs de Valence (Drôme), elle a publié un essai consacré aux prisons du château de Tournon.
    Chez Ker, elle a publié son premier roman, Mad, Jo et Ciao.

  • Regards d'une jeune fille sur la Wallonie 
    Sa cité
    Des immigrés, des langues multicolores
    Une société à privilèges
    Une guerre avec des prisonniers
    Et un raton laveur, pour imiter le poète.
    La petite Mélie observe son époque, s'émeut sous le wallon tendre de Bonne-maman, découvre Prévert. Écrira-t-elle le livre dont elle rêve ?
    De découvertes sur soi en révélations sur son entourage, Mélie grandit, s'apaise, et ose rêver à Il était une fois...
    EXTRAIT 
    1940-1944
    Les provinces belges ? Mélie les récite à toute vitesse, sans omettre le méprisé Limbourg où elle habite.
    Les sept charbonnages de Campine ? À force d'entendre les comparaisons des collègues de papa, elle les connaît à l'endroit comme à l'envers. Si elle a oublié quel professeur y a découvert le charbon, elle sait que la mine paie plus ici qu'à Liège. Même les employés comme papa.
    Quant aux cours d'eau de Belgique, impossible de les retenir. Surtout dans l'ordre. Pour l'Yser, pense à grand-père ; c'est là qu'il a été gazé en 14, suggère maman, qui envoie Mélie au jardin, où la cadence du par coeur ne taraudera ni salades ni haricots. Répétitions. Voix monocorde. À force de patience, les affluents de l'Escaut deviennent ritournelle. Ouf ! Restent la Meuse et ses une, deux... six rivières ! La Meuse, Mélie la connaît. Elle coule près d'ici. Vue de la berge, d'un côté elle va vers Maaseik et le docteur de sa mère. De l'autre, vers Liège et les grands-parents. Le souvenir d'eau grise et large, comment le situer sur l'étroit fil bleu serpentant dans l'atlas ? Mélie bute : l'amont, l'aval, Maaseik, Liège, le gris de l'eau, le bleu du fleuve.
    Avec les lignes droites des canaux, comment retenir où on habite ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Un roman plein de surprises. Une belle légèreté, une plume magnifique, un roman à découvrir et à savourer. » (Filiber)
    A PROPOS DE L'AUTEUR 
    Après une longue carrière d'enseignante en français auprès d'étudiants néerlandophones, Odette Philippart a décidé de se consacrer à l'écriture. Son premier roman est le fruit de plusieurs années de travail poétique, notamment dans le cadre d'ateliers d'écriture.

  • Un récit en abyme à la fois enivrant et dépaysant...
    Par une nuit sans lune, un écrivain fit un songe. Il rêva qu'il se réveillait en sursaut et, sous l'effet d'une modification physique inattendue, s'en allait rédiger les souvenirs d'un voyage auquel il n'avait jamais participé.
    Un voyage au cours duquel Frédéric Verratti, alter ego de l'écrivain, rencontre de mystérieux personnages. Un metteur en scène qui, chaque année, avec l'aide d'acteurs issus de la population locale, monte invariablement la même pièce au coeur de la savane. Un chasseur qui s'apprête à affronter le grand départ. Ou encore cette ancienne militante politique que les aléas de la vie confrontent à la pérennité de ses idéaux.
    Une histoire où l'on entend s'égrener le temps, et dont on ressort immanquablement en questionnant notre propre identité, notre rapport à l'autre.
    EXTRAIT 
    Une nuit sans lune, un écrivain dans la cinquantaine fit un rêve étrange. Il rêva qu'il se levait en sursaut, le corps strié par la transpiration, quittait son lit et traversait sa chambre d'une démarche hésitante. Était-ce précisément sa chambre ou une pièce de circonstance apparue pour les besoins du rêve, il ne lui était pas donné de le savoir avec précision. Quoi qu'il en soit, c'était la nuit et il ne faisait pas froid, au contraire, la chaleur était accablante, de sorte qu'en se matérialisant dans son propre rêve, l'homme se vit presque nu, en caleçon et maillot de corps. Dans la fenêtre ouverte s'étendait un ciel parfaitement noir, large et lisse comme une mer stagnante, qu'animait imperceptiblement une petite pluie fine. Apparemment, aucune autre indication sur le décor extérieur n'était observable.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - "Personnage central du récit, l'Afrique noire, métaphore des ténèbres de nos origines, mais aussi de la solidarité humaine, est prétexte à mille réflexions sur nous-mêmes, nos engagements et le sens de la vie. Un livre profond, dans le prolongement d'oeuvres emblématiques de Kafka, Conrad, Gide et des maîtres du réalisme magique... Bluffant !" - Bernard Delcord, Marianne Belgique
    - "Giuseppe Santoliquido renouvelle avec bonheur l'expérience de la fiction. Il part, avec Voyage corsaire, sur les traces de Pasolini en Afrique, dans un roman à plusieurs niveaux. Où le narrateur dédoublé, Pasolini et l'auteur lui-même se rejoignent dans une quête de sens qui enrichit le lecteur dépaysé." - Pierre Maury, Le Soir
    - "Enivrée par l'encens sortant de la lampe d'Aladin brandie par Giuseppe Santoliquido, la quête de notre propre identité se dessinera tout au fil des pages" - Ubu Pan
    À PROPOS DE L'AUTEUR 
    Giuseppe Santoloquido est un politologue et écrivain belge d'origine italienne. Professeur aux Facultés de Sciences politiques d'Afrique centrale. Spécialisé en politique italienne, il collabore avec de nombreux médias belges et étrangers.
    Il est chroniqueur sur le blog de l'écrivain belge Vincent Engel, Blog à part, sur lequel il anime chaque mercredi les Nouvelles d'Italie.
    Partageant son temps entre la Belgique, l'Afrique et l'Italie, il est également consultant pour Area Democratica, important observatoire politique dans le Latium, pour l'Associazione culturale Talenti, qui organise des évènements culturels parmi les plus importants d'Italie et pour le « Prix de la Narration Ferri-Lawrence » de Frosinone en Italie. Il est également traducteur littéraire pour le Centro studi letterari d'Alvito, dans le Latium.

  • Nous sommes tous des faits divers. Tous. Victimes ou coupables de ces gestes anodins sur lesquels le destin bascule. De ce hasard de grain de sable qui nous ensevelit ou nous ressuscite.
    À travers ces quatre nouvelles, portées à la scène par Michel Poncelet et Bernard Francq, voici quatre portraits qui nous ressemblent peut-être?: un enfant qui ne vit qu'au son de Bach?; un collectionneur prêt au pire pour assouvir sa vengeance?; un inspecteur à la retraite confronté au meurtrier parfait?; un messie clochard qui visite un cercle juif laïc.
    Des faits divers?? Peut-être. De ceux dont on tisse l'humanité.
    À PROPOS DE L'AUTEUR 
    Professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'IHECS, il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre. Il est aussi critique littéraire et chroniqueur ; à ce titre, il a collaboré avec Le Soir, Victoire (supplément hebdomadaire du Soir) et Mint en radio. Depuis 2014, il collabore avec La Première, en tant que chroniqueur au sein de l'équipe de l'émission CQFD. Chez Ker, il est l'auteur de nombreuses pièces de théâtre, d'un essai ainsi que de plusieurs romans, comme Raphael et Laetitia et Les Diaboliques.
    EXTRAIT
    Antonio Araldi
    L'histoire dont je voudrais vous rendre compte aujourd'hui, inconnue ou presque du grand public, a bouleversé cet univers clos et singulier à plus d'un titre des collectionneurs de voitures. Mais cet émoi ne s'attache qu'à l'accessoire, qu'à l'insupportable dénouement, aux yeux de ce cénacle, d'un drame longuement noué, à travers une destinée où un homme amoureux sacri?a beaucoup à une femme exigeante. Pour ceux qui n'appartiennent pas à ce monde et qui ont eu vent de cette affaire, il ne s'agit que d'une anecdote, une excentricité à ajouter à la panoplie déjà longue de ces amateurs tous plus ou moins fous.
    Cette histoire est, en apparence et en vérité, d'une confondante banalité, nonobstant les sommes énormes qui furent nécessaires à son accomplissement - mais cela non plus n'est guère original, quand bien même on considérerait l'argent comme une cause, et non comme un aboutissement. Femme capricieuse, homme richissime, voiture monstrueuse. Sexe, argent, mort. Femme-machine, conduite-virilité. À telle enseigne, on réclamerait le silence, l'abandon d'un récit épuisant de conformisme, mille fois vu, entendu ou lu. On ne tolère pas que les extrêmes soient aussi banals que nos vies quotidiennes, et l'on interdit aux autres ce que l'on s'octroie avec complaisance.
    Et c'est bien pour cela que je raconterai l'histoire d'Antonio Araldi. Tout dépend du regard que l'on pose sur les gens, sur les choses, sur les destinées. Le fruit défendu : une vulgaire pomme, sans cesse et par tous dévorée, repoussant partout et sans cesse ; ou un goût délicieux, savouré en silence. Que tout ait été vécu n'atténuera jamais ni la joie ni la souffrance d'un être, pas plus que cela n'empêchera des enfants de naître, de grandir, de mourir. Nous sommes tous des faits divers.

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