Livres en VO

  • Malaise dans la civilisation (1931) et Considération actuelle sur la guerre et la mort (1915), les deux textes présentés ici dans leur version originale et dans une nouvelle traduction française, nous font découvrir un Freud « politique », qui réfléchit sur la guerre et cherche à intégrer ces réflexions dans une recherche plus spécifiquement psychanalytique sur les causes permanentes des conflits en général.
    Dans le texte de 1915, Freud déplore naturellement la guerre en en montrant les effets dévastateurs sur la culture en général, mais il y voit aussi la possibilité d´exprimer, passant outre les effets de censure, la violence « primitive » des pulsions, qu´il est vain de vouloir constamment réprimer.
    En 1931, Malaise dans la civilisation marque l´intégration à la théorie freudienne de la notion de pulsion de mort, mise au jour par la psychanalyste russe Sabina Spielrein. Si la position qu´adopte Freud dans ce texte à l´égard de la guerre imminente peut sembler fataliste, ce serait le trahir que de réduire son attitude à la résignation. Freud est convaincu que le consentement à la guerre n´est pas simplement le fait de ceux qui vont se rendre coupables de la déclencher, mais qu´il a des racines plus profondes et qu´il exerce ainsi de manière très insidieuse sa séduction sur de très vastes cercles. Il comprend aussi très vite ce que sera l´« esprit de Munich », dont il constate les prodromes dans les atermoiements de la SDN.
    Ces deux textes essentiels sont suivis d´une nouvelle traduction de la lettre à Albert Einstein datée de 1933, intitulée Pourquoi la guerre ?

  • Pour Dante, si l´homme est un être singulier, « infiniment variable et instable », alors la diversité des langues est inscrite dans sa nature. La variation linguistique n´est pas pour lui, comme elle l´est pour les exégètes de Babel, le châtiment infligé pour punir un péché d´orgueil. La portée de cette thèse ne se limite pas à la réflexion sur les langues. Ses conséquences sont politiques. Les hommes vivent en effet dans des collectivités multiples et doivent se donner des lois et des normes, s´entendre. Cela vaut pour tous les cercles de la vie sociale, de la famille à ce que Dante appelle le royaume et, encore au-delà, l'Empire (le genre humain dans son entier). Dante propose dans ce texte une voie originale pour concilier le besoin d´unité et l´incontournable diversité qui marque les affaires des hommes : qu´on écoute les meilleurs des poètes dans chacune des cités, et qu'on donne à leurs productions une fonction nouvelle, celle de constituer une « règle » et une « mesure » pour tous les parlers d´Italie. Le geste qui commande le De l´éloquence en vulgaire est celui d´un poète et d´un « politique ». Il réside dans ce lien qui est tout à la fois celui de la poésie qui relie les vers et celui de la loi qui relie les hommes.

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