Coédition NENA/Editions Salamata

  • Eusebio Dasylva a pris son parti. Sans fioriture, en dehors de toute langue de bois, il a décidé d'exprimer ce qu'il a vu, entendu, ressenti au plus profond de son être. Mais aussi et surtout, il a posé le naufrage du Joola comme une catastrophe à comprendre et à placer dans la logique de la bêtise humaine reflétée par le laxisme, la cupidité, l'insouciance, Eusebio dénonce l'invocation du fatalisme, le déterminisme opportuniste qui aide toujours à se faire bonne conscience.

  • Ce chef d'ouvre, à l'instar des romans réalistes, tire sa substance du vécu sénégalais, des traditions africaines et des drames multiformes qui assaillent notre époque, avec à la clef, un récit palpitant qui plonge le lecteur dans l'incertitude et le tient en constante haleine.

    L'amour, chevalier altier, tient les rennes du cour; dans le livre, il confère un bonheur ataraxique à Alioune en compagnie d'Ami Fall. Mais c'est sans compter en Afrique avec le conservatisme traditionnel et ses corollaires ayant pour noms : castes, mésalliances, lutte de classes ou autres pratiques culturelles qui rebutent la jeunesse actuelle. Cependant, l'amour finit toujours par triompher face aux obstacles ethnique, racial, matériel. Ses détracteurs essuient également une douche écossaise qui tourne dés fois au tragique.

    Alboury Niang est né le 08 janvier 1970 à Thiès. Il obtient son bac D au lycée Lamine Guèye de Dakar, puis fréquenta pendant une année le département de Sciences Naturelles de l'Université Cheikh Anta Diop, En 1995, il embrassa le métier d'instituteur. Après dix années de service à Matam (sept années comme directeur d'école), il fut affecté à l'école Colobane II de l'IDE de Dakar- Médina. Au cours de sa troisième année à Dakar, il réussit au concours des Normaliens-Instituteurs de la FASTEF, option Lettres Modernes. Dans le domaine de l'humanitaire, Alboury Niang est membre du Conseil d'Administration d'Une Autre Afrique, une association française.

  • Aie ! Ce coup de couteau qui me transperce le cour, me souvenant de toi maman. Pardonne-moi d'avoir choisi cette vie que je n'ai pas choisie. Je te fais souffrir, ô printemps de mon enfance qui ma fleuri. Aujourd'hui, la petite fleur, sous la pluie et le vent pleure le printemps défunt. Voila le malheur de ta vie, Domu Dior, le malheur de ma vie. Et aujourd'hui, je sais pourquoi la poésie, le poème, je sais pourquoi Raymond Queneau disait : « Quand les poètes s'ennuient, alors il leur arrive de prendre une plume, et d'écrire un poème, on comprend dans ces conditions, que ça barbe un peu, quelquefois, la poésie, la poésie. » Serigne Mbacké Mbaye est né le 02 mars 1983 à Nioro du Rip. Orphelin de père à l'âge de 10 ans, il a été éduqué par sa mère. Après ses études primaires et secondaires dans sa ville natale, il entame des études de Lettres à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar et devient lauréat du concours de poésie organisé par la Faculté des Lettres et Science Humaine de l'UCAD en 2006. En 2008 il fut lauréat de concours de Haïku en remportant le 3ème prix.

  • Le visage en sueur, la bouche entrouverte et le cou en avant, le vieux maître d'école était tétanisé. Il avait les yeux rivés sur la naissance des cuisses de la jeune fille qui sans se rendre compte de l'attention dont elle faisait l'objet époussetait tranquillement les meubles du salon. Le regard du vieil homme ne parvenait pas à se détacher des jambes fines de la jeune femme : c'était une merveille.

    Elle se relevait et l'homme se délectait de sa démarche fluide et du balancement chaloupé de ses fesses pleines et fermes. Elle se courbait et le vieil homme suivait des yeux la cambrure de ses hanches qui faisait ressortir sa sculpture en amphore. Elle se retournait et l'homme admirait la proéminence de ses seins de vestale, fermes et bien galbés. Le stylo tomba.

  • La fascination de l'auteur, un jeune citadin, face aux merveilles de la nature de la verte Casamance se traduit tout le long du texte par une succession de tableaux, qui parfois contrastent avec les drames qui s'y déroulent. Et très subtilement, le lecteur est apaisé dans sa frayeur par ces cadres féériques ainsi que les enchantements propres aux paysages du sud du Sénégal. La dimension de la culture jamaat - peu connue - est exposée avec une interrogation permanente sur le sens et la valeur des coutumes et des cultes. Sans aucune prétention scientifique, l'auteur s'essaie à une explication, une compréhension du milieu, des croyances et des pratiques. Parfois, il s'offre une digression et lâche des coups d'oil intellectuels dans ce monde du perpétuel et du tabou, invitant ainsi le mouvement dans l'inertie conceptuel de la pensée, pour simplement partager sa position sur une question. La liberté, celle de la femme y est chantée car, c'est presque à un hymne à l'héroïne que toute une communauté s'adonne !

    Limoor veut dire littéralement « Oubli », mais pourrait également être traduit comme la « volonté de disparaître », ici c'est celle d'un sujet des siens ou de sa communauté ! C'est le choix opéré par le personnage qui décide de partir - de tourner le dos pour tout oublier et se perdre à jamais - vers des contrées où rien ne lui fera se remémorer cette nuit tourmentée du sud.

  • A travers ses poèmes, Diallo semble décourager le critique littéraire le plus féru vu que l'art apparaît en filigrane dans sa production poétique. Nostalgique passionné du passé, il est aussi épris de quiétude dans « Crépuscule Dakarois » tout en chantant l'amour des lieux qui l'ont connu, « le Fouladou » dont le lait et les guerriers sont exaltés ; St Louis dont l'hospitalité est évoquée dans « le jumelage ». Partagé dans ses poèmes entre tristesse, joie et regret, c'est à une prise de conscience qu'il nous invite, bâtir une nation nouvelle à partir de nos racines et dans laquelle plus de maux ni de morts.

  • Ibnou chante ces hommes et ces femmes qui ont ouvré pour le continent noir. Et ce n'est point un hasard si ses vers résonnent des versets senghoriens par la cadences et par le rythme. La Nolivé de « Chaka » respire encore dans « L'amante ». Le fleuve Congo que magnifie Éthiopique fait rouler ses eaux dans lesquelles l'homme noir « Écoute battre le pouls de l'Afrique ». Alors, la Reine de Saba apporte la Lumière o Lumière O lumière sans césure dans ma nuit. Chez ce poète, la poésie quelle soit élégiaque ou romantique, ou simplement lyrique, reste la voix du cour et la voix de la voix de la raison.

  • En face de la vie, la littérature est désarmée. Les plus beaux des poèmes, les vers les plus enchanteurs et les rythmes les plus endiablés ne sauraient expliquer ni la mort, ni la faim et la misère.

    Mais -et cela Cheikh Diop en a une conscience aiguë- privé de l'art, l'homme perdrait le seul moyen de léguer son image à l'histoire et de rendre « supportable » la vie. C'est la direction que semble indiquer le poète qui, en passant constamment de l'expression des motifs sociaux de l'ouvre à leur intégration dans le mouvement de la création littéraire, fait de la littérature une forme d'exorcisme, un art de vivre par temps de catastrophe, une réponse poétique aux événements et à l'Histoire. Et, surtout, une façon de panser les blessures du temps pour que chaque minute de vie ne semble pas arrachée au destin et aux forces obscures qui se jouent de l'homme.

  • Si l'insomnie de Cheikh est rebelle, c'est qu'il a la gratitude têtue, la haine tenace et la reconnaissance infinie. Oui, la reconnaissance infinie car il y a des choses et des gens qui ne s'oublient pas. De la protestation à la révolte, de la compassion à la pitié en passant par l'amour chuchoté, le désir contenu, la passion retenue, la haine hurlée,... mais partout la gratitude fraternelle et l'amitié à chaque ligne, que dis-je, à chaque mot. La poésie de ce recueil, je ne la vois ni dans la rime, ni dans le vers. Point de terminaisons dont la redondance savante grise l'esprit pour mieux atteindre le cour. Sur le drap gris des nuits blanches de Cheikh, les couleurs sont des sentiments et c'est de leur chatoiement que naît le charme arc-en-ciel. Cheikh Diop est un littéraire dans l'âme, né le 12/12/54 à Thilmakha Mbackol. Titulaire de plusieurs diplômes et en Sciences, en Technologie et en philosophie, pensionnaire de plusieurs universités françaises et de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

    Formateur hors pairs dans beaucoup d'écoles de santé dakaroises dont l'ENDSS, ancien chef de section à la Direction de la Prévention des Risques Professionnels de la Caisse dé Sécurité Sociale. Cet ancien Enfant de Troupe du Prytanée Militaire Charles NTchoréré de Saint-Louis, est un génie accompli, à la fois poète, artiste plasticien, biologiste, physicien, mathématicien, philosophe biochimiste, Chimiste auteur d'un roman « De la Téranga pour Modou » (Éditions Salamata), et de plusieurs recueils de poèmes : « Poèmes Verts de Bango, (Fama Éditions) écrits en classe de sixième, « Insomnie Rebelle suivi de Tsylla » (Éditions Fasal). Il est aussi l'auteur de plusieurs communications scientifiques et littéraires.

  • Adji - dit Modou - je pense que tu dois avoir raison. Les affaires ne marchent plus pour nous autres marchands. Le travail de la terre non plus à cause des cycles de sécheresse qui se succèdent. Le prix de l'arachide à son tour a baissé vertigineusement. Il va falloir se résigner à partir à l'aventure comme tout le monde. Cela fait plus de dix ans que je trimbale ma pacotille en ville de marché en marché, de rue en rue. Tout périclite. Je partirai.

  • Seydi Sow est un romancier sénégalais. Avec la Reine des Sorciers, son deuxième roman, il nous introduit dans un monde merveilleux où le réel et le surréel se mêlent inextricablement. Il a choisi la vallée du fleuve Sénégal, la terre de ses ancêtres, pour nous peindre le premier volet d'une véritable saga africaine. Ce Roman a obtenu le Grand Prix du Président de la République pour les lettres en 1998.

  • Mon âme à l'envers est un recueil de textes poétiques composés entre 1982 et 1987, quand l'auteur poursuivait ses études à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, au moment où le monde traversait une période de doute sur la capacité de l'Homme à pouvoir créer sur terre un univers de fraternité entre les hommes. L'amertume devant le pouvoir répressif des indépendances africaines et la montée en puissance de l'Occident sur le reste du monde devient dès lors le thème fondamental de la production du Poète.

  • Pourquoi « les confidences de Mbane » ? Il s'agit de présenter ici une société en crise, pour avoir rompu les liens de sa tradition au contact de la culture occidentale, voire coloniale. De dire ses profondes mutations et son degré de perversion. Ecrits en 1965, les événements décrits demeurent toujours actuels, aggravés par les capacités de louvoiement de l'homme moderne.

  • Abdou Khadir NDIOUCK est né le 23 mars 1956 à Dakar. Ingénieur de formation et enseignant, il est un pur produit de l'université Cheikh Anta DIOP de Dakar où il a obtenu tous ses diplômes : « DESS, DUES, DUT ». Il a publié entre autres plusieurs mémoires dans le cadre de sa formation.Il travaille au Centre Hospitalier Régional de Thiès Sénégal où il occupe les fonctions de Chef du Service Qualité Hygiène & Sécurité depuis 2003. Et il vient d'entrer en littérature avec son recueil de poèmes : « Le Chemin infini ». J'habite un rêve au goût de sel gemme un rêve amer qui s'étale sur la grève délavée par les mille langues de la mer.

  • Nous aurions souhaité confirmer ici, l'existence d'un remède contre le sida. Hélas, il n'en existe pas. L'histoire de Guily n'est que de la pure fiction. Aussi, importe-t-il de se protéger contre ce fléau, en observant scrupuleusement les règles de prévention, vulgarisées par la communauté scientifique. Notre survie dépend d'elles.

  • Ouvrage des Editions Salamata coédité par NENA.
    L'oeuvre nous enfonce dans une envie de découverte. Une curiosité qui contraste, qui hèle la pause et pousse à la finition de la lecture. Quand, souvent le souffle entretient l'action, la description des images devient forte, expressive, elle repart en vous emportant dans une cadence que l'auteur réussit à maintenir tout au long de ses poèmes.
    Une oeuvre bâtie dans une fiction qui répond au genre. De l'amour à la nostalgie de sa belle cité, le rappel, le festoiement pour les grandeurs humaines jusqu'aux troubles du monde.

  • Ouvrage des Editions Salamata coédité par NENA.
    Ngagne Demha Gueye crée ici la tension d'un « khayaré », la voix de bronze du diali fait monter en lui des accents lumineux. Il évoque en des termes particulièrement puissants les jours de « khawaré », la longue et âpre nuit des « guelewars », l'appel tyrannique des tams tams de liberté autour du puits historique de Dekheule »

empty