Littérature générale

  • Corine Sombrun rencontre Enkhetuya, chamane du peuple Tsataan, au nord de la Mongolie, à l'orée des années 2000. Cette femme à la personnalité exceptionnelle, qui vit encore dans un univers autarcique où, de génération en génération on élève des rennes et on respecte les esprits de la nature, va lui transmettre un enseignement millénaire fait de rites et de cérémonies, gardiens de l'harmonie du monde.Tout en évoquant l'enfance d'Enkhetuya, née en 1957 en pleine taïga, son dur apprentissage de chamane dans une République populaire qui en interdit la pratique, ce récit passionnant retrace l'histoire d'un peuple de nomades qui a vécu comme à l'aube de l'humanité pour basculer il y a peu dans l'ère du marché planétaire. Corine Sombrun appartient à cette lignée rare d'écrivains qui placent l'esprit humain et ses facultés largement inexploitées au coeur de leur recherche, poursuit ici une quête initiée avec le Journal d'une apprentie chamane et Sur les pas de Geronimo.

  • « J´aime les tweets parce qu´ils partent en silence, circulent en silence et arrivent en silence. Les tweets sont des chats. »Grâce aux tweets, ces messages qui ne peuvent dépasser 140 signes, Bernard Pivot a redécouvert le plaisir de faire court. Ainsi, avec humour, fantaisie et pertinence, a-t-il écrit une sorte de journal très personnel constitué d'observations, de réflexions, d´aphorismes et de citations, que découvrent chaque matin ses 100.000 abonnés du réseau Twitter.

  • « Laurence Rees, historien renommé et auteur du remarquable Auschwitz. Les nazis et la Solution finale, pose comme toujours les bonnes questions avant d´y apporter les meilleures réponses. Mêlant témoignages de contemporains, preuves et documents, son livre nous offre une vision saisissante de ces millions d´Allemands tombés sous le « charisme » d´Hitler et l´adulant. » Ian Kershaw« Une étude fascinante. » Antony Beevor

  • PLACARDISATIONn. f. (du lat. placibilitas : clémence et arduus : difficile) :Résultat de la crise d'autoritarisme d'un chefaillon frustré consistant à mettre à l'écart tout salarié qui n'exécute pas béatement ses ordres imbéciles.Après le succès phénoménal d'Absolument dé-bor-dée, ou comment faire les 35 heures... en un mois ! Zoé Shepard retrouve dans cette nouvelle « fiction » sa mairie, dont elle a dénoncé les gabegies. Dévastateur et jubilatoire, le portrait accablant de l'administration française.

  • Parce qu'on a volé sa jeunesse, Nicole Castioni, qui aurait dû être une sage jeune fille de Genève, a fait un long voyage au bout de la nuit.Parce qu'elle s'est mise à mal rêver, elle s'est retrouvée, à vingt ans, plongée dans le double enfer de la drogue et de la prostitution. Cinq années de trottoir rue Saint-Denis, deux overdoses - et tant d'innocence.Pour retrouver le soleil de la liberté et sa dignité, il aura fallu à Nicole Castioni, aujourd'hui mariée et mère de deux enfants, une volonté et un courage de chaque instant. De son drame personnel, elle a su faire un combat qui l'a menée jusqu'à la députation au Parlement de Genève où elle s'est battue pour tous ceux et celles qui, comme elle, ont été jusqu'au fond de l'horreur.Son témoignage sans complaisance bouleverse. Mais au-delà de cette expérience pathétique que de nombreuses autres victimes vivent sans pouvoir en sortir, c'est un message et un cri d'espoir qu'offre ce document : une jeunesse volée n'est pas une vie perdue.

  • Grand voyageur, reporter passionné, Pierre Benoit (1886-1962) a fait rêver des générations de lectrices, et de lecteurs, avec ses romans flamboyants où un érotisme sous-jacent le dispute à un exotisme assumé. Aurore, Antinéa, Athelstane, Axelle..., les troublantes héroïnes de ce séducteur impénitent sont autant de femmes fatales qui inspirèrent les plus grands cinéastes. A l'occasion du cinquantenaire de la mort de Pierre Benoit, l'écrivain Gérard de Cortanze retrace le parcours chaotique de ce romancier prolixe, auteur de quarante-trois romans. Marqué par la Grande Guerre, il connut toutes les gloires - il entra en 1931, à 45 ans, à l'Académie française - et la déchéance suprême lorsqu'il fut, en 1944, injustement jeté en prison pour « collaboration avec l'ennemi ». Sa biographie, exhaustive et remarquablement documentée, le sort enfin du purgatoire auquel une certaine critique l'avait condamné. Elle retrace la vie littéraire foisonnante du Paris de l'entre-deux-guerres dont Pierre Benoit fut un des piliers avec ses amis Carco ou Dorgelès, nous fait croiser les innombrables conquêtes du romancier (de la chanteuse Marie Dubas à l'actrice Betty Stockfeld, en passant par Spinelly et Musidora) et révèle les nombreuses facettes de l'auteur de L'Atlantide, qui écrivit aussi bien des dialogues de films, que des centaines d'articles ou des livrets d'opérette. A son ami Jean Cocteau qui lui fit remarquer un jour qu'il avait « le génie de l'imprévu », Pierre Benoit répondit que « le devoir du romancier, c'est d'être de son temps. » Le XXe siècle et ses soubresauts lui donnèrent, ô combien, l'occasion d'être ce romancier paradoxal revendiquant une vie faite « d'absence d'unité, d'expérience et de rêverie ».

  • Les cas d'abus sexuel au sein de l'Eglise, et surtout le silence qui les a le plus souvent entourés pendant des décennies, constituent autant de scandales au sens social et évangélique du terme. « Face à de telles souffrances, explique dans sa préface Gabriel Ringlet, ancien vice-recteur de l'Université catholique de Louvain, certaines et certains se cachent à tout jamais- comment ne pas les comprendre ? D'autres n'en sortent qu'en devenant militants d'une cause pour laquelle ils entendent se battre sans répit. Il en est aussi, comme Danielle Scherer, qui choisissent de dénoncer sans s'enfermer.» Ayant reçu ce témoignage bouleversant, Gabriel Ringlet l'avait évoqué lors de son intervention devant la commission parlementaire belge, ici reproduite en annexe. Il y reconnaît « un texte rare, unique à bien des égards puisque, pour la première fois, la victime d'un prêtre pédophile accepte de confier publiquement une sorte de journal intime. Celui-ci permet de mieux comprendre dans quelle spirale infernale une enfant peut se trouver entraînée pendant de longues années. » Danielle Scherer réussit à évoquer le pire sans jamais tomber dans le piège du voyeurisme. Au nom, dit-elle, de « toutes celles qui sont restées sans voix ».

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