Éditions du Noroît

  • Les auteurs de cet essai explorent certains chemins qu'ouvre la déambulation littéraire comme processus de création et de lecture du poème, notamment pour les étudiants. Cette démarche permet au professeur d'échapper à la grille de lecture traditionnelle pour expérimenter le poème comme un territoire, avec ses marques et ses failles, où engager sa sensibilité.

  • Carte du monde et carte du tendre, cette «Mappemonde», nécessairement lacunaire, répertorie quelques-unes des coordonnées mystérieuses où les méridiens et les parallèles de notre Terre entrecoupent les lignes d'univers de la fiction. Entre la réinvention du passé, les évidences du présent, et le bruissement des possibles, et en entremêlant mon histoire personnelle à une mythique littérature universelle, je vous convie à une réflexion sur la façon dont la littérature contribue à l'amplification de notre spectre temporel, et à la découverte de fréquences émotives étrangères, dont nous ne pouvons qu'espérer qu'elles nous acheminent de plus en plus près de nous-mêmes.

  • Jacques Brault nous offre ici un impromptu, c'est-à-dire un objet longuement médité et inattendu, qui pénètre l'expérience mallarméenne à un point tel que les mots ne semblent pas tant répondre que faire corps avec l'univers de Mallarmé, s'il en est, tant le projet du poète symboliste du 19e siècle reste mystérieux.
    À partir du mot « or » s'articule donc un propos riche, auquel Jacques Brault ajoute également quelques repères bibliographiques.

  • Ces carnets sont comme le journal d'un essai qui configure la vie multiple d'un être, à mi-chemin entre fulgurance et révélation, entre esthétique et pensée, entre la vie et le scripteur qui prend forme. L'être, le poème, le lecteur, l'enseignant et l'éditeur marchent côte à côte, de front, tous happés par la vie, par l'échéance d'une durée consciente.

  • Aiguillée par une leçon reçue jadis, l'auteure retourne à ses paysages fondateurs. Ces retrouvailles sont l'occasion d'une réflexion sur l'écriture des lieux qui forgent l'imaginaire, de même que sur le dialogue entre essai et poème qui porte cette dernière. Éclairés par la sagesse de l'ours, les parcours intellectuel, artistique et spirituel que l'essai retrace se rencontrent, tandis que passé, présent et futur se brouillent et se fondent à la ligne d'écriture. Ainsi libérée de l'obsession du temps et rendue à la présence, la conscience s'ouvre à la mémoire des lieux.

  • «Ratures et repentirs» est un carnet de route jalonné des questions et réflexions que je rencontre dans mon travail. C'est aussi le témoignage d'un artiste tenant à garder la main au plus proche de son esprit. On y suit la ligne comme le mot, de déchirures en repentirs pour l'une, de ratures en reprises pour l'autre. L'une et l'autre sont affaire de métier. J'y ai toujours été un artisan laborieux reprenant son trait à en épuiser son bois. Chaque jour apporte un peu plus de cohérence et de fermeté à ce qui hier encore ne s'entrevoyait même pas. Au bout de la ligne et sous le mot apparaîtra peut être ce qui ne sera plus à dire, ce qui ne sera plus à peindre.
    M. Madore

  • Cet essai cherche dans l'oeuvre mimée d'Étienne Decroux les héritages d'une parole qui s'habite et prend racine dans son mutisme, considérant que toute voix origine du silence des corps. L'ouvrage approche la transmission dans le travail artistique et intellectuel sous la forme de reprises et de répétitions, des tentatives réitérées d'approcher la matière depuis le silence, l'échec - quand on chante parce qu'on ne peut rien faire d'autre. C'est aussi une ode à la part du feu dans la transmission.

  • «Quand l'interprète de danse entre en scène, plus je me tiens près de lui ou d'elle, plus mon corps me parle d'émoi. Chair éprouvée dans le mouvement, univers sensible incorporé de l'autre. Pour le dire, il existe des mots : existe-t-il des mots?
    Plus je m'entretiens de danse, moins je prétends la rendre visible ou la déployer. Mais plus elle exige de moi que je sois précise. Et que je me tienne au plus près, dans une intelligence possible de cette existence, sur le mode de la paupière qui s'ouvre chaque matin.»

  • Depuis des millénaires, nos rapports au monde et aux autres sont déterminés par les histoires que nous échangeons, celles que nous nous transmettons d'une génération à l'autre, celles que nous oublions, refoulons ou nions, celles qui se font à l'instant même.

    L'écriture travaille à rétablir les liens qui nous lient au vivant; à la fois, aux êtres et à la terre, au territoire. Ce faisant, il se produit des choses étonnantes, des clartés et des ouvertures qui nous tirent vers le monde et nous y incluent, qui nous mettent au monde - à condition d'être attentif.

  • «Le Fait d'écrire» présente le «Journal» de Jean-Pierre Guay (1946-2011), puis analyse en détail comment est composé chacun de ses vingt tomes dans le but d'en faire un volume autonome en soi.

    Poète, essayiste et romancier, Jean-Pierre Guay a commencé son journal en janvier 1985 et l'a publié au fur et à mesure qu'il le rédigeait, d'abord chez Pierre Tisseyre, puis aux Herbes rouges. Grâce à l'attention de ces éditeurs, tous les tomes du «Journal» sont disponibles en librairie.

    Très vite, dès la parution du premier volume en 1986, les écrivains ayant une réputation de capacité se sont entendus pour déclarer que cet auteur, libre et drôle, avait trouvé le genre littéraire dans lequel il allait exceller, ce qui s'est confirmé tome après tome, jusqu'à la publication posthume de «L'Errance amoureuse», où journal et poésie trouvent leur point d'incandescence.

  • Un poeme au milieu du bruit. lectures silencieuses Nouv.

    Lire un poème en silence, à l'écart de l'agitation quotidienne et du bruit : tendre l'oreille à la voix qui se tait au fond des mots. Renouer avec cette langue où «les choses muettes nous parlent», comme l'écrivait Hofmannsthal, de manière à mieux mesurer leur profondeur ou leur part d'ombre. Les essais rassemblés dans ce livre s'intéressent à des poèmes qui peuvent se dispenser d'accompagnements sonores, de performances ou de mises en scène. Ils commentent des textes connus et moins connus, écrits au XXe ou au XXIe siècle par des auteurs d'ici et d'ailleurs, et s'efforcent de ramener la poésie à sa dimension littéraire. Peu importe les sujets qu'elles abordent - le réalisme, la sensibilité écologique, la filiation, par exemple -, ces lectures se mettent à l'écoute du silence au milieu du bruit.

  • Elle avait dit : « Il faut protéger les circuits du coeur et de l'intelligence qui nourrissent la folie du non-réel en nous. La littérature en dépend tout autant que le plaisir d'exister. » C'est ce à quoi Gérald Gaudet a toujours tenu en recevant les écrivains dans l'entretien.

    Lire, c'est comme aimer, nous y mettons du sens. Nous tenons à ce qu'il y en ait. Et c'est parce que l'oeuvre de Nicole Brossard donne ultimement des raisons de vivre, de vivre avec les livres, avec la pensée qui vient des livres, avec celle qui comme l'émotion vient des mots, qu'on sait cette oeuvre nécessaire - pour soi et pour les autres.

  • Par cette réflexion qui laisse une large place à la liberté et auxcontradiction, Paul Chamberland argumente une réflexion fertile et pertinente sur les enjeux actuels de la poésie, mais aussi bien de la littérature et de l'échec du monde à se poursuivre dans la novlangue.
    Car celui qui écrit le poème met en suspens toute autre visée que celle de faire entendre, en un fragment, mais alors selon toutes ses virtualités, ce qui fait de nous des «parlants». Nous sommes des êtres dans le monde, et le monde n'est ni intelligible ni figurable autrement qu'interprété par le langage.

  • Cet essai peut peut être lu comme une ode à la vie et à l'histoire littéraire, à « l'autre parole », celle de la poésie québécoise actuelle, particulièrement celle des femmes poètes et de leurs thématiques. Le poème didactique est ici une dilecture (dilection et lecture), selon la
    définition du poète français Guy Goffette : la mise en abyme d'une oeuvre qu'on admire, par citations, descriptions, aspects particuliers ou essais de synthèse de l'oeuvre. Jean Royer aborde aussi dans ce livre ce qu'on appelle le poétique en général, et la mélancolie, thème fondateur des cultures, concluant avec « l'élan d'écrire » et un regard sur l'héritage de la modernité. Cet essai personnel, didactique et ludique à la fois, dédié à différents aspects et visages de la poésie, compose le 4e volume du cycle de L'arbre du veilleur.
    Comme l'ensemble de la poésie, le poème didactique a pour mission d'éclairer notre regard vers les choses et de questionner notre destin.

  • Être un homme et danser jusqu'à 70 ans, c'est tout sauf ordinaire. Danser et chorégraphier sont des métiers peu connus. Artiste du corps en mouvement, Paul-André Fortier a exploré, pendant plus de quarante ans, les capacités expressives du corps à titre de danseur et de chorégraphe. Cet essai propose un voyage au coeur même de la création et de l'interprétation de ses oeuvres qui, pour une grande part, se sont faites en solo. Fortier y lève le voile sur ses aspirations, ses doutes, ses échecs, ses joies et ses succès. Il y parle de collaborations glorieuses - entre autres avec la plasticienne Betty Goodwin - et de solitude aussi, tout en faisant la part belle au «Solo 30X30», qu'il a dansé 450 fois, dans quinze villes sur trois continents.

  • De ce monde ouvre sur des aspects complémentaires de l'écriture de Louise Warren, de 2004 à 2020 : la chronique brève et la prose dédiée à un thème, incluant de nombreux inédits. Chaque volet accueille les oeuvres d'autres artistes, les lieux, le voyage, le souvenir, la lecture. Ainsi se tissent les fils de son appartenance au monde, dans sa multiplicité, dans sa diversité, de la vie simple aux échos de la planète, de la création à l'amitié et à la solidarité. Traversée par une même expérience de l'intime et du langage, la réflexion s'approfondit, jusqu'aux recherches récentes sur la matière et l'incertitude.
    Cet essai inclut le texte « Au nom de la matière » qui accompagne l'exposition du même titre au Musée d'art de Joliette, présentée du 15 août 2020 au 10 janvier 2021, dont Louise Warren est commissaire.

  • Cet essai est un apport à la réflexion québécoise sur la poésie, car il contribue à enrichir les lieux de l'imaginaire poétique, non seulement dans une perspective continentale américaine, mais aussi dans celle des traditions littéraires anglo-saxonne et hispanique.
    Non seulement l'attention portée au domaine de l'émotion est un apport aux théories de la lecture et de la création, mais les textes qui lui sont consacrés pourront aussi être fort utiles aux professeurs des collèges et universités francophones. Serrano rend le texte poétique familier dans un langage imagé, se déployant selon différents angles d'approche, dans une cohérence de thèmes et de répétitions qui n'enferme toutefois pas le sens, constamment ré-ouvert. L'essai acquiert ainsi une «troisième dimension», poétique, qui est mise en abyme.

  • Véritable hommage à la mémoire de Paul Émile Savard, ami disparu, Toots fait la Shiva, avenue Minto d'Erín Moure dépasse la simple étude. Livre émouvant s'il en est, cet essai, dont on a dit qu'il constituait «un beau témoignage d'une vie courageusement vécue aux confins des valeurs contemporaines», fait ressurgir l'existence d'un homme n'ayant laissé aucune trace, si ce n'est qu'en cette femme qu'il surnommait Toots. «Ce sont mes souvenirs, et le souvenir est un travail d'imagination», écrit Moure. De l'Abitibi aux quartiers pauvres de Vancouver, en passant par Montréal et l'avenue Minto près de la Cour de triage Glen à N.-D.-G., à travers des souvenirs et des recherches Google, des citations de Rilke et des allusions aux recettes de Madame Jehane Benoît, l'autrice honore la dignité de cet être cher, dignité dont elle seule, au fond, pouvait rendre compte.

  • À travers les diverses sections de ce livre, Louise Warren poursuit sa réflexion sur la création en interrogeant et en parcourant - grâce à l'aisance du flottement - les lieux où l'écriture surgit et où elle s'exprime : le paysage, la maison et ses espaces, mais aussi le corps, le poème et la pensée elle-même. Ce projet se distingue par son hybridité : l'auteure avance en effet dans l'essai avec la poésie, elle en varie les tons et les formes, elle multiplie les façons d'occuper la page, dans une architecture fondée sur les échos et le déroulement intuitif. La recherche porte sur l'expérience de soi et l'expérience des formes, les voyages, les rencontres, les lectures, dans une quête constante de la formule juste, de l'équilibre visuel et sonore, se modifiant d'un fragment à l'autre. Ainsi s'élaborent concrètement la pensée du poème et le poème de la pensée.

  • Le triangle est l'instrument le plus facile à manier au sein du grand orchestre. Objet futile, simple tige de métal pliée qu'on pourrait presque glisser dans la poche intérieure de son veston comme une pipe ou un stylo. Des piquiers qui s'avancent seuls ou en rangs serrés sur la portée des percussions. Et ce timbre clair, pourtant, on dirait invasif, qui traverse les mailles les plus ténues du bruit ambiant... Le triangle symbolise le mieux, sans doute, le travail du diariste, du poète qui fignole des notes dans un carnet. Un seul écart de lecture, un seul émoi intempestif, et - ding! C'est l'appoggiature, le contretemps, la bourde. C'est l'humiliation de l'instrumentiste, immédiate, tranchante, une humiliation pire, à n'en pas douter, si l'on considère le caractère simplet de l'outil qui produit toujours la même note lorsqu'on le frappe avec une tringle. Rien, dans ce bout de métal, de quoi jouer les démiurges ou les semeurs de foudre. Rien que des notes frappées, étirées de temps à autre en quintuples-croches, mais toutes consubstantielles à l'orchestre, indissociables du tempo et du bercement de la mélodie qu'a commandés le chef.

  • La correspondance entre Geneviève Amyot et Jean Désy, qui s'est étendue sur une dizaine d'années, est une occasion unique d'entrer dans l'intimité d'un échange sur la création et l'écriture qui par ailleurs déborde la littérature et s'incarne dans la vie même. Création, maternité, littérature, voyages, réflexions sur la vie, le temps, etc., tout se mêle au quotidien, dans une ferveur qui ne se dément jamais. D'une lettre à l'autre, ils s'abandonnent en toute amitié.
    Voilà un « trésor », ainsi que l'écrit Jean Désy dans sa préface; celui des poètes qui ont conservé leurs lettres précieusement. On y retrouve la voix tourmentée et généreuse de Geneviève Amyot; on y reconnaît son écriture mélangeant le trivial et le spirituel. Vient à sa rencontre celle de Désy, vivante et voyageuse, pour créer un dialogue révélateur et captivant où se dévoilent de grandes richesses littéraires et humaines.

  • Je n'ajoute pas un art poétique à des centaines d'autres, souvent interchangeables. Je ne parle ni d'art ni de poétique... mais d'ars, façon qu'on a d'être vivant, et de poesia, façon de créer ce vivant là, ce survivant, ce renaissant, ce recréant. Nous sommes des créants, non pas des mécréants comme on le croit, qui n'ont foi en rien, pas même dans la parole qu'on leur donne. Nous sommes des créants en Dieu sait quoi, mais des créants quand même, qui ont le poème pour seule prière, la parole comme acte de foi, le chant comme sacrement... Des créants magnifiques, qui ont perdu toute confiance en eux, en l'Homme, mais pas dans les mots et les phrases qui en tiennent lieu dans la parole, leur « acte de naissance » à autre chose qu'eux-mêmes : le don de l'air, de l'autre souffle.

  • «Une démarche de chat» est une lettre qu'envoie un auteur vieillissant à une jeune femme, Ariane, qui partage avec lui une passion pour l'écriture. Convaincu que le goût des lettres est une façon de vivre, il tente de persuader son interlocutrice que la pratique de la création littéraire doit s'exercer avec constance et même obstination, sans le moindre espoir de reconnaissance. Suivre son chemin, advienne que pourra. Ce qui n'empêche surtout pas de peaufiner sa démarche. L'important étant la façon dont les choses sont dites. Le vieux romancier croit avoir découvert dans les nouvelles de sa correspondante un monde dans lequel il se reconnaît. Quelqu'un prendrait le relai.

  • «La voix antérieure» constitue le deuxième tome du Cycle du Veilleur, inauguré en 2013 au Noroît et qui propose des pistes de réflexion et de lecture à partir de quelques aspects et approches de la poésie. Le premier volume, «L'arbre du veilleur», s'attachait à des aspects de la poésie au fil des oeuvres de poètes divers. «La voix antérieure» illustre, pour sa part, des approches de la poésie par des thématiques appartenant à l'histoire de la poésie, à la modernité et à la vérité du poème. En somme, Jean Royer y interroge les origines du poème, cette voix antérieure.

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