Quentin Deluermoz

  • Depuis les analyses célèbres de Karl Marx, l'histoire de la Commune de Paris a été placée au centre de notre compréhension de l'événement révolutionnaire. Et l'espérance de "faire commune" fait aujourd'hui retour dans notre imaginaire politique.

    Cet ouvrage se propose de mener l'archéologie de cette puissance d'actualisation, mais en revenant d'abord sur la force de l'événement lui-même. Le récit prend appui sur une enquête archivistique minutieuse qui permet de reconstituer, par le bas, les stratégies des acteurs, leurs luttes comme l'ouverture des possibles qui marque ces journées. L'événement dépasse dès ses débuts le cadre parisien. De la rue Julien-Lacroix aux concessions de Shanghai en passant par l'insurrection kabyle, la Croix-Rousse à Lyon ou la république des cultivateurs aux Caraïbes, le livre propose une histoire à différentes échelles, du local au global, en décrivant des interconnections multiples.

    De là un essai vif et original sur l'histoire transnationale des échos entre l'espérance révolutionnaire française et les trajectoires insurrectionnelles mondiales, doublé d'une réflexion renouvelée sur les rapports entre ordre social et révolution.

  • Alors que la France vient de connaître quatre régimes différents en un demi-siècle, la révolution de 1848 semble rouvrir le temps des remous et des hésitations. Et pourtant, de l'éphémère Deuxième République au Second Empire et jusqu'à la Commune de Paris, c'est bien l'expérience démocratique qui fait ses armes. Balbutiante, encore fragile, la démocratie parlementaire s'impose ainsi définitivement à l'issue de la guerre franco-prussienne de 1871 ? clôturant près d'un siècle de bouleversements politiques.
    Rien d'évident, pourtant, dans cette victoire a posteriori. Derrière les événements politiques, cet ouvrage retrace les avancées et les reculs, les intuitions fulgurantes de l'avenir comme les ultimes lueurs du passé, et brosse l'ample tableau d'une France résolument engagée dans son siècle : du suffrage universel aux libertés publiques, des grands travaux urbains à l'essor du monde ouvrier, de l'expansion coloniale au soutien apporté au printemps des peuples, s'impose une « modernité » aux multiples visages, parfois contradictoires.
    Bien plus, retraçant l'histoire nationale à l'aune des événements européens, Quentin Deluermoz met au jour un « esprit du siècle » propre à la France. Encore indicible, presque imperceptible, quelque chose de neuf, qui transformera durablement le pays, est en train de prendre, tandis que l'ombre de la Révolution française jette ses derniers feux.

  • Et si l'histoire, ou la vie, avait suivi un autre cours ? Ce que l'on appelle le raisonnement contrefactuel surgit spontanément dans les conversations pour nourrir des hypothèses sur les potentialités du passé et les futurs non advenus. Il traverse la littérature, les réflexions politiques et toutes sortes de divertissements. Que serait-il advenu si le nez de Cléopâtre avait été plus court ? Si Napoléon avait remporté la bataille de Waterloo ? Quentin Deluermoz et Pierre Singaravélou prennent la question à bras le corps. Ils mènent l'enquête au sein d'une vaste littérature pour saisir la diversité des usages de l'analyse contrefactuelle - des fictions uchroniques les plus loufoques aux hypothèses les plus sérieuses. Ils s'attachent à cerner précisément les conditions d'un usage légitime et pertinent pour les sciences sociales, repensant les enjeux de la causalité et de la vérité, des rapports entre histoire et fiction, entre déterminisme et contingence. L'enquête dévoile peu à peu la richesse d'un travail sur les possibles du passé, et ouvre sur des expérimentations dans le domaine de la recherche comme de l'enseignement. Une réflexion ambitieuse et novatrice sur l'écriture de l'histoire, sa définition et sa mise en partage. Maître de conférences à l'université Paris 13 (laboratoire Pleiade), chercheur associé au CRH (EHESS) et membre de l'Institut Universitaire de France, Quentin Deluermoz travaille sur l'histoire sociale et culturelle des ordres et des désordres au XIXe siècle (France, Europe). Il a publié au Seuil, dans la série « La France contemporaine », Le Crépuscule des révolutions, 1848-1871 (2012 ; « Points Histoire », 2014). Professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur à l'UMR SIRICE et membre de l'Institut Universitaire de France, Pierre Singaravélou a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire du fait colonial aux XIXe et XXe siècles, et édité au Seuil Les Empires coloniaux, XIXe-XXe siècle (« Points Histoire », 2013). Il dirige les Publications de la Sorbonne et le Centre d'histoire de l'Asie contemporaine.

  • Le discours sur le métissage est à la mode, mais qu´entendre réellement par là ? L´ouvrage examine la généalogie de ce concept, il s´attarde sur sa polysémie et ses limites en étudiant son usage dans de nombreux domaines : le corps, la littérature, la religion, etc. Les contributions portent sur les dimensions culturelle, territoriale et politique (identitaire) de cette notion, dans de nombreux pays et à des époques très différentes. Au-delà, elles montrent comment considérer le métissage comme un concept opératoire en sciences sociales.

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