Paul Aron

  • Établissant passerelles et connexions entre toutes les composantes de la création théâtrale - écriture, jeu d'acteur, scénographie, mise en scène, idéologies, contexte économique et politique - ce livre, publié à l'initiative du Théâtre national de la Communauté française de Belgique, tente d'écrire l'histoire globale d'un art fondamentalement complexe et collectif. Au fil d'une approche chronologique en quatre périodes, de 1830 à nos jours, l'ouvrage de synthèse de Paul Aron montre comment, après avoir subi pendant longtemps l'influence des tournées parisiennes et du théâtre français, le théâtre belge de langue française progressivement s'émancipe et s'affranchit.

    Paul Aron (né à Bruxelles en 1956), est enseignant-chercheur de littérature belge et française. Docteur en philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles, il est directeur de recherche au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS) et professeur de littérature et théorie littéraire à l'Université Libre de Bruxelles. Il s'intéresse à l'histoire de la vie littéraire, principalement des xixe et xxe siècles, aux relations entre les arts et entre la presse et la littérature.

  • "À une époque où l'une des préoccupations essentielles des historiens était de mesurer la malnutrition, d'étudier les données matérielles censées déterminer les comportements économiques, sociaux ou politiques, Jean-Paul Aron déplaçait l'axe de l'enquête, sa problématique, en examinant les données du goût alimentaire, en le liant aux préjugés sociaux, aux valeurs esthétiques, aux interdits religieux. Chaque produit alimentaire était ainsi doté d'un statut individuel, il était personnalisé.""
    - Marc Ferro

    Dans cet ouvrage unique en son genre, Jean-Paul Aron nous fait parcourir le XIXe siècle de restaurant en restaurant, de table en table, des plus riches aux plus pauvres. En explorant les habitudes alimentaires, il nous offre aussi tout le plaisir de son humour mordant et son immense érudition.

    /> Agrégé de philosophie, licencié es lettres, Jean-Paul Aron (1925-1988) s'est illustré aussi bien dans le domaine de l'art que dans l'histoire des sciences, de la sociologie, en s'appuyant sur l'écrit et sur les médias tels que la radio ou la télévision. Homme de gauche, il fut, pendant une brève période, conseiller au cabinet du ministre de la Culture, Jack Lang, en 1981; jusqu'en mai 1988, il présida le conseil scientifique de la Bibliothèque nationale; il était aussi directeur d'études à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales.

  • L'épistémologie n'est ni une juridiction d'appel statuant sur la validité des concepts scientifiques ni une psychanalyse démasquant les fantasmes sous-jacents à la connaissance objective, mais une problématique soulevée par ces deux énoncés inséparables : 1) que la science est une production de la culture ; 2) qu'elle est un langage, c'est-à-dire un système suffisant à soi. Articuler ce système à l'histoire totale, déceler ses appartenances à un ensemble dont témoignent, en leurs figures diverses, d'autres langages, c'est, de façon plus précise et plus urgente, la tâche d'une épistémologie biologique. Plus précise, s'il est vrai que l'ordre vital fut longtemps et demeure souvent imparfaitement délimité entre l'ordre physique et l'ordre humain ; plus urgente, pour rejeter le soupçon d'impureté qui entoure, dans la pensée rationaliste traditionnelle, les objets ambigus de la science de la vie.

  • En marge et au fil de l'histoire, désolé et triomphant, singulier destin de la femme française du XIXe siècle. Interdite de désir, elle porte son corps en bandoulière, à la fois matière d'opprobre et emblème où la société dominante lit la vertu gagnée sur la jouissance et la dignité des maris. Vouée, dans la bourgeoisie, aux occupations oisives, elle est le fer de lance de l'activisme et de l'ambition des hommes. Ménagère, dans le prolétariat, asservie aux travaux domestiques, elle exerce sur la famille une souveraineté compensatrice. Et partout, à la ville ou à la campagne, dans la haute société ou le peuple, elle règne par la vigueur des symboles, garante de l'honneur des humbles comme des nantis, inspiratrice des grandes entreprises et des révoltes conquérantes. Jean-Paul Aron

  • Enseigner la littérature belge de langue française dans l´enseignement secondaire est un objectif commun aux programmes de tous les réseaux. Mais pourquoi ? Et comment ? Telles sont les questions auxquelles répond ce manuel novateur destiné aux enseignants et aux élèves.
    Les auteurs n´ont pas voulu écrire une nouvelle histoire de cette littérature, ni composer un recueil de morceaux choisis. Ils proposent des séquences et des « situations-problèmes » concrètes permettant aux élèves de s´approprier du savoir littéraire. Ils rassemblent à cette fin des textes connus et moins connus, des références, des suggestions, bref un matériau volontairement diversifié décliné en de multiples séquences d´apprentissage. Chaque extrait peut, à son tour, susciter des travaux personnels, tant en compréhension qu´en production, et faire l´objet de comptes rendus, de débats, ou être le point de départ d´une recherche personnelle ou en groupe.
    À PROPOS DES AUTEURS Françoise Chatelain est licenciée en philologie romane (ULB) et prépare une thèse sur l´enseignement de la littérature française en Belgique francophone. Elle est professeur de français dans l´enseignement secondaire depuis trente ans. Elle a publié Durendal, une revue catholique au tournant du siècle (Bruxelles, ARLLF, 1983), collaboré au Dictionnaire des oeuvres. Lettres françaises de Belgique (Bruxelles, De Boeck, 1988 et suiv. ) et à l´Anthologie du roman historique en Belgique francophone (Bruxelles, Le Cri, 2008).
    Paul Aron est directeur de recherches au FNRS et professeur à l´Université libre de Bruxelles. Il est l´auteur de plusieurs ouvrages sur l´histoire de la littérature belge et collaborateur de la revue Textyles. Parmi ses publications dans le domaine belge, on citera : La mémoire en jeu. Une histoire du théâtre de langue française en Belgique (Bruxelles, La Lettre volée-Théâtre National de la Communauté française de Belgique, 1995) ; La littérature prolétarienne en Belgique francophone depuis 1900 (Bruxelles, Labor, 2006) ; Vérités et mensonges de la collaboration. Trois écrivains racontent « leur » guerre (Raymond De Becker, Félicien Marceau, Robert Poulet) (avec Cécile Vanderpelen-Diagre - Bruxelles, Labor, 2006). Il a dirigé avec José Gotovitch le récent Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique (Bruxelles, André Versaille éditeur, 2008).

  • Parvenue au pouvoir, après la grande Révolution, la bourgeoisie française poursuit impatiemment des modèles d'honneur. Entre 1820 et 1850, elle met sur pied un appareil idéologique qui la rassure, à défaut de fonder son prestige. La morale ne régit pas sa conduite, seulement ses discours. Le soir, les maris délaissent leurs épouses, les enfants se masturbent. Mais les contrôleurs sociaux, hygiénistes, médecins, pédagogues, s'indignent en cadence, porte-parole d'une société qui substitue l'opinion au sacré et le dehors à la vérité.

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