Pascal Perrineau

  • Le grand écart

    Pascal Perrineau

    • Plon
    • 21 Novembre 2019


    La France vit-elle un changement profond de son paradigme démocratique ?

    Au cours des trois dernières années, les vieux partis politiques ont presque disparu, le clivage entre la gauche et la droite s'est étiolé, de nouvelles forces et organisations ont émergé.
    L'année 2019 a vu trois registres de la démocratie opérer et tenter de dialoguer : la démocratie directe des Gilets jaunes, la démocratie participative du grand débat national et la démocratie représentative issue des urnes lors des élections européennes. Or tout laisse penser que leur complémentarité se fait de façon plus conflictuelle et fragmentée qu'auparavant.
    Fort de son expérience de garant du grand débat national - qui lui a permis d'entendre directement la parole de nombreux Français, leurs préoccupations comme leurs
    revendications, mais aussi d'être au coeur de l'expérience du pouvoir politique et d'en approcher les intentions et les doutes -, Pascal Perrineau prend ici la mesure de l'état de santé démocratique du pays.
    Et c'est le portrait d'une France politique changée, troublée, en certains points fracturée, dans un contexte de défiance politique majeure entre gouvernants et gouvernés, qui s'impose.

  • Un processus de destruction créatrice d'une rare intensité s'est emparé du système politique français lors des élections de 2017. Ouvert par une série de déchéances fulgurantes, il s'est poursuivi par une campagne incapable de se fixer sur de véritables enjeux puis par une explosion de la mobilité électorale pour s'achever par un après-élection comparable à un champ de ruines.Après la tempête, voici venu le temps de l'analyse et des premiers résultats issus de la recherche.La vingtaine de contributions inédites réunies ici, complétée d'une chronologie et d'une synthèse des votes sous forme de cartes et de tableaux, signale la fin du cycle politique né après la seconde guerre mondiale. Elle montre la façon dont s'évanouit le système des partis et dont sont remises en question les institutions représentatives pour faire place aux organisations en réseau et à une demande de démocratie horizontale.

  • L´élection présidentielle de 2012 fait partie de ces rares élections où, six mois avant l´échéance, le sort du second tour paraissait scellé. Elle se distingue fortement des derniers scrutins (1995, 2002 ou 2007) qui avaient connu un jeu politique plus ouvert et incertain. Tout s´est déroulé comme si les « figures imposées » l´avaient emporté sur les « figures libres » : figure de la mobilisation gauche-droite, figure des préoccupations économiques et sociales, figure du bilan dans un contexte de crise...
    À l´hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, fragilisé à droite, a répondu la campagne de François Hollande en faveur d´une présidence normale. Le candidat socialiste a profité de l´effet catalyseur de la primaire socialiste pour rassembler son propre camp. Il a su aussi agréger des protestations diverses et hétéroclites qui, l´élection acquise, ont retrouvé leur pouvoir dissolvant et perturbateur.  Pascal Perrineau, directeur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po associé au CNRS), a réuni les meilleurs spécialistes pour décrypter ce moment clé de la vie politique française. L´ensemble des contributeurs s´appuie sur l´étude du panel « Présidoscopie 2012 », le plus fin baromètre de la campagne présidentielle pour offrir une contribution décisive à la compréhension des processus de décision électorale.  Avec les contributions de Daniel Boy, Bruno Cautres, Flora Chanvril, Jean Chiche, Gilles Finchelstein, Jérôme Fourquet, Jérôme Jaffré, Anne Muxel, Henri Rey, Dominique Reynié, Mariette Sineau, Sylvie Strudel, Brice Teinturier, Thierry Vedel.

  • La France au front

    Pascal Perrineau

    • Fayard
    • 12 Février 2014

    Le Front national est-il en passe d´accéder au statut de « grand parti » ?Après avoir prospéré pendant près de trente ans sur les désillusions, les rejets et les inquiétudes, il aspire aujourd´hui à sortir de cette enclave. Le moment est propice : plus que jamais, la crise économique et sociale accentue le discrédit qui touche les deux grandes forces de gouvernement autour desquelles s´organisent les alternances depuis des décennies.  Pascal Perrineau propose une analyse de la stratégie du FN depuis sa création et de son évolution sur la longue durée. Décryptant les ressorts de sa dynamique actuelle, il montre comment l´appropriation des thèmes de la République et de la laïcité, le renouveau générationnel en son sein ou encore l´effort de « respectabilisation » lui confèrent une influence électorale croissante. Soigneusement lissée, l´image de son leader, Marine Le Pen, ne cesse de s´améliorer, et nombre d´idées véhiculées par le parti attirent une audience de plus en plus large.Alors, la France va-t-elle au Front ? Quels que soient les scénarios pour l´avenir, le FN est désormais une force avec laquelle le pays doit compter. Avec une certitude : la grande échéance présidentielle de 2017 rebattra les cartes du pouvoir.Professeur des universités à Sciences Po et directeur, jusqu´en 2013, du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), Pascal Perrineau est l´un des meilleurs analystes de la vie politique française, du vote, et particulièrement de l´extrême droite. Il est notamment l´auteur du Symptôme Le Pen (Fayard, 1997) et du Choix de Marianne (Fayard, 2012).

  • En se qualifiant pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen a conforté la position du Front national au tout premier rang des forces politiques en France.
    Or, ce que Pascal Perrineau établit avec éclat dans ce livre choc, c'est que ce sont aussi les électeurs de gauche qui ont contribué à installer le FN en position dominante et que, ce faisant, ces derniers ont le sentiment de ne rien renier de leurs convictions profondes. Les motifs de leur vote (défense de l'État-providence, du rôle de l'État dans un monde globalisé, de la laïcité, d'une certaine idée de la République) sont au contraire demeurés les mêmes quand la gauche, disent-ils, aurait trahi ses idéaux et abandonné le peuple.
    C'est ainsi que l'enquête témoigne autant des raisons pour lesquelles la gauche a perdu son électorat populaire qu'elle éclaire l'impressionnante progression du parti de Marine Le Pen.
    Des leçons à tirer pour une gauche d'opposition.
    Pascal Perrineau est l'un des plus fins connaisseurs de la carte électorale de la France et des motivations du vote des Français. Il a été directeur du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po) entre 1994 et 2013. Il est professeur des universités à l'Institut d'études politiques de Paris.

  • This edited volume is based on a highly original survey carried out between November 2011 and June 2012 among a panel of 6,000 voters. The panel was interviewed on 12 separate occasions about how and why they made their voting choices. The book focuses on how electoral choices are made and how these choices evolve during the short time-span of an election campaign. The analysis of the 2012 electoral result shows more than ever that voting choices are the fruit of interweaving timelines: the long term period that characterizes voters' predispositions and their predictions of a possible scenario; the shorter period of time during which the campaign unfolds where those predispositions are either confirmed, called into question, or undone; and the moment when the final choice is made. This is the first time the electoral decision-making process during a French Presidential election has been systematically studied. 

  • L'engagement politique dans ses formes traditionnelles (électorale, militante...) est en crise. Ce déclin est-il inéluctable ? Les Français, déçus de la politique, sont-ils en train de se retirer de tout investissement dans la sphère politique ? Cet ouvrage dresse, pour la première fois, un état des lieux. Où en est-on dans les partis, les syndicats, les associations ? Comment évoluent les formes les plus protestataires de l'engagement ? Au-delà du déclin et de la recomposition des formes traditionnelles d'engagement, n'assiste-t-on pas à des mutations profondes des attentes que les Français ont vis-à-vis de l'action politique ? Derrière une apparente lassitude politique se découvre une forte demande de faire de la politique autrement. Déjà, de nouveaux lieux d'engagement et de nouveaux enjeux se dessinent et montrent que la crise de l'engagement est une crise où de vieux modes d'insertion en politique déclinent et où de nouveaux hésitent à naître.

  • Depuis 15 ans, de nombreuses formations d'extrême droite ont renoué avec un certain succès électoral. Ce phénomène est décrit ici dans ses différentes expressions européennes, et en termes de logiques économiques, sociales, culturelles et politiques dans lesquelles il s'inscrit. Une interprétation globale est proposée : les crispations des sociétés face à la société ouverte.

  • Le choix de Marianne

    Pascal Perrineau

    • Fayard
    • 8 Février 2012

    Les Français vont bientôt se rendre aux urnes pour élire le président de la République. Leur choix sera l'expression de plusieurs fractures (ou "clivages") qui traversent la société française. Certaines sont anciennes et ne mettent plus toujours aujourd'hui en scène un affrontement politique lisible et fort : l'affrontement biséculaire de la droite et de la gauche, le conflit des classes sociales ou encore la partition politique des territoires. D'autres sont plus neuves mais ne parviennent pas encore à faire naître des oppositions politiques claires : les conceptions antagonistes de l'Europe et de son avenir, les lectures divergentes de la crise économique et de la mondialisation, le choc des valeurs ou des cultures.
    C'est à partir de ces fractures anciennes et nouvelles qui donnent sens au combat politique que nous construirons nos choix électoraux. Mais aussi, ceux-ci seront autant de réponses à une conjoncture, celle d'une année 2011-2012 marquée par trois inquiétudes aux allures de véritables défiances : celle vis-à-vis de la politique, celle vis-à-vis de l'avenir même du pays et celle vis-à-vis du président sortant. La politique vaut-elle encore une messe? La France est-elle encore capable d'aimer son avenir ou la "haine de soi" va-t-elle l'emporter? Dans un langage clair, débarrassé des lourdeurs universitaires, Pascal Perrineau éclaire le terrain politique sur lequel se formera notre décision électorale pour 2012.

  • La notion de "rupture", politique, économique, culturelle, a été introduite dans la campagne par Nicolas Sarkozy. Au-delà de la rhétorique, on pouvait s'interroger sur la capacité des électeurs à se retrouver dans cette "rupture" et à l'assumer. Une fois la campagne développée, le verdict des urnes exprimé et le nouveau cours de la politique sarkozyenne inscrit dans des actes de gouvernement, cet ouvrage prend la mesure des différences et des continuités propres aux élections présidentielle et législatives de 2007.
    La "bataille des images" pendant la campagne électorale, la forte participation les 22 avril et 6 mai, les résultats électoraux (du succès massif de Nicolas Sarkozy à l'usure de la gauche, de la dynamique autour de François Bayrou à l''effondrement du vote lepéniste), la bipartisanisation et la présidentialisation du système politique sont décryptés et illustrés de nombreuses cartes, graphiques et tableaux.
    Ont contribué à cet ouvrage : Daniel Boy, Pierre Bréchon, Yves-Marie Cann, Jean Chiche, Olivier Duhamel, Élisabeth Dupoirier, Jérôme Fourquet, Jacques Gerstlé, Gérard Grunberg, Jérôme Jaffré, Anne Muxel, Christophe Piar, Thierry Vedel.
    Créée en 1992 par le Cevipof, la collection "Choniques électorales" se propose à chaque élection d''en dégager la dynamique générale et de présenter analyse des résultats et résultats in extenso.

  • Les élections présidentielle et législatives de 2002 ont été les élections de tous les refus : refus dune campagne considérée comme ennuyeuse, refus dun scénario de second tour présenté comme bouclé, refus du vote et records dabstention, refus des grands candidats au premier tour de la présidentielle, et enfin refus de la cohabitation lors des législatives. Ce livre sefforce den prendre la mesure et den saisir toutes les logiques.

  • Plus abstentionniste, plus conservateur, moins régionaliste. Tel est le portrait qui ressort de l'analyse des dernires élections au Parlement européen des vingt-cinq pays de l'Union en juin 2004. On ne peut plus aujourd'hui parler de déficit démocratique de l'Europe. Sa construction politique est prise en charge par les électeurs. Pour la sixime fois, le Parlement européen est issu d'une élection au suffrage universel direct, tandis que les référendums se succdent.
    Un vote européen se fait jour, plus abstentionniste, plus conservateur, moins régionaliste. Mettre en lumire les tendances issues des dernires élections au Parlement européen des vingt-cinq pays de l'Union en juin 2004, mesurer l'impact des nouveaux entrants, le nouvel équilibre des forces et des alliances au sein du Parlement européen paraît d'autant plus essentiel que les conséquences des non français et néerlandais semblent impossibles prévoir.
    Enfin, Pascal Perrineau livre ses premires analyses du non français. Trois variables nationales annonçaient ce non : un gouvernement national impopulaire, un pessimisme économique et social et un sentiment avéré de craintes vis--vis de l'autre. L'issue du 29 mai 2005 ne pouvait qu'tre négative. Sur aucun de ces trois fondamentaux , la France ou les Pays-Bas n'étaient en position pour que le oui l'emporte, la différence de l'Espagne dont le vote est resté européen, hors des considérations purement nationales et des inquiétudes qui taraudent le corps électoral français.
    Ont contribué cet ouvrage : Pascal Perrineau, Laurent de Boissieu, Daniel Boy, Jean Chiche, Gabriel Colomé, Jacques Gerstlé, Gérard Grunberg, David Hanley, Derek Hearl, Michael Minkenberg, Gerassimos Moschonas, Anne Muxel, Laure Neumayer, Lieven De Winter.

  • Quelles sont les règles du jeu de l'élection présidentielle ? Quels liens les Français ont-ils noués avec elle en plus de quarante ans d'histoire ? Que sait-on des profils des différents électorats de l'extrême gauche à l'extrême droite et quelles sont les orientations politiques et électorales des différents milieux démographiques et sociaux ? Beaucoup d'électeurs s'interrogent aujourd'hui sur la "mise en scène" de l'élection présidentielle au travers des médias, des sondages et de grands enjeux qui sont propulsés au premier plan de l'agenda politique. En quoi peuvent-ils contribuer à faire pencher l'électorat d'un côté ou de l'autre ? En répondant à toutes ces questions, cet "Atlas électoral" a l'ambition de donner au citoyen quelques clés et repères forts pour comprendre le vote, notre vote. Cet ouvrage a été réalisé sous la direction de Pascal Perrineau avec l'équipe des chercheurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof ).

  • Fracture entre le peuple et les élites, inégalités sociales et sexuées, faiblesses de la démocratie participative, rejet du projet européen au profi t du nationalisme, primauté de l'intime dans la construction de l'engagement politique et du lien citoyen, incertitudes du socialisme et du libéralisme de demain... Que nous disent ces signaux sur l'évolution de la démocratie en France se demande ici une équipe de chercheurs du CEVIPOF ? Que le « commun » ne se fabrique plus à partir du public mais du privé. Que le politique a désormais pour creusets des espaces communautaires de toutes sortes, famille, obédiences religieuses, partis politiques, oligarchies... Qu'à cette confusion des répertoires répond une fragmentation sociale assumée, malgré les célébrations républicaines et les appels à l'union nationale. Ainsi s'élabore une démocratie de l'entre-soi, en rupture avec le principe de séparation des espaces public et privé qui a fondé la vie démocratique depuis les révolutions américaine et française.

  • Les trois premiers volumes des « Chroniques lectorales », consacrs l'analyse des lections des annes 1992, 1993 et 1994 avaient dbouch sur un mme constat : celui d'un assez profond « dsordre lectoral », marqu par une abstention souvent leve, un vote s'loignant de ses bases sociales, partisanes et idologiques, des reclassements subits de l'lectorat et, enfin, une dispersion croissante du vote sur des forces priphriques. Ces caractristiques se confirment avec le vote de 1995 qui est un vrai vote de crise. L'lection de 1995 a mis nu la crise profonde du systme partisan et le dsarroi stratgique des partis, la crise de la reprsentation et la prise de distance avec les partis de gouvernement. Elle a surtout renvoy l'cho politique de la crise sociale, avec son lot de dsillusions, de protestations et d'absence de dsir politique. L'lection prsidentielle a aussi t celle de mutations lectorales avec l'attnuation sensible de la traditionnelle bipolarisation entre gauche et droite, l'apparition de nouveaux clivages entre les gens « d'en haut » et les gens « d'en bas », et la volatilit qui a affect tous les lectorats et faonn une victoire, certes ample pour Jacques Chirac, mais aussi fragile parce que labile.

  • Les élections législatives du printemps 1997 ont été les plus surprenantes de la Cinquime République. Surprise d'un calendrier précipité qui a pris de court électeurs, observateurs et classe politique. Surprise d'un usage trs tactique de la dissolution qui a souffert de ne jamais pouvoir s'affirmer comme tel. Surprise d'une campagne brve mais confuse, qui n'a jamais su trouver des axes forts autour desquels organiser le débat public. Surprise de citoyens peu intéressés par la campagne et ayant en tte des préoccupations (protection sociale, inégalités, éducation, chômage) assez éloignées des auspices sous lesquels l'exécutif sortant avait engagé le fer électoral (construction de l'Europe, modernisation de l'économie). Surprise enfin des résultats : une gauche plurielle allant des communistes aux Verts renaît autour d'un Parti socialiste remis discrtement en ordre de bataille par Lionel Jospin ; une droite classique passe du succs sans précédent de 1993 un déclin électoral lui-mme sans précédent sous la Cinquime République. Laminée au centre par un Parti socialiste porteur de la demande sociale des Français et droite par un Front national réceptacle de tous les malaises politiques et sociaux de la société française, la droite classique, comme l'avait été la gauche dans les années soixante, est aujourd'hui confrontée au problme de sa reconstruction.

  • Les élections régionales de 1998 ont traduit l'éclatement du paysage politique français. Pour autant, elles n'ont cependant pas permis l'émergence de forces politiques nouvelles, comme en témoigne le repli des écologistes par rapport aux régionales de 1992. Le poids de l'abstention, la fragilité des forces politiques traditionnelles, l'extrme faiblesse des forces émergentes et l'extraordinaire capacité de nuisance du Front national ont débouché sur une déstabilisation inédite de l'institution régionale. Le point d'orgue a été atteint lors de l'élection des présidents de région, souvent obtenue la suite de tractations et de calculs politiques aux effets durables, non seulement sur l'institution régionale mais aussi sur l'ensemble du systme politique.

  • A partir d'une enqute électorale menée l'occasion des élections législatives de 1997, cet ouvrage fait le point sur l'état des cultures politiques des Français. On voit apparaître, la fin de la décennie 1990, un fort mouvement d'individuation et de prise de distance des citoyens par rapport aux cultures politiques traditionnelles, cultures elles-mmes marquées par un éclatement interne d aux nouveaux défis de la société ouverte (mondialisation, Europe, migration).

  • La politique est-elle différente en France ? La critique aiguë des élites politiques et la montée en force du vote protestataire depuis quelques années mettent en évidence une grave crise de la représentation. Signe d'un déclin ou inadaptation la mondialisation, elle semble indiquer que rien ne se fait en France comme dans les autres pays européens.
    Mais l'Europe elle-mme n'est-elle pas un assemblage de singularités nationales ? On peut s'interroger sur l'existence d'un socle commun de valeurs et de représentations, mais aussi sur la possibilité d'aller plus loin dans l'intégration européenne quand les cultures et les pratiques politiques nationales semblent divergentes. A partir des résultats de l'enqute European Social Survey (prix Descartes 2005), une équipe de politistes a cherché évaluer quelle est la spécificité française, et savoir dans quelle mesure il est possible de parler d'une Europe politique.
    Issu d'un cours du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), cet ouvrage propose aux étudiants, mais également tous ceux que la politique intéresse, des analyses rigoureuses de la vie politique en France et en Europe, telle qu'elle est structurée par les valeurs et les attitudes, par les catégories démographiques et sociales ainsi que par les familles partisanes.

  • Aprs Le vote clat et Le vote sanction, consacrs l'tude des lections rgionales de 1992 et des lections lgislatives de 1993, cet ouvrage sur les lections europennes de juin 1994 abandonne le seul cadre national pour prsenter un panorama des forces politiques dans les douze pays de l'Union europenne. En dpit des systmes de partis nationaux qui restent loigns les uns des autres, des tendances europennes se dgagent : la continuation du dclin des partis communistes, les difficults du socialisme dmocratique, le divorce cologique entre l'Europe du Nord et celle du Sud. la diversification des droites modres et l'enracinement d'une extrme droite postindustrielle. Mme si les lections europennes restent avant tout des lections nationales, des attitudes communes traversent l'ensemble des lectorats.
    La crise de confiance vis--vis de la politique, l'rosion du consensus mou sur l'Europe, la cristallisation d'une Europe « privilge des privilgis » sont autant de courants d'opinion transnationaux. Sur cette toile de fond europenne, l'lection du 12 juin permet de dgager, dans le cadre franais, les linaments de la prochaine chance prsidentielle : la dispersion des lectorats, la position majoritaire des droites et l'ampleur de dstructuration du ple socialiste.
    Ont contribu cet ouvrage : Daniel Boy, Pierre Brchon, Bruno Cautrs, Roland Cayrol, Jean-Daniel Chaussier, Jean Chiche, Bernard Denni, Jacques Gerstl, Grard Grunberg, Piero Ignazi, Henri Labayle, Marc Lazar, Pascal Perrineau, Hugues Portelli, Agns Roche, Colette Ysmal.

  • En dix ans, le Front national s''est imposé sur la scène politique française. Son score à l''élection présidentielle de 1995 dépasse 15 % et ses ides séduisent plus d'un quart de l'lectorat. Ce livre montre pourquoi et comment il a réussi. Dans cette nouvelle édition, mise à jour et enrichie, les auteurs analysent les tapes de son implantation électorale depuis 1972, sa lente transformation en parti, la maturation de ses ides et de son programme. Ils dressent la sociologie de ses soutiens, des lecteurs aux cadres en passant par les militants et les sympathisants. Ils expliquent les contrastes de sa géographie électorale, depuis les bastions de la région parisienne et du Midi, du Nord et de l'Alsace, aux terres de mission de l'Ouest et du Sud-Ouest. Ils éclairent ses forces mais aussi ses faiblesses, liées aux rivalités entre ses dirigeants, aux aspirations contradictoires de son "lectorat, à son image de parti dangereux pour la démocratie. Qu''il s''agisse du lien entre Front national et présence immigrée, des transferts dont il bénéficierait en provenance de l''électorat communiste, ou de ses possibilités d''expansion, leur enquête, fondé sur une analyse rigoureuse et méthodique des faits, bouscule les idées reçues et restitue dans toute sa complexité la dynamique frontiste.

  • L'individu doit, aujourd'hui plus que jamais, construire une citoyenneté capable de répondre aux enjeux nouveaux : citoyens au-del de l'Etat, citoyens en Europe et dans les grandes négociations mondiales, citoyens par-del et en deç des frontires.
    L'analyse de ces défis est bien naturellement un hommage Alain Lancelot, citoyen de conviction et d'action, fervent adepte de la tradition des Lumires et passionné de modernité : cet ouvrage réunit les contributions d'amis, de pairs et d'élves qui, son image, se veulent militantes, d'une vérité simple mais dérangeante.

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