Lydia Flem

  • L'héritage n'est pas un cadeau. Comment recevoir des choses que l'on ne vous a pas données ? Comment vider la maison de ses parents sans liquider leur passé, le nôtre ? Les premiers jours, je me persuadai que j'allais « ranger » et non pas « vider » la maison de mes parents. Il m'arriva plusieurs fois de prononcer un verbe pour l'autre.Combien sommes-nous à vivre sans en parler à personne ce deuil qui nous ébranle ? Comment oser raconter ce désordre des sentiments, ce méli-méle de rage, d'oppression, de peine infinie, d'iréalité, de révolte, de remords et d'étrange liberté qui nous envahit ? À qui avouer sans honte ou culpabilité ce tourbillon de passions ?À tout âge on devient orphelin.L.F.Visitez le blog de l'auteur

  • Lors de sa parution en 1986, le livre de Lydia Flem avait rencontré une large audience. C'était le premier ouvrage d'une jeune femme qui arrivait sur une scène où se bousculaient tant de figures de la psychanalyse en France. Sa venue avait néanmoins retenu l'attention de ceux qui espéraient un renouvellement du langage psychanalytique.
    Lydia Flem entreprenait non pas " un retour à Freud " mais un cheminement avec lui, à travers un style qui, en un sens, traduit en écriture le geste sensible de Freud prenant l'auteure par le bras dans un rêve qui présage le livre et qu'on lit en ouverture.
    Dans son ouvrage l'auteure choisit de souligner l'importance de ce que Freud veut dire par " cristallisation des expériences de la vie quotidienne " en adoptant une démarche qui allie histoire et littérature. Car c'est dans son écriture que Lydia Flem éclaire l'entrelacement du sensible et de l'abstrait qui sont au principe de l'élaboration du quotidien comme concept freudien. Lorsque l'écriture n'est pas qu'un moyen, mais le lieu d'une expérience, comme dans le cas présent, elle produit l'écrivain, plus exactement cette sorte d'écrivain qui conduit son lecteur à éprouver le passé comme un présent vivant, parce qu'il a engrangé ce que le savoir historique du moment a établi en le traduisant dans un récit et dans un style.
    On mesure, dans un après-coup de trente ans, combien ce premier livre d'une jeune auteure (elle avait trente-trois ans) a creusé un sillon dans lequel furent semés d'autres livres dont le quotidien est au cœur du récit, en pensant à Comment j'ai vidé la maison de mes parents (2004), ou bien à La Reine Alice (2011).
    Fethi Benslama

  • Les habits collent à la peau. Ils nous protègent et nous exposent. Le vêtement happe le regard social et trahit notre part d'ombre. Les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans cette course aux apparences. Dans ce livre, Lydia Flem raconte les vêtements de ses souvenirs. Elle mêle avec malice le grave au frivole. Sur un mode ludique, elle poursuit sa quête de l'intime en adoptant une forme devenue classique depuis les Je me souviens de Georges Perec dans les années 1970. Cette forme, Perec l'a métamorphosée après l'avoir empruntée à l'artiste américain Joe Brainard, ami de son ami Harry Mathews. De la petite fille à l'amante, de la séductrice à la militante des droits de la femme et des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), Lydia Flem s'amuse à psychanalyser nos gestes et nos codes vestimentaires. Cette promenade personnelle croise la garde-robe de nos souvenirs collectifs, photographies de mode, stéréotypes du savoir-vivre, scènes de cinéma, mots de la littérature, images de l'histoire et de l'actualité. Comme dans ses livres précédents, Lydia Flem explore ce qui appartient à chacun et à tous, le plus singulier et le plus universel.

  • Largués par nos parents qui disparaissent, par nos enfants qui quittent la maison, c'est le plus souvent au même moment de la vie que nous sommes confrontés à ces séparations : nos parents meurent, nos enfants grandissent.Coincés entre deux générations, ceux à qui nous devons l'existence, ceux à qui nous l'avons donnée, qui sommes-nous désormais? Les repères vacillent, les rôles changent. Comment faire de cette double perte une métamorphose intérieure, un nouveau départ ?L. F.Traduite en quinze langues, Lydia Flem a publié neuf livres. Notamment, dans la même collection, Comment j'ai vidé la maison de mes parents.Visitez le blog de l'auteur

  • Hommage discret à Lewis Carroll, l'héroïne traverse réellement le miroir lorsqu'elle se découvre un cancer. Dans le laboratoire du Grand Chimiste ou chez Lady Cobalt, elle converse avec des objets magiques et des personnages extravagants : la Licorne, Cherubino Balbozar, le Grincheux, le docteur H., les Contrôleurs, la Plume, l'Attrape-Lumière... Persécutée par les uns, protégée par les autres, la dame aux turbans se joue des épreuves et devient la Reine Alice.Lydia Flem a l'élégance de parler de choses graves avec tendresse, humour et malice. D'une grande intensité, ce roman invente une langue pour dire le désarroi qui peut nous mordre à certains moments de l'existence : entre rires et larmes.Membre de l'Académie Royale de Belgique, Lydia Flem publie ici son dixième livre. Elle est traduite en une quinzaine de langues.

  • «Parmi tous les souvenirs qui me restaient de mes parents, ceux qui occupaient une place unique, les plus fragiles, peut-être, se trouvaient dans trois boîtes découvertes dans leur grenier.Trois boîtes en carton que j'avais emportées chez moi sans les ouvrir. Je savais qu'elles contenaient la correspondance amoureuse que mes parents avaient échangée pendant trois ans, entre leur rencontre fin septembre 1946 et leur mariage le 1er décembre 1949. Fallait-il les jeter sans lesregarder ou bien les lire? Était-ce indiscret ou même incestueux? [...]Ce que j'y découvrais, ce n'était pas seulement une histoire d'amour, pas seulement la naissance d'un couple qui vécut plus de cinquante ans ensemble, mais quelque chose d'une cosmogonie, d'une histoire fondatrice, d'un miroir où chacun voudrait se reconnaître: le désir d'être né de l'amour[...]Notre histoire ne s'écrit pas sur une feuille blanche; dès notre conception, nous nous trouvons saisis dans une autre histoire, celle de nos parents, de nos grands-parents, même si nous naissons longtemps après leur mort. Dans la suite des générations, notre place est désignée, nous ne sommes pas libres de nous-mêmes.Il nous faut assumer le passé pour ouvrir les horizons du présent.»L.F.Visitez le blog de l'auteur

  • Elle claque comme un coup de fouet. Elle jette à l'écart de soi, loin des mots, des analyses, de la raison, hors du sens. Les sentiments n'existent plus, èlle occupe toute la place. Nue comme le fil d'une lame. Comment décrire une attaqué de panique sans

  • Visitez le blog de l'auteurAprès La Vie quotidienne de Freud et de ses patients, Lydia Flem nous fait rencontrer Freud, la plume à la main, écrivant le roman de l'inconscient.A la manière d'un détective, Lydia Flem cherche à connaître l'homme avec l'oeuvre. Elle se glisse dans son intimité créatrice pour tenter de comprendre comment il invente la psychanalyse et découvrir les secrets de son pacte avec l'inconscient. Elle restitue ses passions pour l'archéologie, l'amitié, la nature. Elle montre comment les idées de Freud s'articulent à ses gestes quotidiens, ses lectures à son expérience clinique, ses voyages à son auto-analyse, sa vie onirique à l'élaboration de sa théorie, ses amitiés à l'écriture de son oeuvre. Tout se mêle et prend un sens, le charnel avec l'abstrait, le trivial avec le sublime, le jeu avec le sérieux. Freud dit ainsi des choses extraordinaires avec des mots ordinaires.

  • Absolument charnelle, entièrement psychique, telle est la voix, toujours à la limite du corps et de l'esprit, de l'intime et du social, du soi et du monde.A travers les portraits de personnages d'opéra qui me hantent, j'ai voulu m'approcher des mystérieux enchantements de la voix humaine, de sa puissance primordiale, des sentiments d'amour quelle porte jusqu'à l'incandescence.Me voici à présent déroulant sans pudeur le catalogue de mes voluptés lyriques, prenant les lecteurs à témoin.L'histoire qui commence est notre histoire, notre opéra intérieur.Visitez le blog de l'auteur

  • Entre Casanova et nous, il y a presque deux siècles dignorance et de malentendu. On le croyait don juan de salon et mauvais bougre, on le découvre homme des Lumières et ami des femmes.
    Dans ce livre, Lydia Flem raconte comment lenfant de Venise, malade et abandonné par sa mère, devient un homme audacieux, insolent, prêt à tout entreprendre. Casanova se jette dans lexistence sans rien vouloir en retour, sinon la plus scandaleuse des récompenses le plaisir.
    Pour les femmes, le Vénitien est un homme disponible, un amant sans conséquences. Toujours généreux, il se donne sans compter et ne trouve la volupté que lorsquelle est partagée. Son art de vivre est un exercice du bonheur.
    A pars, Rome, Berlin, Saint-Pétersbourg, Spa ou Londres, ce fils de comédiens se sent partout chez lui. Des salons aristocratiques aux bas-fonds, des alcôves aux couvents, des tables de jeux aux cénacles dérudits, on le retrouve dans tous les cercles de la société du XVIIIe siècle. Tour à tour ignoré puis comblé par la bonne fortune, Casanova rebondit toujours.
    Exilé dans un château de Bohême, rattrapé par la vieillesse, cet amoureux de la langue française écrit treize heures par jour lhistoire de sa vie. Dernier pied de nez à la postérité, le vénitien devient moraliste. Non content davoir fait de la volupté de vivre le principe dune existence, il affirme que le vrai bonheur est celui quoffre la mémoire. Au-delà du plaisir, il y a encore du bonheur, voilà linsolente morale de Giacomo Casanova.

  • La violence raciste a emprunté au cours de l'histoire des formes variées, mouvantes, hétérogènes : qu'y a t-il de commun entre le rejet des immigrés et le mépris pour les peuples soumis à la colonisation, entre l'eugénisme et l'antisémitisme ? pourquoi trouve-t-on à la fois l'angoisse face à l'autre, l'étranger, et la fascination de l'exotisme ? Le racisme se dérobe à un système explicatif global. Il se prête au contraire aux descriptions ponctuelles des faits historiques et aux hypothèses fragmentaires : aussi l'arbitraire de l'ordre alphabétique s'adapte-t-il parfaitement à la réalité discontinue du racisme, à ses multiples ramifications. C'est l'objet de ce lexique qui traverse temps et lieux pour nous faire entendre l'effroyable rumeur.

  • S'il y eut un maître du quotidien, c'est bien Sigmund Freud. Au coeur de son oeuvre, le rêve, le mot d'esprit, l'enfance, l'étrange, l'oubli et l'erreur occupent une place de choix. Freud édifie une théorie à partir de sa propre intimité, de la trame de ses jours et de ses nuits, de tous ces petits riens qui, avant lui, étaient "insignifiants", et il y cherche, en savant, les traces d'un monde dont il fait l'hypothèse - celui de la réalité de l'inconscient. Évoquer, aujourd'hui, les faits et gestes de Freud et de ses visiteurs, ce n'est pas seulement peindre l'atmosphère discrète et passionnée d'un petit cercle de Viennois et d'étrangers de passage à Vienne ; car c'est, précisément, de leurs amours, de leurs rêves, et de leurs angoisses, qu'est née la psychanalyse. Dora, le petit Hans, l'Homme aux loups, cessent ici d'être des cas familiers de la galerie des portraits freudiens, pour redevenir des êtres de chair et de sang, parfois proches amis ou voisins de Freud, parfois venus de très loin, au-delà des frontières de l'empire austro-hongrois. À travers les récits et les lettres de ceux qui ont fréquenté le cabinet de Freud - Lou Andreas-Salomé, Marie Bonaparte, Theodor Reik... - nous découvrons un homme qu'on a souvent dénoncé comme lubrique, alors qu'il était puritain, et qu'on disait austère, alors qu'il se montrait passionné et plein d'humour. C'est en 1886, il y a exactement un siècle, que Freud ouvrait son cabinet et faisait de la vie privée l'enjeu d'une recherche qu'il voulait scientifique, et du pouvoir des mots un outil de guérison.

  • S'il y eut un maître du quotidien, c'est bien Sigmund Freud. Au coeur de son oeuvre, le rêve, le mot d'esprit, l'enfance, l'étrange, l'oubli et l'erreur occupent une place de choix. Freud édifie une théorie à partir de sa propre intimité, de la trame de ses jours et de ses nuits, de tous ces petits riens qui, avant lui, étaient "insignifiants", et il y cherche, en savant, les traces d'un monde dont il fait l'hypothèse - celui de la réalité de l'inconscient. Évoquer, aujourd'hui, les faits et gestes de Freud et de ses visiteurs, ce n'est pas seulement peindre l'atmosphère discrète et passionnée d'un petit cercle de Viennois et d'étrangers de passage à Vienne ; car c'est, précisément, de leurs amours, de leurs rêves, et de leurs angoisses, qu'est née la psychanalyse. Dora, le petit Hans, l'Homme aux loups, cessent ici d'être des cas familiers de la galerie des portraits freudiens, pour redevenir des êtres de chair et de sang, parfois proches amis ou voisins de Freud, parfois venus de très loin, au-delà des frontières de l'empire austro-hongrois. À travers les récits et les lettres de ceux qui ont fréquenté le cabinet de Freud - Lou Andreas-Salomé, Marie Bonaparte, Theodor Reik... - nous découvrons un homme qu'on a souvent dénoncé comme lubrique, alors qu'il était puritain, et qu'on disait austère, alors qu'il se montrait passionné et plein d'humour. C'est en 1886, il y a exactement un siècle, que Freud ouvrait son cabinet et faisait de la vie privée l'enjeu d'une recherche qu'il voulait scientifique, et du pouvoir des mots un outil de guérison.

  • Paris fantasme Nouv.

    Fascinée par une ruelle, née il y a cinq cents ans entre la place Saint-Sulpice et le jardin du Luxembourg, j'ai cherché à découvrir celles et ceux qui y ont vécu de siècle en siècle, de numéro en numéro, d'étage en étage, depuis 1518. La rue Férou est devenue le lieu d'une question existentielle : qu'est-ce qui donne le sentiment d'être chez soi quelque part ? D'habiter tout à la fois son corps, sa maison et le monde ?
    Je me suis glissée dans la peau d'un photographe du xixe siècle et d'une comédienne de la Comédie-Française au xviiie, j'ai accompagné Man Ray dans son atelier, Mme de La Fayette dans sa maison d'enfance ou des religieuses dans leur couvent. Comme une psychanalyste prête à tout entendre, à tout écouter, sans choisir ni trier, j'ai ouvert ma porte aux voix du passé.
    Sous la rue Férou, j'ai découvert ma rue Férou, hantée par le cortège de celles et ceux qui n'ont pas d'autres traces pour dire leur passage sur cette terre que des listes de noms.
    Singulière ruelle qui s'absente à ses deux bouts. Ses pierres recèlent des trésors d'histoires, de légendes, de questions sans réponses et de réponses sans questions.
    Une rue, dix maisons, cent romans.
    Paris Fantasme.

  • Discours de réception de Lydia Flem à l'Académie royale de Belgique accueillie par Jacques de Decker.

empty