Fayard (réédition numérique FeniXX)

  • Didier, je m'appelle, mais tout le quartier me surnomme Didi, ça fait plus gentil. J'habite un drôle de quartier, c'est surtout des Arabes, des Noirs, des Turcs, des Polonais et j'en passe. Madame Ida, c'est comme qui dirait ma mère puisque mon père l'a épousée quand j'avais quatre ans, heureusement qu'elle n'est pas raciste. D'ailleurs Justin, son second fils de son premier mari, est un Noir, alors que le premier, René, est tout blond. Tout ça pour vous dire qu'on est une belle bande dans ce quartier. Comme dit Diego qui a quinze ans, quand c'est pas un qui fait le mariole, c'est un autre. Moi je n'ai que neuf ans, mais je vous prie de croire que je n'ai pas mes yeux dans ma poche, ni ma langue, d'ailleurs : je vais tout vous raconter.
    Bien sûr, ce n'est pas toujours drôle la vie. Mais la Mémé, qui souffre de décrépitude et qui fait du yoyo entre vie et mort, elle doit bien regretter un peu de devoir partir. Enfin, comme dit mon ami Monsieur Alibert qui est cordonnier, faut pas chercher réponse à tout. Et comme dit Madame Ida quand elle n'est pas en rogne, l'amour peut faire des miracles. Mais, au fait, j'allais oublier de vous parler de Mademoiselle Capucine ! Elle a beau être mal vue parce qu'elle est prostituée, d'être si jolie ça appelle l'amour. D'ailleurs, si vous m'écoutez, vous le comprendrez vous-même. Parce que, croyez pas, il n'y a pas que des misères dans la vie, il y a aussi de la joie !

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