Karthala

  • Cet ouvrage, qui mêle portraits littéraires et portraits photographiques, retrace les trajectoires de vingt femmes d'origine africaine établies en Belgique. Celles-ci témoignent des difficultés partagées, mais surtout de leurs parcours de réussite et de reconnaissance sociale. Brillantes et engagées dans les milieux culturel, politique et associatif, elles apportent un autre regard sur les questions migratoires et la situation des femmes en particulier. Si les problèmes de racisme et de discriminations sont bien réels, si le chemin paraît encore long et tortueux, les luttes individuelles ou collectives finissent par payer. Sans angélisme, mais sans défaitisme non plus, le message que ces femmes adressent, notamment aux jeunes générations, est celui des possibles.
    Jacinthe Mazzocchetti est professeur à l'Université catholique de Louvain, anthropologue et membre du Laboratoire de recherche en anthropologie prospective (LAAP). Elle est également écrivain et membre de la Table d'écriture littéraire de Marche-en-Famenne. Parmi ses dernières publications, la direction de l'ouvrage Migrations subsahariennes et condition noire en Belgique (Academia, 2014) et le recueil de nouvelles La vie par effraction (Quadrature, 2014).
    Marie-Pierre Nyatanyi Biyiha est experte et responsable de l'asbl Djaili Mbock. Belge d'origine rwandaise, titulaire d'une licence en sciences politiques et relations internationales ainsi que d'une licence spéciale en droit international obtenues à l'Université libre de Bruxelles, elle est engagée dans la lutte pour les droits de la femme depuis sa jeunesse, avec une attention particulière portée à la femme migrante, à son processus d'intégration socioprofessionnelle et à son apport dans la société d'accueil.
    Véronique Vercheval a commencé sa carrière de photojournaliste pour le magazine Voyelles. Elle a mené des enquêtes de type documentaire et sociologique, notamment pour les projets des « Archives de Wallonie ». Elle a photographié les sidérurgistes, les verriers, les mineurs, les agriculteurs, les transporteurs routiers, les infirmières, les médecins ... On connaît également ses reportages en Palestine. Elle enseigne la photographie à l'Institut des Arts et Métiers de La Louvière.

  • être homosexuel au Maghreb

    Collectif

    • Karthala
    • 17 Octobre 2016

    Cet ouvrage vise à rendre compte d'une réalité longtemps occultée et déniée au Maghreb. Il questionne l'expérience homosexuelle sous l'angle des sciences sociales et tente d'éclairer les vécus des hommes et des femmes, des gays et des lesbiennes, aussi bien en terre d'islam qu'en terre d'immigration.
    À partir d'analyses théoriques et de nombreux témoignages, l'homosexualité au Maghreb se dévoile et, à travers elle, se décèlent les mécanismes de contrôle social des sexualités, la construction de l'hétérosexualité comme modèle hégémonique et la dévalorisation des sexualités différentes.
    Le livre décrit des trajectoires et des styles de vie, des stratégies de contournement de la norme et de maîtrise du stigmate, des formes de mobilisation et d'engagement militants. Il révèle que l'homosexualité est plus qu'une pratique sexuelle dite atypique, vouée à la dissimulation et l'invisibilité. Au-delà de la réalité homosexuelle approchée en Tunisie, en Algérie et au Maroc, l'ouvrage éclaire les modes de gestion sociale de l'altérité dans des contextes sociopolitiques en mutation.

  • Dès le début des années 1980, les auteurs posaient le problème du politique par le bas en Afrique. Ils soulignaient le rôle des "petits", des "sans importance", des "en bas du bas" dans l'invention de formes originales de l'Etat, alors même que prévalaient au sud du Sahara des situations autoritaires. Mais ils s'interdisaient aussi de postuler l'existence d'une "culture populaire", en reprenant à leur compte les critiques formulées à l'encontre de cette notion. Ils proposaient pour leur part une problématique de l'énonciation du politique, seule à même de restituer l'historicité du politique dans sa complexité et son ambivalence. Leurs analyses ont marqué le renouvellement des études africaines et ont reçu une large audience bien au-delà de ces dernières. Réunies en 1992 dans un volume qui fit date mais qui était épuisé depuis plusieurs années, elles sont aujourd'hui reprises, alors que de nombreux travaux redécouvrent la portée de l'approche du "politique par le bas" et la mettent en perspective avec les subaltern studies indiennes, l'Alltagsgeschichte allemande, la microstoria italienne ou l'historiographie marxiste anglaise. Dans cette nouvelle édition augmentée, une préface inédite montre en quoi elle demeure utile de pour comprendre le monde contemporain en dehors des facilités de pensée. A condition de voir qu'elle n'a jamais prétendu être une "école", mais un simple état d'esprit, une forme d'hétérodoxie par rapport aux courants établis des sciences sociales, une expression de cynisme heuristique vis-à-vis des croyances et des convenances académiques ou politiques.
    Jean-François Bayart est directeur de recherche au CNRS (Science Po/ CERI, Paris). Achille Mbembe est directeur de recherche au Witwatersrand, Johannesburg). Comi Toulabor est directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques (CEAN/Institut d'études politiques de Bordeaux)

  • Ce livre couvre une aire culturelle « turcopersane » allant de l'actuelle Turquie à l'Asie centrale, en passant par l'Iran, et réunit ainsi des mondes musulmans chiites comme sunnites, culturellement et politiquement pluriels (empire ou nation). La période considérée commence avec l'apparition du cinéma dans la région et s'achève à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment le cinéma s'est-il diffusé géographiquement à partir de son épicentre français et comment fut-il objet d'appropriation, tant par les gouvernements que par les spectateurs, les exploitants et les cinéastes des pays considérés ?
    À la lumière de ces questions, quatre thématiques se dessinent. La première concerne le rapport du religieux à l'image en Iran, à travers la miniature, la photographie et le film ; il s'agit alors de comprendre le dogme mais aussi les façons dont il a pu être détourné par de judicieux raisonnements théologiques et philosophiques, ou par une pratique populaire trop pressante pour être contenue. Le second thème s'intéresse à la propagande cinématographique et à la soumission du cinéma à l'État, avant la Première Guerre mondiale dans l'Empire ottoman, mais surtout dans les premières années du pouvoir kémaliste en Turquie. De l'autre côté de la chaîne de production cinématographique, et c'est la troisième thématique, l'ouvrage s'interroge sur les conditions de visionnage, les transferts culturels, les réappropriations et les réutilisations, voire les détournements que subissent les copies cinématographiques, en prenant de nouveau l'Iran comme cas d'étude. Enfin, dans le droit fil de l'analyse des pratiques culturelles se trouve une dernière thématique relative aux questions de négociations et de transactions qui s'établissent plus ou moins difficilement au sein d'un système de domination soviétique aux contraintes idéologiques fortes.
    Ces écrans d'Orient, riches et complexes, offrent une lecture passionnante de ce qui se joue dans les zones frontières, les périphéries géographiques ou sociales des anciens empires, où se superposent souverainetés politiques, influences culturelles et diverses logiques de domination, de négociation, d'innovation et de résistance.
    Cloé Drieu est historienne, chargée de recherche au CNRS, spécialiste du cinéma centrasiatique et de la Première Guerre mondiale dans la région. Ont collaboré à cet ouvrage : Chahryar Adle, Kaveh Askari, Gabrielle Chomentowski, Cloé Drieu, Anaita Khudonazar, Mustafa Özen et Ayse Toy Par.

  • La question sociale a effectué un retour en force au Maroc, dans les années 2000. Les acteurs ont eu tendance à l'exprimer en termes de revendications, que justifiaient les défaillances de l'État, et les chercheurs à la problématiser dans les canons de la sociologie de la mobilisation ou des politiques publiques. Mais la prise en compte de la pluralité des acteurs et de la diversité des dispositifs offre la possibilité d'une autre lecture qui remodèle les formes mêmes du social. Administrer des espaces, des catégories, des temporalités, des imaginaires ou des conflits revient à définir les liens sociaux, à façonner les appartenances, à faire jouer des médiations, à qualifier l'ordre établi.

    Du port de Casablanca aux maisons de jeunes de quartiers populaires, des transports urbains au système de subvention de la farine et du pain, du courtage de l'emploi domestique à la patrimonialisation d'une région marginalisée, de la gestion des terres collectives à l'aide aux mères célibataires, cet ouvrage démontre l'importance du gouvernement indirect du social, dont l'équivoque facilite compromis et bricolages et renforce la capacité d'adaptation du politique aux transformations de l'époque.

    S'inscrivant dans la continuité de deux titres précédents de la collection « Recherches internationales », consacrés à la privatisation des États à l'âge néolibéral et à l'État d'injustice au Maghreb, ces recherches inédites ouvrent de nouvelles perspectives à la sociologie historique du politique, bien au-delà du seul cas du Maroc.

    L'ouvrage a été préparé dans le cadre d'un séminaire de recherche du CRESC (Rabat, Faculté de gouvernance, sciences économiques et sociales, Université Mohamed VI Polytechnique), de 2012 à 2015, par une équipe de jeunes chercheurs - Ahmed Bendella, Yasmine Berriane, Leila Bouasria, Irene Capelli, Redouane Garfaoui, Nadia Hachimi Alaoui, Badiha Nahhass, Valentine Schehl -, sous la direction de Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS (SciencesPo-CERI) et d'Irene Bono, maître de conférences à l'Université de Turin (Département Cultures, Politique, Société).
    Cet ouvrage a été publié avec le concours du CRESC.

  • Pionnière des « soulèvements arabes », la Tunisie est aujourd'hui le seul pays à poursuivre l'« expérience de démocratisation politique » entamée suite à la « révolution » de l'hiver 2010-2011. Les élections libres et concurrentielles de 2011 et de 2014 constituent un fait marquant de ce processus de changement.
    Proposant une lecture inédite de ces élections, de leurs enjeux et de leurs résultats, les auteurs de ce livre poursuivent une double ambition : proposer un ouvrage de référence sur les scrutins post-révolution et présenter une analyse des dynamiques sociales et politiques de la Tunisie contemporaine.
    L'originalité des analyses développées dans cet ouvrage est qu'elles mobilisent une approche interdisciplinaire, combinant, sociologie, géographie et science politique, et qu'elles s'appuient sur un riche matériau empirique permettant de contextualiser les comportements électoraux et cernant les clivages politiques et les fractures socio-territoriales au sein de la société tunisienne.
    Un autre apport important de cet ouvrage est de montrer qu'en faisant émerger la figure de l'électeur, les transformations politico-institutionnelles ouvertes par les « soulèvements arabes » suscitent non seulement un regain d'intérêt pour l'analyse des comportements électoraux, mais contribuent aussi à renouveler les questionnements et les analyses relatives aux processus électoraux dans les pays de la région.
    Alia Gana est sociologue, directrice de recherche au CNRS en affectation à l'IRMC, Tunis (USR 3077) et membre du LabEx DynamiTe.
    Gilles Van Hamme est professeur de géographie politique et économique à l'Université Libre de Bruxelles.
    Ont contribué à cet ouvrage : Néji ARGOUBI, Asma BAKLOUTI, Aymen BELHADJ, Maher BEN REBAH, Irène CARPENTIER, Alia GANA, Samiha HAMDI, Déborah PEREZ, Fathi REKIK, Gilles VAN HAMME,
    Sami Yassine TURKI.

  • Le premier ouvrage de la collection « Devenir humanitaire » est consacré à la Transition humanitaire au Sénégal. Il est le fruit de la rencontre d'universitaires, d'acteurs non gouvernementaux et d'institutionnels, réunis à Dakar les 5 et 6 novembre 2014 par le Fonds Croix-Rouge française pour débattre collectivement leurs pratiques, des principes qui les sous-tendent et des enjeux plus larges qui se rapportent à l'humanitaire.
    La première partie de l'ouvrage propose de « penser le tissu humanitaire sénégalais (et au-delà), de la recherche à l'action ». Un panorama général des évolutions de l'aide au Sénégal est dressé, sous l'angle notamment des rapports entre « société civile » et État, puis sont examinées les possibilités et modalités concrètes d'une recherche au service d'un humanitaire en transition. La seconde partie s'intéresse aux interactions entre valeurs (culturelles, morales, citoyennes, etc.) et interventions sociales et humanitaires.
    Soulignant la nécessité de prendre en compte les "visions du monde" des individus et/ou populations destinataires de l'aide, les auteurs contribuent à la réflxion sur le sens de l'humanitaire et sur ce qui peut accompagner ses transformations contemporaines.
    Thomas Fouquet est chargé de recherches au CNRS (Institut des mondes africains, UMR 8171) et a été responsable scientifique au Fonds Croix-Rouge française.

  • La mondialisation a profondément modifié la façon dont se posent les questions de contrôle et d'aménagement de l'espace, tout comme les relations des individus à leur cadre de vie. Le développement des technologies de l'information, l'ouverture économique libérale et l'accroissement de la circulation physique des biens, des capitaux et des personnes ont entraîné l'émergence d'une diversité d'acteurs qui prennent part à la construction des territoires, qu'il s'agisse d'environnement, de patrimoine, d'identité ou de production.
    L'État souverain est ainsi concurrencé par des interventions de plus en plus variées, sous l'influence des discours et des pratiques de citoyens, de collectivités ou d'entrepreneurs de toute nature et de toutes origines.
    Ce sont aussi les formes d'expression territoriale qui se sont diversifiées, donnant lieu à des territoires plus labiles, aux contours parfois imprécis, régis davantage par des logiques de réseaux que de contiguïté, fondés sur des mouvements spontanés, des projets portés par la société civile ou par des acteurs économiques puissants.
    Pour autant, cette diversification est-elle synonyme d'une démocratisation des sociétés ? Qui sont ces acteurs qui se mobilisent par et pour le territoire ? Quels sont leurs objectifs ? À quelles échelles agissent-ils et comment s'immiscent-ils dans des paysages institutionnels déjà construits ? Comment négocient-ils entre eux ? Comment les formes de mobilisation organisées autour d'une revendication territoriale s'articulent-elles avec des prises de position basées sur des solidarités sociales, économiques ou politiques ?
    Cet ouvrage est issu du 2e colloque du Collège international des sciences du territoire (CIST). De Longwy aux îles Tuvalu, des Cardamomes cambodgiennes aux Andes, de l'Afrique de l'Ouest à la Réunion, jusqu'aux bureaux des instances internationales, il donne matière à analyser les conflits, les ententes, les défis, les déceptions et les espoirs qui naissent de la relation croissante entre territoires et mobilisations contemporaines.

  • 8 pages de cahier photo NB
    6 pages couleurs
    « Roms », « Tsiganes », « Nomades » : autant de mots équivoques par lesquels se reconduisent des malentendus qui se sont montrés meurtriers dans l'histoire. Au cours des XIXe et XXe siècles, sous l'effet de décisions politiques et d'institutions savantes, des classifications désignant des groupes « exotiques » jugés inaptes à la vie sociale ont fait de ceux-ci un problème. Sous le nom de « question rom », ce problème est devenu celui d'une vaste « minorité » à traiter à l'échelle européenne alors qu'un nouvel antitsiganisme se répand dans « l'Europe ouverte ». Le malentendu s'aggrave.
    Cet ouvrage dresse un état présent des connaissances sur le sort des Tsiganes en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, sujet passé sous silence alors que d'importants travaux ont renouvelé les perspectives. On y passe ensuite au crible les catégories et représentations mobilisées à propos de cet « autre », afin de comprendre les ressorts sociaux, politiques et culturels de cette haine collective de moins en moins ambivalente, et les contradictions qu'elle révèle sur l'Europe comme système de valeurs et « civilisation ». Sciences humaines, droit, littératures, art, philologie et philosophie sont interrogés pour penser autrement les relations entre mondes tsiganes et non tsiganes, et la singularité des formes de vie.
    Ce livre est issu du colloque international Tsiganes, Nomades : un malentendu européen, qui s'est tenu à Paris et à Pau en octobre et novembre 2011. Il comprend trente-quatre contributions de disciplines différentes. Catherine Coquio est professeur de littérature comparée à l'Université Denis-Diderot (Paris 7, Cerilac), elle travaille sur les modes d'inscription et d'effacement de la violence historique et la teneur politique de l'art. Jean-Luc Poueyto est anthropologue du monde manouche, spécialiste de l'illettrisme et des relations entre écrit et oral ; membre de l'ITEM, il enseigne à l'Université de Pau.

  • Comment retrouver le fil conducteur de plus de quarante années de recherches ethnologiques foisonnantes, sinon dans l'intarissable passion que son auteur a voué à cette discipline ? Christian Bromberger a non seulement été un pionnier qui a défriché de nouveaux sentiers, mais son oeuvre offre aussi une méthode utile à tout ethnologue.
    D'abord, elle réaffirme l'importance des terrains au long cours. Elle insiste également sur l'exigence d'observations ethnographiques précises, comme condition préalable aux ambitieuses analyses comparatives. Enfin, elle rappelle l'injonction d'honnêteté et de justesse qui incombe à l'ethnologue soucieux de son rôle dans la société, en quoi Christian Bromberger a toujours cru.
    La trentaine de contributions ici réunies sont riches et variées, à l'image de l'oeuvre de leur dédicataire. Elles traitent de culture matérielle, de patrimoine, de sport, de Méditerranée, des questions d'échelles dans l'analyse des passions, des frontières et des identités différentielles. De l'Iran à la Provence, sur les pas de Christian Bromberger, se révèlent ainsi les atouts de l'ethnologie, lorsqu'elle sait débusquer, sous les oripeaux du trivial ou de l'infinitésimal, les moteurs du fonctionnement des sociétés et des cultures.
    Jean-Pierre Digard, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l'ethnologie de l'Iran (UMR « Mondes iranien et indien ») et de l'anthropologie de la domestication animale.
    Benoît Fliche, chargé de recherche au CNRS, IDEMEC UMR 7307 (AMU, CNRS), spécialiste de la Turquie.
    Christophe Pons, chargé de recherche au CNRS, IDEMEC UMR 7307 (AMU, CNRS), spécialiste d'anthropologie religieuse dans les sociétés insulaires de l'Atlantique nord et sud.

  • Au moment où ils accèdent à l'indépendance, de nombreux pays d'Afrique subsaharienne et du Maghreb établissent des relations diplomatiques avec Moscou. Certains, comme l'Éthiopie, entretenaient depuis longtemps déjà des liens étroits avec la Russie. Cependant, c'est surtout avec le mouvement de décolonisation que les pays communistes s'ouvrent à l'accueil massif et systématique d'étudiants maghrébins et subsahariens.
    Les trajectoires de formation de ces diplômés africains partis en URSS ou dans un autre pays de l'ancien bloc de l'Est ont été peu étudiées. En rendre compte, c'est notamment s'intéresser aux expériences diverses et contrastées d'étudiants formés non pas dans l'ancien pays colonisateur, comme cela était souvent le cas, mais dans un pays tiers qui suscitait chez eux à la fois admiration et méfiance, où ils ont connu pour les uns de fortes désillusions, pour d'autres « les meilleurs moments de leur vie ». C'est aussi étudier les cadres sociaux et politiques de leurs expériences, et prêter attention aux nombreux étudiants, partagés entre deux ou plusieurs mondes, et souvent confrontés aux soubresauts de l'histoire.
    À l'issue des études, les diplômés étaient immédiatement renvoyés dans leur pays. Mais les devenirs des étudiants et stagiaires africains formés dans les pays de l'ancien bloc socialiste n'ont pas eu la linéarité prévue par cette description formelle. Les parcours professionnels et sociaux, parfois politiques, sont autant le fruit d'arbitrages individuels que de mutations politiques : l'effondrement de l'URSS, mais aussi les changements politiques et économiques dans les pays d'origine.

  • L'analyse des politiques publiques en Afrique est encore embryonnaire. Cet ouvrage propose pour la première fois une étude empirique approfondie de la mise en forme et de la mise en oeuvre d'une politique publique de santé, dans trois pays sahéliens francophones. Il est aussi pionnier par sa combinaison de méthodes qualitatives (enquêtes de terrain intensives) et quantitatives, et par son comparatisme de proximité, qui associe études de cas, analyses des pratiques et descriptions des représentations des acteurs.
    Après 20 ans de paiement direct par les usagers des centres publics de santé en Afrique, de plus en plus de pays s'engagent dans des politiques de gratuité des soins en faveur de groupes vulnérables (femmes enceintes, enfants). Les effets positifs de ces exemptions de paiement sur la fréquentation des centres de santé ont été déjà soulignés. On trouvera plutôt ici une démonstration des nombreuses contradictions, incohérences, et limites de ces politiques, qui ont des effets négatifs sur la délivrance des soins. Une conclusion majeure en ressort : toute politique qui veut élargir l'accès aux soins doit aussi promouvoir une meilleure qualité des soins et lutter contre les dysfonctionnements des systèmes de santé.
    La marche aujourd'hui engagée vers une couverture universelle des soins devra désormais tenir compte des enseignements de cet ouvrage, situé au carrefour de l'anthropologie de la santé, de l'étude des politiques publiques, et de la santé publique.

  • L'ouvrage que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) met à la disposition du public vient à point nommé. En traitant des sources de la croissance et du développement, il donne l'occasion de revisiter une problématique essentielle. Depuis sa création en mai 1975, en se fixant comme objectif de promouvoir la coopération et l'intégration en Afrique de l'Ouest, la CEDEAO a toujours situé l'accélération de la croissance au coeur de son action. Au moment où elle célèbre son quarantième anniversaire, l'occasion est propice à un bilan.
    Depuis le milieu des années 90, la situation globale de l'Afrique de l'Ouest s'améliore sur le plan économique, politique et social, même si elle demeure contrastée au niveau des États. Les indicateurs macroéconomiques témoignent d'un retour de la croissance et d'une meilleure maîtrise des déséquilibres. Puis, au début des années 2000, la région a amorcé un développement soutenu au rythme de 6 à 8 %. La conjugaison de facteurs positifs, comme l'abondance des matières premières et l'amélioration de la gestion macroéconomique et de la gouvernance, ont encouragé les investissements directs étrangers (IDE).
    Bien que substantiels, ces progrès s'avèrent toutefois insuffisants pour sortir la région de la pauvreté. Ce paradoxe appelle davantage de débats pour expliquer les échecs. Il devient impératif pour les parties prenantes d'avoir une meilleure connaissance des économies des États et de partager une vision commune sur les sources de la croissance économique.
    Les auteurs rappellent dans cet ouvrage l'importance des connaissances et des traditions endogènes présentes chez les peuples d'Afrique de l'Ouest. Ils soulignent la nécessité de développer l'entrepreneuriat et d'améliorer l'environnement interne et externe des États. Ils rappellent enfin le rôle de l'éducation et des facteurs culturels. Ce livre collectif, qui implique des chercheurs de divers horizons, permet ainsi d'approfondir des questions essentielles et de confronter des points de vue en matière de croissance et de développement. L'une de ses originalités est d'allier les aspects théoriques et pratiques ainsi que des analyses pluridisciplinaires, ce qui permet de mieux cerner les nombreux défis qui attendent aujourd'hui les pays de la CEDEAO. Extrait des préfaces

  • La question du temps se pose dans de nombreux débats contemporains : multiplication des crises liées à l'accélération du temps, contradictions entre des décisions de court terme pour répondre à des enjeux de long terme, impuissance des politiques publiques face à l'incertitude... Pour les éclairer, le présent ouvrage propose de croiser les points de vue en économie, géographie, histoire, sociologie, linguistique, afin de prendre en compte la pluralité des temporalités et les défis de leur mesure.
    L'idée de temporalités plurielles est devenue rapidement consensuelle en sciences sociales. Les temps de l'homme sont divers et ne sont pas ceux de la nature. Le changement climatique interpelle la capacité des politiques à s'en saisir. Les horizons temporels des précaires sont différents de ceux des règles et institutions.
    Pour aborder ces questions, la première originalité de cet ouvrage réside dans la place particulière accordée à l'économie et au dialogue qu'elle instaure avec les autres sciences sociales - notamment ici, la sociologie. Une deuxième originalité est la mise en avant du rôle des institutions et des politiques dans la synchronisation des temporalités de la vie sociale. Représentants élus, tiers secteur, hauts fonctionnaires, médias, intervenants de terrain... tous contribuent à la définition et l'application des politiques publiques en ayant aussi, des rapports pluriels au temps. Une troisième originalité de l'ouvrage découle de la volonté de relever le défi de la mesure.
    Une de ses conclusions importantes est qu'il est possible de prendre au sérieux la pluralité des temporalités dans les sciences sociales, tout en relevant le défi et les exigences, à la fois épistémologiques et méthodologiques, d'avoir des objets d'études « mesurables ».

  • Les temporalités constituent une entrée courante de l'approche des migrations internationales, tout en n'en demeurant bien souvent qu'une dimension implicite, voire impensée. Dans leur pluralité, les rythmes temporels scandent pourtant les transformations sociales à des échelles variables, et les historiens ne sont pas les seuls à pouvoir les intégrer à leur réflexion. À bien des égards, sociologues, géographes, anthropologues, et plus généralement l'ensemble des chercheurs en sciences sociales, incluent les temporalités dans leurs analyses des migrations et de leurs territoires. Pour en rendre compte, cet ouvrage propose d'observer des trajectoires collectives ou individuelles de migrants en Méditerranée, à différentes époques, en soulignant les jeux de temporalités dans lesquelles elles se déploient : celles des projets, de leur mise en oeuvre, des voyages et des traversées, des installations, des nostalgies et des retours réels ou fantasmés, des circulations et des visites familiales...

  • Les interprétations des bouleversements politiques que connaissent l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient depuis fin 2010 se sont multipliées aussi bien en France qu'à l'étranger, sans pour autant toujours en fixer le sens de manière éclairante. L'évolution actuelle de ces processus politiques en conflits militaires et confessionnels et la multiplication des acteurs ont eu pour conséquence d'obérer la compréhension des dynamiques politiques à l'oeuvre dans ces régions.
    Cet ouvrage s'attache à décrire ces dynamiques complexes en les inscrivant dans une temporalité plus large, en revenant sur les séquences fondatrices, pour mieux comprendre l'évolution de cet ensemble d'événements, appelé à l'origine « révolutions arabes » ou « printemps arabe », dont les contours, l'étendue et le sens sont loin d'être stabilisés. L'ouvrage met l'accent sur le cas syrien afin de donner à voir la transformation d'un conflit local, une révolte populaire contre un pouvoir contesté, dans le sillage des révolutions arabes, en un conflit à dimension mondiale qui échappe aux acteurs locaux et dont les effets se font ressentir jusqu'au coeur des capitales européennes. Il s'agit aussi de mesurer à travers le jeu des alliances entre les différents acteurs régionaux et internationaux toute l'ambiguïté de l'attitude des États occidentaux à l'égard de ces processus révolutionnaires. La parole est donnée à un acteur du conflit, Burhan Ghalioun, professeur émérite à l'Université de la Sorbonne Nouvelle -Paris 3, premier président du Conseil national syrien, à travers un témoignage qui dévoile de l'intérieur les vicissitudes de la révolution syrienne et les aléas de la diplomatie internationale.
    Ce livre rassemble des spécialistes venant d'horizons différents, politologues, sociologues et historiens, dont le terrain de recherche principal sinon exclusif est le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Il s'inscrit dans un effort de mise en perspective historique d'événements qui participent à la formation du monde arabe contemporain.

  • Les commémorations de la Première Guerre mondiale ont réveillé l'intérêt pour des pans négligés de l'histoire du XXe siècle. C'est ainsi que l'Allemagne missionnaire entre 1914 et 1939 a été redécouverte, comme cet ouvrage en témoigne. L'empire colonial allemand détruit, les missionnaires allemands qui y étaient installés durent céder la place à d'autres. Globalement, les deux tiers du personnel furent «éloignés». Mais l'effondrement des missions allemandes facilita l'émergence d'Églises autochtones enracinées dans leurs terroirs et leurs cultures. Ces communautés locales gardent non seulement le souvenir mais encore les héritages matériels et spirituels des missions allemandes. En passant par de profondes réorganisations, les relations internationales entre Églises du Sud et Églises allemandes se sont maintenues.
    Quelques exemples sont étudiés ici par des universitaires du Togo, du Cameroun et du Congo. Des chercheurs européens apportent un complément pour le Rwanda-Burundi, l'Afrique de l'Est, la Papouasie Nouvelle-Guinée, la Chine ainsi que l'Australie. Un épilogue synthétique démontre la résilience des missions et des sciences missionnaires allemandes.

  • Nos sociétés vivent de profondes mutations économiques et sociales. La famille n'échappe pas à ces transformations . Les rôles des parents ne s'apprennent plus essentiellement par modelage et transmission entre les générations, de valeurs ou de compétences éducatives. En conséquence, les parents éprouvent parfois un sentiment d'isolement et d'impuissance face à l'inconnu et la nouveauté.Souvent démunis, certains recherchent des points de repères, des informations, voire un accompagnement. Si les actions de soutien à la parentalité se multiplient, qu'en est-il du champ de l'éducation familiale ? Une connaissance plus fine des processus éducatifs mis en oeuvre dans les familles permet une meilleure approche des professionnels de l'éducation et de la santé. L'éducation touche plusieurs structures et il est important que toutes ces instances qui accompagnent l'enfant puissent obtenir des réponses à leurs questions notamment sur le champ des relations entre les parents et leur enfant.
    Quelles formations proposées aux professionnels et aux parents ? Quel support d'analyse le champ de l'éducation familiale peut-il apporter aux politiques sociales en direction des familles ? Cet ouvrage regroupe des articles de grands chercheurs et professionnels de terrain, tous spécialistes du domaine de l'éducation familiale au Québec, en France métropolitaine et dans la zone océan Indien : Réunion, Mayotte et l'île Maurice. Les thèmes abordés permettent d'obtenir des réponses sur cinq champs d'interventions :
    - L'étude des processus éducatifs mis en oeuvre par les parents en direction de leurs enfants :l'éducation familiale.
    - Les relations entre les différentes instances participant à l'éducation des enfants (structure d'accueil ou mode de garde, famille, école, institutions, etc.).
    - Les formations de parents et les interventions en direction des familles pour aider dans leur fonction éducative :soutien à la parentalité.
    - Les formations d'intervenants chargés de coopérer avec les familles.
    - L'analyse des politiques sociales en direction des familles .
    Thierry Malbert est Docteur en Anthropologie et Maître de Conférences en Sciences de /'é ducation à l'Université de La Réunion. Membreodu laboratoire /GARE - Institut de Coopération Austral en Recherche en Education -, il mène des recherches sur le champ de la parenté de /'éducat ion familiale et de la parentalité dans les sociétés de l'océan Indien. Ses travaux sur la famille en société créole et sur les interfaces des généalogies migrantes en indianocéanie ne manquent pas de révéler que les liens inter-culturels et inter-religieux dans le contexte de la pluralité sont nécessaires au maintien de la cohabitation des différences et de la paix sociale et politique.
    Développant des formations dans le champ de la médiation familiale et de l'accompagnement à l'insertion professionnelle, Thierry Malbert est aussi consultant à la COI - Commission de l'océan Indien.

  • Les sociétés africaines sont en mutations rapides. L'urbanisation, l'expansion de l'éducation et de la formation à tous les niveaux, l'augmentation tendancielle du niveau de vie depuis les années 1980, une confrontation constante au reste du monde et à ses modes de vie via les medias et la jeunesse de la population, affectent la structure sociale et notamment urbaine des sociétés africaines et redessinent leurs potentiels de marché.
    De nouvelles dynamiques sociales et économiques, massives et collectives, sont à l'oeuvre. L'expression « classes moyennes » popularisée dans les médias ne parvient pas à en saisir la complexité et les enjeux, notamment au niveau de prospérité le plus modeste. Elle permet cependant d'attirer l'attention sur ces évolutions, de constater qu'au-delà du poids considérable de la grande pauvreté et de la captation des richesses par un tout petit nombre d'élites, près de 350 millions d'Africains sortent de la pauvreté, se structurent et développent des stratégies et des actions de promotion sociale.
    Les enjeux de ces mutations sociales massives sont considérables en termes de marché, mais aussi d'effets politiques pour les régimes en place et de système de gouvernance à développer pour répondre aux nouveaux besoins et aux nouvelles demandes urbaines. À partir de cas nationaux et sectoriels, cet ouvrage interroge précisément ces enjeux et les risques politiques que portent ces recompositions, notamment en matière de mobilisations sociales, de stabilité politique et de procédures de gouvernance.
    Dominique Darbon est professeur de science politique à Sciences Po Bordeaux et travaille sur l'action publique et les politiques publiques, et sur les mutations socio-économiques en Afrique et dans les pays du Sud.
    Comi Toulabor est directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques. Il interroge les sociétés africaines en termes de sociologie politique « par le bas ». Tous les deux ont été rédacteurs en chef de la revue Politique africaine et sont membres du Laboratoire les Afriques dans le monde (LAM) de Sciences Po Bordeaux.
    En plus des directeurs scientifiques, ont contribué à cet ouvrage : Antje Daniel, Claire Dedieu, Élodie Escusa, Anna Fichtmüller, Jamilla Hamidu, John R. Heilbrunn, Clélie Nallet, Dieter Neubert.

  • Depuis la fin des années 1990, l'urbanisation se déroule à un rythme spectaculaire autour des métropoles et grandes villes du Maghreb. De fait, les périphéries y représentent aujourd'hui plus de la moitié des zones construites et concentrent une majorité de citadins : ménages en provenance des anciens quartiers (ville-centre et banlieue) ou d'autres villes ; individus et familles récemment arrivés de leurs campagnes ; migrants internationaux, etc. De plus, les grands projets immobiliers et d'infrastructure s'y sont multipliés. En quelques années, ces périphéries sont devenues des espaces stratégiques où se joue le devenir des villes et de leurs sociétés. Dans un contexte marqué par la raréfaction des réserves foncières et par la concurrence accrue entre les métropoles à l'échelle internationale, les enjeux sont à la fois économiques, sociaux et politiques.
    L'ouvrage, qui s'appuie sur des travaux de terrain principalement conduits entre 2006 et 2011 à Tunis, Alger et Oran, Casablanca, Rabat-Salé et Fès, s'efforce de qualifier les tendances majeures de la gestion politique et territoriale de ces périphéries. Prenant acte de la « tyrannie de la contingence » (crise financière internationale, « printemps » arabes), ses auteurs montrent que l'aménagement et la gestion des villes de la région n'échappent pas aux grandes évolutions actuelles en matière de gouvernance et de fabrication urbaine, qu'il s'agisse de la montée en puissance de l'urbanisme de projet ou de la financiarisation et de la standardisation des modes d'intervention et de pilotage de l'action publique.
    Une attention particulière est portée à la réhabilitation des quartiers populaires, dont les objectifs se sont déplacés (lutte contre les islamistes, valorisation d'un foncier parfois situé près des centres des villes) et aux modalités transformées en raison du renforcement des mobilisations habitantes au fil des années. Bien sûr, les périphéries ont progressivement été intégrées aux territoires de l'État, que cela se fasse de concert avec les grands projets d'aménagement ou, de façon plus classique, par le resserrement des mailles administratives et de gestion communale. C'est notamment le cas à Casablanca, où les périphéries sont devenues des lieux privilégiés pour la construction de nouveaux territoires politico-administratifs par les élites de proximité, qui montrent ainsi leurs capacités à mobiliser un certain nombre de ressources pour y acquérir ou y accroître leur légitimité.

  • L'anthropologie de Jean-Loup Amselle se distingue par son attention constante à l'histoire et par sa conception pragmatique des identités comme résultantes de rapports de force toujours susceptibles d'être modifiés. On lui doit la déconstruction des catégories d'« ethnie » et de « métissage », une critique acerbe de l'ethnologie coloniale, de l'idéologie républicaine et de leurs raciologies conjointes, mais également l'élaboration de cadres conceptuels nouveaux. Sa théorie des « branchements » - ou toutes les dérivations opérées à partir d'un réseau, ainsi que les torsions et emprunts latéraux entre divers « lieux de la culture », toujours en tension relationnelle les uns avec les autres - présente ainsi une alternative féconde aux théories postcoloniales de la polarisation et de l'hybridité.
    /> Cet ouvrage s'attache à mettre en relief la profonde cohérence d'une oeuvre qui a constamment remis en question les découpages ethniques ou communautaristes des corps sociaux et politiques, ainsi que les partitions disciplinaires entre anthropologie, sociologie, histoire de l'art, linguistique et études littéraires. De plus, on trouvera à la fin de chaque contribution les réponses de Jean-Loup Amselle à celles-ci. Il contient enfin quatre nouveaux essais de l'auteur.
    Professeur de littératures francophones à l'Université de Strasbourg, Anthony Mangeon a enseigné aux Universités de Stanford (Californie), de Cergy-Pontoise et de Paul-Valéry Montpellier (France). Il est l'auteur ou le directeur de plusieurs ouvrages, dont La Pensée noire et l'Occident (Sulliver, 2010) et Postures postcoloniales (Karthala- MSH-M, 2012).
    Directeur d'études à l'EHESS et rédacteur en chef des Cahiers d'études africaines, Jean-Loup Amselle est l'auteur de nombreux ouvrages dont Logiques métisses (1990), Branchements (2001), L'Occident décroché (2008), Rétrovolutions (2010), L'ethnicisation de la France (2011), L'anthropologue et le politique (2012), Psychotropiques (2013), et dernièrement Les Nouveaux Rouges-Bruns (2014).

  • Le Dossier
    Nouveaux visages du religieux dans un monde sécularisé dirigé par S. Romi Mukherjee et Lionel Obadia avec les contributions de Amandine Barb, Alexandre Benod, Raphaël Liogier, Mansouria Mokhefi, Christophe Monnot, S. Romi Mukherjee, Lionel Obadia.
    Et si le retour du religieux n'était pas ce que nous avons cru hier et ce que nous croyons aujourd'hui ? En d'autres termes, le retour du religieux est-il la preuve que les idées séculières ont échoué ou la manifestation que le premier n'exclut pas forcément les secondes ? La réponse apportée ici est claire, argumentée, nuancée au fil des cas observés : « avancée de la sécularisation et retour du religieux caractérisent ensemble le monde actuel ». Ils donnent naissance localement à des configurations inédites et variées. De la Suisse au Japon, en passant par la Tunisie et la France, ou la politique étrangère des États-Unis, « le fait religieux » comme le « sécularisme » échappent aux catégories que nous avions forgées comme aux projections que nous avions échafaudées pour le futur. L'inventaire des situations oblige à se donner de nouveaux repères et à inventer de nouvelles catégories pour les penser. C'est ce que démontre le dossier préparé par S. Romi Mukherjee et Lionel Obadia avec une équipe de spécialistes en sciences sociales (anthropologie, science politique, sociologie) qui ont placé ces questions au coeur de leurs recherches.
    Varia
    Muhammad à l'écran : un rôle exclu ? de François Boespflug
    Chroniques
    Laïcité en programme scolaire
    Laïcité en débat au Sénat

  • Qu'est-ce que la « crise des migrants » en Europe ? Cette expression simple, parée des attributs de l'évidence, s'est imposée dans le débat public depuis 2015. Parfois également nommée « crise des réfugiés », elle fait référence à l'augmentation récente et massive des entrées en Europe de populations en provenance notamment de pays déstabilisés, voire en guerre : Syrie, Afghanistan, Érythrée, etc.
    L'objectif de cet ouvrage est de fournir des clés de compréhension en prenant de la distance par rapport aux représentations communes du phénomène. Pour éclairer l'actualité des mouvements migratoires vers l'Europe, il prend le parti de ne pas traiter seulement des évènements récents et d'élargir le champ géographique au-delà des frontières du Vieux Continent. Dépasser les discours sensationnalistes des médias, qui fondent les peurs de l'invasion et les fantasmes du repli sur soi, nécessite en effet de décentrer le regard.
    Le décentrement par les chiffres contribue à prendre la mesure des faits migratoires tels qu'ils sont : sans en masquer l'importance, mais en en précisant l'ampleur et les caractéristiques. Le décentrement historique, ensuite, permet à propos de la crise actuelle de dépasser l'illusion du « jamais vu » sans tomber dans celle du « toujours ainsi ». Enfin, le décentrement géographique remet en cause une représentation des migrations internationales qui seraient réduites à des flux orientés des pays « pauvres » vers les pays « riches ».
    Cris Beauchemin et Mathieu Ichou sont chercheurs à l'Institut national d'études démographiques (Ined) au sein de l'unité « Migrations internationales et minorités ». Ont contribué à cet ouvrage : Cris Beauchemin, Louise Caron, Tatiana Eremenko, Mathieu Ichou, Lama Kabbanji, Lionel Kesztenbaum, Audrey Lenoël et Dorothée Serges Garcia.

  • Libres après les abolitions ? La question peut surprendre. Les abolitions du XIXe siècle ont été toujours considérées comme une rupture majeure dans l'histoire des esclavages atlantiques. L'émergence contemporaine de revendications mémorielles, souvent impulsées par les descendants des populations autrefois esclavisées, suggère, au contraire, l'existence d'un passé « qui ne passe pas ». Au-delà d'une définition juridique, l'esclavage a signifié dominations, violences extrêmes et déconsidérations multiformes. Après les abolitions, des processus ethnoculturels de racialisation comme les structures de travail ont perduré, voire se sont renforcés, et ont été complétés par d'autres facteurs d'exclusion socio-économique.

    Cet ouvrage tente d'explorer les barrières dressées pour empêcher la totale émancipation des nouveaux libres et de leurs descendants, ainsi que les stratégies complexes d'adaptation que ces derniers ont mises en oeuvre pour obtenir, sinon une assimilation, du moins une intégration économique et possiblement citoyenne, à égalité. La dizaine de contributions réunies s'inscrit dans une perspective comparative et porte à la fois sur les Amériques et l'Afrique, de la fin du XVIIIe au début du XXIe siècle. Elles sont issues d'une réflexion qui a été menée dans le cadre du programme européen EURESCL-FP7 (Slave Trade, Slavery Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities) coordonné par le Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC), laboratoire du CNRS. L'ouvrage fait suite à Sortir de l'esclavage. Europe du Sud et Amériques (XIVe-XIXe siècle), précédent volume de cette collection.

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