Christine Musselin

  • Dans sa course pour rester à la pointe de la recherche scientifique et des classements mondiaux, l'Université française n'en finit pas de se recomposer, enchaînant depuis trois décennies fusions, regroupements, créations, diversifications et mises en compétition.

    Fine connaisseuse des systèmes universitaires français et étrangers, Christine Musselin s'appuie sur les résultats de ses recherches menées depuis les années 1980 pour porter un diagnostic sur l'état actuel de l'enseignement supérieur et de la recherche en France. Afin d'accompagner la révolution en cours, des changements lui paraissent indispensables dans trois domaines : le pilotage de la recherche et de l'enseignement supérieur par les pouvoirs publics, le mode de gouvernance des universités, la gestion des carrières des enseignants et des chercheurs. Ses propositions ne manqueront pas de faire débat, et c'est exactement ce qu'elle souhaite.

  • Soyez en tête de la compétition mondiale mais coordonnez-vous à l'échelon territorial ! Telle est l'injonction contradictoire adressée aux universités françaises depuis les deux grandes réformes du système d'enseignement supérieur et de recherche initiées en 2000.

    D'un côté, l'État organise une compétition généralisée entre enseignants- chercheurs et entre universités. Les financements sur projet de la recherche, la publicisation des évaluations et leur utilisation pour allouer les budgets à la performance, comme les très sélectifs appels à projets qui se sont succédé sans relâche depuis le Grand Emprunt de Nicolas Sarkozy, ont accru les écarts entre établissements et fait voler en éclat le principe sur lequel reposait jusqu'alors, en théorie, le système français : des universités équivalentes sur l'ensemble du territoire.

    De l'autre, un remodelage du paysage universitaire est à l'oeuvre. Il impose que les grandes écoles, les organismes de recherche et les universités d'une même région coordonnent leurs actions dans le but de rationaliser les coûts et de grimper dans les classements mondiaux.

    De nouvelles structures sont ainsi créées à marche forcée, sans qu'il soit possible de savoir si ces changements majeurs atteindront leurs objectifs et assureront un avenir radieux à l'enseignement supérieur français.

  • L'état de déliquescence organisationnelle de biend es universités françaises conduit à se poser une question: cette faiblesse est-elle une particularité "universitaire" ou "française"? La comparaison franco-allemande apportée dans cet ouvrage apporte de très intéressants éléments de réponse. Si les similitudes des deux côtés du Rhin sont frappantes, les unviersités allemandes donnent une impression de plus grande cohérence interne. À quoi cela tient-il?

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