Christiane Chaulet-Achour

  • Beaucoup a été écrit sur Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain : à sa gloire et à sa charge. En essayant de pister le pourquoi de la magie qu'a exercée et qu'exerce ce roman de lutte et d'espoir, il souhaite donner quelques clefs pour décupler le plaisir que donne le texte, une oeuvre littéraire ayant les moyens de faire advenir dans notre imaginaire des figures et des voix inaudibles jusque-là.

  • L'isolé Soleil, Soufrières, L'ïle et une nuit, trois romans de Daniel Maximin, écrivain guadeloupéen. Ils disent la Caraïbe d'aujourd'hui avec ses enracinements et ses rêves d'avenir. Analysant cette trilogie, Christiane Chaulet-Achour en explore les lignes des sens, des voix qu'on entend aux récits qui se construisent dans un incessant dialogue des signes entremêlés du passé et du présent. au coeur de ce chant, un maïtre de jeu et de rythme, narrateur de ces "cahiers-mémoire" qui prend souvent visages de femmes. La manière dont le conte, l'histoire, le mythe, la féminité et la géographie nourrissent la création, donne lieu, en une formule inhabituelle, à un écahnge entre l'écrivain et la critique littéraire ; leurs voix-écritures se font écho tout au long de l'ouvrage. On peut les lire en les séparant l'une de l'autre ou en les enchaînant. l'essentiel est de trouver son entrée dans la trilogie pour décupler le plaisir de la première lecture. Polyphonie, ouverture et modernité sont les caractéristiques d'une oeuvre refusant les clôtures et conviant son interlocuteur à une fête des mots et du sens. la lecture proposée, faite de connivence et de complicité, tente d'en suivre ravines et sentiers. Christiane Chaulet-Achour est née à Alger en 1946. Elle a enseigné à l'Université d'Alger jusqu'en 1994. Elle est professeur de Littérature comparée à l'Université de Cergy-Pontoise. Sa découverte de la littérature antillaise s'est faite sous la double impulsion de l'aîné partagé qu'est Frantz Fanon et de la séduction pour des écritures au carrefour de langues et cultures. Elle a publié de nombreuses études sur les périphéries en littérature et sur le Maghreb et les Antilles.

  • Les Mille et Une Nuits, source d'inspiration littéraire, modèle de construction textuelle ou mythe de l'image du féminin avec le personnage de Schéhérazade.
    Les auteurs interrogent ici, dans des études comparatistes, le rayonnement des Mille et Une Nuits.
    Sont abordés ici son influence sur les autres textes, les connexions plus ou moins conscientes établies avec d'autres auteurs, la réception qui a pu en être faite dans différentes cultures.
    De Jules Verne en passant par la Russie, du Dictionnaire des mythes féminins au Manuscrit trouvé à Saragosse, ce volume est une invitation à la déambulation, sur les traces laissées par ce texte fondateur de la littérature orientaliste.

  • Cet essai interroge les écritures d'écrivains et d'écrivaines d'Algérie ou simplement habitées par l'Algérie, sous l'angle du genre, en cherchant à déceler du féminin ou du masculin à l'oeuvre et à faire apparaître concrètement dans les textes la combinaison inévitable du sexe et du genre. Ce sont huit figures très représentatives des écritures de ce pays, toutes identités et tous sexes confondus qui nous accompagnent au cours de ce vagabondage littéraire : Isabelle Eberhardt, Albert Camus, Kateb Yacine, Leïla Sebbar, Rachid Mimouni, Rabah Belamri, Malika Mokkedem et Maïssa Bey.

  • Ce livre présente une synthèse des littératures francophones des pays du Sud, qui ont émergé durant la colonisation et dont la production s'est poursuivie depuis les indépendances. Ces littératures demeurent trop peu visibles en France malgré la renommée d'un Léopold Sédar Senghor ou d'un Aimé Césaire, et sont l'occasion de découvrir des univers culturels fascinants, tant dans leur dimension esthétique que dans leur portée anthropologique. Mais il faut, avant tout, distinguer la Francophonie en soi et les francophonies littéraires au pluriel, dans les anciens espaces coloniaux et dans leurs réalités géographiques et sociales d'aujourd'hui. Christiane Chaulet Achour, professeure de littérature générale et comparée à l'Université de Cergy-Pontoise, est une spécialiste des littératures francophones des pays du Sud. Elle a récemment publié : À l'aube des Mille et une nuits. Lectures comparatistes, 2012 ; La France et l'Algérie en 1962. De l'Histoire aux représentations textuelles d'une fin de guerre, avec Pierre-Louis Fort, 2013 ; Jeux de dames. Postures et positionnements des écrivaines francophones (collectif), 2014 ; Esclavages et Littérature. Représentations francophones, 2016.

  • Cet ouvrage invite à suivre des femmes et des hommes du XXe siècle qui ont apposé leur sceau sur les "échanges" nés de leurs "voyages". Le XXe siècle a été privilégié car il correspondait au siècle des grandes turbulences nées de la décolonisation et parce qu'il a obligé ces personnalités à des investissements scientifiques ou créateurs forts, doublés nécessairement d'engagements citoyens redimensionnés par un nouveau regard sur l'Autre, ses cultures et ses langues. Ce sont dans l'ordre de leur apparition dans l'ouvrage : Isabelle Eberhardt, Théodore Monod, J.M.G. Le Clézio, Mouloud Mammeri, Jamel Eddine Bencheikh et Jean Sénac, Frantz Fanon, Pierre Bourdieu et Leïla Sebbar. ce sont aussi des expériences théâtrales en Méditerranée et les parcours de Jean-Michel Atlan, Etiemble, Jacques Berque, Roland Barthes, Gisèle Halimi, Andrée Chedid et Vénus Khoury-Ghata. Ces femmes et ces hommes ont accepté de se reconstruire au-delà de l'attendu de leurs origines et de leurs déterminations pour faire advenir un monde respirable et hautement habité. Christiane Chaulet-Achour, née à Alger, y a vécu et travaillé jusqu'à sa venue en France en 1994. Elle est actuellement professeur de littérature comparée et de littérature française à l'université de Cergy-Pontoise. Les relations de la France et du monde arabe sont une de ses préoccupations majeures et elle les étudie à travers différentes manifestations, essentiellement textuelles.

  • L'oeuvre d'un écrivain kabyle, désormais classique, et consacré comme écrivain majeur de l'Algérie.

  • Si les racines de l'écrivain Camus n'ont pas été oubliées, l'appartenance de son oeuvre au patrimoine littéraire algérien est beaucoup plus contestée. Pour étayer cette hypothèse de lecture, ici retenue, l'étude privilégie une analyse de L'Étranger montrant l'interdépendance entre la cohérence interne du récit et son inscription dans une époque dont les aspérités sont en partie polies par les réussites d'une écriture. L'universalité qu'acquiert le roman explique son étoilement fécond dans des écritures contemporaines ou postérieures. Intégré à l'analyse, le contexte algérien devient une voie éclairante pour la compréhension des textes. L'Algérie - et Alger plus particulièrement - sont terre de bonheur et de plénitude, terre de misère et de conflit. Complicité avec les hommes et incompréhension, fusion avec la nature et éloignement : ces tensions expriment la relation intime que l'écrivain établit avec son pays d'origine où les ethnies s'ignorent et se jaugent, cohabitent et s'opposent les unes aux autres dans la violence. L'Étranger, La Peste, L'Exil et le Royaume, Le Premier Homme nous convient à retrouver l'Algérie de Camus. Autour de lui, Jean Pélégri, Kateb Yacine, Jean Sénac, Mouloud Feraoun, Alain Vircondelet, Rachid Mimouni, Maïssa Bey... Voix et regards algériens de ce siècle, autant de textes qui posent des questions plutôt qu'ils ne se complaisent dans des certitudes.

  • Jean Sénac est né en 1926 à Béni-Saf, en Algérie, au sein de la communauté espagnole installée dans ce petit port d'Oranie. Dès ses premiers poèmes il est remarqué par René Char et Albert Camus. Il consacre alors sa vie à la création poétique qu'il ne séparera jamais d'un engagement politique de tous les instants. En 1962, il choisit l'Algérie indépendante dont il devient un acteur essentiel de la vie littéraire. Il réalise des émissions de radio et organise des récitals où se révèlent de nombreux et nouveaux talents. Celui qui signait parfois Yahia el Ouahrani, fut assassiné, à Alger, le 30 août 1973. Cet ouvrage réunit hommage, études et une correspondance inédite (lettres et poèmes) entre Jamel-Eddine Bencheikh et Jean Sénac.

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