Langue française

  • Un enseignant, professeur de français dans un collège de Pantin, en Seine-Saint-Denis, zone dans la zone, est parvenu à faire écrire à ses élèves de onze à quatorze ans, 6e, 5e, des poèmes sur leur univers. C'est assez cru, parfois violent, souvent émouvant.

  • Quel est le point commun entre un Turc, une Malienne, une Kabyle, une Coréenne, une Serbe et une Bretonne ? A Jean-Jaurès, collège de la banlieue parisienne, c'est le français. Pas celui de l'Académie, mais une langue vivante, inventive, en constante ébullition, une langue faite pour « tailler » : pour faire mal et pour faire rire.
    Boris Seguin et Frédéric Teillard, tous deux professeurs de français, ont élaboré avec leurs élèves un dictionnaire de plus de quatre cents mots avec des exemples qui sont autant de gros plans sur la vie quotidienne des adolescents. On y découvre une langue que les enfants des cités, Slimane l'Engraineur, Fatima la Fugueuse, ou Magid la Stoke tentent de conquérir : un français qu'ils tournent et retournent, tordent et vivifient.
    Ce livre est aussi une chronique à la première personne. Mieux qu'une journée portes ouvertes, il raconte l'école au jour le jour, de la pré-rentrée aux conseils de fin d'année, en passant par les plateaux de télévision. Il dit avec force et humour que la banlieue est le laboratoire passionnant où se construit la société de demain, que l'école est un lieu où l'ignorance est légitime, que ce soit celle de la géographie ou celle des bonnes manières et que la langue est au coeur du processus d'exclusion.
    Les adolescents des cités ont un message à transmettre.
    Les Céfrans parlent aux Français le décodent pour tous.

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